30/07/2009

Glanes dans une bibliothèque d’êtres chers désormais disparus…

André Malraux a dit en substance qu’après la mort il ne restait de chacun de nous qu’un tas de petits secrets… Au fond, on pourrait ajouter la phrase suivante : Dis ce que tu lisais et je te dirais qui tu étais . C’est à peu de choses près ce que je ressens en débarrassant la bibliothèque des beaux parents disparus. J’ y trouvais quantité de livres, anciens et modernes, mais j’en ai sélectionné un tout petit nombre qui m’a fait impression. Ce couple est né et vivait en Algérie. Rapatriés en France, ils ont emporté avec eux une partie de leurs livres, lesquels furent envoyés dans leur nouvelle résidence, lorsqu’ils s’établirent à Natanya, petite station balnéaire d’Israël. Ces livres sont au nombre de quatre et vont de 1904 à 1065, dates de leur parution. Ils n’ont rien en commun, si ce n’est d’être présents dans la même bibliothèque privée : le premier est un manuel d’enseignement direct de l’arabe parlé, présenté par un docteur arabe du nom de Fatah : la première édition est de 1904 et la seconde, revue et augmentée est de 1911. Le second ouvrage, le plus étrange, s’intitule (en caractères latins et arabes) Mektoub (c’est écrit). Il serait d’un capitaine A et Yvon de Saint Gouric. Il y a fort à parier, eu égard au contenu de témoignage, que ce sont des noms d’emprunt. Le troisième livre, simple brochure d’une secte anglicane animée d’un grand zèle convertisseur en vue d’évangéliser les juifs. Cette plaquette s’intitue Que pensez vous du Christ ? Appel à la nation juive, de David Baron. Enfin, le dernier ouvrage est de Norman Mailer et s’intitule Un rêve américain (1967, Grasset). Il n’existe, je le répète, aucun lien entre ces quatre ouvrages sinon le propriétaire la bibliothèque qui les y a réunis. Le premier, le manuel d’arabe parlé, m’intéresse surtout par la personnalité de son auteur et l’idéologie qu’il défendait avec tant d’ardeur. Ecrivant sa préface le 15 mars 1904 il clame sa foi en un avenir lié indissolublement entre la France et l’Algérie : une langue bien comprise, écrit-il, dissipe les malentendus et aide les hommes à se parachever. (al-Lisan takamel al-insan). Cette idéologie se trouve violemment prise à parti partie par l’ouvrage suivant dont la lecture m’a littéralement stupéfait. Ce Mektoub, véritable pamphlet anti arabo-musulman publié en 1922 se divise en deux parties d’inégale longueur et se présente comme la confession d’une jeune fille de bonne famille, dont les bons sentiments à l’égard des noirs et des arabes combattant pour la France durant la grande guerre, causeront la perte et qui, par son témoignage, entendait éviter aux autres femmes de France de tomber dans le même piège (sic).. Ne reculant devant aucune formule manichéenne, l’ouvrage raconte la vie de la jeune fille dans le monde des gens civilisés (sic) et ensuite au bled où aucune humiliation ne lui sera épargnée. Je ne résumerai pas ici ce que raconte cette brave jeune fille qui, rejetant tous les conseils de prudence de ses proches, accepte de suivre un soldat blessé dans les tranchées qui lui promet de l’aimer plus que tout au monde. Parvenu dans on village en Algérie, il lui inflige les plus cruelles épreuves et l’humilie quotidiennement. Ce qui me frappe, c’est l’application avec laquelle la femme, revenue de sa longue captivité, relate les différences de civilisation et de culture, allant jusqu’à citer l’une des pages les plus étranges de l’œuvre d’Ernest Renan qui nourrissait sur les arabes et les musulmans les idées que l’on sait. Mais il y a plus ; je pense notamment au long discours que l’auteur met dans la bouche du père du soldat qui sonne comme une prophétie de ce qui va s’appeler les affres de la décolonisation. Un tel discours, si bien structuré et si bien construit, ne pouvait provenir qeu d’officines spécialisées dans la lutte anti-arabe et ne croyant nullement ni à une symbiose franco-algérienne ni à un simple dialogue entre les deux cultures. La maison d’édition de cet ouvrage si étrange s’appelle Maison du Mercure africain. J’avoue n’avoir encore jamais eu entre les mains un pamphlet d’une telle violence. Je ne dois pas oublier la citation de Camille Rousset, de l’Académie Française : Chacun le sait mais n’y croit, on n’y ajoutera foi que lorsqu’il sera trop tard. La brochure prosélytiste est d’un caractère plus sérieux, même si son genre demeure douteux. Il s’agit d’un juif qui a, dit-il, découvert la vérité du mystère chrétien et qui veut aider à sauver ceux de ses frères qui continuent de tâtonner dans le noir. La plaquette reprend les grands thèmes des contestations judéo-chrétiennes et accorde un avantage incontestable à la religion chrétienne. Nous sommes heureux de vivre désormais dans un monde où règne le dialogue judéo-chrétien et où un respect mutuel unit les deux grandes religions. Quand on lit des brochures telles que celle-ci, on ne peut qu’être admiratif du chemin parcouru par l’Eglise catholique qui a su réfréner des tendances qui semblaient incontrôlables. Le dernier ouvrage, Un rêve américain, est un livre étrange mais amusant. En le lisant, cela me changeait bien de mes recherches pour une biographie d’Averroès. Quelle orgie ! Que de beuveries ! Je croyais avoir tout vu et tout lu chez Phlip Roth, mais je me trompais. Norman Mailer, c’est bien pire. Voici des exemples de ce que l’on peut trouver dans les bibliothèques des gens, sans savoir ce qu’ils ont lu, aimé ou évité de lire. C’est un peu comme si l’on pénétrait dans un espace privé, interdit. Que diront ceux qui hériteront de nos livres et de nos dossiers ou archives. Ils découvriront de nous un aspect connu de nous seuls. Au fond, vivre est une chose étrange.

