19/11/2011

MARINE LE PEN, L’ECONOMIE DE LA FRANCE ET L’EURO

MARINE LE PEN, L’ECONOMIE DE LA FRANCE ET L’EURO

La candidate du Front Nationale présente aujourd’hui son programme présidentiel. On sait qu’elle est créditée de la troisième place dans les élections de 2012 mais qu’elle ambitionne de se retrouver au second tour, soit contre l’actuel président de la république, soit contre le candidat socialiste/ Dans tous les cas, et quoiqu’il arrive, l’enseignement à tirer est l’installation pour longtemps du FN dans le paysage politique français. Son père avait battu au premier tour le socialiste Lionel Jospin, qui avait pourtant vécu à Matignon, cinq années d’affilée, c’est dire.

Cela doit changer l’attitude des gens vis-à-vis de ce parti qui commence à représenter environ 20% de l’électorat. Cependant, le pivot du programme économique de Marine risque de poser un grave problème, en l’occurrence la sortie de l’Euro et le rétablissement de notre défunt franc. J’ai l’impression qu’une telle mesure est impraticable, irréaliste : que deviendrait alors la dette de la France ? A combien de dévaluations devrons nous nous attendre si l’Euro était mort et enterré ? Je ne crois pas la mesure préconisée, frappée au coin du bon sens. Certes, les critiques articulées contre la monnaie européenne sont partiellement fondées : comment avoir une monnaie commune sans une gouvernance économique ? Sans banque centrale qui fasse vraiment son travail ? Sans une fiscalité commune, au moins dans ses grandes lignes ? En fait, les technocrates qui ont d’ailleurs pris le pouvoir dans tous les pays économiquement malades, ont mis la charrue avant les bœufs… Et désormais nous en payons le prix.

Il est un aspect, en revanche, sur lequel la candidate du FN a des chances d’être suivie, c’est la double question de la fraude et de l’immigration. Jadis, le FN confondait dans un même opprobre, immigration et délinquance, aujourd’hui et c’est nouveau le couple est formé par la fraude (sécurité sociale, allocations, chômage etc…) et l’immigration.

Que vont faire les Français ? Nul ne le sait avec certitude, même si les sondages donnent des indications assez fiables. La crise identitaire, stimulée par la défaillance économique, risque de s’envenimer, de rejeter encore plus gravement des éléments considérés comme allogènes car inassimilables. Or, toute l’histoire de la nation française s’est fait autour de la cristallisation : la francité n’est pas une donnée d’avance, elle est in fieri, mais elle a un socle, un terreau dans lequel chacun doit s’enraciner si’l veut faire souche dans ce pays qui prie à l’église, mange du porc et boit de l’alcool, même si l’auteur de ces lignes ne le fait pas.
Et un débat à la télévision hier soir, animé par Franz-Olivier Giesbert, était assez inquiétant. En Fait, comme le disait Monsieur Claude Guéant, l’excellent ministre de l’intérieur que le pays s’est donné, les Français veulent se sentir chez eux en France. Cette prise de conscience est nouvelle et demeure légitime.

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