31/03/2011

La chevauchée fantastique des Chabab en faveur de la liberté et de la démocratie ?

 

 

La chevauchée fantastique des Chabab en faveur de la liberté et de la démocratie ?

Ce matin, je voulais vous parler de tout autre chose mais au moment de me lever pour m’installer dans mon petit bureau, j’ai entendu sur France 24 un jeune libyen embrasser le nouvel étendard de son pays en disant : freedom Libya !

Quel émouvant spectacle ! Voir ces jeunes gens qui sont étudiants, médecins, sociologues, ou chômeurs, monter au front la fleur au fusil, prêts à se sacrifier pour que leur patrie retrouve une liberté confisquée depuis presque un demi siècle. Ces hommes ne connaissent visiblement pas la nature profonde des états (monstres froids) qui ont, pour des raisons que j’ignore (négociations secrètes en coulisses ?) interrompu les frappes aériennes, permettant ainsi aux blindés et l’artillerie lourde de Khadafi de se déchaîner contre les insurgés et de les contraindre à un repli en mauvais ordre.

Emouvant, ce jeune soldat de fortune qui disait qu’un seul avion suffirait pour qu’en trois jours, les insurgés arrivent aux portes de Tripoli. Heureusement que la France, elle, n’a pas interrompu ses frappes et que l’OTAN s’est remis à l’œuvre dès la nuit dernière.

Il y a aussi cette défection (sincère ou calculée) d’un des piliers du régime Moussa Koussa, ministre des affaires étrangères mais en réalité grand coordinateur des services secrets que les Américains ont pu retourner ou, en tout cas, intimider, comme ils sont montré qu’ils savaient le faire en Irak avec l’Etat-Major irakien, acheté à prix d’or. Et qui, du coup, ne s’est pas battu. Un scénario identique en Libye ? Cela ferait l’économie de tant de vies humaines.

Comme je vous l’annonçais hier immédiatement après le discours de Bachar el-Assad, le régime syrien est inamendable. Alain Juppé vient de le confirmer en langage plus diplomatique. Le président syrien est un jouet entre les mains de son clan dont il dépend entièrement. Derrière les apparences, le régime est en fait une dictature militaire qui ne veut pas entendre parler de réformes… Ce qui signifie que nous allons au clash !

Mais ne soyons pas pessimistes. Le fait que tous ces combattants n’aient qu’un mot à la bouche (freedom en anglais et hourriya en arabe) montrent que pour une fois on ne va pas de Charybde en Scylla. Pas un seul thème islamiste à l’horizon. Et je doute que le parti de Ben Laden puisse confisquer la victoire à son profit.

Et si les peuples arabes reconnaissaient enfin les mérites de la démocratie occidentale (al-democratiya al-gharbiya) ?

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30/03/2011

Le discours du président Bacahr el-Assad

Le discours du président Bacahr el-Assad

J’ai suivi en direct sur France 24 le discours de Bachar el-Assad. La montagne a accouché d’une souris. Visiblement, l’homme a été sévèrement recadré par son entourage car il n’a annoncé aucune réforme, a maintenu l’état d’urgence qu’il a même justifié et s’est gaussé des chaînes satellitaires (Al-djazia et Al-arabya) qui rendent compte, le plus fidèlement possible, des massacres commis par son armée et sa police politiques ces dernières semaines.

Gagons que les troubles hélas iront de plus belle et que les répression sera encore plus dure.

De lui-même, le chef de l’Etat syrien a voulu donner une image rassurante, pour bien montrer qu’il n’était pas une marionnette mais tenait fermement les commandes. En réalité, on a bien senti que ces mots d’esprit, ses franches risées étaient de commande.

On a vu aussi que son discours était interrompu par des représentants serviles le louant, lui assurant obéissance et fidélité. On connaît ces simagrées : les mêmes qui louaient les tyrans les vouaient aux gémonies une fois qu’ils avaient été chassés du pouvoir quelques jours ou quelques semaines plus tard.