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29/07/2009

Les francophones en Israël

Il y quelques décennies, on pouvait demander son chemin en français dans de nombreuses villes d’Israël ; Notamment à Ashdod, Beer Shéva, Natanya, Tel Aviv et même Jérusalem. Aujourd’hui, on peut encore le faire, mais ce sont les Russes et les ressortissants des anciens pays de la défunte URSS qui ont acquis la majorité dans les villes en question. Ceci est particulièrement perceptible dans des villes comme Ashdod et Natanya. Tout d’abord, la croissance de la population est étonnante. Il y a une petite trentaine d’années, la ville d’Ashdod, cité portuaire importante, ne comptait que quelques dizaines de milliers de résidents, aujourd’hui, elle n’est pas loin des 300. 000 âmes. La même chose peut se dire de Netanya, quoique dans une moindre mesue. Et l’équilibre linguistique s’en est trouvé entièrement changé.

Si vous vous promenez dans l’un des centres de la ville, là où se trouvent les restaurants, les cafés et les magasins, vous trouverez des tablées entières composées d’émigrants russes là où, précédemment se reposaient de paisibles retraités de la région parisienne. Et comme l’assimilation se fait graduellement et presque imperceptiblement (car la télévision et la radios’impégnent à votre mémoire et transforment votre vocabulaire) on assiste alors à un curieux mélange des langues. Les mots que l’on ne connaît pas encore en hébreu sont remplacés par des équivalents français. Le plus amusant est de voir de jeunes Israéliens ayant des grands-mères francophones qui ne dominent pas bien la langue sacrée corriger ou compléter leur hébreu.

Cette situation linguistique pose la question de l’attachement des nouveaux Israéliens à leur ancienne patrie. La plupart disposent de la double nationalité et n’ont jamais voulu rompre définitivement avec Paris où ils conservent encore des attaches. Mais au plan politique, ils ressentaient durement une politique étrangère française qu’ils jugaient très inopportunément pro-arabe.

