31/10/2008

LES OBJECTIFS D’UNE ARMEE MODERNE : LE CAS DE L’AFGHANISTAN

LES OBJECTIFS D’UNE ARMEE MODERNE : LE CAS DE L’AFGHANISTAN
    Depuis un certain temps déjà, les Américains discutent avec les talibans, non impliqués dans les attentats d’Al-Quaida, en vue de ramener  la paix en Afghanistan. A l’évidence, le général David Petraeus est passé par là, puisque cet soldat-diplomate est parvenu à réduire considérablement la violence en Irak en pratiquant ce que l’on nomme la contre-insurrection. En quoi faisant, en convainquant les tribus sunnites de se retourner contre les adeptes d’Al-Quaida, moyennant évidemment des armes et des finances. Le général qui est sauf tout un militaire borné et qui a donc fait soutenu une thèse dans une grande université de son pays, a bien lu et médité le livre sur la contre insurrection, écrit par un officier supérieur français, David Galula, qui eut à affronter, en qualité de soldats et de théoricien, l’insurrection algérienne. David Petraeus fait de l’officier français son maître à penser.
    Les tâches d’une armée varient selon les époques, les situations et les lieux : faire la guerre à l’extérieur, ramener l’ordre au sein du pays, combattre psychologiquement un ennemi insaisissable en raison de son osmose avec la population. L’officier français avait compris que, pour gagner, il fallait plus que de remporter de simples victoires militaires. Il faut, certes, détruire l’ennemi considéré comme irrécupérable (et en Afghanistan, c’est Al-Quaida, tout comme en Irak), mais aussi nouer un dialogue avec ceux des insurgés qui considèrent que la défense de la mère patrie justifie tous les sacrifices. Avec ces derniers, l’armée en campagne doit chercher à s’entendre puisqu’ils ne cherchent que le bien-être du pays…
    Dans le cas afghan, cela recouvre les talibans qui ne veulent pas sacrifier leur pays aux plans d’une nébuleuse terroriste internationale. C’est le sens qu’il convient de donner aux pourparlers entre Américains et talibans.
    Les armes de la contre insurrection sont militaires mais pas seulement ; il faut empêcher que l’ennemi n soit en osmose avec la population comme un poisson dans l’eau. Aux Américains cela rappelle des souvenirs, notamment de Mao Tsé Toung. Si les insurgés trouvent auprès de la population aide et assistance, et surtout une communauté de lutte, de combat et le même esprit de résistance, la guerre est perdue. Ou alors, il faudra même un soldat ou un policier derrière chaque Afghan ou Irakien. Rappelons que lors de l’insurrection irakienne, il y avait en Algérie plusieurs centaines de milliers d’hommes pour environ 8 millions de musulmans… Et pourtant ; il a fallu se rendre à l’évidence : les négociations ont fini par remplacer les opérations militaires.
    En Irak, les commentateurs sont unanimes, après avoir promis à l’US Army une défaite cuisante, les voilà qui reconnaissent que la violence a été réduite de 80% et ne connaît plus qu’un état résiduel.
    Le généralissime américain soutient que ce qui a réussi en Irak pourrait ne pas réussir en Afghanistan, pays qui a toujours résisté aux envahisseurs. Mais tout indique que la fermeté militaire, alliée à une contre intelligente contre insurrection,  peut porter ses fruits.
    La guerre n’est plus, paradoxalement, menée à bien avec de simples outils militaires. Il faut une pensée directrice qui anime les armes. Dans l’attente que l’humanité pensante trouve enfin un moyen de bannir la guerre de notre existence.

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LES PROCHAINES ÉLECTIONS EN ISRAÊL

 

LES PROCHAINES ÉLECTIONS EN ISRAÊL
    J’ai pu suivre ce matin, très tôt, les analyses fort intéressants d’un proche conseiller d’Ehoud Barak et qui avait jadis très proche de Yosef Beillin, l’un des promoteurs des accords d’Oslo. On sait depuis peu que cet homme de gauche qui a effectué un travail important, quel que soit le point de vue auquel on se place, a pris la décision de se retirer de la vie politique et d’employer ses compétences dans d’autres domaines, notamment l’aide à l’économie palestiniennes ( !)
    Et que disait cet homme concernant l’avenir du parti travailliste ? Eh bien, ses prévisions sont plutôt sombres : délitement du parti dont de grandes phalènes ont migré vers kadima, absence (c’est lui qui le dit) d’un programme de gouvernement digne de ce nom, menace de putsch pesant sur son leader actuel et érosion de son influence électorale au point de ne plus être crédité que de 9 à 11 sièges pour les élections législatives  du 10 février… Le seule point positif (on se console comme on peut), c’est l’arrivée de jeunes désireux de prendre une part plus active à la vie politique de leur pays. Des gens qui veulent s’investir mais qui auront à subir les perfidies des vieux leaders qui feront tout pour garder leurs places… Et la décision de Barak de faire désigner par les militaire lors de primaires les membres de la liste de futurs députés n’y changera rien…
    Ce qui m’a aussi frappé, c’est la volatilité de l’électorat de kadima, parti créé de toutes pièces par Ariel Sharon qui en était le spiritus rector, le genius loci. C’était lui qui le portait en avant et l’incarnait. On sait ce qu’il en advenu avec Ehoud Olmert et aujourd’hui avec Madame Livni… Comme il n y a plus de moteur puissant pour faire aller ce parti de l’avant, une bonne partie de ses électeurs s’en retournera d’une manière ou d’une autre vers le likoud de Benjamin Netanyahou, crédité d’au moins 31 sièges, à égalité, prétend-on, avec kadima.
    De fait, par quelque bout que l’on prenne la politique israélienne actuelle, on se rend compte que c’est bien le leader de la droite qui l’emportera. Est-ce un bien, est-ce un mal ? L’avenir le dira. Mais la faillite du parti travailliste, englué dans des rivalités de personnes et à court d’idées, explique en grande partie la montée en puissance du likoud.
    Le problème, toutefois, c’est que la politique extérieure est le problème numéro 1 de la politique intérieure d’Israël.