Et puis le chef de l’Etat syrien a usé d’une si grosse ficelle, le complot ! La théorie du complot derrière laquelle se cacheraient ses grands amis américains et israéliens. Il a stigmatisé ceux qui des années durant ont oublié la cause palestiniennes, allusion feutrée à Hosni Moubarak. Mais a évité de parler du Yémen, de la Tunisie et surtout de la Libye.

En somme, et je regrette de le dire, un discours pour rien. Nous ne pensons pas que cet homme soit vraiment aux commandes à Damas car son discours n’apportait strictement rien de nouveau, pas même cette citation coranique qui laissait deviner que certaines vérités sont toujours bonnes à dire même si elles ne sont pas toujours bonnes à entendre.

Mais voilà, il n’a rien dit.

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Politique religion

Politique religion

 

Les représentants de six religions pratiquées en France doivent, nous dit-on, publier une sorte de manifeste afin de mettre en garde contre ce qui leur apparaît comme un danger de stigmatisation d’une confession particulière, laquelle affiche des difficultés avérées à se mouvoir au sein du cadre laïc en vigueur sur le territoire national.

Ces représentants des cultes sont assurément dans leur rôle lorsqu’ils attirent l’attention sur des dangers potentiels, et notamment lorsqu’ils soulignent qu’un parti politique ne devrait pas assumer seul ce rôle. Cette remarque pose évidemment la question fort disputée cet an-ci entre le religieux et le politique.

Durant de longs siècles, la France, fille aînée de l’Eglise et solidement ancrée dans le terreau des valeurs chrétiennes, c’est-à-dire vétéro- et néo-testamentaires, a connu une sorte de monogénisme religieux. La religion chrétienne, et notamment le catholicisme, y régnait en maître absolu, protestantisme et judaïsme n’y jouant qu’un rôle périphérique.La décolonisation, la course désordonnée vers l’industrialisation et le regroupement familial, si confusément prônée par Valéry Giscard d’Estaing ont bouleversé ce paysage. En quelques décennies, l’islam est devenu la seconde religion de France.

Au fond, si cette religion s’était harmonieusement coulée dans le moule français qui est tout sauf rigide, il n y aurait eu aucun problème, la France ne reconnaissant aucun culte mais respectant strictement la liberté de conscience. Le problème, marginal au début et gagnant de l’ampleur au fil du temps, est que l’intégration à la fois sociale et étatique de l’islam a connu des difficultés que l’on n’a pas su résoudre. Car, en réalité, les retards accumulés durant des décennies se révèlent aujourd’hui bien plus complexes. D’où l’idée de débattre de la place de l’islam dans notre société.

Quelle forme va prendre ce débat ? Sommes nous certains qu’il n y aura pas de dérapage ? Il est évident que la désignation d’une seule religion comme étant celle qui pose problème ressemble un peu, tout de même, à un début de stigmatisation. Mais est ce la faute de l’Etat ou celle du parti majoritaire ?

Ce serait plutôt imputable à la carence d’une certaine élite musulmane qui a fait défaut et qui n’a pas su, pas pu ou pas voulu, s’organiser comme les catholiques, les protestants et les juifs.

Lorsque je me suis entretenu, il y a quelques années de cela, avec un important dirigeant musulman de notre pays, il attiré mon attention sur la grande diversités des composantes de l’islam en France, m’expliquant qu’il était très malaisé de le rendre homogène pour en f aire un islam français. C’est juste.

Je suis en train de lire un livre fort intéressant d’un chercheur américain sur la guerre d’Algérie, Matthew Cinnelly, L’arme secrète du FLN. Comment de Gaulle a perdu la guerre d’Algérie (Payot, 2011).

Ce livre nous fait tant comprendre tant de choses.

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29/03/2011

Débat sur l’islam ou débat sur la laïcité ?

Débat sur l’islam ou débat sur la laïcité ?

 

Décidemment les lendemains de défaite électorale sont douloureux. Jamais, depuis que Nicolas Sarkozy a été élu à la présidence de la République, on n’avait encore assisté à une telle cacophonie. Et je choisis des termes très modérés tant la fronde, la désunion est patente entre le dirigeant du parti majoritaire et le Premier Ministre est patente. Cependant, les ferments de la discorde évoqués jadis par le général de Gaulle dans ses Mémoires de guerre ne sont pas encore à l’œuvre.

