UN FILM, NOCES REBELLES

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UN FILM, NOCES REBELLES
Dans un Deauville enfin épargnée par la tempête qui secoue l’ouest du pays, mais touchée par une certaine froidure, je suis allé voie Noces rebelles au cinéma. Pour dire la vérité, cela ne m’a pas emballé, mais mon épouse voulait se rendre compte par elle-même. La distribution est certes prestigieuse, les décors bien faits, mais l’intrigue en elle-même (ou peut-être l’adaptation du livre) ne retient pas assez l’attention

 

UN FILM, NOCES REBELLES
Dans un Deauville enfin épargnée par la tempête qui secoue l’ouest du pays, mais touchée par une certaine froidure, je suis allé voie Noces rebelles au cinéma. Pour dire la vérité, cela ne m’a pas emballé, mais mon épouse voulait se rendre compte par elle-même. La distribution est certes prestigieuse, les décors bien faits, mais l’intrigue en elle-même (ou peut-être l’adaptation du livre) ne retient pas assez l’attention.
De quoi s’agit-il ? Nous sommes dans l’Amérique des années cinquante, dans une petite banlieue, bien propre, bien nettoyée, de la classe moyenne américaine, même si le couple qui nous intéresse ferait plutôt partie de la higher middle class. Peu importe, on sent bien les limites et le caractère réduit de leur classe sociale. Ce garçon et cette très jolie jeune fille se rencontrent dans une discothèque assez banale, et c’est le coup de foudre … Mariage, amour passionné et les enfants arrivent. On achète, comme je le disais, une charmante maison et s’installe… dans la routine et l’ennui. Le jeune homme travaille dans la même entreprise que son père, un père passe muraille auquel il ne souhaite absolument pas ressembler…
Le couple se met à vaciller et l’épouse a une idée géniale ; tout vendre, tout liquider, rompre avec le néant du milieu et de l’entourage pour aller vivre au moins six mois à … Paris. Quelle révolution ! Quel saut dans l’inconnu. Elle arrive à convaincre son époux et l’assure que c’est elle qui désormais travaillera et assurera la subsistance de la famille Les billets sont pris, la maison est mise en vente, les voisins sont prévenus (qui font triste mine en voyant dans ce miroir la petitesse de leur existence) lorsqu’un événement vient tout remettre en question : l’épouse est enceinte… Et comme un imprévu n’arrive jamais seul, le mari se voit offrir une promotion dans son entreprise  qu’il déteste…
Désespérée, l’épouse assiste au naufrage de ses projets, elle aussi, contribue un soir à la dislocation de son couple… Et la fin n’est guère rassurante.
Ce qui frappe dans ce film, c’est la médiocrité, la triste uniformité des cols blancs américains : costumes gris, chemise d’un blanc douteux, chapeau de feutre, collègues les uns plus moyens et superficiels que les autres, des jeunes secrétaires aussi ineptes que perdues dans un univers sans relief. Bref, la désespérance. Cet aspect là est bien restitué par le film. Un point qui frappe aujourd’hui : pas un seul noir, pas un seul, ni dans les jardins, les cuisines, rien, pas un seul. Ce sont les années cinquante…
Mais on ressort de ce film avec des sentiments mêlés, je ne sais pas si je l’irai jusqu’à le recommander à d’autres. Mais c’est à vous de voir.

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