    J’ai pu suivre ce matin, très tôt, les analyses fort intéressants d’un proche conseiller d’Ehoud Barak et qui avait jadis très proche de Yosef Beillin, l’un des promoteurs des accords d’Oslo. On sait depuis peu que cet homme de gauche qui a effectué un travail important, quel que soit le point de vue auquel on se place, a pris la décision de se retirer de la vie politique et d’employer ses compétences dans d’autres domaines, notamment l’aide à l’économie palestiniennes ( !)
    Et que disait cet homme concernant l’avenir du parti travailliste ? Eh bien, ses prévisions sont plutôt sombres : délitement du parti dont de grandes phalènes ont migré vers kadima, absence (c’est lui qui le dit) d’un programme de gouvernement digne de ce nom, menace de putsch pesant sur son leader actuel et érosion de son influence électorale au point de ne plus être crédité que de 9 à 11 sièges pour les élections législatives  du 10 février… Le seule point positif (on se console comme on peut), c’est l’arrivée de jeunes désireux de prendre une part plus active à la vie politique de leur pays. Des gens qui veulent s’investir mais qui auront à subir les perfidies des vieux leaders qui feront tout pour garder leurs places… Et la décision de Barak de faire désigner par les militaire lors de primaires les membres de la liste de futurs députés n’y changera rien…
    Ce qui m’a aussi frappé, c’est la volatilité de l’électorat de kadima, parti créé de toutes pièces par Ariel Sharon qui en était le spiritus rector, le genius loci. C’était lui qui le portait en avant et l’incarnait. On sait ce qu’il en advenu avec Ehoud Olmert et aujourd’hui avec Madame Livni… Comme il n y a plus de moteur puissant pour faire aller ce parti de l’avant, une bonne partie de ses électeurs s’en retournera d’une manière ou d’une autre vers le likoud de Benjamin Netanyahou, crédité d’au moins 31 sièges, à égalité, prétend-on, avec kadima.
    De fait, par quelque bout que l’on prenne la politique israélienne actuelle, on se rend compte que c’est bien le leader de la droite qui l’emportera. Est-ce un bien, est-ce un mal ? L’avenir le dira. Mais la faillite du parti travailliste, englué dans des rivalités de personnes et à court d’idées, explique en grande partie la montée en puissance du likoud.
    Le problème, toutefois, c’est que la politique extérieure est le problème numéro 1 de la politique intérieure d’Israël.
 

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30/10/2008

Abraham, symbole de l'humanité monothéiste

 

 