Certes, le parti au pouvoir n’a jamais remporté des élections intermédiaires car la culture politique des Français et leur tempérament naturellement frondeur les conduisent presque toujours à tirer des coups de semonce à l’adresse de leurs gouvernants. Soyons juste : il est vrai que les motifs d’insatisfaction, voire même d’inquiétude, ne manquent pas : chômage, baisse du pouvoir d’achat et insécurité … Mais il faut aussi se dire que n’importe quel autre gouvernement aurait rencontré les mêmes difficultés. Il convient donc de ne pas grossir démesurément le trait, ni surtout de parler déjà d’une grave politique qui menacerait la stabilité au sommet de l’Etat et minerait gravement le parti majoritaire. Et c’est pourtant ce que je viens d’entendre sur différentes chaînes de télévision.

En revanche, ce qui ne laisse pas d’intriguer, c’est le bouleversement que semble induire un éventuel débat autour de l’islam, de sa place, de ses implications et de la tentative de certains, et la tentative d’en masquer les aspérités en parlant de laïcité au lieu d’appeler un chat un chat. Reconnaissons, cependant, que les deux thèmes coïncident presque parfaitement puisque obtenir le respect strict de la laïcité à la française ( c’est important de la définir ainsi car nos voisins allemands et britanniques regardent ce terme avec un certain étonnement, voire du scepticisme), c’est déjà régler le statut de l’islam en France.

Une remarque d’ordre philologique et qui pourrait être éclairante dans un débat où certains hommes politique brillent par l’indigence de leur pensée : le terme connotant l’idée de laïcité n’existe en langue arabe que depuis peu. Ce sont des chrétiens arabes, notamment maronites, qui l’ont frappé et donc transmis à leurs voisins musulmans. Mais même ce néologisme (car c’en est un) ne recouvre pas vraiment ce que nous, Européens et Occidentaux, entendons par laïcité. Le terme en question est ‘alamia ou alamaniya, lorsqu’on le re-vocalise de manière différente. Car les langues sémitiques, l’hébreu comme l’arabe, sont des langues consonantiques.

Mais ce terme signifie simplement mondanité ou chose de ce monde, de l’en-deça, par opposition à l’au-delà, au sacré et donc au divin (illahiya). Partant, l’idée même de laïcité, telle que conçue par ses inventeurs modernes (Ernest Renan et les hommes politiques qui votèrent la loi de séparation) semble «intransférable» à la culture arabo-musulmane. Paul Ricœur aurait parlé (en imitant la langue allemande ) d’«insubstituabilité» (Unaustauschbarkeit).

Je sais bien que ces remarques peuvent paraître à des années lumière du débat qui se prépare, mais il demeure que celui-ci peut apparaître comme un véritable cheval de Troie : apparemment, et c’est ce que semble craindre le Premier Ministre, nul ne sait ce qui pourrait en sortir.

Mais gardons présent à l’esprit que ceux qui ont peur d’ouvrir la boîte de Pandore ne resteront pas nécessairement à l’abri d’une violente bourrasque.

Un débat digne et équilibré sur l’islam peut très bien avoir lieu, les valeurs humanistes de notre culture politiques nous prémunissent contre tout risque de dérapage.

Mais de grâce ne confondons vigilance et alarmisme.

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28/03/2011

Maimonide était-il un hérétique ?

Maimonide était-il un hérétique ?

 

Mon ami, Monsieur Walter HAGG, Ambassadeur d’Autriche à Dublin a bien voulu me faire parvenir un long article paru dans la Frankfurter Allgemeine Zeitung en date du 23 mars 2011 signée par une de mes anciennes étudiantes à Heidelberg Susanne Klingenstein. J’ai pris connaissance avec intérêt de cet article, sobrement écrit et qui met surtout l’accent sur la biographie de deux hommes Nahum Norbert Glatzer et le célèbre Léo Srtauss. Il s’agit de passer en revue leur amitié nouée à la fin des années vingt et le milieu des années trente. Et aussi leur émigration vers le Royaume Uni et ensuite les USA. Un détail piquant : c’est Carl Schmitt qui intrigua pour que Léo Strauss obtienne une bourse d’études aux USA… Un éminent juriste qui s’éait compromis avec les Nazis permet à un savant juif allemand de sauver sa vie et de fuir l’Allemagne hiltérienne…