Depuis  environ 27 mois, les choses ont entièrement changé, la politique française au Proche Orient leur paraît plus équilibrée. Les efforts i ncessants du Président Sarkozy en vue d’intégrer Israël  à sa politique euro-méditerranéenne.

Reste le problème de la francophonie au plan mondial. Israël est sans cesse rejeté par les autres Etats francophones de la région (e.g. le Liban) ainsi que par d’autres Etata qui refusebnt de participer aux conférences de la francophonie aux côtés de l’Etat d’Israël. Et ceci est un problème sur lequel les citoyens de ce pays reviennent toujours avec une certaine amertume.

Espérons qu’un jour prochain, même ce problème trouvera une solution qui agrée à toutes les aprties.

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28/07/2009

L’article du Washington Post du Prince héritier de Bahrein

Le Jerusalem Post de ce lundi 27 juillet publie dans la rubrique  comment & features une tribune libre due au prince héritier de Bahrein, Cheikh Salman ibn Hamad al Khalif, qui se veut un vibrant plaidoyer en faveur d’une paix totale et définitive au Proche Orient. En fait, la tribune est un catalogue de bonnes intentions qui n’apportent rien de radicalement nouveau. Alors pourquoi en parler ? Parce que l’auteur n’est pas n’importe qui et que son appel à une paix globale et définitive est sincère et mérite toute notre attention.

Le premier point sur lequel son Altesse Royale met l’accent est le déficit de dialogue des Arabes avec Israël. Son A.R. considère que les Arabes n’ont pas suffisamment maîtrisé l’outil de communication au point que le réflexe premier (et légitime) des Israéliens était de mettre tous les Arabes et tous les Palestiniens dans le même sac et d’ignorer la moindre nuance dans leur comportement. De même, ajoute-t-il, les Arabes et surtout les Palestiniens étaient convaincus que leurs ennemis planifiaient leur destruction. Ce point de départ est excellent et démontre une authentique volonté de jeter les préjugés et les rancoeurs à la rivière. Ce qui n’est pas, ici, chose facile, tant les haines sont recuites.

Son A.R. poursuit en notant que la plus lourde erreur fut de penser que la paix surviendrait à la vitesse de la lumière, qu’elle illuminerait les esprits et pacifierait les cœurs comme on appuie sur un interrupteur pour allumer une lampe. Selon l’auteur, la faute incombe principalement aux Arabes qui n’ont pas assez développé le dialogue avec Israël. Au passage le prince stigmatise l’attitude d’autres pays ( qu’il ne nomme point) qui voulaient que les victimes restent des victimes afin de mieux les exploiter politiquement et de tirer les marrons du feu. Cette époque devrait être révolue à ses yeux.

Se parler ne peut qu’être bénéfique aux deux parties ; et ce, pour deux raisons : la première, c’est que tout le monde aura à gagner si la sécurité revient enfin dans la région : et la seconde, la sécurité entraîne toujours dans son sillage la prospérité. Son A.R. énonce ici une vérité de bon sens qui a échappé aux belligérants, et notamment à ceux qui pensaient que l’affaire pouvait se régler par l’annihilation de l’une des deux parties.

Son A.R. donne  en exemple les Etats du Golfe arabo-persique qui ont su s’unir et bâtir ainsi l’une des plus grandes puissances financières au monde.

Une telle prospérité, de telles perspectives économiques tireraient les Palestiniens de leur état miséreux et les détourneraient d’actions de destruction et de mort. Assurément, le Prince se sent tenu d’insister sur la justice qui doit être rendue aux Palestiniens, faute de quoi on l’accuserait de passer leurs difficultés sous silence et son article n’aurait plus aucune portée. De longues années de dialogues de sourds ont rendu les mentalités rigides. Il est temps de changer d’attitude.