         CONFÉRENCE À LA MAIRIE DU XVIE ARRONDISSEMENT DE PARIS, CE JOUR LE 30 OCTOBRE À 20H15


ABRAHAM DANS LA TRADITION ET DANS L’HISTOIRE
    RADIOSCOPIE D’UN SYMBOLE DE L’HUMANITE MONOTHEISTE

Abraham a-t-il seulement existé en chair et en os ? A-t-il vraiment vécu vers 1850 avant l’ère chrétienne et a-t-il réellement vécu ces pérégrination que la Bible hébraïque, et à sa suite les Evangiles et le Coran veulent bien lui prêter ?
En tout état de cause, pour un être humain dont l’existence historique n’est guère assurée par des documents fiables et vérifiables, il a donné lieu à une littérature immense, voire incommensurable. Et je ne parle pas des œuvres d’amateurs ou de demi savants, je fais allusion aux œuvres de spécialistes de l’histoire religieuse et de l’exégèse juive et chrétienne.
Abraham, Moïse et Jésus : trois personnalités qui ont marqué d’une empreinte profonde, voire indélébile, l’avenir de l’humanité à la fois pensante et croyante et dont l’existence historique demeure sujet à caution… C’est que  l’entrelacement de l’histoire et de la légende,  de la chronique sérieuse et de la tradition épique, les concernant, est vraiment inextricable.
Même pour la conscience occidentale contemporaine, c’est-à-dire près de quatre millénaires après son existence terrestre supposée, Abraham demeure un archétype incontournable, une figure tutélaire de première grandeur. On voit en lui le symbole de l’humanité monothéiste, le premier homme à avoir durablement communiqué, selon la Bible, avec la divinité, au point de sceller avec une alliance éternelle. Certes, il y eut l’épisode semi-mythique, de Noé, germe d’une humanité régénérée et rescapée du Déluge, auquel la divinité biblique fait la promesse de ne plus jamais songer à détruire le monde ; il demeure que c’est avec Abraham que Dieu scelle une alliance, l’alliance d’Abraham (berito shél Abraham), et c’est à lui qu’il fait une promesse, selon le livre de la Genèse : à savoir que sa descendance sera aussi nombreuse que les grains de sable bordant les océans et qu’elle héritera de la terre de Canaan que la «divine Providence» a choisi de distinguer d’une grâce particulière…
Ce vocabulaire est volontairement emprunté au registre religieux ; mais dans notre contexte, il se trouve dépouillé de cette qualité première. Notre propos est simplement de souligner le caractère insondable de ce choix et de cette promesse.
Ce qui frappe dans la personnalité d’Abraham, c’est la richesse de ses facettes qui lui a permis de prendre pied et de s’enraciner dans les trois grandes traditions monothéistes. Celles-ci auraient fort bien pu se choisir une autre figure tutélaire qui ne manquait vraiment pas dans le panthéon du Proche Orient ancien ou dans les nomenclatures des héros divinisés…
La tradition juive, la première, chronologiquement, à avoir vu en Abraham, l’origine de sa foi religieuse et de son identité nationale, lui découvrit des mérites qu’il ne partageait avec aucun autre de ses héros : contrairement à Noé qui n’a prié que pour lui, Abraham a prié pour lui mais aussi pour les autres : il implore la grâce divine pour les habitants des villes pécheresse de Sodome et Gomorrhe.  Là où Noé s’est contenté d’obéir aux injonctions d’un Dieu qui n’a pas trouvé d’autre manière de réformer l’humanité qu’en la détruisant, Abraham, lui, négocie avec D- le sauvetage des habitants des villes pécheresses…
Mais revenons à la discussion historique du sujet qui nous occupe : Abraham et son histoire telle que relatée par les chapitres de la Genèse (ch. 12- 25) ont-ils toujours été ainsi dans les  sources antiques, où ont-ils connu des remaniements, des réécritures et de ajouts au cours des générations ou à la suite des vicissitudes de l’histoire juive, notamment au moment de l’ exil de 587, lorsque l’histoire d’Israël a subi d’importantes modifications et que l’identité judéenne dut se redéfinir ?
Au début, les choses sont relativement claires : deux choses prédominent : l’alliance offerte par D- à Abraham et à sa descendance pluriethnique (Ismaël notamment) et l’acquisition de l grotte de Makpela comme lieu de sépulture. Dans le premIer cas, Abraham posé comme l’ancêtre de tous ses fils (Abrahamides) ; après, cela changera, on rétrécira le champ de la parenté et de la filiation.
Dans le chapitre 17 de la Genèse, on voit Abraham et Ismaël debout devant D. Isaac n’est guère présent. Dans cette alliance sont inclus Esaü et Ismaël, ce qui renforce l’aspect œcuménique d’Abraham. Or, ce patriarche est lié à un place comme Hébron, dont la racine hébraïque pourrait connoter l’idée de lien, de ligue, d’amphictyonie, lieu de sanctuaire et de marché. Son autre nom est bien kiryat arba’, la cité des quatre, ce qui connote la même idée d’union et de confédération.
Le «tissage» de la personnalité d’Abraham à partir de textes d’époques et d’origines diverses laisse apparaître que l’idée de transmigrations n’est venue qu’après. Pourquoi avoir voulu faire naître Abraham  en Mésopotamie, alors qu’il semble avoir ses origines à Hébron, lieu de sa résidence ? Probablement parce que c’est de là que venaient les idées religieuses les plus anciennes.