L’idée, révolutionnaire selon Susanne Klingenstein et qu’elle croit révéler au grande public, est que, selon Léo Strauss, grand spécialiste de Thomas Hobbes, du droit naturel, de l’islam philosophique médiéval et de Maimonide, ce dernier tenait pour incompatible toute union du judaïsme et de la philosophie. Partant, l’auteur du Guide des égarés qui se présente lui-même comme un philosophe parachevé n’aurait été en fait qu’un hérétique et un incroyant. Ce qui est un contresens absolu.

Cette thèse avait déjà été explicitée par Léo Strauss dans différentes études publiées mais aussi dans son introduction à la traduction anglaise du Guide des égarés (Chicago, 1963) par Shlomo Pinès, intitulée How to begin the study of the Guide… Mais déjà en 1952 Strauss avait faire paraître lors de son professorat aux USA une brillante étude intitulée, en traduction française, Persécution et l’art d’écrire.

Il y expliquait clairement que certains philosophes médiévaux, dont Maimonide et Averroès mais aussi ibn Badja et ibn Tufayl avaient scrupuleusement masqué leurs pensées profondes afin de ne les destiner qu’au public averti et choisi, formé au plan philosophique. C’est d’ailleurs ce que fait Maimonide clairement dans son introduction au Guide… lorsqu’il énumère les sept principes de la contradiction dont le cinquième et le septième sont utilisés dans cette œuvre. Il va jusqu’à mettre en garde quiconque commenterait son Guide par écrit car cela reviendrait à le mettre à la portée de milliers de lecteurs probablement impréparés. Le risque étant pour eux d’en perdre la foi sans, pour autant, être devenus des adeptes de la spéculation philosophique.

Strauss avait développé ces mêmes idées dans un autre ouvrage, désormais traduit lui aussi en français, intitulé Philosophie et loi : essai d’interprétation de Maimonide et des précurseurs. Dans ce texte, Strauss s’en prenait à l’œuvre maîtresse de Julius Guttmann, Die Philosophie des Judentums (Munich, 1933, traduite chez Gallimard sous le titre Philosophies du judaïsme.

En fait, ce qu’il y a de sensationnel dans la relation Strauss / Glatzer, c’est l’effet provoqué sur le second par les résultats des recherches du premier. Retirer Maimonide à la théologie juive, était pire que les rumeurs diffusées par les Arabes selon lesquels Maimonide se serait converti à l’islam. Or, Glatzer était issu d’un milieu très orthodoxe et était un savant talmudiste…

En réalité, ce qu’il y a de pertinent dans toute cette affaire et qui n’amoindrit en rien la croyance en Dieu de Maimonide, c’est la séparation hermétique entre les masses et les élites, deux discours parallèles dont Maimonide a toujours admis l’existence dans ses œuvres.

Mais grâce à Madame Klingenstein, on saura désormais qui était Léo Strauss, qui était Nahum N. Glatzer et dernier mais non moindre, qui était vraiment Maimonide : un adepte sincère d’un judaïsme philosophique fortement intellectualisé.

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Quel avenir pour la Libye après Kaddafi ?

Quel avenir pour la Libye après Kaddafi ?

 

Il ne faut pas se féliciter de la guerre mais on assiste toujours à la chute d’un tyran sanguinaire avec soulagement. Le malheur est que ces gens là ne tombent jamais sans entraîner un peuple d’innocents dans leur chute.

Les avions de la coalition ont fait merveille : ils ont acquis la supériorité aérienne sans coup férir ou presque : il est vrai que l’aviation de Kaddafi n’est pas l’armée de l’air syrienne, bien que cette dernière n’ait pas fait le poid face à Tsahal. Mais tout de même, les avions des nations occidentales ont prouvé qu’une armée qui n’en est pas une, même dépenaillée, même sans commandement ni système de ravitaillement, pouvait gagner si elle était souverainement soutenue dans les airs. Les colonnes de blindés du guide libyen n’ont pas pu faire face à ce déluge de feu qui s’est abattu sur eux. Toutes les villes perdues par les insurgés ont été reprises, et à présent certains songent à foncer sur Tripoli où le Guide s’est retranché. Sauf arrangement diplomatique de dernière heure, ce sera très difficile pour la Libye nouvelle.