Mais parler ne suffit pas car selon le Prince il est urgent de faciliter la vie des Palestiniens. Juifs et Arabes vivant en Terre sainte ont en commun plus de choses qu’on ne le croit. Ce qui les unit dit le Prince , est supérieur à ce qui les sépare. Et de revenir sur le plan de paix du roi Abdallah d’Arabie Saoudite, un plan que la partie israélienne (et pas elle seulement) avait passablement critiqué. Notamment parce qu’il prévoyait le retrait israélien des territoires conquis après la guerre des six jours. Notons que le Prince use de la formule anglaise et ne dit pas all territories, ce qui laisse place aux discussions. Il rappelle que le problème palestinien constitue un obstacle au réchauffement des relations entre  les deux pays arabes en paix avec Israël, l’Egypte et le Jordanie.

Quelle est la proposition vraiment nouvelle du Prince ? S’intéresser de plus près aux medias israéliens, leur expliquer la cause des arabes, parler aux Israéliens des souffrances (je reprends les termes du Prince) des Palestiniens. Ainsi, vivrons nous peut-être une évolution positive des différentes positions .

Son A.R. craint toutefois d’être mal compris et affirme que certains Arabes pourraient lui reprocher sa précipitation dans ses efforts de parler et de discuter. Il répond à cette critique en soulignant qu’il ne faut pas confondre communication et normalisation. Il est regrettable que cette remarque restrictive restreigne la portée de tout l’article. Mais c’est ainsi.

Une fois la paix en marche, conclut le Prince, les affaires suivront. Et là plus personne ne songera à la guerre car chacun pensera à ce qu’il risque de perdre.

 

Tel est le contenu de cette tribune libre. Est elle réaliste ? Est elle assez innovante et courageuse ? A d’autres plus experts que nous d’en juger. Cette tribune a le mérite d’exister et c’est déjà beaucoup.

 

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Sionisme politique et sionisme religieux

On m’a posé sur ce blog hier soir une question importante avec une demande d’ répondre assez rapidement. Je tente ici même. Y a-t-il un sionisme autre que religieux. Je renvoie évidemment au grand historien du sionisme Walter Laqueur dont l’ouvrage est disponible en français.

Faisons une brève rétrospective. La question de l’internaute est compréhensible : comme le judaïsme se présente avant tout comme une religion révélée, comme une entité de nature essentiellement religieuse, comment parler de sionisme politique ou laïque ? Ce raisonnement se tient et l’étonnement est compréhensible. On pourrait même dire que le premier sioniste (religieux, évidemment) fut Abraham qui reçut une triple promesse : la garantie d’une divinité tutélaire (Je serai ton D-, tes descendants seront mon peuple), une descendance fort nombreuse et la terre de promission qui pose depuis les origines tant de problèmes. Les chapitres de la Genèse ( de 12 à 25, chapitre couvrant la décès du patriarche) reprennent l’antienne d’un héritage supposant l’enracinement dans cette terre et un retour en cas d’expulsion ou d’exil. On peut y voir les racines mêmes de ce sionisme religieux dont Abraham serait l’archétype

En raison des drames et des vicissitudes de l’histoire juive, je pense notamment aux destructions des deux Temples dont le jour anniversaire tombe justement ce soir et demain. Ls habitants de cette terre durent prendre le chemin de l’exil. Dans ce sillage naquit une littérature essentiellement religieuse et en langue hébraïque, réclamant à cor et à cri le retour en Terre sainte, la Terre d’Israël, telle que nous pouvons en prendre connaissance dans  les écrits prophétiques.

Pendant la période médiévale, par exemple, des poètes religieux comme Juda ha=Lévi (XIIe siècle) se rendit célèbre, entre autres, par ses Sionides ; tous les Israéliens connaissent ces premiers vers (Libbi ba-mizrah wa-ani be-sof ma’arav) : Mon cœur est en Orient alors que je me trouve, moi, au fin fond de l’Occident). Jamais la nostalgie de Sion n’a trouvé meilleure formulation.