Genèse (chapitres 12 à 36) : la question qui se pose désormais avec plus d’acuité depuis la remise en cause des thèses de Alt, Martin Noth et Gerhard von Rad  est celle-ci : est-ce que les récits de la Genèse ont toujours été conçus comme un prologue au reste (de l’Exode au Deutéronome) ou bien n’étaient-ils, en réalité que des légendes en soi, (Einzelsagen), comme le suggérait Hermann Gunkel ? On voit bien, comme le montre admirablement Albert de Pury, que pour le Deutéronome et toute son historiographie, l’histoire des Hébreux ne commence pas avec les patriarches mais tout bonnement en Egypte avec l’Exode. Les travaux de Thomas Römer ont mis à mal l’hypothèse, admise jusqu’ici, de sources bien marquées remontant au Xe siècle ! Et comment donc l’historiographie deutéronomiste ne souffle-t-elle mot de tout ce prologue patriarcal ? Doit-on en penser qu’il existait en soi, indépendamment de tout le reste ? Question cruciale pour l’origine du Pentateuque tel nous l’avons aujourd’hui.
La geste de Jacob, si importante pour la suite, et si intimement liée à celle d’Abraham, son grand p§re, contenait-elle tous les éléments qui nous sont parvenus ? Le récit sacerdotal fait l’impasse sur les aspects les plus scabreux de Jacob, mais on en trouve une mention sur un ton très polémique dans Osée 12 qui parle du patriarche en des termes peu flatteurs. Ce texte oppose Jacob à Moïse et insiste pour dire que Israël a été sauvé d’Egypte par un prophète, donc Moïse ! Partant, ce texte, rédigé avant la chute de Samarie, donc avant -722, était bien enraciné dans la mémoire du peuple d’Israël. Mais cette histoire de Jacob et de sa tribu en soi, constitue, à elle seule, une histoire qui se suffit à elle-même, sans le prologue patriarcale (Noé, Abraham) ni épilogue (Moïse et l’Exode). Hormis un passage du Dt 26 ; 5-9, Jacob n’est guère mentionné. Et encore, on parle d’un Araméen en perdition (arami ovéd avi) : p 149 :Pour les auteurs du Deutéronome, le vrai Israël naît en Egypte. Il est suscité par Yahwh en Egypte, et il n’existe qu’à partir du moment où Yhwh l’a fait sortir et s’est révélé à lui…
Mais d’un point de vue purement anthropologique, Abraham n’a pas eu de chance avec ses enfants. Il a tout d’abord les plus grande difficultés du monde à engendrer ; fait significatif, son épouse lui propose d’«essayer» avec sa servante Agar. Lorsque cette ernière lui donne enfin un enfant, Ismaël, son épouse légitime qui n’apprécie pas sa servante ni sa progéniture, lui ordonne de les chasser tous deux. Et voilà Abraham mis en demeure de bannir son propre fils. Le mal fut si profond que la Genèse précise que le patriarche en fut très affecté (wa-yihhar le-Abraham al odot ismaël beno) Mais il n’était pas encore au bout de ses peines : lorsque naît enfin son fils, issue du giron de Sarah, voici que D- en personne lui demande le lui offrir en sacrifice sur le Mont Moriya (ch. 22). La  relecture de ces textes explique bien l’entropie (retour en arrière) des rédacteurs.
Mais tout ceci ne nous donne pas de réponse à la question suivante : comment s’explique la centralité de la personnalité d’ABRAHAM ? Après tout, le récit exodique est très probablement le plus ancien de l’histoire biblique et comme on le disait plus haut ne présupposait pas obligatoirement le prologue patriarcal. On a probablement voulu mettre un terme à un rite cananéen de la vénération des morts et qu’il fallut remplacer par quelque chose d’autre. ON a donc procédé à une sublimation qui s’effectua en deux temps : le commandement du Décalogue qui ordonne d’honorer ses parents et l’élaboration d’une histoire patriarcale, en premier celle d’Abraham. Ce sont les Avot, les pères dont Israël est censé descendre.
On peut faire un rapprochement entre AV (père (pluriel AVOT) et OV (esprit des morts, nécromancien) (pluriel OVOT), une pratique interdite par le Deutéronome et dont on reparle dans I. Samuel ch. 28 au sujet de Saül qui veut consulter Dieu, sans succès et qui s’adresse à la nécromancienne d’Endor ;
En Lévitique 19 ; 31, on trouve aussi l’interdiction de consulter les Ovot (devins, nécromanciens). Or, dès le verset suivant, on commande de craindre D- et de vénérer les vieillards : n’est-ce pas là une mutation, une transformation de cette pratique qui consistait à se tourner vers les esprits des défunts pour connaître l’avenir et la fortune d’une bataille, par exemple ?
La même chose vaut des repfa’im, dont la racine veut dire les guérisseurs, ceux qui veillaient sur la descendance d’une même famille, ce qui en fit l’objet d’une culte funéraire. Les textes bibliques en font les habitants primordiaux de la terre de Canaan (Dt 2.11). Mais ces êtres sont aussi connus pour leur séjour au pays des défunts :  Pr 2 ; 18 et 9 ;18). En censurant ces pratiques qui leur semblaient inconciliables avec le culte yahwiste pur, les rédacteurs deutéronomistes ont peut-être remplacés ces mythes par une historicisation qui atteint son point culminant dans la grande geste patriarcale qui sort les patriarche du culte dû aux morts mais leur accorde une place de choix dans la généalogie d’Israël. Ce processus de «généalogisation» des patriarches est remarquable (Père Lagrange ).
La meilleure preuve, quoi impossible à dater avec certitude est fournie par Osée 12-14 (VIIIe siècle avant JC) car c’est le seul texte prophétique à connaître de la geste patriarcale telle que nous la lisons en Gen 12-50. Donc, ces derniers textes de la Genèse seraient de l’époque perse, c’est-à-dire la fin du VIe siècle et le début du Ve. Le tissage historique des patriarches, promus fondateurs historiques du peuple juif, compense ainsi l’interdiction de vénération des défunts.
Au fond, les résumés de l’histoire biblique , tels que Ps 95, 136, Dt 4 ;32s, passent de la création du monde à l’Exode.  Seuls des textes bien plus tardifs (IV-IIIE siècles) parlent des patriarches (Josué 24 ; Néhe 9 ; Ps 105… Et pourtant, cette tentative d’insérer les patriarches dans l’histoire biblique tout en les arrachant au rite honni de la vénération des morts, n’est pas complètement réussie puisque l’on ne parvient pas à arracher du cœur des masses la vénération du tombeau des patriarches : le fait que des ancêtres soient enterrés dans unterritoire es la légitimation absolue du droit d’une ethnie de résider dans et de s ‘approprier le dit territoire.
 
