13/06/2010

QU’EST-CE QUE L’IDENTITÉ NATIONALE ? Réflexions sur le livre de Marcel Détienne,

près quelques soirées un peu animées et parfois même désagréables par le fait de quelques uns, je sumets aux camardes blogueurs une réflecion sur un excellent ouvrage de M. Marcel Détienne, grand athropologue françcais. Les problèmes posés par ce livre sont importants et mérient une approche pondérée et réfléchie.

J'espère que ce compte rendu qui va prochainement être publié par une grande revue de débat françaisaidera à se pencher sur une question cruciale, celle de l'identité natioanle et son corollaire, l'intégration, quand celle-ci est passible

 

 

QU’EST-CE QUE L’IDENTITÉ NATIONALE ?

Réflexions sur le livre de Marcel Détienne,

L’identité nationale, une énigme (2010, Gallimard)

Remarques préliminaires

Le petit ouvrage, pétillant d’idées et d’aperçus judicieux, de Marcel Détienne pourrait fort bien supporter un sous titre du genre : l’autochtonie, un mensonge ? C’est bien ce qui ressort de l’ensemble de ce livre qui parle de l’identité nationale comme d’une énigme et d’un mystère. Dès les toutes premières lignes, l’auteur cite l’œuvre de l’excellent Pierre Nora, reçu sous la coupole par un autre éminent historien René Rémond, qui eut cette phrase séminale : le mystère des identités nationales.

 


 

Pour savoir qui nous sommes vraiment, d’où nous venons, nous devons explorer ce qu’il y avait avant nous : le passé. Mais le passé en soi (das Vergangene, die Vergangenheit, das Gewesene an sich) existe-t-il vraiment ? Et si tel est le cas, comment passons nous du passé à l’Histoire ? Ce passage est très malaisé et je pense que Léo Baeck faisait allusion à cette problématique lorsqu’il rédigea, en partie dans le camp de Theresienstadt, son dernier livre (Ce peuple. L’existence juive, 1957 ; traduction française Armand Colin, 2007) ; il écrivait en guise de préface que les atrocités vécues au camp de concentration étaient devenues esprit, signifiant par là que la mémoire (le travail mémoriel, comme dit M. Détienne), l’intellect, les avait classées, rangées, ordonnées pour en faire de … l’Histoire. Ce qui est aussi une manière de générer une conscience historique.

Sans même s’attarder sur le cas des Athéniens, grands promoteurs de la notion d’autochtonie, si ironiquement décriée par Platon dans La République, on peut se demander ce qui distingue les hommes les uns des autres, ce qui les conduit à revendiquer une identité différente, voire opposée à celle des autres. En fait, revendiquer une identité nationale, culturelle ou même religieuse, c’est se poser en s’opposant. Le texte platonicien cité (414b-414e) parle d’un mensonge inculqué aux gens, tant aux dirigeants qu’aux habitants de la cité, qu’en vérité, ils étaient alors sous la terre, en son sein, en train d’être modelés et élevés eux-mêmes… qu’une fois que leur fabrication avait été terminée, la terre, qui est leur mère, les avait mis au monde ; et qu’à présent ils doivent délibérer au sujet du pays où ils sont et le défendre contre quiconque l’attaque, comme si c’était leur mère et leur nourrice… En clair, Platon pourfend un enseignement mensonger portant sur l’essence même de la cité-état, pensant que la culture et la civilisation s’arrêtaient aux portes d’Athènes et qu’au-delà sévissait la barbarie…

Autochtonie et pureté

Tous les peuples, à commencer par les Athéniens de la Grèce antique, berceau de notre civilisation, ont tenu à clarifier le lien personnel et unique les unissant à la terre, leur territoire où ils exercent une souveraineté nationale. Mais le problème est de savoir qui fut effectivement le premier à occuper telle ou telle portion de territoire.

Autochtonie, Marcel Détienne le souligne maintes fois en citant le passage tiré de La République de Platon, signifie «produit par la terre elle-même». Sur cette notion toute relative (pour ne pas dire douteuse) de l’autochtonie vient se greffer une idée encore plus aléatoire, celle de pureté, d’absence de mélange. L’idée est fort ancienne, même si l’historiographie biblique, généralement si peu prise en compte, a mis en garde contre le polygénisme et prôné un monogénisme sans faille : si Dieu n’a créé qu’un seul homme, l’Adam primordial, alors qu’il aurait pu en fabriquer tant d’autres, c’est pour qu’aucun homme ne puisse dire à son prochain qu’il est issu d’un lignage supérieur au sien… La thèse du monogénisme coupe l’herbe sous les pieds de toute théorie raciale et souligne que l’humanité est, certes, diverse, mais que son origine est unique.

Quittons la Bible et l’antiquité grecque pour un historien de la Rome ancienne, Tacite, en l’occurrence, et sa Germanie. Dans un passage de ce livre que j’avais jadis étudié en allemand, Tacite écrivait : les Germains furent les habitants originels du pays et ne s’étaient guère mélangés (à d’autres ethnies) [Die Germanen waren die Ureinwohner des Landes, die sich kaum versmischt hatten…] . Tacite a bien écrit les habitants originels du pays… Et l’historien romain de vanter les vertus guerrières et les mœurs épurées de tribus germaniques, données en exemple à un peuple romain en proie à une décadence galopante.

Comment enseigner l’histoire ?

On peut s’en référer à ce passage tiré d’un texte d’Alfred Grosser. Soulignant la spécificité française dans l’enseignement de l’histoire, l’auteur note ceci : Le plus souvent, l’enseignement de l’histoire présente une réalité transformée par le désir de constituer ou de maintenir une identité nationale positive… Ceci est indéniable : écrire son histoire, c’est déjà l’interpréter, établir des relations entre des causes et des effets, présenter d’une certaine manière (et pas autrement) l’enchaînement des événements, glorifier ceux auxquels on s’identifie et reléguer à l’arrière-plan tous les autres…

Même si l’on se tient soigneusement à l’écart de tout racisme ou antisémitisme à base biologique, la quête d’une identité nationale, d’une essence qui nous soit propre, revient à rechercher un noyau insécable de celle-ci. Qu’est-ce qui nous différencie vraiment des autres ?

Quand on dit : quelle est l’essence de la France ? On dit simplement qu’est-ce qu’être français ? Or, il n’est pas du tout sûr que les Gaulois aient été les seuls ancêtres des Français de notre histoire… Comment gérer, comment quantifier la part prise au sein de notre histoire par des gens qui n’étaient peut-être pas issus de ce qu’un homme politique français a récemment nommé «le corps traditionnel français» lorsqu’il s’est agi de nommer un fils d’immigré maghrébin à la tête d’une agence gouvernementale ? Nous n’avons pas en français d’expression toute faite ou idiomatique pour désigner de telles idiosyncrasies, alors que les Allemands disposent, eux, d’une formule adéquate, das Denken und Fühlen, le penser et le sentir, ce qui pourrait renvoyer à une sensibilité ou à une mentalité supposée commune à tous ou que tous auraient reçu en partage…

On ne peut pas s’empêcher de penser aux Discours à la nation allemande de Fichte (Reden an die deutsche Nation), à une époque (avant 1815) où l’on pouvait difficilement parler d’une nation allemande. C’est le chancelier von Bismarck qui mit fin à l’émiettement en petits Etats (Kleinstaaterei).

De son côté, le célèbre professeur à l’université d’Iéna a probablement voulu opposer à la «Grande Nation» française, conquérante et ivre de puissance, une autre nation, la sienne qui, bien que divisée, devait s’unir pour secouer le joug de l’occupant.

Construire ce que l’on veut comparer

Nul ne s’étonnera de trouver une telle formule sous la plume d’un grand comparatiste comme Marcel Détienne. Et c’est dans ce paragraphe que l’auteur dévoile l’objectif de son ouvrage (p 22) : …« avoir une identité» ou «une nationalité». Et c’est là le propos de ce livre, qui voudrait en termes simples mettre en perspective des fictions du passé ou du présent, comme le pur Celte de Padanie (en Italie), l’Hindou-hindouiste à racines védiques (dans l’Inde contemporaine), le Japon né de la terre des dieux avec sa volonté d’être autochtone, à côté de l’Allemand historail d’hier, de l’Athénien, pur rejet de la terre autochtone, du Français de souche à nouveau raciné et du native - «citoyen de souche américain».

L’auteur envisage l’histoire des pays d’Europe, singulièrement celle de la France, et entend ruiner les fondements de cette mythe-histoire ou histoire mythique qui encombre encore les manuels de nos écoles primaires et de nos lycées . La création d’un ministère de l’identité nationale n’est vraiment pas une préoccupation absente de ce livre … Elle est même un élément primordial dans son élaboration et sa publication. Mais les arrière-pensées politiques ne retiendront pas notre attention dans un débat qui se veut historico-critique.

Comment donc se transmettent ces éléments, ces idées, ces similitudes (ce que l’auteur nomme joliment, mêmeté) ? En d’autres termes, comment devient-on l’acteur principal de son histoire, agir en elle au lieu d’être agi par elle, être son sujet autonome et non son objet ? Il suffit, pour cela, de vouloir l’écrire et la construire.

Cette idée de construction de l’histoire m’a longtemps occupé quand je traduisais[1] le discours programmatique du père de l’historiographie juive moderne, Heinrich Grätz (1817-1891), dont le titre est justement Die Construktion (sic) der jüdischen Geschichte ( Krotoschin, 1845). Ce qui frappe, dès les premières lignes, c’est que nous avons affaire à une histoire intellectuelle, une histoire de l’esprit qui nourrit la vocation d’Israël et son double attachement à Dieu et à sa terre… Il est évident que les événements politico-militaires, pourtant décisifs dans l’histoire de ce peuple, est enchâssé dans un cadre plus vaste où le seul agens ou factor primus n’est autre que la divinité du Sinaï. L’élément spirituel et religieux prend visiblement le pas sur tout le reste : c’est la caractéristique majeure de l’historiographie biblique qui a fortement imprégné la conception même de l’histoire juive, au point de monopoliser l’identité juive et l’essence du judaïsme. Et de n’en retenir qu’une définition intrinsèquement religieuse. Or, l’appartenance juive peut aussi s’envisager autrement.