Pour faire bref, sautons quelques siècles et arrivons au XIXe siècle où pend corps une autre formulation, plus politique et donc laïque, de la volonté de s’en retourner  sur la terre ancestrale. Forcément les adeptes de cette nouvelle forme de sionisme durent laïciser des thèmes et transformer des idéaux dont l’origine était absolument religieuse. Ils le firent en usant parfois de subterfuges dont le plus célèbre est celui vantant la terre où coulent le lait et le miel ou encore en allant chercher en avion les Juifs du Yémen qui ignoraient encore tout du transport aérien. Les envoyés de l’Agence Juive se servirent du même langage religieux pour convaincre leurs auditeurs qu’ils étaient les envoyés du Ciel. Un passage biblique énonce clairement (wa-essa étkhém al kanfé nesharim waavi étkhém élay) : je vous chargerai sur les ailes des aigles et vous conduirai jusqu’à moi. Aux yeux de pauvres juifs yémenites, la ressemblance entre un avion ou un hélicoptère et un aigle est indéniable…. Et jusqu’à moi, cela signifie nécessairement Jérusalem puisque le Seigneur d’Israël y réside…

Un autre élément, peut-être le plus déterminant dans cette affaire, a accompli son effet, c’est l’antisémitisme. Les pogromes, notamment en Russie et dans les pays voisins, portèrent l’espérance juive à son paroxysme. Léo Pinsker, médecin de son état, écrivit un texte fondateur intitulé Auo-Emancipation. La solution à la question juive (Judenfrage, quelle expression affreuse) consiste à retourner en Terre sainte, à faire renaître de ses cendres l’ancien Etat juif et à y vivre. Ce n’est plus une croyance religieuse, c’est un programme politique dont le fondement et la genèse sont de nature religieuse.

J’ai déjà eu l’occasion de rendre longuement compte du volume consacré aux soixante ans d’Israël ; on y é voquait l’éloignement de David Ben Gourion de tout sentiment religieux digne de ce nom. Et n’oublions pas le grand absent, Théodore Herzl, fondateur du renouveau national, qui était un Juif bourgeois très assimilé de Vienne.   Il faut relire certains passages de son Etat des Juifs pour s’en rendre compte.

Quant à Ben Gourion, son propre épouse Paula n’était pas d’origine juive (ce qui est son droit le plus absolu) et il consentit à mettre les pieds dans une synagogue que lors de la Déclaration d’Indépendance. On cryait un précédent célèbre : Paris vaut bien une messe…

Enfin, il faut signaler que des juifs très religieux se sont mus en adversaires, voire en ennemis farcouhes du sionisme politique, arguant que c’est D- en personne, qui refondera l’Etat juif et fera reconstruire le Temple. Personne d’autres. Certains adeptes de cette théorie refusent de se faire enrôler dans l’armée, et parfois même (pour les plus radicaux ) aident les Palestiniens dans leur vie quotidienne.

Cette étrange cohabitation entre religion et politique entre sionisme laïque et sionisme religieux me fait penser à l’Aufhebung de Hegel qui nous enseigne (ce que reprendra Karl Marx) que l’Histoire avance par contradiction surmonte. Aufheben voulant dire à la fois dépasser et supprimer.

Quiconque comprend cela se fait une représentation juste du conflit opposant les laïcs aux religieux dans ce pays. Le plus tonnant, c’est que même divorcés, ces deux partis de la culture juive veulent vivre ensemble. Tout en s’engueulant copieusement (si l’on permet à un professeur une expression aussi triviale)

 

 