Il est évident que face à l’infinie richesse symbolique d’un tel personnage, à la dimension universelle qui est la sienne dans la conscience religieuse de l’humanité, l’historicité du personnage compte  peu. Certes, si on ne peut démontrer qu’il a réellement existé, en chair et en os, tel qu’il se présente à nous dans la Bible hébraïque, on ne peut pas plus prouver le contraire.  Que l’on songe seulement qu’il est devenu l’inventeur ou le découvreur du monothéisme éthique, une formule que les théologiens allemands du XIXe siècle, juifs et chrétiens (surtout protestants) ont choisi pour rendre leurs religions respectives, agréables aux palais des penseurs héritiers du siècle des Lumières.
          Il faut être réaliste. La critique biblique, dite vétéro-testamentaire lorsqu’elle porte exclusivement sur la Bible hébraïque, improprement nommée Ancien Testament, est une science largement conjecturale mais dont il faut tenir compte si l’on veut rédiger une œuvre sérieuse et lisible par tous. Nous nous conformerons strictement à ce principe, tout en donnant, avec le recul nécessaire, la parole aux représentants d’Abraham dans la tradition religieuse tripartite : judaïsme, christianisme et islam.
    Comme les sources primaires sur Abraham, tel que l’appréhende la conscience occidentale nous viennent exclusivement de la Bible hébraïque qui se constitue d’un canon de vingt-quatre livres,  nous devons dire un mot de la présentation qu’en donne la haute critique, c’est-à-dire la critique biblique.  Au fondement de cette science (O combien conjecturale, par endroits) gît le principe d’une approche historico-critique de la littérature biblique. Si certains s’imaginent encore, en ce début de XXE siècle que les saintes Ecritures sont tombées du ciel dans leur forme actuelle, les pages suivantes risquent de les décevoir… Mais si l’on veut bien suivre le log cheminement de cette méthode critique, on pourra voir qu’elle ne s’oppose ni à la foi ni à la religion. Elle ne heurtera que les rudiments de la religion populaire, celle que l’on dispense, faut de mieux, aux masses incultes et au peuple.
    En France, la critique biblique a longtemps été entravée dans son essor en raisons de réalités socio-religieuses inhérentes à notre pays. (la suite suivra)

 

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LE DUEL MAC CAIN- OBAMA : QUELQUES VUES ICONOCLASTES…

 