Parlons en : à qui va ressembler la nouvelle Libye ? Grâce au ciel et aux alliés, elle ne sera pas islamiste ni un nouveau bastion d’al-Qaïda. Après ce que lui a fait subir le Guide elle ne sombrera pas dans une dictature militaire puisque l’armée nationale libyenne n’a jamais eu de développement digne de ce nom, le Guide ne lui faisant pas confiance et redoutant qu’elle fasse un coup d’Etat contre lui… Ce que lui-même avait fait en 1969.

On a peine à croire que des dictatures qui paraissaient indéracinables s’effondrent comme des châteaux de cartes en Egypte, en Tunisie, au Yémen, et ailleurs. Les nouvelles de Damas ne sont guère bonnes et le président a beau multiplier les concessions, c’est désormais son départ, voire sa mise en jugement, que les citoyens réclament. Il fallait parcourir les articles de la presse arabe, libanaise ou autre, ce matin, pour voir ce qui se dit de la torture dans les geôles syriennes

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27/03/2011

APRES LA LIBYE DEVONS NOUS INTERVENIR AUSSI EN SYRIE ?

APRES LA LIBYE DEVONS NOUS INTERVENIR AUSSI EN SYRIE ?

La question se pose sérieusement au vu du nombre de victimes de la répression dans le pays de Bachar el Assad. Le régime syrien ne pourra pas s’amender ni même simplement se réformer. En outre, les citoyens de ce pays, instruits des tristes exploits de la famille régnante, savent que celle-ci ne reculera devant aucun crime pour se maintenir au pouvoir. Pourtant, le régime a lâché un peu de lest en libérant des prisonniers politiques en relâchant des personnes arrêtées lors des manifestations de ces derniers jours. Visiblement, cela n’a pas suffi à calmer l’ardeur combative des opposants.
Nul n’a oublié la sauvage répression de la révolte de Hama au cours de laquelle le frère du défunt présent Rifa’at el Assad a causé la mort de plus de 25000 êtres humains, après que les Frères musulmans s’en étaient pris à quelques dizaines de cadets d’une école militaire.
Alors, doit-on intervenir ? Si les choses s’aggravent oui, mais est ce possible ? El-Assad n’est pas Kaddafi. C’est un médecin spécialiste, élevé à Londres d’où son père le rappela après le décès accidentel de son frère aîné Bazel. Au début, faisant ses premiers pas, Bachar a hésité et voulu libéraliser le régime. Un grand naïf comme Jacques Chirac l’en crut capable… Le jeune président fut aussitôt repris en main par le clan de sa mère et la vieille garde héritée de son père.
Au moins trois pays sont fortement intéressés par ce qui se passe dans ce pays où sévit l’état d’urgence depuis 1963 : l’Iran, le Liban et Israël.
Si Damas chute, l’Iran se retrouve seul et le Hezbollah aura perdu son parrain régional. Un Iran sans son allié syrien n’aurait pratiquement plus d’influence au Proche Orient. Quant au Hezbollah, il serait automatiquement privé de ses sources d’approvisionnement. Il reprsénetrait une proie facile, non seulement pour Israël mais déjà pour le Liban qui le neutraliserait sans coup férir. Que de bouleversements ! Je vous le dis…
Je me demande vraiment si(l n y a pas une main invisible à l’œuvre dans ce chaudron en ébullition qu’esst devenu le monde arabe.

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26/03/2011

De grâce, pas de procès d’intention à M. Claude Guéant !

De grâce, pas de procès d’intention à M. Claude Guéant !