Dans les notes à son ouvrage, Marcel Détienne cite parfois l’historien nationaliste allemand du XIXe siècle, Heinrich von Treitschke qui eut une violente controverse avec son collègue Heinrich Grätz lequel venait d’achever la publication des onze volumes de son Histoire des juifs (Geschichte der Juden). Une anecdote historique nous paraît être tout à fait indiquée dans ce contexte: on présenta le jeune Grätz au coryphée de la science du judaïsme en Allemagne, Léopold Zunz, en ces termes : voici le jeune Dr Grätz qui écrit une Histoire des juifsEncore une, s’exclama le vieux Zunz. A quoi l’historien en herbe répondit : certes, oui, mais cette fois-ci, c’est une histoire juive… Tout est dit : Grätz dont l’œuvre est extrêmement solide et fortement charpentée, reconnaissait sans peine que sa perspective serait juive, qu’il appuierait les positions traditionnelles et défendrait un «nationalisme» culturel et religieux.

Ce qui ne manqua pas de provoquer l’ire de von Treitschke qui lui reprocha avec véhémence de haïr l’Allemagne et de plaider en faveur d’un divorce avec ses habitants juifs. Dans toute l’université allemande, seul l’éminent spécialiste de la Rome ancienne, Théodore Mommsen, se porta au secours de son collègue juif, pour justifier sa perspective historique.

Dans le contexte qui nous occupe ici, une telle confrontation entre deux historiens qui marquèrent leur époque montre combien il est malaisé d’écrire une histoire nationale (le projet de Grätz) tout en évitant le nationalisme. Pour Grätz qui refusait toute fusion des juifs dans l’ethnie allemande, il s’agissait de montrer que la judéité n’était pas nécessairement compatible avec la germanité et que les juifs étaient à la fois une communauté nationale (Volksgemeinschaft) et une communauté religieuse (Religionsgemeinschaft), un peuple et une religion. Von Treitschke ne pouvait admettre (et on le comprend, malgré tout) l’existence d’un peuple au sein d’un autre peuple. L’identité juive devait se réduire à sa composante religieuse et abdiquer toute revendication nationale. Une exigence absolument inacceptable aux yeux de Grätz.

Au fond, les mêmes besoins créent les mêmes demandes, les mêmes exigences. Maurice Barrès exaltait la terre et les morts ; il écrivait aussi (p 27) pour forger une conscience nationale, il faut des cimetières et un enseignement d’histoire… C’est très juste.

La tradition talmudique a exalté les dix martyrs du Royaume, c’est-à-dire de Rome (assara harougué malkhout) dont le traité babylonien Guittin décrit le supplice de manière très directe. L’occupation romaine de la Judée fut très dure et a laissé des traces profondes dans la sensibilité des enfants d’Israël. Face à cette puissance planétaire qu’était la Rome païenne, il leur fallut se poser en s’opposant. Mais la tradition talmudique fut largement précédée dans cette voie par la littérature biblique elle-même qui nous offre une grande fiction en brossant le portrait d’une Egypte imaginaire, esclavagiste, quintessence de l’impureté et du péché, mais qui n’a jamais réellement existé en tant que telle… Toujours cette même volonté de se singulariser, de se poser en s’opposant. Ce qui, malgré tout, n’entame en rien la validité de la vocation spirituelle d’Israël qui considère, à tort ou à raison, que son existence est vraiment co-extensive à celle de Dieu.

Abraham ou l’autochtonie venue d’ailleurs

En rédigeant mon ouvrage intitulé Abraham, un patriarche dans l’Histoire, j’ai étudié un recueil intitulé Le livre de traverse. De l’exégèse biblique à l’anthropologie (Cerf, 1992). Or ce livre comporte une préface brève mais très fine de Marcel Détienne qui note qu’Abraham, pourtant reconnu comme étant le père de tous les croyants, n’était pas un autochtone. Et l’auteur de préciser : c’est une autochtonie venue d’ailleurs. Brillante trouvaille.

Mais la grande geste abrahamique avec sa triple promesse divine (une divinité tutélaire, une large descendance et une terre promise) pose le problème du droit primordial. Marcel Détienne (p p 31-32) interroge : qu’est-ce qu’un droit «primordial» sur des terres que possèdent depuis deux cents ans des colons à l’entour d’une colonie pénale ? Nul besoin d’être grand clerc pour saisir l’allusion… Vers le milieu de son ouvrage, l’auteur note que durant plus de six siècles un peuple (autre que le peuple juif) s’est installé en Palestine. Mais dans ce cas, que dire de tous ces territoires conquis à la pointe de l’épée par un «islam conquérant» et avide d’expansion ? L’auteur y reviendra infra. (voir pp 133-134)

En matière d’essence, d’identité et d’historicité, les juifs posent, c’est indéniable, le plus de problèmes. L’identité juive a toujours été diverse et éclatée, au sens où elle se laisse difficilement définir de manière univoque : patrilinéarité ou matrilinéarité ? Naît-on juif ou peut-on le devenir par conversion ? Le judaïsme est-il une religion ou une nationalité, ou bien les deux ?

J’avoue, cependant, que certains passages de ce livre ont suscité ma perplexité ; heureusement, ils ne sont pas nombreux. En voici un, toutefois, que l’auteur n’a probablement pas soumis à une relecture attentive (p 33) : les ethnologues en quête de terrains ont depuis longtemps reconnu la richesse d’un gisement où la modernité d’une identité de papier se nourrit de l’archaïsme d’un récit d’origine en devenir d’histoire, de récit historique… Je crois discerner à peu près l’intention de l’auteur mais pourquoi un style si embrouillé ? La même remarque vaut pour les pages 94-95 où l’éminent anthropologue tente laborieusement de tirer le meilleur d’une raisonnement philosophique de Heidegger… Cette vieille opposition entre les historiens –qui jugent d’après les faits- et les métaphysiciens qui se perdent dans de subtils raisonnements… (p. 100)

Mais d’autres passages sont plus limpides et aussi plus équilibrés, notamment celui qui résume la filiation abrahamique revendiquée, de manière exclusiviste, par les uns et les autres : ( pp 133-134) : C’est un nomade, venu de Chaldée, Abraham est son nom, qui passe pour avoir fondé le tombeau des Patriarches et pour s’être mis en route vers une «Terre promise», une terre que certains de ses prétendants présumés n’en finissent pas de récuser, tandis que d’autres, farouchement décidés à l’ancrer, en font une «Terre sacrée», pensant ainsi la dénier à ceux qui la voulaient «sainte» selon leur religion conquérante.…

Le problème est que tant en hébreu qu’en arabe, le sacré et le saint sont des notions très proches, désignés par une même racine KDS ou KDSh ; en hébreu c’est kadosh et en arabe c’est mukudasa (ard mukadasa : terre sainte)…

La nation

L’idée de nation est inséparable de l’identité nationale. Je reprends entièrement la teneur du discours (Qu’est-ce qu’une nation ? prononcé par Ernest Renan en Sorbonne en 1882: ce principe spirituel (assez vague, il est vrai), cette volonté de vivre ensemble, de bâtir une œuvre en commun. Mais comme le remarque Jules Michelet, la langue, les coutumes, les sentiments (et tant d’autres choses) sont les caractéristiques permettant de reconnaître une même nationalité ou nation. Cette remarque me fait penser au sens que revêtait le mot nation dans le royaume de France au cours du XVIIIe siècle ; notamment lorsqu’on parlait de la «nation juive portugaise». Les juifs qui se dénommaient ainsi insistaient sur leur fidélité à des traditions et à des rites qui n’étaient pas nécessairement ceux de leurs frères d’Alsace ou de Lorraine. Certes, ils se sentaient unis à ces derniers par une sorte de communauté de destin, mais pas au point de renoncer à ce qui constituait, à leurs yeux, une part non négligeable de leur identité.

Dans ce contexte de nation et de nationalité, il n’est pas inintéressant de se tourner un instant vers l’islam et les arabo-musulmans. Il existe deux termes pour désigner la nationalité en arabe classique : quawmiya et watanya. Aucun Arabe ne fera de confusion entre ces deux termes : le premier désigne une entité supra nationale qui englobe toute l’islamité ou l’arabité alors que le second dispose d’un champ sémantique bien plus réduit. Al-watan veut dire le pays ou l’on est né, une patrie ou une nationalité, syrienne, irakienne, égyptienne ou autre… Mais pour cet usage précis, un Syrien ou un autre ressortissant d’Etat arabe ne parlera jamais de quawmiya

En hébreu, la terminologie est, certes, claire, mais son emploi est très fluide. Dans le livre de la Genèse, lorsque la matriarche Rébecca (Ge. 25 ;19) est enceinte de ses deux fils Esaü et Jacob, la divinité lui annonce que deux nations (goyim) et deux peuplades (léomim) de tes entrailles essaimeront ; l’une de ces peuplades sera plus forte et l’aîné servira la cadet… Or, j’ignore comment on dit la nation israélienne. Je n’ai jamais entendu parler d’un léom israéli…Au début de la réinstallation des juifs en terre d’Israël, on parlait du yishouv, l’établissement juif sur place. En revanche, pour parler du peuple juif, on dit ha’am ha-yehudi. Peut-on alors parler d’un peuple israélien ? La question reste posée.

Qui est habilité à écrire l’histoire ?

On a dit supra qu’écrire l’histoire c’est déjà l’interpréter. Il suffit de voir comment les manuels français décrivent l’épopée napoléonienne et comment les Allemands ou d’autres pays d’Europe voient l’action du grand Corse… Alors, qui doit relater notre histoire nationale, et par voie de conséquence, celle de nos voisins ?

