29/05/2011

DSK ET RATKO MLADIC : DEUX ARRESTATIONS FORT DIFFERENTES

DSK ET RATKO MLADIC : DEUX ARRESTATIONS FORT DIFFERENTES

L’idée ne m’est pas venue comme ça, c’est l’une d’entre vous qui me l’a suggérée dans un commentaire bref et dense. Pourquoi donc un criminel de guerre, accusé de crime contre l’humanité, responsable de la mort de milliers de personnes, pourtant placées sous la protection des forces de l’ONU, n’a-t-il pas été exhibé (et c’est nettement mieux anis, malgré tout) comme une bête de cirque devant les télévisions du monde entier, menotté, mal mis, le regard vide et poil hirsute ? Cet homme aurait pu être traité de la sorte, surtout en considération de tradition du pays où il vit et des crimes qui lui sont reprochés… On chercherait désespérément des images, des photographies de l’homme rabaissé, menotté, humilié… On n’en trouvera pas. Pourquoi ? Parce que contrairement à la justice de NT, la Serbie, en dépit de tous se défauts, respecte la présomption d’innocence.

Et agissant comme elle a agi, la justice de NY a condamné un homme avant de l’avoir entendu. Demandez aux gens, même informés dans les rues, ils vous diront que le 6 juin commence le procès de DSK alors qu’il s’agit tout juste d’une audience préliminaire, qui ne préjuge en rien de la tenue ou de la non tenue d’un procès digne de ce nom.

Je reviens de nouveau sur les bizarreries de la démarche (je n’ose pas dire la procédure, ayant trop de respect pour celle-ci quand elle est menée selon les règles) : nous sommes un dimanche, jour férié dans tous les pays de l’Occident chrétien, une haute personnalité quitte sa chambre d’hôtel dans un palace, une femme articule contre lui des accusations graves, on le cherche, on le trouve, un trouve un juge qui délivre un mandat d’amener et ensuite un mandat de dépôt, on le met en garde à vue 36 heures, on ne se prive pas de l’exhiber autant de fois que l’on peut dans des positions humiliantes et dégradantes… Et ensuite, on met en avant la crainte de non-représentation pour lui refuser la liberté conditionnelle alors que c’est la règle aux USA lorsque le suspect dispose de garanties indiscutables… Et lorsque  l’on lui accorde cette liberté conditionnelle, c’est sous la forme d’arrêts domiciliaires draconiens. Et ce n’est pas tout : pour l’nfoncer toujours plus, on laisse circuler des résultats d’analyses biologiques le mettant prétendument en cause.  Si on voulait le condamner au plus vite aux yeux d’une opinion publique US haineuse envers les Français, on n’agirait pas autrement…
Mais surtout, on oublie de souligner deux choses :
a)    DSK ne fuyait pas, puisqu’il a payé sa chambre et qu’il a appelé de l’aéroport pour qu’on lui rapporte  son portable : c’est ainsi qu’il fut localisé si vite. Est-ce l’attitude d’un fuyard ?
b)    Une fois installé dans l’avion, prête à décoller, DSK avait le droit de refuser de suivre les policiers. Or, de leur propre aveu, il les a suivis sans rechigner. Il n’aurait pas agir ainsi, il ignorait, le pauvre homme, le calvaire qui l’attendait.

Je ne crois pas à la thèse du complot mais bien à celle de l’acharnement, mais je ne réussis pas à en discerner les raisons exactes ; en tout état de cause, jamais une telle procédure n’est allée aussi vite, un dimanche et pour une telle affaire. Sait-on combien de femmes sont victimes de viol ou de tentative de viol à NY chaque jour que D- fait ?

Revenons un instant vers le criminel de Serbie. On le voit de dos, sans entraves, entouré de policiers qui se tiennent à distance, tous de dos, aucun visage n’est visible, ce qui estompe la violence des images dans l’esprit des téléspectateurs.

Forcément, cette différence de traitement va frapper les esprits et alimenter les rumeurs. S’agit-il d’une vengeance anti-française, suite aux refus successifs de suivre la politique extérieure US ? La police de NY a-t-elle été manipulée dans une sombre affaire dont elle n’a pas idée des tenants et des aboutissants ? Franchement, je l’ignore, mais je suis sûr d’une chose : ce procès ne sera pas équitable. Les avocats posent déposer une requête en suspicion légitime car l’opinion publique dont les membres du grand jury sont issus ont déjà rendu  -inconsciemment- leur verdict.

C’est une injustice criante : on n’a pas encore entendu l’accusé qui n’est qu’un suspect. Et un certain nombre de détails ne colle pas : cela fait des années que je fais des va-et-vient entre Heidelberg et Paris et Genève et Paris. Je dors toujours dans les mêmes hôtels : je n’ai jamais vu qu’une femme de ménage rentre dans une chambre alors que je me trouvais sur place, ou, pire, tout nu dans la salle de bain. Car les affaires traînent encore dans la pièce et cela sa voit…

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