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27/07/2009

RELIGION ET RELIGIOSITE

Religion et religiosité
Difficile d’ignorer ici en Israël l’impact de la religion sur la vie de tous les jours, tant les règles religieuses sont inscrites au plus profond de l’âme des gens. De retour du Mochav où nous avons séjourné quelque temps, je me suis rendu a Netanya où, pour reprendre l expression célèbre du roi David concernant Jérusalem, les maisons se touchent ; ici, ce sont les synagogues qui se touchent : trois dans une même petite rue !
Une famille, plutôt importante et aux ramifications très nombreuses, arrive à l’office religieux du soir et donne, l’occasion des sheloshim (un mois après le décès d’un proche) uns sorte de dîner ou de repas communiel où tous doivent prendre part. La famille doit servir les convives qui sont les orants. On me remarque et lo voit que je ne me suis pas servi car je discute avec l’administrateur de la synagogue afin, justement, d’organiser la cérémonie identique pour ma belle mère le mardi suivant, à savoir deux jours plus tard. L’un des endeuillés e rapproche, une assiette à la main. Je me lève pour le remercier, lui présenter mes condoléances et refuser poliment les aliments qu’il me présente. Mais il fait comprendre que derrière cette action, il y a le devoir religieux de nourrir tous les gens, les pauvres comme riches afin, nous enseigne le Talmud, que le peuple d’Israël reste uni dans les peines comme dans les réjouissances. Un passage talmudique va même jusqu’à reprocher au patriarche Abraham d’avoir donne une magnifique festin à l’occasion du sevrage d’Isaac et d’avoir omis d’y convier quelques indigents d’Israël. En dépit de cette invraisemblance, Abraham étant réputé pour avoir tenu table ouverte à tous, quelle que fût leur origine ethnique ou religieuse : comment donc le patriarche aurait-il pu oublier les pauvres ?
Mais j’entends parler de la religion et de la religiosité. Si la foi d’Israël n’était pas chevillée au corps des gens, et surtout des gens simples, l’idéal sioniste n’aurait jamais pu prospérer. Les grands leaders sionistes laïques, y compris Ben Gourion, l’ont intelligemment assimilé et ont joué là-dessus. Mes vieilles tantes survivantes, résidant dans ce pays, puis un peu plus d’un demi siècle, m’ont relaté qu’à leur arrivée, elles et leurs conjoints devaient parfois couvrir un peu plus de trois ou cinq kilomètres, pour acheter du pain et du lait afin de nourrir leurs enfants. Dans le Néguév, il n’ y avait rien mais ce qui s’appelle rien. Et pourtant, la Bible parle avec entêtement d’un pays où coulent le lait et le miel (éréts zavat halav u-devash : une terre ruisselant de lait et de miel). Face à cette promesse, deux attitude opposées étaient envisageables : celle se contentant de voir le lail et le miel couler d’eux-mêmes, ce qui n’arrive jamais nulle part, et celle, plus réaliste et donc conforme à la réalité et à la nature humaine : retrousser ses manches, se lever avant le jour chaque matin que D- fait, asséchant les marais, gagnant des terres de cultures sur le désert et espérer qu’au terme de sous ces efforts un peu de lait et très peu de miel finiront par couler…
C’est pour cette raison que je me suis toujours étonné de lire qu’Israël était une théocratie. Ce qui n’est vraiment pas le cas, c’est un pays qui tente de gérer intelligemment son héritage religieux dans des conditions extrêmement difficiles.
En fait, la totalité du problème avec un P majuscule est de voir, sans passion, sans œillères, sans préjugés ni visées apologétiques, comment les Juifs sont devenus des Israéliens. Cette continuité me paraît parfaitement légitime, mais je reconnais qu’elle pose problème. Lequel n’est guère insurmontable. Même si hier soir, au téléphone, avec une correspondante israélienne, j’ai encore appris un nouveau proverbe dont je ne soupçonnais guère l’existence. Me plaignant avec mesure de l’insatiable avidité de quelques uns et de l’incompréhensible dureté de quelques autres, ma charmante interlocutrice m’interrompit pour me dire en hébreu que dans ce pays il était impossible de vivre et même impossible de mourir. J’ai passé une partie de la nuit à réfléchir à cette formule qui me parait quelque peu excessive. Au lever, devant ce magnifique lever du soleil, j’ai réalisé que des millions d’hommes et de femmes pouvaient fort bien vivre ici. Et que tous ceux qui y sont sont heureux d’y être

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26/07/2009

Dimanche matin, a la gare routiere de Beer Sheva

Un dimanche matin, a la gare routiere de Beer Sheva

Parti chercher de jeunes nieces a Beer Sheva, j arrive 0 la gare routiere et je trouve des dizaines et des dizaines de solkdats armes qui rentrent dans leurs casernes et s en retournent a leurs bases. Ce qui ne frappe le plus, c est le nonre d armes portees en bandouleire par les solats encore i;berbes.