Une grande nervosité, voire un certain affolement s’est emparé de quelques salles de rédactions depuis que le nouveau ministre de l’intérieur, M. Claude Guéant, a pris ses fonctions. Les élections cantonales ainsi que la percée, attendue et prévisible, du Front National, y sont pour quelque chose. Depuis de nombreuses années, de tels bouleversements étaient  à l’ordre du jour ; l’arrivée du leader frontiste au second tour de l’élection présidentielle de 2002 n’était pas un épiphénomène. Au lieu de prendre les mesures qui s’imposaient et de se mettre à l’écoute d’une frange importante de l’électorat, le président élu, Jacques Chirac, a préféré gérer son nouveau mandat comme si de rien n’était, comme si le vote exprimé n’était qu’une saute d’humeur sans conséquences…
Le résultat du premier tour des élections cantonales lui ont administré la preuve du contraire… Que fallait-il faire ? Continuer de se taire alors qu’un électeur sur cinq dérivait vers l’extrême droite ? Ne fallait-il pas, tout au contraire, prendre en compte les revendications des Français qui réclament plus de protection et plus de répression de la criminalité ? Ce serait agir comme l’ancien Premier Ministre socialiste qui n’avait rien fait contre l’insécurité galopante et en paya le prix : malgré cinq années passées à Matignon, il fut éliminé dès le premier tour…
C’est donc un véritable procès d’intention que l’on cherche à faire à Claude Guéant. Il est vrai que les ministres et tous ceux qui exercent le pouvoir doivent choisir soigneusement leur vocabulaire, mais le ministre de l’intérieur a le droit, comme tous les citoyens, de recourir à des expressions françaises courantes. Même si ces expressions ou ces mots ont un champ sémantique déterminé et un arrière-plan historique ou culturel marqué.
Claude Guéant a parlé de croisade dans une expression dite figée, c’est-à-dire un signifiant qui renvoie au sens figuré et non au sens propre, à un certain signifié… Que n’aurait-on dit s’il avait recouru à l’expression «partir en guerre« en lieu et place de «partir en croisade«, ou «prendre la tête de la croisade…«
La langue française fourmille (comme, d’ailleurs, l’anglais et l’allemand) d’expressions dont les constituants veulent dire autre chose que ce qui est signifié prima faciae…
Le second point sur lequel on prête au ministre de l’intérieur de noires arrière-pensées qu’il n’a pas, tient au refus de certains d’accepter la mixité médicale ou hospitalière. Claude Guéant n’a fait que rappeler ce qui se produit parfois dans des banlieues ou des cités où certains prétendent interdire à des gynécologues masculins d’ausculter leurs épouses, ce qui pourrait, dans certains cas, compromettre une naissance , voire même la santé de l’accouchée. Expliquez moi, je vous prie, ce qu’il y a de répréhensible dans de telles déclarations. Nous sommes en présence d’un véritable procès d’intention orchestré par des gens qui sollicitent les textes.. Pour leur faire dire ce qu’ils ne disent pas.
Ce n’est pas ainsi que l’on contiendra la montée du FN ni sa progression alarmante dans les sondages. Si une partie de plus en plus forte de la population française s’estime peu ou mal défendue contre un certain nombre de maux, on ne peut pas détourner son regard : tout gouvernement aurait réagi et n’aurait pas laissé les choses  aller à vau l’eau…
Pour reconquérir cet électorat qui se porte sur les extrêmes, il faut simplement, dans le respect des idéaux républicains, répondre à ses attentes. Les journalistes et les association qui se parent des plumes du paon  pour donner des leçons d’éthique font fausse route. On me permettra peut-être, de faire dans cet article une chose que je ne fais jamais : porter un témoignage personnel.
Je connais bien M. Claude Guéant. C’est un homme droit et honnête un grand commis de l’Etat qui a consacré sa vie au service public. C’est la première impression que j’ai eu lors de notre première rencontre il y a quelques années. Il n’a jamais varié depuis.
Souvenez vous de sa gestion de l’état d’urgence et des troubles graves qui sont secoué les banlieues françaises, il y a quelques années. Nous n’avons pas eu un seul mort à déplorer car les forces de l’ordre étaient bien encadrées et bien dirigées. Aucun coup de feu n’a été tiré par la police, c’est elle qui en a essuyé un certain nombre et qui eut des blessés à déplorer. Et cette irréprochable gestion d’une crise grave est à porter au crédit du nouveau ministre de l’intérieur.
Il faut donc cesser d’accabler injustement un homme qui ne mérite vraiment pas un tel traitement.