LE DUEL MAC CAIN- OBAMA : QUELQUES VUES ICONOCLASTES…
    Il est très difficile, voire franchement déconseillé de nager à contre-courant et de ne pas se joindre au concert de  voix et de journaux qui parlent de la victoire annoncée, prévue, pronostiquée du sénateur de l’Illinois  à l’élection présidentielle. Je ne l’exclus pas moi-même, mais je ne la crois pas inéluctable.
    Mais cet épisode de l’élection nous offre un excellent exemple de ce que peuvent l’idéologie dominante, le suivisme et le laisser-aller des moutons de Panurge Et pourtant, on dispose d’exemples pas très anciens où les sondages se sont trompés et où le vainqueur prétendu s’est retrouvé à grelotter sur la banquise.
    Il est indéniable, par ailleurs, que nous avons affaire à ce que des journalistes ont nommé avec raison une «obamania», une sorte de ralliement, pas toujours empreint de discernement, à la candidature du sénateur afro-américain, dont la présence seule offre déjà des perspectives que l’on pouvait à peine envisager il y a encore peu de temps. La performance la plus éclatante de cet homme tient tout d’abord à la course d’obstacles, au véritable parcours du combattant qu’il a entrepris victorieusement contre Me Hillary Clinton qui ne luia vraiment pas fait de cadeau… En soi, c’est déjà une victoire. Il y a aussi l’argent collecté par tous ses partisans qui lui a permis d’être omniprésent dans les écrans de télévisions et les radios. Enfin, il y a la façon de s’exprimer et cette allure qui tranche avantageusement par rapport au candidat républicain qui, dirions nous, se meurt avec moins d’aisance.
    Et ce sont tous ces éléments, superficiels et peu convaincants qui expliquent les sondages, même si, et tous se doivent de le reconnaître, l’écart se resserre et l’avance du sénateur de Chicago semble fondre. Les électeurs qui ne sont pas pour lui répugnent à le dire par crainte d’être taxée de racisme.
    Enfin, l’élément le plus déterminant qui a séduit l’opinion en faveur de M. Obama, c’est le rejet virulent de la politique de Georges W. Bush dont le mandat (qui ne fut pas si mal) semble s’achever dans un climat réellement calamiteux, contre lequel il ne pouvait pas grand’ chose : la crise des subprimes, la hausse du prix de pétrole, la crise iranienne, l’occupation de l’Irak, toutes ces choses auraient très pu se produire durant le mandat d’un président démocrate qui n’aurait pas pu faire mieux. Condamner Georges Bush, le rendre responsable de tous les maux qui accablent aujourd’hui l’Amérique et procéder ensuite à un transfert injuste en imputant tous ces dysfonctionnements au candidat républicain, voilà le ressort qui fait réagir tout le monde…
    Mais lorsque les électeurs seront seuls dans l’isoloir, les choses risquent de se passer autrement. Mon propos ici n’est pas de prophétiser, mais de montrer que, dans ce cas précis, les journalistes, chargés de nous informer objectivement, ne vont pas au bout de leur tâche et se laissent impressionner  par un mouvement de masse ou de foule où ils croient déceler un véritable mouvement d’opinion.
    Cela me fait penser à certaines élections pontificales où tout le monde donnait un candidat vainqueur alors que l’in ne sera pas élu. On dit alors, que tel ou tel prélat est rentré pape et est ressorti cardinal…
    Cela dit, bonne chance aux deux candidats et que le meilleur l’emporte pour le bien être de ce grand pays que nous aimons.
 

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29/10/2008

JUSTICE ET POLITIQUE EN ISRAÊL : EHUD OLMERT, TSIPI LIVNI ET QUELQUES AUTRES…

 

JUSTICE ET POLITIQUE EN ISRAÊL : EHUD OLMERT, TSIPI LIVNI ET QUELQUES AUTRES…
    Une nouvelle agite depuis quelques heures les médias et les politiques en Israël : le première ministre démissionnaire a annoncé sa décision de poursuivre ses activités, c’est-à-dire d’exercer ses fonctions de premier ministre dans toute leur plénitude jusqu’à la mi février, date à laquelle l’Etat juif sera enfin doté d’un nouveau gouvernement, issu du suffrage populaire.
    Ironie du sort, la sourde opposition qui sévit entre Olmert et sa rivale Livini connaît une nouvelle étape puisque c’est aujourd’hui, en principe, que Livni qui vient d’échouer dans ses tractations, qui devrait prendre les rênes du pouvoir en sa qualité de vice premier ministre, issue du parti Kadima. Cele n’est pas possible puisque Olmert qui a un vieux compte à régler avec la protégée d’Ariel Sharon ne veut pas lui céder la place…
    C’est alors que l’instance judiciaire entre en action. Le procureur a déjà fait savoir qu’il envisageait une inculpation, ce qui voudrait dire que les jours d’Olmert en tant que Premier Ministre sont comptés puisqu’il avait promis de rendre son tablier s’il était l’objet d’une inculpation en bonne et due forme… Tout ceci est bien compliqué et dénote peu de considération pour le bien public et l’intérêt national. Voilà un pays en guerre depuis sa naissance, au budget militaire gigantesque en raison de l’hostilité meurtrière de ses voisins, confronté à des défis sans cesse grandissant mais qu’il affronte (D- soit loué) avec succès, mais dont la classe politique a confisqué le jeu démocratique.
    Israël est, certes, une démocratie et nous le louons pour cela. C’est même la seule –et pour longtemps- dans cette sombre région du monde, mais les excès ne sont pas bons. Visiblement, les prérogatives du Procureur Général sont excessives et nocives. Si c’est un gouvernement des juges ou des procureurs, alors que ceux-ci présentent une liste aux législatives et forment un gouvernement selon leur cœur. Mais on ne peut pas gouverner sous la menace perpétuelle d’une épée de Damoclès, brandie au-dessus de sa tête.
    Par ailleurs, on devine bien que je n’ai pas d’indulgence particulière pour la corruption, passive ou active. Or, à part Ben Gourion et quelques grandes figures du passé, parangons des pionniers purs et vertueux qui ont fait Israël, lui ont donné une âme forgée dans la lecture des grands textes prophétiques et de la Tora, pratiquement tous les dirigeants ont eu, à des degrés divers, quelque chose à reprocher.
    Que faire pour obvier à ce mal ? Il n’y a pas trente-six solutions. Augmenter leurs indemnités et surveiller leur patrimoine lors de leur nomination et après leur départ.
    Une référence biblico-talmudique : dans la Bible, il est question de la désignation du Grand Prêtre, sorte d’ancêtre du souverain pontife, en ces termes : we-ha-cohen ha-gadol mé-échaw (etle cohen qui est plus grand que ses frères). Le talmud s’émeut de ce critère de sélection et se demande de quelle grandeur il peut bien s’agir : est-ce la grande taille ou autre chose ? La réponse est la suivante : gadellouhou mé-échaw : grandissez le par rapport à ses frères ! Mais comment ? Eh bien, en lui offrant des conditions matérielles de vie qui le mettent à l’abri du besoin Bref, que la clause matérielle ne soit pas un problème ni une préoccupation pour lui… Vous m’avez compris : aujourd’hui cela traduirait par une belle maison, une belle voiture, de bons cigares et tout le reste…
    Enfin, un peu d’humour.
 

