22/11/2010

L’affaire de Karachi

L’affaire de Karachi

Décidément, les relais de cette affaire de Karachi ne manquent pas. A l’origine de toute cette controverse il y a la vente de sous marins au Pakistan. De tels contrats ne se font jamais sans l’aide déterminante d’intermédiaires qu’il faut rétribuer. C’est toujours ainsi : tous les contrats d’armement qui totalisent des sommes astronomiques ne se feraient jamais sans l’aide de ces intermédiaires qu’il faut rémunérer. Le problème, c’est qu’ici, des soupçons existent sur des rétro commissions, c’est-à-dire que certaines sommes seraient revenues en France pour financer la campagne présidentielle d’un candidat en 1995. Or, la France a perdu plusieurs ingénieurs travaillant à Karachi, victimes d’un anglant attentat qui serait la vengeance de personnes réclamant leur dû.. En somme, l’élection de Jacques Chirac a conduit ce dernier à revoir toutes les clauses du dit contrat d’armement afin de ne pas poursuivre ces possibles versements à des intermédiaires… Lesquels se seraient vengés en s’en prenant aux ingénieurs français travaillant à Karachi.

L’affaire, on le voit, est sensiblement compliquée. Ce qui lui a donné une acuité toute particulière, ce sont évidemment les dernières déclarations des uns et des autres durant le week end. Tel ancien Premier Ministre affirme ne plus se souvenir de l’affaire, tel autre revient carrément sur ses précédentes déclarations où il insistait pourtant sur son audition par un juge…

Il ne faudrait pas qu’une affaire ayant entraîné mort d’homme dégénère en règlement de comptes politiques. La souffrance des familles devrait en dissuader tous les protagonistes. Voici un sujet qui va mobiliser la presse et la justice, sans oublier l’opinion, durant de longues semaines mais qui s’achèvera sans qu’on sache ce qui s’est vraiment passé. Ce que l’on sait, hélas, c’est que des victimes françaises existent bien, sans qu’il y ait, un nexus causal évident entre l’attentat et ces commissions ou rétro commissions putatives…

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Commentaires

Vous évoquez le respect des familles. Alors, ayez celui de les laisser s'exprimer, comme ici Magalie Drouet, fille de l'une des victimes.

Réagissant aux déclarations de M. Sarkozy qui a promis samedi à Lisbonne que l'Etat communiquerait "naturellement" tous les documents sur ce dossier, Magali Drouet assure que "cela sonne comme un aveu", dans un entretien publié dimanche par le Parisien/Aujourd'hui en France.

Le président "reconnaît qu'il existe des documents intéressant l'instruction qui n'ont pas encore été transmis", précise-t-elle. "En expliquant qu'il les donnerait "en temps et heure", il ignore cette séparation des pouvoirs qu'il nous opposait avant pour ne pas s'exprimer sur le dossier", ajoute la jeune femme.

Mais "ce n'est pas à lui de décider", souligne-t-elle. "Nous exigeons qu'ils transmettent ces documents le plus vite possible".

Magali Drouet, qui a signé avec une autre fille de victime, Sandrine Leclerc, un livre intitulé "On nous appelle les Karachi", estime aussi qu'"on sent de la panique au plus haut niveau de l'Etat", après les déclarations de Dominique de Villepin se disant prêt à parler avec la justice.

Écrit par : ArthurH | 22/11/2010

Je crois qu'il ne faut pas chercher midi à quatorze heures.

Sous Mitterrand, la France a vendu des sous marins au Pakistan.

En 1995, lorsque Chirac décide, pour quelque raison que cela soit, de bloquer le paiement des commissions dues aux pakis / intermédiaires, lui, en grand connaisseur de ce type de pratiques, sait parfaitement qu'il appuie en même temps sur le bouton qui fera sauter les ingénieurs Français.

Écrit par : Giona | 22/11/2010

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