Même Hérodote et Thucydide, considérés comme les initiateurs de l’historiographie, ne nous donnent pas la solution. Pas plus que le chroniste biblique ni même les rédacteurs du Deutéronome qui ont pourtant voulu faire du patriarche Abraham, l’archétype de l’identité juive… Novalis (1772-1801), l’auteur d’un roman d’éducation (Bildungsroman) intitulé Heinrich von Ofterdingen (trad. Fr. en 1988 chez Aubier-Montaigne), écrivait que seuls des hommes craignant Dieu peuvent faire œuvre d’historiographes (Geschichtsschreiber sollten gottesfürchtig sein)

On est loin de Marcel Détienne qui pourfend (à juste titre) les mythes et les représentations subjectives de soi et de ce que l’on croit pouvoir considérer comme étant son histoire. Mais dans les quelques lignes rapides qu’il consacre aux juifs et à la terre d’Israël, nous ne retrouvons pas la même lucidité dont il fait généralement preuve.

Bien qu’il ait largement contribué à affaiblir les positions doctrinales de l’église catholique, Ernest Renan n’en recommandait pas moins de ne «point bannir la légende» car elle est indispensable… Mais dans ce cas, toute tradition, religieuse, politique, culturelle, voire nationale est pétrie d’éléments légendaires… Donc de mythes.

«Le juif de souche en Terre sainte»

De quelle nature est le lien à la terre? S’agit-il d’un lien religieux ou de propriété, c’est-à-dire d’occupation du sol ? Marcel Détienne aborde ce délicat sujet après avoir parlé des morts. Une présence sur un territoire, surtout si elle remonte à des siècles, donne-t-elle des droits imprescriptibles ? Le chapitre (XXIII) de la Genèse nous montre un patriarche Abraham négociant pied à pied avec une tribu, les Bné Hêth, afin d’acquérir contre des écus sonnants et trébuchants un lieu de sépulture pour sa défunte épouse, et par la suite, pour lui-même et ses descendants les plus proches. Mais ensevelir des défunts dans un territoire est aussi une marque d’autochtonie à l’envers : on n’est pas né ici, mais on veut y mourir et y être enterré. L’histoire ou le mythe des «gisants d’Hébron (nemékhin de-Hébron)» est omniprésent dans la liturgie quotidienne et même le Zohar, la Bible de la mystique juive, lui consacre des folios entiers. De telles descriptions ont un caractère envoûtant surtout lorsqu’on voit Abraham enterrer Eve une seconde fois…

M. Détienne écrit verbatim (p 66) : Entre la Bible et le présent d’Israël, la terre est l’élément de condensation le plus actif dans les mythidéologies du monde juif. Cette phrase, écrite à l’emporte-pièce, peut supporter maintes interprétations, même si le terme condensation ne me paraît pas adéquat.

C’est vrai, la notion de terre promise, peut prêter à discussion ; et c’est elle qui a d’ailleurs permis à l’auteur de trouver cette subtilité exégétique l’autochtonie venue d’ailleurs au sujet d’Abraham. Sans se perdre en conjectures, le contexte, semble-t-il, est assez éclairant et renseigne sur la pensée de l’auteur, de la page 67 à 70. Selon M. Détienne, les vestiges archéologiques attestant l’ancienneté des juifs sur cette terre et l’indiscutable légitimité de leur héritage doivent quelque chose (je cite) aux coups de bull-dozers, dynamitages et pelleteuses mécaniques pour mettre à nu les mythes créés il y a un demi siècle à peine autour des «racines»de l’Etat juif, depuis le yichouv, l’Etat juif en gestation.

Les lecteurs non avertis pourraient être choqués par une telle appréciation qui tranche par rapport au reste de l’ouvrage. Il est vrai que l’auteur en porte la responsabilité avec d’autres sur lesquels il a commis l’imprudence de s’appuyer… Je ne vois pas très bien pourquoi les juifs seraient les seuls à disposer d’un titre douteux de propriété alors que les deux autres confessions monothéistes se voient confortées dans leurs revendications. L’auteur n’en souffle mot, c’est à croire que toutes les restaurations de souveraineté sont permises, à l’exception d’une seule, la plus ancienne et la plus authentique. Mais comme M. Détienne demande souvent la permission de renvoyer à ses propres écrits, je me permets de le renvoyer respectueusement à mon Abraham, un patriarche dans l’Histoire (Ellipses, 2010) ; après tout, cette référence en vaut bien d’autres…

Pour en finir avec ce point précis, je ne vois pas au nom de quoi on contesterait la continuité entre les anciens Hébreux, les juifs de l’Antiquité et leurs descendants aujourd’hui. Si ce lien à la terre était factice ou artificiel, aurait)il vraiment survécu à deux mille ans d’exil…

Qu’est-ce que l’histoire ?

En page 74 Marcel Détienne donne une définition de l’histoire proposée par Johan Huizinga : l’histoire est la forme intellectuelle dans laquelle une civilisation se rend compte à elle-même de son propre passé. L’historiographique allemande du XIXe siècle connaît bien ce processus, celui de la Selbstdarstellung (se présenter soi-même, se rendre compte à soi-même). Et nous voilà revenus à la problématique de l’identité. Un exemple : lorsque Moïse Maimonide (1138-1204) entreprend de formuler philosophiquement son judaïsme, il se livre à une quête identitaire et s’interroge sur lui-même en sa qualité d’adepte d’une religion déterminée. Plus d’un demi millénaire après, un autre grand penseur, Moïse Mendelssohn de Berlin (1729-1786) a lui aussi préféré proposer une nouvelle mouture philosophique du judaïsme plutôt que de le décrire tel qu’il existait vraiment de son temps. Les philosophes rejoignent un peu les historiens dans cette aventure de reconstitution qui devient souvent une reconstruction.

Si le passé en soi n’existe pas, quels enseignements pouvons nous en tirer ? Comment s’élaborent alors les traditions au sein des religions et des cultures ? Ne pouvons nous plus parler de mémoire de l’humanité ? Et si tel était le cas, cela couperait l’herbe sous les pieds de toute philosophie de l’histoire. Tournant le dos à Hegel, l’auteur se demande si une telle «téléologie» adoucirait les rudes aléas de l’existence humaine. Sa critique rapide du dogme du péché originel et sa mention de l’opposition entre Saint Augustin et Pélage sont bien vues.

L’identité nationale, un leurre ?

En 1884 (p 102), Ernest Lavisse , auteur d’une monumentale Histoire de France, s’adresse à ses étudiants dans un style qui surprendrait quelque peu des lecteurs d’aujourd’hui. Le grand historien notait que s’il enlevait de lui-même certains sentiments (l’amour du sol de la patrie, le souvenir des ancêtres, le culte des morts), s’il ne se sentait pas partie d’un tout perdu dans la brume, vraiment je ne saurais plus ce que je suis et ce que je fais en ce monde. Je perdrais la principale raison de vivre. De telles déclarations annoncent la naissance d’un véritable sentiment national. Ce qui frappe à juste titre Marcel Détienne, c’est la singularité de la France dans l’esprit de ces historiens qui y voient une exception à tout point de vue : la France apparaît comme le peuple élu de l’Histoire… Au fond, Treitschke ne pensait pas autrement lorsqu’il exprimait la conviction qu’un destin providentiel était réservé à la nation germanique… Mais même plus tard, lorsque le Reich wilhelmien sera battu en 1918, Gustav Stresemann proclamera la République de Weimar en disant que l’essence allemande régénérera le monde (am deutschen Wesen wird die Welt genesen…) On connaît la suite.

Comment pouvons nous parler d’une identité de la France avant l’existence de celle-ci ? Comment pouvons nous parler de l’identité britannique avant la constitution du Royaume uni ? C’est que le passé peut être transfiguré par l’activité mémorielle… La fameuse opposition entre l’ histoire et la mémoire. Et l’on se repose la question : comment une histoire nationale est-elle possible, une histoire sur laquelle s’appuierait une identité nationale… C’est un mystère et une énigme.

Il n’y a pas si longtemps, cette vieille nation qu’est la France s’est sentie à l’étroit dans le cadre européen. On eut alors recours à une notion nouvelle, l’exception culturelle française… Je me souviens d’un colloque que j’avais organisé il y a quelques années en Sorbonne sur la laïcité à la française… René Raimond qui y participait m’apostropha pour me demander ce qu’était au juste l’exception française… Il avait raison : à quoi tient donc cette singularité ?

Mais ce qui est plus frappant encore, n’est autre que la relation entretenue entre le profane et le sacré en République (Pierre Nora). Quiconque assiste à des cérémonies à la mémoire des martyrs de la Déportation et de la Résistance est touché par cette «mystique républicaine soutenue par de véritables liturgies de si nombreuses commémorations… » Comment est ce possible dans une République laïque ? Mon regretté collègue Bruno Etienne avait coutume de dire que la France est un pays catho-laïque…

Pouvons nous élucider qui nous sommes et d’où nous venons ?

Au terme de cette réflexion sur la notion même d’identité et d’historicité, on aura compris que Marcel Détienne est très mécontent de la création d’un ministère de l’identité nationale. Faudrait-il le remplacer par un autre qui parlerait du sentiment national, ou sentiment d’appartenance ? Je l’ignore .

En revanche, ce qui s’impose aux yeux de tout observateur impartial (et Dieu sait combien c’est difficile de l’être dans ce contexte), ce sont les inquiétudes, voire le désarroi qui s’est emparé de secteurs entiers de la population de l’hexagone, face à la mondialisation et à la crise. Les événements que nous vivons désormais remettent en question ce que nos livres d’histoire ont enseigné à tant de générations qui se demandent légitimement aujourd’hui : qu’est-ce que la France et qu’est-ce qu’être Français ?