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28/10/2008

UN AXE NICOLAS SARKOZY-GORDON BROWN EN LIEU ET PLACE DE L’AXE FRANCO-ALLEMAND ?

 

UN AXE  NICOLAS SARKOZY-GORDON BROWN EN LIEU ET PLACE DE L’AXE FRANCO-ALLEMAND ?
    Les présidents passent et ne se ressemblent pas : Nicolas Sarkozy tire les leçons de sa mésentente avec la chancelière fédérale, Angela Merkel. Si j’oasis, je ferais un jeu de mots en allemand qui résume assez bien l’idée que se fait Madame Merkel de l’attitude des Français face à la crise :Frau Merkel meckert…
    J’étais pratiquement le seul à souligner il y a deux jours tout juste que le courant ne passait vraiment pas entre les deux dirigeants… Je l’ai même confié à table à mon ami, l’un ds plus hauts diplomates allemands à Paris qui n’en pouvait mais…
    Et en recevant Monsieur Gordon Brown à La Lanterne à Versailles, le lieu le plus charmant des endroits de la République,  le Président français a voulu marquer l’intérêt qu’il porte à l’action des Britanniques pour combattre la crise, même si l’Euro n’est pas en circulation chez eux et qu’ils sont les plus eurosceptiques qui soient… Qu’importe, le président pense qu’il est plus facile de s’entendre avec eux qu’avec d’autres, réputés plus europhiles, en principe ?
    Il est vrai que Gordon Brown a plus de chance en tant qu’ancien Chancelier de l’Echiquier que comme nouveau locataire du 10 Downing Street… Ey il l’a montré bruyamment en soufflant à M. Sarkozy les recettes pour venir à bout de la crise. Ce qui fait que l’homme qui semblait en sursis chez lui passe pour le sauveur de l’Europe. Décidément, cette crise économique aura réservé bien des surprises : Obama qui n’a pas de programme économique précis lui doit son envolée dans les sondages et  Gordon Brown sa survie et son estime retrouvée aux yeux de ses pairs. Quand je parle de la divine Providence qui confie à d’humaines mains le sort du monde, on ne devrait plus le rire au nez…
    Cela étant, je dis respectueusement au président qu’il faut faire attention à l’axe franco-allemand, moteur de l’Europe depuis des décennies.
 

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LES USA ET LA SYRIE : LES DESSOUS DE L’ATTAQUE COMMANDO À LA FRONTIÈRE IRAKO-SYRIENNE…