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25/03/2011

La révolte syrienne, noyée dans le sang.

La révolte syrienne, noyée dans le sang.

 

Plus de cent morts selon al-Arabiya et Al-Djazira, dans la petite cille de Dera’a, non loin de Damas. J’ai entendu l’interview d’une mère de famille disant au téléphone que les gens restaient cloîtrés chez eux, que les enfants ne pouvaient plus jouer dans la rue et qu’un médecin innocent qui se rendait dans une mosquée afin d ‘y soigner des blessés avait été tué par un sniper appartenant aux forces spéciales.

Ce matin, sur BFM Tv, des inquiétudes encore plus fortes étaient exprimées, en particulier en ce vendredi, jour de grande prière dans les pays musulmans.

Le spécialiste libanais ou franco-libanais Antoine Basbous a bien qualifié la nature du régime syrien, dirigé par le fils de Hafez el-Assad, un homme qui n’hésita pas à massacrer des milliers d’opposants dans la ville de Hama, à huis clos : pas de reporters, de pas de téléphones portables, ni d’internet à l’époque. On pouvait massacrer en silence et en toute quiétude ! Basbous a souligné la nature rude et violente du régime qui gouverne par la terreur et la corruption et maintient l’état d’urgence depuis près d’un demi siècle.

Bachar el-Assad a promis de prendre des mesures dans le sens exigé par les protestataire, il a envisagé de lever l’état d’urgence, d’augmenter les salaires et de relâcher les manifestants arrêtés. Mais quid de la liberté d’expression, du sort des détenus politiques, de la position dominante de sa famille et de son clan dans le gouvernement du pays ?

Rien de nouveau, il n’est donc pas du tout certain que cela va calmer l’ardeur des mécontents…

Basbous a aussi attiré l’attention sur les conséquences entraînées par la chute probable du régime : elle priverait l’Iran d’un allié de choix au Proche Orient et affaiblirait fortement la position du Hezbollah qui réceptionne les armes iraniennes par les ports et les aéroports syriens. Mais allons plus loin encore : si ces deux Etats étaient pris dans le vent de la révolte, ce serait la disparition pure et simple du Hezbollah qui perdrait ainsi ses plus fidèles soutiens.

Au train où vont les choses, on n’en est plus très loin. Mais comment se sentiront les Occidentaux qui ont tendu une perche à Bachar el-Assad lequel a provoqué la mort de plus de cent manifestants hier et avant-hier dans son pays ?

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24/03/2011

Résistances juives à la kabbale Depuis le Moyen Age jusqu’à la fin du XIXe

Résistances juives à la kabbale

Depuis le Moyen Age jusqu’à la fin du XIXe

Siècle en Allemagne

Conférence prononcée à la Mairie du XVIe arrondissement de Paris

Le jeudi 24 mars 2011à 20h

Généralités

Comme on pouvait s’y attendre, la vision kabbalistique du judaïsme rabbinique ne s’est pas imposée du jour au lendemain ni n’a été épargnée par les critiques. Lors de son avènement, elle avait soulevé de fortes résistances dans certains milieux philosophiques, mais aussi à l’autre extrémité du spectre communautaire, c’est-à-dire au sein de l’orthodoxie et du camp conservateur. Cependant, dès la fin du XVe siècle, on peut affirmer que toute mise en cause de la théologie kabbalistique était considérée par les autorités religieuses comme une attaque frontale à l’encontre du judaïsme. C’est seulement après la redoutable crise provoquée par le sabbataïsme qui se solda par des milliers de défections que la kabbale et ses théologiens furent appelés à rendre des comptes. A partir de cette date, la kabbale fut suspectée d’avoir des idées hérétiques.

 

 

Les premières contestations de l’antiquité du Zohar et de la paternité littéraire de Siméon ben Yochaï.

 

Voici la traduction française de l’introduction de Zacuto au texte d’Isaac d’Acre

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