[1] Heinrich Grätz, La construction de l’histoire juive, suivie de Judaïsme et gnosticisme. Traduit de l’allemand avec une introduction, une bibliographie et des notes par M-R. Hayoun (Cerf, 1992)

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Commentaires

M. Hayoun, on arrive que difficilement à lire vos billets à cause de Patoucha qui encombre votre blog avec ses copier/coller alors qu'elle pourrait poster que les liens. Faites quelque chose SVP.

Écrit par : Sforno | 13/06/2010

Respectez-vous et soyez digne SVP! OK?

Écrit par : Sforno | 13/06/2010

@Sforno. Je vous assure que je n'arrête pas. J'ai alerté La Tribune qui ne réagira que demain. Je rejette un à un les commentaires de cette personne dont j'ignore tout, croyez moi; j'ai même dû présenter des excuses à deux dames qui furent injuriées par cette personne. C'est incroyable. et alors que je prépare mon passage à la télévision de Genève demain, je passe un temps fou à surveiller le blog. Rendez vous compte, plus de vingt commentaires en 10 mn!!
Si cela devait se poursuivre, j'arrête tout… il faut interdire l'anonymat.

Écrit par : Pierre Emerache | 13/06/2010

@Sforno. Je vous assure que je n'arrête pas. J'ai alerté La Tribune qui ne réagira que demain. Je rejette un à un les commentaires de cette personne dont j'ignore tout, croyez moi; j'ai même dû présenter des excuses à deux dames qui furent injuriées par cette personne. C'est incroyable. et alors que je prépare mon passage à la télévision de Genève demain, je passe un temps fou à surveiller le blog. Rendez vous compte, plus de vingt commentaires en 10 mn!!
Si cela devait se poursuivre, j'arrête tout… il faut interdire l'anonymat.

Écrit par : Pierre Emerache | 13/06/2010

Je conçois parfaitement le temps fou que nécessite la surveillance d'un blog a fortiori s'il est continuellement inondé par des commentaires copier/ coller tels ceux de Patoucha. Toutefois arrêter votre blog nous privera incontestablement d'un luminaire ô combien utile en ces temps obscurs.

Écrit par : Sforno | 13/06/2010

Monsieur Emerach,



Certaines personnes ont pris l'habitude de lire vos billets, il serait dommage que vous arrêtiez.


Je vous souhaite tout de bon pour votre passage à la télévision et merci de nous dire pour quel programme.

Écrit par : vous me connaissez | 13/06/2010

L'émission de Pascal Décailler, Genève à chaud, vers 18h35.

Écrit par : Pierre Emerache | 13/06/2010

j'ai passé des commentaires inamicaux concernant vos postions sur le conflit israélo-palestinien , j'ai dénoncé votre blog car il abritait des commentaires outranciers- insultants- et d'une terrible vulgarité, bien que je les considère complètement contre-productif , cette marée noire que représente les copiés collés pollue tout débat , je vous avais sauf erreur conseillé de n'admettre que des commentaires identifiables et de bannir les courageux anonymes, le sujet est suffisamment délicat , il ne mérite pas ces dérapages et finalement discrédite votre site.

Écrit par : briand | 13/06/2010

PRIVE

Quelle Surprise? Monsieur Emerache, de lire un tel commentaire me concernant! Je préfère m'abstenir de vous dire ce que j'en pense personnellement, mais vais vous éclairer sur le Troll Sforno ensuite sur les deux "dames". Donc, à commencer par le Troll Sforno, que vous avez écouté aveuglément, est censuré ailleurs pour m'insulter et me suivre comme son ombre:

"@Sforno

"Vous avez la censure facile..."

Avec les petits frimeurs qui viennent se présenter comme mes "maîtres" et ensuite exigent le respect quand ils polluent mon environnement, effectivement...

Vous attendez quoi de moi et de vos petites visites sur mon blog au fait?...

Ecrit par : Carlitos de Unamuno | 11.06.2010


Pas très perspicace Monsieur, car vous ne semblez pas très au courant des personnes qui interviennent dans votre blog et encore moins de celles auprès de qui vous dites vous être excusé ? "j'ai même dû présenter des excuses à deux dames qui furent injuriées par cette personne."

Voyons un peu qui injurie qui? et je ne parle que de moi pas des autres!

Patoucha Tullius Détritus a repris le service de plus belle, il faut qu'elle mérite son salaire.

Ecrit par : Fatima | 21.05.2010

Donc, je te prie de ne plus agir comme elle. Quant à Fatima, elle a aussi trouvé une description qui sied à merveille à cette pauvre femme et à ses semblables. Dorénavant, il faut essayer de ne pas répondre aux provocations méchantes de "Patoucha Tullius Détritus la concierge", pour ne pas atteindre son niveau.

Je te souhaite une bonne journée

Ecrit par : Zakia | 17.05.2010

Personne ne conteste la présences de juifs pure souche et qui sont là-bas depuis des générations. Ils sont chez eux comme le sont les chrétiens et les arabes. Ils partagent la même eau, la même nourriture, le même bout de ciel et la même terre sainte depuis des siècles. Ceux qui ont émigré de gré ou de force (voir l'histoire), qui se sont dilués avec les autres et qui vivent depuis des siècles en Europe ou ailleurs, n'ont plus rien à voir avec les populations autochtones. Ils sont peut-être juifs mais ne sont pas moyens-orientaux. Exactement comme vous! Soyez donc humble et honnête, si ce n'est pas trop vous demander, et ne dénaturez pas l'histoire et surtout, puisque vous vous revendiquez "croyant", méditer donc votre Torah qui explique en long et en large pourquoi Le Très-Haut a exilé certains juifs et pas d'autres! Tout est dans votre Livre Saint!

Si tout le monde commence à utiliser les même argument que vous pour réclamer un bout de terre, on n'ira tout droit vers des guerres interminables!

Le mal est fait, des juifs pas orientaux du tout et surtout sionistes athées pour la plupart ont pu arriver à leur fin aidé en cela par de grandes puissances. Il faut avouer quand même que les arabes sont en grande partie les artisans de leur tragédie à plusieurs niveau! Mais ça, c'est une autre histoire!

Et ne pleurnichez pas sur la haine des arabes car ma foi, il suffit de faire un minuscule petit tour sur les sites juifs pour voir avec quel "amour et bienveillance", ils parlent non pas des arabes, chose que je peux tout à fait comprendre, mais des musulmans et de l'Islam!

Ecrit par : zakia | 05.05.2010

NB: Avant de vous excuser, vous auriez dû vous renseigner sur ces deux "dames" qui tiennent un blog et que vous pourriez lire chez Ramadan et Mohamed Ftelina! Cela ne vous fera pas plaisir car cela va contre tout ce que vous écrivez!

Je vous laisse donc, Cher Monsieur, avec vos "fans" et surtout ne prenez pas la peine de sortir de votre "coquille" de blog pour voir ce qui se dit ailleurs?!

Une chose est certaine c'est que vous vous êtes fait avoir par des commentateurs dont vous aurez loisir de découvrir les intentions malveillantes sous peu, comme personne dans ce site de la TdG, où ces personnes sont connues comme des loups blancs!

Écrit par : Patoucha | 13/06/2010

Incroyable de culot le Troll briand, éjecté aussi de chez Aldeeb sous d'autres pseudos, mais mieux connu sous briand, qui insulte en hébreu et ça vient donner des leçons! Vous semblez oublier que les blogueurs ont vos IP et mails et que c'est de cette façon que vous avez été dénoncé chez Sami Aldeeb! Vous pouvez faire le malin dans ce blog vu la naïveté de M. Emerhach, mais pas ailleurs!

Écrit par : Patoucha | 13/06/2010

Pata,

C'est tout ? T'as pas trouvé plus incriminant que cela ? Cherche mieux !

Écrit par : Abraham | 13/06/2010

M. Hayoun, on arrive que difficilement à lire vos billets à cause de Sforno Porphyre qui encombre votre blog avec ses copier/coller alors qu'il
pourrait poster que les liens. Faites quelque chose SVP.

Sionisme : Le réel ennemi des Juifs d'Alan Hart

Ce livre qu’il est impossible de publier, en Amérique

Sionisme : Le réel ennemi des Juifs d'Alan Hart

Par Alan Hart

Alan Hart est l'auteur du livre "Zionism : The Real Enemy of the Jews"

La question que se sont posée les Américains, immédiatement après les horribles attentats du 11 septembre 2001, était la suivante : "Pourquoi nous haïssent-ils ?"
Et, dans beaucoup d’esprits d’Américains, le "ils" de la question n’étaient pas seulement les fondamentalistes islamistes violents qui, d’après la version officielle des événements, étaient censés être les seuls responsables de la destruction des Tours Jumelles, mais les Arabes, les musulmans, où qu’ils se trouvassent – soit environ un quart de l’humanité…

Depuis ces événements particulièrement horribles et choquants, je me suis souvent demandé ce qu’il y aurait de différent, aujourd’hui, dans le monde – combien de destructions et de tueries en moins – si le président Bush avait dit quelque chose comme : "C’est une très bonne question. Nous devons trouver la réponse à cette question – et nous la trouverons – avant de prendre notre décision quant à notre façon de réagir."

Eût-on tenté de répondre à cette question, la première chose qui aurait été établie, c’est que la majorité écrasante des Arabes et des autres musulmans, partout dans le monde, ne haïssent absolument pas les Américains, ni l’Amérique.

Si la possibilité leur en était donnée, nombre d’Arabes, et de musulmans, peut-être même la moitié d’entre eux, viendraient vivre en Amérique pour profiter de la qualité de vie qui y règne (en apparence).

Non ; ce qu’ils haïssent, c’est la politique extérieure américaine.

Et la première cause sous-jacente de cette haine, c’est le soutien inconditionnel du Congrès et de la Maison Blanche à l’Etat d’Israël, quoi qu’il fasse de bien ( ?) ou de mal.
Mais l’arrogance d’Israël, assumée par l’Amérique, faite de diktats et de mépris envers le droit international, n’est qu’un des deux facteurs dans l’équation qui, depuis soixante ans, voit se transformer la douleur, la colère et l’humiliation des Arabes et des musulmans en haine, en raison du conflit à l’intérieur et autour de la Palestine.

