01/02/2011

L'armée lâche Husni Moubarak

V

 

 

L’imminent départ du président Hosni Moubarak

 

Etant à Genève pour assurer mes obligations, je n’ai pu alimenter le blog, ce dont vous voudrez bien m’excuser. La situation en Egypte que j’ai pu suivre depuis Genève sur Al-Djazira et Al-Arabya évolue toujours dans le même sens. Mais les Egyptiens éduqués et cultivés savent agir dans la nuance : ainsi l’armée égyptienne a affirmé solennellement par la voix de son porte parole qu’elle ne tirerait jamais sur les manifestants dont les revendications lui semblent légitimes : c’est que l’armée, tout en ne condamnant pas le régime de Moubarak qui l’a choyée, prend ses distances. En fait, l’armée pense déjà à l’après Moubarak.

Les historiens et les sociologues disserteront sûrement à perte de vue sur ce qui s’est passé, en réalité. Ce fut un ras le bol généralisé, le raïs étant malade, trop vieux et usé par trois décennies de pouvoir absolu. L’armée avait déjà décroché lorsqu’elle fit savoir qu’elle n’accepterait pas le fils Gamal Moubarak. Le raïs avait tenté de la contourner et voilà le résultat.

Ce qui pose problème à présent, c’est ce qui va se passer après le départ de Moubarak. L’armée ne permettra jamais aux Frères Musulmans de venir imposer leur dictature anti-démocratique et fanatique… Allez demander aux Coptes (près de huit millions en Egypte) ce qu’ils pensent des Frères musulmans…

Il y a une réaction des Iraniens qui brille par son incroyable cynisme : alors que le régime des Mollahs n’a pas hésité à faire tirer sur la foule des manifestants, son ministre des affaires étrangères se félicite des événements en Egypte où l’armée, précisément, ne tire pas et respecte les droits civiques des citoyens. Ce que la république islamique ne fait pas.

Mais les Egyptiens sont un peuple mature qui sait où se trouvent ses vrais amis. Il ne choisira pas l’aventure, ce qui ramènerait l’Egypte trente ans en arrière et la ruinerait encore plus, si elle quittait le camp des USA et cherchait noise à son puissant voisin.

Souhaitons que la transition se fasse en bon ordre.

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Commentaires

Continuez, s'il vous plaît, ne faiblissez pas. Pas si proche
Vous portez le souffle d'une aventure nouvelle.

Les réalités géopolitiques, froidement pragmatiques, laissent à penser que vous n'êtes que des pions.
Les obscurantistes veulent vous convaincre que la lutte est vaine pour reprendre la main et l'emprise.
Les frileux en appellent à l'incertitude des lendemains qui déchantent et ils n'ont pas tort.

N'empêche.
N'empêche, vous portez un souffle inattendu. Personne n'a vu venir cette révolte des peuples en Tunisie puis en Egypte.
N'empêche, personne ne parvient à contenir ce souffle qui n'entre dans aucun cadre.
N'empêche, la chance à saisir là ne repassera pas de sitôt.

Comment vous soutenir, depuis l'Occident ?
Quand on n'a que les mots pour vous dire une admiration et une envie de vous voir poursuivre, de résister quelques jours encore, quelques heures encore, quelques morts encore, qui vous séparent d'une nouvelle aventure.
Juste des mots pour vous dire que votre souffle nous atteint, même si, si loin, nous sommes préservés des dangers.

Adjoindre mon souffle aux vôtres pour aviver les braises. La flamme ne doit pas s'éteindre.

Merci de nous offrir cet incroyable souffle qui nous réveille et rouvre toutes les portes des possibles.

Ne faiblissez pas. Moi, et combien d'autres ?, nous croyons incroyablement en vous et en ce cris qui nous fait vibrer dans le monde entier.

Ces simples mots pour tous ceux qui remettent leur confiance en votre détermination dans les prochaines heures !

Continuez, s'il vous plaît, ne faiblissez pas. Pas si proche.

Écrit par : Taor | 02/02/2011

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