09/09/2011

QUELLE SAGESSE POUR NOTRE TEMPS ? COLLOQUE DE LA FONDATION OSTAD ELAHI

QUELLE SAGESSE POUR NOTRE TEMPS ?

 

 

COLLOQUE DE LA FONDATION OSTAD ELAHI

SAMEDI 10 SEPTEMBRE DE 9H À 17H 30

10 rue Alfred de Vigny 75008 PARIS

 

 

 

Sagesse, éthique et philosophie dans la tradition juive…

Par Maurice-Ruben HAYOUN

Introduction.

On s’attachera à dégager des principes généraux qui caractérisent cette recherche de sagesse dans la tradition juive à travers les siècles.

Le principe fondamental est que c’est la foi en Dieu qui motive, cautionne et guide la recherche de la sagesse par l’individu.

La Bible souligne maintes fois qu’en suivant les préceptes divins, l’homme est assuré de trouver le bonheur et l’harmonie sur cette terre.

Le document qui constitue le sommet de ces prescriptions est paradoxalement peu juif, je veux dire qu’il ne porte pas mention de rites ni de pratiques typiquement juifs. Il s’agit évidemment du Décalogue, les Dix commandements, à la seule référence à une prescription juive apparaît dans le commandement de respecter et de sanctifier le repos et la solennité du chabbat, le samedi.

Pouqruoi donc ? Parce que la tradition juive a vu dans ce monument de l’éthique le condensé de son message, destiné non plus à un seul groupe humain, un seul peuple, mais à l’ensemble de l’humanité/ IL Y ALLAIT DE L’UNIVERSALITÉ DE LA LOI MORALE. Le terme Israël, juif ou autre n’y apparaît jamais.

Je disais que seule l’observance du chabbat était spécifiquement une observance juive, mais le Talmud dans ses commentaires relèvent que même l’observance du chabbat comporte une dimension universelle, puisque D s’est arrêté d’œuvrer le samedi, pour la création dont l’humanité entière profite et pas uniquement les enfants d’Israël…… Là les talmudistes parlent du chabbat de la création (chabbat de-beri’a) et non plus du chabbat du peuple d’Israël…

Cet intérêt pour l’écrasante majorité de l’humanité non-juive, ce que Lévinas nommait intelligemment le souci de l’autre, apparaît de manière lumineuse, dans le Talmud lorsqu’il élabore le code moral de cette humanité, non touchée par Révélation du Sinaï, et qu’il nomme LES FILS DE NOÊ, en référence aux rescapés du Déluge, le ferment d’une humanité nouvelle puisque l’engeance dévoyée qui infectait précédemment la surface de la terre avait été implacablement détruite.

Les lois de Noahides, au nombre de sept, sont les suivantes : ne pas blasphémer, ne pas tuer, ne pas voler, ne pas commettre d’adultère (débauche) ne pas consommer de membre d’un animal encore vivant (d’où les règles d’abattage rituel), ne pas pratiquer l’idolâtrie, instituer des tribunaux afin que la société humaine repose sur le droit.

On peut dire que c’est la charte de l’humanité civilisée, une humanité pensante mais pas nécessairement croyante.

La sagesse dans la Bible :

Littérature sapientiale : Les Proverbes, l’Ecclésiaste, Job.

Il s’agit de textes provenant soit des sagesse antiques du Proche Orient ancien, soit de traités qui furent relus et en quelque sorte «cachérisés» par des rédacteurs postérieurs plus religieux… C’est ainsi que l’Ecclésiaste qui va très loin dans sa recherche du sens de la vie sur terre n’hésite pas à contester l’immortalité de l’âme (même si dans le ch. XII il semble l’affirmer).

Quant à Job dont l’interrogation s’adresse à l’humanité tout entière, sans distinction de race ni de religion, il cherche désespérément à percer le secret de la théodicée, de la justice humaine……

Ce livre m’offre une transition vers la philosophie médiévale juive dont Maïmonide fut le plus beau fleuron. Dans son exégèse du livre de Job, Maimonide introduit ses propres conceptions de la Providence divine : l’homme est mortel, dit-il, il ne doit pas s’étonner des maux qui s’abattent sur lui, ils sont indissociables de la nature humaine dont le mal, la matière font partie.

En somme, une sorte de sagesse qui tient compte des limites de notre intellect et de notre vie. Mais Maimonide tout comme Hermann Cohen (ob. 1918) vont bien au-delà des conceptions traditionnelles. Ce qui représente vraiment la tradition juive, ce sont la Bible et son interprétation talmudique. Ce qui n’équivaut nullement, sous notre plume, à un rejet de prolongements particulièrement fécondes de cette tradition au moins trimillénaire.

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