Le deuxième facteur, c’est l’impuissance des régimes de l’Ordre arabe régnant, fondamentalement corrompu et répressif, des régimes qui, de manière générale, sont perçus par leurs populations comme, en effet, des serpillières américano-sionistes.

Le 11 septembre 2001, j’étais déjà bien avancé dans la rédaction de mon livre Le sionisme : Le véritable ennemi des juifs, aussi je ne me suis pas immédiatement lancé dans l’idée de répondre à la question : "Pourquoi nous haït-on tellement ?", mais le livre fournit aux Américains une documentation complète, exhaustive, détaillée, leur permettant d’y apporter une réponse.

Avec leur ouvrage "Le lobby israélien et la politique étrangère des Etats-Unis", Mearsheimer et Walt ont apporté une plongée iconoclaste des tabous dans un des aspects de ce que l’on avait l’habitude d’appeler le conflit israélo-arabe. Mon livre traite de la fabrication et de l’entretien de ce conflit, sous tous ses aspects.

Mon propos, c’est de permettre aux lecteurs de trouver une logique – j’ose le dire, pour la première fois de leur vie, dans bien des cas – dans l’ensemble de cette question, en voyant de quelle manière toutes les pièces d’un puzzle extrêmement complexe s’agencent et s’emboîtent parfaitement.

Et c’est la raison pour laquelle se qui s’est passé derrière des portes capitonnées, à Londres, à Paris, à Washington et à Moscou a sa place, dans l’histoire telle que je la narre, au même titre que les événements qui ont eu pour théâtres la Palestine – devenue Israël – ainsi que les capitales du monde arabe.

Mon propos, c’est aussi d’aider les citoyens à comprendre pourquoi une solution à ce conflit est restée, et semble devoir rester encore longtemps, hors d’atteinte de la politique et de la diplomatie, et qui doit faire quoi, et pourquoi, en vue de la justice et de la paix.

L’alternative, c’est la catastrophe, pour nous tous, et par nous tous, je n’entends pas seulement les Arabes et les juifs vivant au Moyen-Orient…

Je veux dire, pour nous tous, les humains, où que nous résidions… (Dans le Premier volume, je rappelle une interview que j’avais réalisée pour l’émission Panorama, avec la Mère d’Israël, Golda Meir.

A un certain moment, je l’ai interrompue, pour dire : "Mme le Premier ministre, je voudrais être bien certain de comprendre correctement ce que vous êtes en train de dire… Vous êtes en train de dire qu’au cas où Israël serait en danger d’être vaincu sur le champ de bataille, il était prêt à emmener en Enfer l’ensemble de la région et le monde entier derrière lui ?".

Sans même une seconde d’hésitation, avec sa voix éraillée capable de charmer – ou d’intimider – les présidents américains selon le besoin du moment, Golda me répondit : "Oui, c’est en effet, exactement, ce que je suis en train d’expliquer."

Dans l’heure qui suivit la diffusion de cette interview, le grand quotidien londonien The Times décida de changer son éditorial. Le nouveau citait la réponse que Golda m’avait faite, ajoutant l’avis de la rédaction : "On a intérêt à la croire sur parole !").

Ma seule réserve, par rapport à l’excellente présentation de la problématique par Mearsheimer & Walt, c’est leur utilisation de l’expression "lobby israélien".

Si je remonte dans le temps jusqu’en 1980, alors que j’utilisai cette expression au cours d’une conversation en privé avec Shimon Peres, lequel était à l’époque le chef du principal parti israélien d’opposition – le parti travailliste – et espérait empêcher Menachem Begin de rester en place pour un deuxième mandat, Peres me dit : "Il ne s’agit pas d’un lobby israélien. Non : c’est le lobby du Likoud !" [sic ! ndt]

L’argument du bouquin de M&W, c’est que le lobby, en Amérique, représenterait un sionisme pur sucre et borné, et qu’il encourageait (tout du moins, parfois) des politiques qui ne seraient pas dans l’intérêt bien compris d’Israël.
Pour des raisons que mon livre explicite en détail, le phénomène que W&M ont dénoncé (apportant un supplément à l’ouvrage de Paul Findley ‘They Dare To Speak Out’ [Ils osent l’ouvrir]) devrait être qualifié, de manière plus appropriée, de lobby sioniste.

Pour moi (et c’est aussi l’avis de tous les experts reconnus que je connaisse, notamment les deux éminents historiens israéliens "révisionnistes" (comprendre : honnêtes) de notre époque, les professeurs Ilan Pappe et Aviv Shlaim, la clé fondamentale pour comprendre le problème, c’est une claire connaissance de la différence qu’il y a entre le judaïsme et le sionisme.

Le monde occidental, en général, et plus spécifiquement le monde gentil, judéo-chrétien, a été conditionné à croire qu’il s’agit, avec ces deux notions, d’une même et unique chose. Ce n’est absolument pas le cas. Ce sont, au contraire, deux concepts totalement antithétiques l’un de l’autre…

Le judaïsme est la religion de juifs (et non "des juifs" ; en effet, tous les juifs ne sont pas croyants), et, comme le christianisme et l’Islam, cette religion a pour noyau un ensemble de principes éthiques et de valeurs morales.

Le sionisme, en revanche, est une idéologie laïque et colonialiste qui, en 1948, principalement en recourant au terrorisme et à l’épuration ethnique, a installé un Etat pour quelques juifs au cœur de la patrie arabe (à l’époque de la naissance du sionisme et de sa première déclaration fondamentale, en 1897, ses ambitions coloniales étaient soutenues seulement par une toute petite minorité des juifs de par le monde ; ses ambitions coloniales n’étaient soutenues que par une toute petite minorité des juifs dans le monde entier ; et on peut dire que sans l’horreur de l’holocauste perpétré par les nazis – crime européen pour lequel, c’est une donnée de fait, les Arabes et la Palestine furent (injustement) punis, qu’Israël n’aurait jamais existé.

Dit plus simplement : le sionisme en actes s’est raillé des principes éthiques et des valeurs morales du judaïsme. C’est la raison pour laquelle ceux que l’on qualifie souvent de juifs « ultra-orthodoxses », à savoir des juifs pieux, affirment que le sionisme est en train de détruire le judaïsme.

Pour ceux d’entre vous qui souhaiteraient avoir une meilleure compréhension des différences entre sionisme et judaïsme exposées par mon livre, je recommande un autre ouvrage récemment publié : A Threat From Within, A Century of Jewish Opposition To Zionism [La Menace venue de l’intérieure : Un siècle d’opposition juive au sionisme].
Son auteur est un juif canadien, Yakov Rabkin, qui est professeur d’histoire à l’Université de Montréal.

Yakov se trouvant à Londres, je lui ai posé (à des fins de publication) une question très explicite : "Est-il raisonnable d’avancer que les juifs, dans le monde entier, doivent aujourd’hui faire un choix : soit réaffirmer ou affirmer leur adhésion au judaïsme et renoncer au sionisme, soit réaffirmer ou affirmer leur adhésion au sionisme, et renoncer au judaïsme ?", il me répondit, lapidaire, d’un seul mot : "Oui !"

La connaissance de la différence entre le judaïsme et le sionisme est la clé pour comprendre pour quelle raison il est parfaitement possible d’être antisioniste (c’est-à-dire opposé à l’entreprise coloniale sioniste, soit pour partie, soit dans sa totalité) sans que cela soit, en aucune manière, une forme d’antisémitisme. Je développe ci-après les implications de cette affirmation.

L’accusation fallacieuse d’antisémitisme est la carte diffamatoire qui permet au sionisme (en raison de l’horreur de l’holocauste nazi) d’occulter toute critique de son enfant persuadé d’avoir raison et agressif – Israël – et d’empêcher tout débat informé et honnête sur qui doit faire quoi, et pourquoi, afin d’amener la justice et la paix.

Mais quand les citoyens connaissent la différence entre sionisme et judaïsme (ainsi que la vérité historique, nous y reviendrons ultérieurement), ils n’ont plus à être réduits au silence par la peur, comme le sont aujourd’hui la plupart des Gentils (= les non juifs, ndt) par la peur d’être faussement accusés d’antisémitisme au motif qu’ils ont critiqué l’Etat sioniste d’Israël.


Il est, toutefois, une autre raison pour laquelle il set essentiel que les citoyens des pays occidentaux, parmi lesquels vivent la majorité des juifs de la diaspora, connaissent la diffrence entre le judaïsme et le sionisme.

La connaissance de cette différence est en effet la clé expliquant pourquoi il est injuste d’accuser tous les juifs des crimes commis par quelques-uns d’entre eux (les sionistes pur sucre en Israël/Palestine).

Bien que j’eus conscience que cela serait très dérangeant pour beaucoup de juifs, et bien que je susse que cela provoquerait le lobby sioniste et l’inciterait à mettre mon bouquin à l’index et à faire de leur mieux (je veux dire de leur pire) pour obtenir qu’il soit éliminé autant que possible, j’ai insisté sur ce point.

Si j’ai choisi ce titre : "Le sionisme : Le véritable ennemi des juifs", c’est parce qu’il reflète, en sept mots, deux vérités de notre époque, d’ailleurs liées entre elles.

La première de ces vérités, c’est que le géant endormi de l’antisémitisme classique a été réveillé dans les pays majoritairement gentils du monde occidental (où, je le rappelle, vivent la plupart des juifs du monde, qui y sont parfaitement intégrés).

Et la seconde, c’est que la cause première de ce réveil du dragon de l’antisémitisme, c’est le comportement de l’Etat sioniste (et non pas ‘juif’) d’Israël – comme les meilleurs esprits juifs, avant l’holocauste nazi, le redoutaient, au cas où les grandes puissances permettraient au sionisme de n’en faire qu’à sa tête.