Mais ce qui a le plus retenu mon attention, c est la presence de deux jeunes soldates, membres des unites d elite, portant sur la poitrine des cartouchieres et sur la tete des chapeaux portes par les commandos durant leurs patrouilles< Sur leur dosm je distingue nettement le casque lourd. Etonnant. Je les regarde deux fois car elles sont passees deux fois: le meme sourire, la meme demarche a la fois gracieuse et sportive.

Mais mes deux passageres ne sont toujours pas la. Reensignements pris, il y a une alerte a la bombe. Du coup, toute la gare routiere est bloquee, nul n entre et nul ne sort. Phlegmatiques, les conducteurs de bus ne disent rien, ils signalent qu ils font une petite pause. Pas d affolement, pad de febrilite particuliere. Les soldats continuent de croiser les femmes de Bedouins dans la gare, les soldats se hatent, aucune nervosite n est visible.

Curieux pays, curieux soldats, si jeunes et si confiantes alors au ils portent sur eux de redoubales armes.

Et ou est la paix dans tout cela?

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25/07/2009

Le neuf d Av, destruction du Te;ple de Jerusalem

Jedui prochain, le 9 du mois d Av, on commemore la destruction des deux Temples de Jerusalem, le premier et le second. C est donc un jour de jeunem de contrition et de peintence. La radio et la television israeliennes rendent compte de l evenement en donnant des petits apercus historiaues.

Un homme comme Leibowitz que je suis si heureuxz d avoir evoasue et qui q suscite tant de commentaires, respectait ce jeune et insistait beaucoup sur la necessite de transmettre ce patrimoine aux jeunes generations.

La cose est d i;portance, meme si, pour ma part, je ne suis pas tres observant: des demain dimanche, les gens relkigieux s abstiennent de consommer de la viande et de boire du vin. La pericope prophetique lue ce matin a la synagogue est le premier chaspitre d Isaie qui qdresse des tres graves reproches et de lourdes reprimandes au peuple judeen de l epoque (VIIIe siecle avant JC).

Pendant cette semaine de de penitence, on multiplie les prieres penitentielles et les confessions au cours des prieres quotidiennes. Il va de soi que toute rejouissance de nature religieuse ( mariage, bar Mitswz etc) est bannie.

A la fin du jeune jeudi soir, apres le coucher du soeli, l qtmosphere se detend.  Et surtout le chavvat suivant est dit celui de l consolation. du premier terme du chapitre 40 dIsaie. Nahamu, nahamu ammi: Consolez, consolez mon peuple... s ecrie le deutero Isaie...

C est dire combien le temple a joue un role crucial et ansolument majeur dans l histoire du peuple d Israel. Certains passages talmudiques vont jusau q dire que toute generayion qui n est pas eu le merite d etre temoin de la reconstruction du Temple de Jerusalem doit se considerer comm fautive, en quelque sorte.

Il ne faut pas prendre ces declarations au pied de la lettre. Le Talmud est le depositorium du penser et du vecu du peuple juif a travers les ages. C est le seul lieu ou l ame juive a pu, des siecles durant, s epancher sans linite ni contrainte.

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24/07/2009

Le Chabbat au Mochav

Chabbat au Mochav

En faitm le dimanche est un jour ouvrable en Israel. Ce qui est interessant ici, c est que le vendredi est presque un jour ferie car on y effectue les preparatifs pour la soiree et le samedim journee au cours de laquelle tout doit etre deja pret pour ke cabbat proprement dit.

J ai beau dire de ne pas se donner trop de mal pour la preparation de tant de mets et de nourriture en general, mes paroles tobent dana des oreilles de sourds, rien n y fait. Les dames sont aux fourneaux jusqu aux environs de 17 heures. Je parle evidemment des milieux religieux  ou traditionnalistes. Les autres ne s embarrassent guere de tout ceci.

