05/01/2010

Le président OBAMA et le dur apprentissage de la réalité

Le président OBAMA et le dur apprentissage de la réalité

Les Allemands appellent cela das Realitätsprinzip, le principe de réalité qui est incontournable. On ne peut pas se défaire de lui. Cela rappelle l’adage d’Aristote qui dit que si l’on ne peut pas changer le monde (et, en effet, il est difficile de la changer) on doit, au moins, changer son opinion sur le monde.

Il y a une semaine, je me suis livré à un petit jeu : j’ai relu le discours vibrant que le président américain avait prononcé devant un auditoire arabe à l’Université du Caire, en présence du corps diplomatique et toute l’intelligentsia égyptienne, le jeune président n’a pas laissé d’émouvoir par sa candeur et sa naïveté, deux choses qui valent à mes yeux, bien plus que tout le reste.


Le président OBAMA et le dur apprentissage de la réalité

Les Allemands appellent cela das Realitätsprinzip, le principe de réalité qui est incontournable. On ne peut pas se défaire de lui. Cela rappelle l’adage d’Aristote qui dit que si l’on ne peut pas changer le monde (et, en effet, il est difficile de la changer) on doit, au moins, changer son opinion sur le monde.

Il y a une semaine, je me suis livré à un petit jeu : j’ai relu le discours vibrant que le président américain avait prononcé devant un auditoire arabe à l’Université du Caire, en présence du corps diplomatique et toute l’intelligentsia égyptienne, le jeune président n’a pas laissé d’émouvoir par sa candeur et sa naïveté, deux choses qui valent à mes yeux, bien plus que tout le reste.

Mais voilà, quand on dirige la première puissance au monde, on n’est pas un naïf mais un homme sûr de soi, sur ses gardes et ne prenant jamais les bonnes paroles et les promesses pour de l’argent comptant. Bref, en comparant le discours avec la dernière allocution du même homme sur l’attentat manqué du Nigérian, j’ai pu mesurer le fossé qui sépare l’idéal de la réalité. Existe-t-il plus beau geste que celui consistant à jeter un rameau d’olivier à ses adversaires ? Mais quand on est président des USA, peut on faire appel aux bons sentiments ?

Désormais, en moins d’un an, l’homme a effectué une mue profonde. Il veut, à présent, éradiquer (le mot est de lui) al-Qaïda. Et déjà les Républicains lancent contre lui une attaque en règle, doutant de ses capacités à diriger l’Amérique. Mais je devine qu’au loin, dans le fin fond du Texas, un homme doit savourer ce qu’il faut bien nommer sa revanche. Un homme qui s’est vu reprocher tous les péchés de la terre, mais un homme qui a compris, lors de son séjour à la Maison Blanche, la nature de ses ennemis et le danger qu’il y a à vouloir les contenter par de bonnes paroles. Au risque de mettre en danger son pays.

Je pense à un verset d’un vieux prophète hébreu du VII-VIe siècle avant Jésus qui s’adresse à Dieu en lui expliquant qu’il est trop élevé, trop transcendant pour percevoir les abus et les injustices qui se produisent ici-bas. La formulation hébraïque est on ne peut plus ramassée et puissante et la traduction française procurée par La Pléiade l’est tout autant : tehor énayim mi-lir’ot ra’ = Tu as les yeux trop purs pour voir le mal.

Oui, les yeux trop purs…

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Commentaires

Très bien, appliquons donc le principe de réalité: en 2009, 16 personnes sont mortes aux Etats-Unis des suites d'un acte terroriste. Deux autres sont mortes victimes de l’attaque du bureau de recrutement militaire à Little Rock (Arkansas), de l’attentat commis au Musée de l’Holocauste, chiffre auquel on peut ajouter l’assasinat du Docteur George Tiller. Ces deux derniers attentats terroristes sont d’ailleurs l’oeuvre de l’extrème droite et des fanatiques chrétiens.
Par contre, la même année, près de 50 000 citoyens des Etats-Unis sont morts par manque de soins médicaux étant donné qu’ils n’avaient pas d’assurance santé tandis que 600 personnes sont mortes des suites d’intoxication alimentaire (salmonellose) à cause des coupes budgétaires dans les agences des services sanitaires.
En voilà du réel, du bien concret. Et maintenant, dites moi: qui, selon vous, est le plus digne? Celui qui a "les yeux trop purs" - mais qui a réussi a changé le système d'assurance santé de son pays - ou celui qui a "bien compris la nature de ses ennemis" (ennemis que, d'ailleurs, son père avait préalablement armés)?

Écrit par : Zorg | 05/01/2010

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