Le contexte sous-jacent de l’affirmation qui précède, c’est l’avertissement (cité en face de la page de titre du Deuxième volume de mon livre) de Yehoshafat Harkabi, le Directeur du Service du Renseignement militaire le plus longtemps en poste, et unanimement respecté, d’Israël.

Dans son livre ‘Israel’s Fateful Hour’ [Israël à la croisée des chemins], (première édition, en hébreu, en 1986), il écrivait ceci (c’est moi qui souligne) :
"Israël est l’aune à laquelle tous les juifs seront de plus en plus mesurés. Israël, en tant qu’Etat juif, est une vitrine pour le caractère national juif, qui y trouve une expression libre et concentrée.
L’antisémitisme a des racines très profondes, historiques. Néanmoins, la moindre faille, dans la conduite d’Israël, que l’on qualifiera dans un premier temps d’anti-israélisme, finira par devenir une preuve empirique de la validité de l’antisémitisme.
Cela serait une ironie tragique, si l’Etat juif, imaginé initialement afin de résoudre le problème de l’antisémitisme, finissait par devenir un facteur de la montée dudit antisémitisme.
Les Israéliens doivent avoir conscience du fait que le prix de leur méconduite sera payé non seulement par eux-mêmes, mais aussi par les juifs du monde entier."

Je pense qu’après l’obscénité épouvantable de l’holocauste nazi, et à cause de lui, le dragon de l’antisémitisme serait vraisemblablement retourné se coucher, serait resté endormi et, en toute probabilité, serait mort dans son sommeil – SI les principales puissances, au premier rang desquelles la Grande-Bretagne, relayée par les Etats-Unis, n’avaient pas permis au sionisme de n’en faire qu’à sa tête, comme l’avait formulé Balfour, qu’ils aient, ou non, raison. (Il faut bien dire qu’avec des hommes politiques britanniques et américains comme "amis", les juifs du monde entier n’avaient vraiment pas besoin d’ennemis !)

Qu’est-ce qui permet – réellement – de penser que l’antisémitisme soit en réellement en croissance ?
L’augmentation des profanations de synagogues et de tombes juives (et des incidents similaires), les insultes et les agressions physiques contre des juifs sont un indicateur.

Mais il y a quelque chose de bien plus sinistre : c’est ce que pensent un nombre croissant de non-juifs, en particulier dans les classes moyenne et supérieure, et qu’ils commencent même à formuler verbalement en privé, derrière des portes closes et au cours de certaines réceptions.
Que disent-ils ? "Ces putains de juifs !"

Et ce phénomène, cette antipathie, est une réponse à l’arrogance du pouvoir israélien et d’une perception correcte que c’est Israël qui est l’agresseur [au Moyen-Orient].

Et plus il devient évident qu’Israël est L’Obstacle à la paix dans des conditions que les Palestiniens et les autres Arabes ou musulmans pourraient accepter, plus cette antipathie continuera à augmenter, avec ce danger réel qu’elle ne finisse par éclater, par ne plus être maîtrisée et par se manifester sous la forme d’un antisémitisme violent.

Les choses étant ce qu’elles sont actuellement – et il semble que cela va continuer – l’Holocauste II, nom de code d’une deuxième volte-face dramatique contre les juifs est une possibilité réelle, dans un avenir envisageable.

C’est aussi ce que je pense personnellement, et cet avis est partagé, en privé, par des juifs éminents, à savoir que si le monstre de l’antisémitisme devait un jour reprendre ses dévastations, il est très vraisemblable que c’est en Amérique qu’il commencera à le faire.

Voici, sous une forme très succinte, deux raisons pour cela :

• Beaucoup de membres du Congrès (passés et présents) se haïssent eux-mêmes d’être contraints d’exécuter les consignes du lobby sioniste. Si l’opportunité de laisser s’échapper leur colère rentrée, générée par un sentiment de culpabilité se présente, ils vont naturellement vouloir se venger ;

• Les premiers à pousser à l’invasion de l’Irak furent les néocons, qui sont aussi des sionistes invétérés. Même s’ils sont rares à l’avouer publiquement, énormément de gens savent ce qu’il en est.

QUESTION : que peut-on faire afin d’éliminer le danger de voir le monstre de l’antisémitisme recommancer ses dévastations ?

Une courte réponse : Les Gentils des pays occidentaux doivent être informés et formés sur la question fondamentale de la différence entre le judaïsme et le sionisme, et par conséquent sur les raisons pour lesquelles il est injuste et erroné d’accuser tous les juifs des rimes des quelques dizaines de sionistes grand teint.

C’est là une des raisons pour lesquelles j’ai consacré plus de cinq ans de ma vie à faire des recherches et à écrire mon livre : Le sionisme – Le véritable ennemi des juifs.

Je tiens, en effet, à apporter ma contribution afin d’arrêter le monstre de l’antisémitisme qui s’apprête à semer à nouveau la désolation. Et c’est là, aussi, la différence entre les Gentils comme moi et les sionistes grand teint : ils veulent l’antisémitisme – ils en ont même besoin – afin de justifier leurs crimes – passés, actuels et à venir.

Si (et quand) je recommence à m’adresser au public, lors de mes tournées de conférences et de débats d’une côte à l’autre de l’Amérique (comme je l’ai fait par le passé), j’apporterai ce message à mon public américain :

N’accusez pas des crimes du sionisme les juifs qui vivent parmi vous.
Ne reprochez même pas au lobby sioniste d’acheter son influence sur la politique étrangère américaine, car ce lobby n’a fait là que suivre les règles du jeu.

Blâmez plutôt votre système politique corrompu, cette auge à cochons, qui vend ce qui se fait passer pour la démocratie aux plus offrants !

Mon livre comporte deux thèmes centraux, non sans lien entre eux.

Le premier, c’est la manière dont Israël, l’enfant du sionisme, est devenu pour lui-même son propre ennemi et une menace pour lui-même et pour la paix, non seulement au Moyen-Orient, mais même dans le monde entier, ainsi que pour les intérêts des juifs partout dans le monde et pour l’intégrité même du judaïsme.

L’autre, c’est pour quelle raison, en réalité, l’ensemble du monde arabo-musulman est devenu un baril de poudre : frustration, désespoir, dont on sait qu’il va exploser (la seule chose que l’on ignore étant : quand ?).

Mon livre est épique, de par sa longueur (deux volumes) et de par sa substance et sa largeur de champ, car il s’agit d’une réécriture complète de la genèse et de l’entretien du conflit, en et autour de la Palestine, qui vient se substituer à la mythologie sioniste sur laquelle la première version (toujours en vigueur) de l’histoire judéo-chrétienne est bâtie.

Et ce, au moyen de faits documentés et de vérités historiquement attestées. Comme je l’ai indiqué dans une Lettre ouverte à la Secrétaire d’Etat Condoleezza Rice (publiée par Information Clearing House le 7 novembre), la version première de l’Histoire est essentiellement de la propagande sioniste absurde, autour de deux mythes.


Premier mythe : l’Etat sioniste d’Israël aurait vécu dans un danger permanent d’être anéanti, c’est la scie des "juifs rejetés à la mer".

La vérité historique, c’est que l’existence d’Israël n’a jamais – au grand jamais – été exposée à un quelconque danger. Ni en 1948/49, ni en 1956, ni en 1967. Et même pas, non plus, en 1973.

L’assertion, par le sionisme, du contraire fut la couverture qui permit à Israël de s’en tirer à très bon compte dans les moments les plus décisifs, neutralisant l’Amérique et l’Europe occidentale, en présentant ses agressions comme de la légitime défense et en se faisant passer pour la victime alors qu’il était, en réalité, et en permanence, l’agresseur et l’oppresseur.


Deuxième mythe : Israël n’aurait pas eu de partenaire palestinien pour faire la paix !

La vérité historique, à ce sujet, c’est que le terrain a été préparé, du côté palestinien, par Yasser Arafat, dès 1979 – soit voici, de cela, plus d’un quart de siècle.

Cette année-là, 1979, Yasser Arafat a convaincu le Conseil National Palestinien, la plus haute instance décisionnaire du côté palestinen, de soutenir son choix de la démarche politique (et non plus militaire, ndt) et – chose inouïe, à l’époque – de compromis avec Israël (impensable, pour les Palestiniens, car accepté un Etat d’Israël dans ses frontières de 1967 requiert d’eux qu’ils renoncent à revendiquer non moins de 78 % de leur territoire national…).

Comme je l’ai indiqué dans mon livre Arafat (c’est le titre de l’édition américaine ; le titre de la version anglaise est Arafat, Terrorist or Peacemaker ?), il a fallu à Arafat six longues années pour persuader ses collègues de la direction du Fatah, puis les autres membres du Conseil National Palestinien d’accepter la réalité de l’existence d’Israël.

Quand ce vote fut finalement acquis, en 1979, sa politique de voie politique, précisément, et de compromis recueillit 296 voix, contre 4. Arafat, qui avait risqué sa vie, ainsi que sa crédibilité afin de retourner totalement son peuple, se trouvait alors à l’apogée de son pouvoir ; dès lors – et cela, le président Carter le savait parfaitement – il aurait pu y avoir des négociations couronnées de succès en vue d’une paix réelle et durable, fondée sur une authentique solution à deux Etats – Israël, étant rentré dans ses frontières d’avant juin 1967, et Jérusalem – de préférence avec un statut de ville ouverte – étant la capitale des deux Etats.

Mais le problème, ça a été qu’Arafat n’avait pas de partenaire avec lequel il pût faire la paix, du côté israélien. Le sionisme, en effet, n’était pas, et n’est toujours pas, aujourd’hui, le moins du monde intéressé par une quelconque paix dans des termes acceptables pour la grande majorité des Palestiniens et pour les autres Arabes et les musulmans vivant ailleurs dans le monde.