Ce qui me plait le plus ici, c est la toute petite synahagogue ou chaque vendredi soirm on me perl;et de donner lecture du Cantique des Cantiques que je connais par coeur depuis l a ge de 10 ans. Je suis contant d en donner lectuire et de lire la priere ter;inale qui en fait une oeuvre mystique et sqcrqlise son sens allegoriaue depuis le milieu du second siecle de notre ere, a l epoque de rabbi Aqibq qui decida que  le sens litteral n a pas cours.

Ernest Renan pensait, luim que ce texte est le seul rescape des productions litteraires d un Israel encore proche de la nature et soucieux des plaisirs et des joies naturelles. Cela me rappelle aussi ma preniere these portant sur l interpretation allegorique dans la philosophie juive du Moyen Age. Je l ai publiee plus tard sous uen forme remaniee sous le titre L exegese philosophique dans le judaisme medieval  a Tubongen chez JCB Mohr dans la collection que je diriegais TSMJ.

Alos chabbat chalom depuis le Mochav. Je reprendrai demain soir apres la tombee de la nuit. A Pariam il ne allait autrement

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23/07/2009

Planter de petits arbres druitiers dans le Negev

Planter de petits arbres fruitiers dans le Negev

Ce matin, alors que nous prenions le petit dejeuner pour refaire une visite aux Bedouins, Ran appelle et nous propose de venir chez lui planter des arbres fruitiers. Les Bedouins attendront. Bous irons a Beer Sheva des que j aurai acheve ce blog.

La chaleur est etouffante et Ran et Irena ont deja achete une bonne dizaine d arbres chez le peipnieriste: un ornager, un pommier, un avocat, un figuier, un amanadier, un citronnier, un manguier et d autres arbres dont je ne retrouve pas le nom en francais.

Pour les gens ici,  c est presaue un devoir religieux de replanter la terre d Israel, la terre ancestrale.

Ce qui m a frappe, c est de voir qu avec de l eau et du sable on peut faire de la terre arable alors qu en Nor;qndie il faut des tonnes de terre de bruyere. Etrange paysm plein de surprises.

A plus tard, car je dois me rendre chez les Bedouins. Un grand merci a Ran et a Irena pour leur invitation

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22/07/2009

Les langues parlees en Israel

Les langues parlees en Israel

Dans le petit resturant du kenyon (centre commercial) de Beer Sheva la metropole du sud, j entends toutes les langues parlees dans ce pays. D abord l hebreu, mais ce n est pas la seule. Il y a tout de suite apres le russe que je n entends pas mais que je reconnais. Il y a meme deux chaines de television dans cette langue puisque pres d un million d Israeliens parlent cette langue. Et il y a l arabe car ici c est la zone des Bedouins dont meme l hebreu est largement prononce comme l arabe ( sa langue soeur du groupe semitiaue nord). Lorsaue les Bedouines m annoncent les prix des marchandises, elles le disent generalement en arabe et les chiffres se ressemblent tant dans les deux langues. Vous avez ensuite le francais qui se parle surtout a Netanya, a Tel Aviv et a Jerusalem.

Ce n4est pas fini car il y a des Caucasiensm des Goergiensm des Ukrainiens, des Kurdes etc... Une veritable Tour de Babel jabite un pays dont le livre sacre a justement immortalise ce mythe fort ancin charge de rendre compte de la pluralite des langues.

En une phrase, dans ce pays ce n est pas le bi ou le trilinguisme qui existe, c est le multilinguisme. Mais d une maniere absolument imprevue et paradoxale, l hebreu s impose.  Cette langue qui ne fut parlee que par des erudits durant deux millenaires a connu une renaissance unique dqns les annales de la linguistique. Je trouve dans la presse des termes pour dire feconation artificielle, armes nucleaires, glaciers, actes d accusation, etc, des milliers d expression gagnees grace a l extension sans pareille du champ semantique de leurs racines.

Un miracle dans le pays des miracles.

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