Il est vrai qu’en 1993 (grâce, pour partie, aux habiles manœuvres scénographiques et à l’entregent du président Clinton, Arafat avait un "éventuel" partenaire de paix israélien, en la personne d’Yitzhak Rabin. Mais celui-ci, nous le savons, fut assassiné par un sioniste fanatique.
A Rabin ont succédé des dirigeants israéliens dont l’objectif premier était de redémoniser le dirigeant palestinien et même de le détruire. Arafat le terroriste, ils pouvaient s’en satisfaire.

Mais Arafat le faiseur de paix, le négociateur ? Non : ils ne pouvaient le tolérer (Barak n’offrait-il pas, en permanence, « 95 % » des revendications (minimalistes, ndt) d’Arafat ? Oh que non : même ça, Barak ne l’a jamais fait ! C’était, là encore, pure propagande ! Arafat a-t-il été empoisonné ? Probablement.

Son successeur, le président Abbas, est-il réellement une marionnette israélo-américaine ? Sans doute.
En tous les cas, tout l’indique. Mais même si c’est le cas, nous pouvons être certains d’une chose : leadership de carton pâte ou non, le peuple palestinien n’acceptera jamais les miettes tombées de la table du sionisme, sous la forme de trois ou quatre bantoustans qu’on leur demanderait d’appeler "Palestine" !


Dans mon livre, comme lors de mes conférences, je prends aussi bille en tête la question du droit d’Israël à la non-existence

D’après la première version – toujours en circulation – de l’Histoire, Israël s’est vu remettre son certificat de naissance et "donc" sa légitimité par la Résolution de Partage adoptée par l’Onu le 29 novembre 1947. C’est absurde.

Primo, l’Onu, en l’absence de consentement de la majorité du peuple palestinien n’avait aucun droit à décider du partage de la Palestine, ni à assigner une quelconque partie de son territoire à une minorité d’immigrants étrangers afin de leur permettre de créer leur Etat.

Malgré ça, avec une marge on ne peut plus étroite, et seulement après un vote truqué, l’Assemblée générale de l’Onu a, en effet, adopté une résolution visant au partage de la Palestine et à la création de deux Etats, un Etat arabe et un Etat juif, Jérusalem n’appartenant ni à l’un, ni à l’autre.
Mais cette résolution de l’Assemblée générale n’était qu’une proposition – ce qui signifie qu’elle n’était pas exécutoire, qu’elle ne pouvait devenir une décision politique sans avoir été avalisée par le Conseil de Sécurité.

La vérité, c’est que la proposition de partage de l’Assemblée générale n’a jamais été soumise au vote du Conseil de sécurité.

Pourquoi ? Parce que les Etats-Unis savaient très bien qu’au cas où – par malheur – cette proposition aurait été retenue, elle n’aurait pu être imposée dans les faits qu’au moyen de la guerre ; et le Président américain de l’époque, Truman, n’était absolument pas disposé à recourir à la guerre pour imposer la destruction de la Palestine.

Ainsi, ce plan de partage fut invalidé, et la question de savoir ce qu’on pourrait bien faire de la Palestine (après que la Grande-Bretagne se fut ingéniée à y semer le bordel et à se tirer vite fait) fut renvoyée à l’examen de l’Assemblée générale.

L’option retenue, et proposée aux autres pays par les Etats-Unis fut celle d’un mandat temporaire de l’Onu. C’est pendant que l’Assemblée générale était en train de débattre des solutions possibles qu’Israël déclara lui-même sa propre création, unilatéralement, et de but en blanc – en réalité, en défiant la volonté de la communauté internationale organisée, dont notamment l’administration Truman.

La situation réelle, à l’époque, était que l’Etat sioniste, né principalement des menées du terrorisme et de l’épuration ethnique perpétrés par les sionistes, n’avait aucun droit à exister et, plus précisément, n’aurait eu aucun droit à exister si… S’il n’était reconnu et rendu légitime par ceux qui avaient été dépossédés de leur terre et de leur droit précisément au moment de la création de l’Etat sioniste !

En droit international, seuls, les Palestiniens étaient fondés à accorder à Israël la légitimité à laquelle il aspirait. Cette légitimité était même la seule chose que les sionistes ne pussent arracher aux Palestiniens par la force brute. Une compréhension complète de la véritable nature de l’entreprise coloniale sioniste requiert également que l’on connaisse cette donnée de fait.

La plupart des juifs ayant immigré en Palestine, en réponse à l’appel sioniste, n’avaient aucun lien biologique de quelque nature que ce fût avec les Hébreux de l’Antiquité.

Les juifs sionistes nouveaux venus en Palestine étaient essentiellement des étrangers venus de toutes sortes de pays, des descendants de gens devenus juifs en raison de leur conversion au judaïsme, des siècles après la chute de l’ancien royaume juif d’Israël et ce qu’on appelle la "dispersion" de son peuple, une micronisation telle qu’il finit par tomber dans l’oubli.
L’idée selon laquelle il y aurait – ou pire, qu’il y ait, aujourd’hui – deux peuples ayant une égale légitimité à revendiquer un même territoire est tout simplement un contresens historique.

Les juifs relativement peu nombreux dont la récrimination eût pu être recevable n’étaient au nombre que de quelques milliers seulement à l’époque où est apparu le sionisme ; ils se considéraient eux-mêmes palestiniens, et ils étaient catégoriquement opposés à l’entreprise coloniale sioniste – parce qu’ils redoutaient, à juste titre, qu’elle ne fasse d’eux, à l’instar des juifs sionistes étrangers nouvellement arrivés en Palestine, des ennemis désignés des Arabes au milieu desquels ils vivaient en paix et en sécurité depuis des temps immémoriaux (même si rares sont les juifs contemporains à en avoir conscience, le fait est, également, que le retour de juifs sur la terre de l’Israël biblique en raison des entreprises d’un homme – ce qui est une définition possible, mais déplorablement inadéquate du sionisme – était (et reste) strictement proscrite par la religion juive.

La question à laquelle devrait être contraint de répondre le président Bush et tous ceux qui exigent du Hamas qu’il reconnaisse Israël, c’est celle-ci : Quel Israël le Hamas doit-il reconnaître ?
Israël à l’intérieur de ses frontières à la veille de la guerre de juin 1967, et donc conformes à la résolution 242 du Conseil de sécurité, ou un grand Israël qui, quotidiennement, accapare de plus en plus de terres et étend ses colonies en Cisjordanie ?

Il n’y a, de fait, strictement aucun mystère quant à la position réelle du Hamas. Si, demain, Israël disait (sincèrement) qu’il serait prêt à négocier une paix totale et définitive, sur la base d’une authentique solution à deux Etats – une paix qui verrait Israël se retirer à l’intérieur de ses frontières d’avant la guerre de 1967, avec Jérusalem, ville ouverte, comme capitale de deux Etats, le Hamas dirait : "Allons-y ; faisons-le…"

C’est ce que diraient les dirigeants du Hamas – et sincèrement – parce qu’ils ne sont pas stupides ; ils savent qu’ils n’auraient d’autre choix : en effet, une authentique solution à deux Etats est encore ce à quoi aspire une immense majorité de Palestiniens, et qu’ils sont prêts à s’y conformer. Mais ils ne l’obtiendront jamais.

La réalité actuelle, c’est que la solution à deux Etats est déjà morte, à défaut d’être enterrée…, tuée par les faits accomplis d’Israël en matière de colonisation, qu’Israël poursuit encore aujourd’hui en Cisjordanie – en baffouant totalement les résolutions de l’Onu, en défiant le droit international, et même en défiant – une fois n’est pas coutume – du vœu clairement exprimé par l’administartion Bush.

S’il est du moins UN domaine où c’est bel et bien la queue sioniste qui remue le chien américain, c’est bien cette question de la construction des colonies israéliennes illégales.

Dans le dernier chapitre du Volume II de mon livre, Une Résurrection, une Crucifixion et une Feuille de Route vers Nulle part, j’ai affirmé que la stratégie sioniste consistant à repousser indéfiniment plus loin la solution du problème palestinien a fini d’épuiser absolument toutes les configurations possibles : il n’est plus aucune place pour l’imagination.

Les dirigeants sionistes en Israël et leurs lobbyistes en Amérique continuent à croire qu’au moyen de la force brute et en les réduisant à une pauvreté abjecte, ils sont à même de briser la volonté qu’ont les Palestiniens de poursuivre leur combat en vue de recouvrer leurs droits.

L’assomption étant qu’à un certain moment, totalement désespérés, les Palestiniens seront disposés à accepter quelques miettes tombées de la table de festin du sionisme, sous la forme de deux trois bantoustans ou, mieux encore, qu’ils abandonneront leur patrie et rechercheront une nouvelle vie dans d’autres pays, en exil.

A mon avis, la conviction que le sionisme parviendra un jour à briser la volonté des Palestiniens de poursuivre leur combat en vue d’un minimum de justice est le produit d’esprits qui s’auto-illusionnent à un point atteignant la folie clinique (certains affirment qu’Israël est en passe de devenir un pays fasciste. Je pense, personnellement, que la terminologie la plus adéquate pour décrire Israël, c’est : asile de fous dangereux).

Une question à laquelle il est presque trop horrible de réfléchir est, en gros, la suivante : Que feront les sionistes quand il sera devenu évident pour eux qu’ils ne pourront jamais détruire le nationalisme palestinien, ni avec leurs bombes, ni avec leurs balles, ni avec leurs mesures répressives brutales de tous les acabits ?

Personnellement, je pense que les sionistes vont procéder à un round final d’épuration ethnique – afin de chasser tous les Palestiniens de la Cisjordanie, en Jordanie et au-delà. Ce sera, là, je le crains, la solution finale sioniste au problème palestinien…

Si cela se produit, la Cisjordanie sera rouge de sang, essentiellement du sang palestinien. Et les journalistes honnêtes ne pourront pas qualifier ce massacre autrement que d’holocauste sioniste.

Mais cela ne sera pas, néanmoins, la fin de l’histoire de la Palestine. Il pourrait, là encore, y avoir un nouveau commencement.

Il y a bien des années, dans l’Intro à mon premier bouquin, Arafat, Terrorist or Peacemaker ?, j’ai dit que, d’une manière générale, les juifs constituent l’élite intellectuelle de la civilisation occidentale et que les Palestiniens constituent l’élite intellectuelle du monde arabe.

Ce que ces deux peuples pourraient faire, dans la paix et le partenariat, suggérais-je, c’était le tissu dans lequel sont taillés les rêves devenus réalité. Ils pourraient changer et développer la région et, ce faisant, donner un espoir et une inspiration ô combien nécessaires à l’ensemble du monde.

Je persiste à penser que ce rêve pourrait devenir réalité, mais seulement dans le contexte d’une solution à UN SEUL ETAT au problème palestinien.

Par définition, il s’agirait d’un Etat laïc et démocratique, dont tous les citoyens, Arabes et juifs, jouiraient de droits égaux. Oui ; cela signifierait la désionisation de la Palestine. Mais cela ne signifierait nullement la fin (une quelconque sorte de fin) pour les juifs vivant aujourd’hui en Israël/Palestine. Ceux qui désireraient rester, en tant que citoyens d’une Palestine désionisée, jouiraient, enfin, de la paix, dans une sécurité durable.

L’Epilogue de mon livre, est intitulé "The Jews as the Light Unto Nations" [Des juifs en tant que lumières parmi les Nations] ; il se conclut par les mots suivants – mes mots, à moi – que je suis fier d’avoir placé également sur la jaquette de mon Deuxième Volume :
"Si les juifs du monde entier se montraient capable de rassembler la volonté et le courage nécessaires pour faire cause commune avec les forces de la raison en Israël, avant qu’il ne soit trop tard pour nous tous, une récompense extraordinaire les attendraient.
En apportant la preuve que le droit peut triompher sur la volonté, et qu’il y a une place pour la morale, dans le domaine politique, ils deviendraient la lumère parmi les Nations.
C’est là une récompense à laquelle ne peut aspirer nul autre peuple sur Terre, en raison du caractère unique des souffrances du peuple juif. Sans doute, c’est là, en l’occurrence, la véritable explication de la notion selon laquelle les juifs seraient le peuple élu…
Un peuple choisi pour supporter une souffrance sans aucun précédent ni équivalent et, après l’avoir connue, montrer aux autres hommes que le fait de créer un monde meilleur et plus juste n’est en rien une mission impossible."

Pourquoi est-ce que je suis persuadé qu’il est très important que les Américains connaissent la vérité historique, qui est déterminante dans la genèse et l’entretien du conflit en – et autour de – la Palestine, et qui doit faire quoi, et pourquoi, au service de la paix ?

Ma réponse, en bref : parce que l’influence néfaste du lobby sioniste (comme l’ont documentée les chercheurs Mearsheimer et Walt, et avant eux, l’ancien membre du Congrès Paul Findley), aucun président américain n’aura jamais une volonté politique suffisante pour faire rendre des comptes au sionisme, tant que ce président ou cette présidente ne sera pas contraint (ou contrainte) à le faire, par une opinion publique informée – par une manifestation de démocratie réelle, dans l’action.

Le problème, en Amérique, d’une manière générale, c’est que l’opinion est trop mal informée (ou trop désinformée) pour exercer cette pression – c’est-à-dire pour faire en sorte que la démocratie œuvre à la justice et à la paix.


Pourquoi mon livre, Le Sionisme : Véritable ennemi des juifs ne peut-il pas être publié en Amérique ?

C’est le même problème qu’au Royaume-Uni, en dépit du fait que mon agent littéraire a reçu des lettres et d’autres messages très louangeurs pour mon travail de la part des PDG des principales maisons d’édition.

Une de ces lettres, que je cite dans le premier paragraphe du Premier volume de mon livre, tel que publié en première édition cartonnée, décrit mon manuscript "de terrible… mû par la passion, l’engagment et une étude très approfondie."

Cette lettre ajoutait : "Incontestablement, ce manuscrit mérite d’être publié."
Mais quand les pressions ont commencé à se manifester, j’ai dû créer ma propre maison d’édition. Je n’étais pas censé avoir accès au commerce de détail. Je l’ai fait, mais…

Pour bien être vendus, dans les petites librairies, les livres ont besoin qu’on leur fasse de la publicité. Le premier annonceur en la matière, pour le public général des lecteurs, ce sont les médias, mais cela ne fut pas le cas, en ce qui concerne mon livre.

Aucun journal, aucune revue, aucune radio, aucune chaîne de télévision n’étaient disposés à accorder à mon livre la moindre attention, ni à y consacrer une critique ou un quelconque commentaire. La complicité des médias dans l’occultation de la vérité historique, et la trahison de la démocratie, se sont révélées solides comme le roc.

Telle est la situation, ici, aux Etats-Unis, et en Angleterre (ainsi que dans l’ensemble de l’Europe occidentale), et je sais que c’est pire, encore bien pire, au "Pays des Droits de l’Homme".


Dans ma préface au Deuxième volume de mon livre, j’écris que je ne doute pas un seul instant que les éditeurs et les politiciens qui se rendent complices de l’occultation de la vérité historique croient sincèrement qu’ils servent les intérêts bien compris des juifs, ainsi que leurs propres intérêts égoïstes à courte vue.

Et je poursuis, en leur disant, à tous (maisons d’édition, rédacteurs en chefs de publications et hommes politiques) ce qui suit :
"Vous avez tort. Vous avez terriblement tort. En refusant de vous colleter à la vérité de l’Histoire, et en particulier à la différence entre le judaïsme et le sionisme, et à la raison pour laquelle il est parfaitement possible d’être passionnément antisioniste sans être le moins du monde antisémite, vous contribuez à faire en sorte que tous les juifs soient accusés des crimes d’une poignée de leurs coreligionnaires."


Et je conclus, avec cette observation :

"Il serait aussi éminemment souhaitable que plus qu’une poignée des juifs qui vivent dans les nations gentilles principalement judéo-chrétiennes du monde puissent trouver en eux-mêmes la volonté, et le courage, de mettre fin à leur silence sur la "méconduite" d’Israël (pour reprendre la terminologie d’Harkabi), et en venir aux prises avec le fait que le sionisme est, comme l’affirme le titre de ce livre et comme le démontre sa substance, bel et bien leur pire ennemi : leur véritable ennemi.
Le silence n’est en aucun cas une méthode qui permette de réfuter et de démonter une accusation de complicité avec les crimes du sionisme."

Le problème que mon bouquin pose au sionisme, c’est son titre. La source première du pouvoir du sionisme – le chantage et les méthodes assimilées -, c’est son art de persuader une Gentilité percluse de culpabilité que le judaïsme et le sionisme seraient une seule et même chose.

Plus les gens ont conscience que tel n’est absolument pas le cas, et qu’il est, partant, parfaitement possible d’être passionnément antisioniste sans être antisémite, et plus le sionisme se retrouvera nu et vulnérable.

Ce n’est qu’alors qu’arrêter le compte à rebours vers la catastrophe deviendra une mission possible pour tout un chacun ; et ce n’est qu’alors que la paix aura une chance – sa toute dernière chance.


Dans la préface à leur ouvrage, Le Lobby israélien et la politique étrangère des Etats-Unis, Mearsheimer et Walt écrivent que les Etats-Unis ne pourront jamais traiter efficacement les problèmes créateurs de frustration du Moyen-Orient "tant que les Américains ne pourront tenir une conversation civilisée au sujet de nos intérêts (réels) dans cette région du monde, et du rôle joué par tous les facteurs déterminant la politique étrangère des Etats-Unis, y compris le lobby israélien. C’est afin d’encourager cette conversation au long cours que nous avons acrit ce livre."

Quant à moi, j’ai écrit le mien afin de permettre à mes concitoyens de participer à un débat informé et honnête, et à jouer le rôle qui doit être le leur afin de faire en sorte que la démocratie fasse effectivement œuvre de justice et de paix au Moyen-Orient.

S’il y a des Américains qui veuillent monter sur le ring et m’aider à transmettre ma version de la vérité historique à leurs concitoyens – alors, la partie pourra commencer. Et ça ne sera pas de la petite bière : nous ne jouerons pas en Ligue "Amateurs"!

Sources ISM

Ecrit par : Porphyre | 07.06.2010

Écrit par : Kamal | 14/06/2010

Alors Abraham, n'est-ce pas que j'ai trouvé mieux en postant votre kilomètre sur le ""Zionism" l'antisémite Troll alias Porphyre alias Sforno et maintenant alias Kamal mais pas le kamal de ce billet puisque c'est moi qui l'ai mis par inadvertance à savoir si cela passerait à la place de Patoucha. C'est passé! Et j'ai compris comment vous faites pour changer aussi aisément de pseudo! Alors que normalement on ne peut le faire parce que rejeté. C'est donc un vice de forme de la mise en place du site de la TdG. Si le service du site remédie à cette erreur vous ne devriez plus pouvoir vous amuser, ainsi que vos acolytes, à vous maquiller sous d'innombrables pseudos.

Monsieur Emerache/Hayoun, ne doit pas prendre la peine de se pencher sur un quelconque message du moment qu'il a laissé passer ce pavé signé par vous le MALHONNETE PORPHYRE/Sforno/abraham et maintenant Kamal, que la MAUVAISE FOI légendaire vous personnifie plus que n'importe qui, mais qui a échappé au candide détenteur de ce blog. Sachez que je n'aurais de cesse de vous dénoncer jusqu'au moment où vous serez banni de tous les blogs que vous polluerez de votre antisémitisme récurrent.

J'exècre les trolls opportunistes de votre espèce!

Écrit par : Patoucha | 15/06/2010

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