LES USA ET LA SYRIE : LES DESSOUS DE L’ATTAQUE COMMANDO À LA FRONTIÈRE IRAKO-SYRIENNE…

    Retour de Genève hier soir tard, j‘ai pu prendre connaissance du discours en anglais du ministre syrien des affaires étrangères Mouallem qui accusait sur France-Info les Américains de crime de guerre et de terrorisme. C’est vraiment inverser les rôles. Mais par delà les rhétorique habituelles des régimes autoritaires et anti-démocratiques, essayons de voir ce que cache cette opération militaire qui ne tombe pas hasard…
    Bref rappel des faits : depuis l’invasion de l’Irak et la chute de Saddam, les Irakiens et leurs allés américains considèrent que deux Etats sont majoritairement responsables de la recrudescence du terrorisme dans le pays du Tigre et de l’Euphrate : l’Iran et la Syrie qui alimentaient les insurges en hommes et en armes. Il suffit de se souvenir des mises en garde des chefs militaires américains basés en Irak adressées à l’Iran mais surtout à la Syrie. Cette dernière, isolée sur la scène internationale et craignant pour la survie de son régime, ne savait que faire jusqu’au coup de génie de Nicols Sarkozy qui sut la séduire et lui montrer que sa réintégration dans le concert des nations civilisées passait par une distanciation avec l’Iran.
    C’est, fort de ce soutien et de cette nouvelle mais éphémère respectabilité, que les Syriens se sont crus autorisés à se plaindre bruyamment dans la presse mondiale et à jouer les victimes. L’Etat auquel on reproche depuis des décennies des conduits inqualifiables au Liban et ailleurs au proche Orient a enfin l’occasion de jouer la victimisation. Renversement de situation assez spectaculaire !
    Pourtant, ce modèle de réaction est calquée sur les précédentes : lorsqu’Israël bombarda il y a plus d’une année un centre réputé nucléaire et servi par des ingénieurs nord-coréens, Damas a commencé par nier les faits et lorsqu’elle a reconnus, ce fut pour dire que le site était civil et que l’agression israélienne était une violation caractérisée de sa souveraineté. Mais lorsque les inspecteurs de l’ONU ont voulu inspecter le site, ce n’est, comme par hasard, plus possible…
    En effectuant leur dernier raid (car ce n’est pas le premier, les Syriens ont porté la chose sur la place publique car ils y avaient intérêt cette fois ci), les Américains savaient ce qu’ils visaient : un centre qui facilitait l’introduction en Irak d’armes et d’hommes destinés au soutenir les insurgés, au moment que les attentats terroristes dans le pays de Saddam stagnent à un niveau résiduel.
    Quels objectifs poursuivaient les Américains en agissant ainsi soudainement ? Probablement plusieurs. D’abord, il ne faut pas oublier que cette attaque pourrait renforcer l’un des deux candidats à l’élection présidentielle (devinez lequel !) en montrant qu’il faut un homme, un vrai, un soldat, un héros, à la tête des USA, qui sache traiter les crises et prendre les bonnes décisions.
    Ensuite, il ne faut pas oublier que les Syriens sont unis aux Iraniens par une sorte de contrat de défense et d’alliance mutuelles. Or, les USA attendaient peut-être une réaction de Téhéran, voire une riposte de la Syrie contre Israël, ce qui aurait permis aux Américains et aux Israéliens de donner une leçon à Téhéran en bombardant ses sites nucléaires.
    Au fond, Georges Bush n’a plus rien à perdre, il part dans un peu plus de 65 jours et aimerait bien régler une affaire qui lui tient à cœur.
    En conclusion, cette région du monde doit absolument être pacifiée par tous les moyens tant son impact sur le reste du monde est grand. Que l’on prenne garde à ce petit incident, inoffensif seulement en apparence car il ressemble étrangement à ce genre d’escarmouches aux frontières, annonciatrices de grands chambardements. C’est donc un double avertissement aux Syriens et aux Iraniens : a) les USA sont aux portes et frappent où ils veulent. B) les Syriens sont pu prendre la mesure de leur solitude et donc de leur vulnérabilité. Aucun pays arabe ne viendra à leur secours et l’Iran, lui, déjà troublé, par le drapier des lanciers de Damas, n’ont pas bougé. Sans même parler d’Israël qui n’en a toujours fini avec son voisin du nord.
    A quoi la paix, enfin ?

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27/10/2008

LES ELECTIONS ISRAÉLIENNES

 

LES ELECTIONS ISRAÉLIENNES
    C’est désormais officiel, les élections législatives auront lieu en Israël au mois de février 2009. D’un point de vue purement objectif, on peut parler de l’insuccès (ne disons pas échec) de Madame Livni, Présidente de Kadima.  Elle n’est pas parvenue à convaincre les petits partis dont l’appoint était nécessaire pour former une coalition viable. N’épiloguons pas sur ces infructueuses tentatives et voyons plutôt comment les choses vont se présenter dans les prochaines semaines.
    La campagne électorale risque fort de réserver des surprises pour la raison suivante : comme les partis vont d’abord penser à eux-mêmes, les forces qui ambitionnaient de gouverner ensemble risquent fort de s’entre déchirer, notamment Kadima et le parti travailliste, qui, en principe, devraient être appelés à gouverner ensemble. Sauf à faire d’entrée de jeu une plateforme commune, une sorte de programme commun à l’israélienne, ces deux partis vont développer des thèmes électoraux différents. Cette division va probablement renforcer le likoud de Benjamin Nentayahu qui semble avoir le vent en poupe.  Ce dernier n’aura guère de mal à convaincre les partis religieux dont les voix sont cruciales. Or, ces partis ont généralement deux desiderata sur lesquels ils ne transigent jamais ; la question du statut définitif de Jérusalem et les allocutions familiales destinées à cette frange de la population qui a charge d’âmes et qui est en voie de paupérisation relative au sein d’une société israélienne touchée par la crise économique mondiale. Les préoccupations des partis religieux rejoignent en gros celles du likoud qui est partisan d’une durcissement face aux Arabes. Et les récents attentats en plein cœur de Jérusalem risquent fort de leur donner raison.
    Sauf retournement de la situation, je ne vois pas comment il pourrait en être autrement.
    Reste un dernier obstacle inhérent à la formation de Kadima en soi. Il s’agit d’un nouveau parti qui se veut centriste et qui n’a pas encore affronté de crise grave pouvant galvaniser ses troupes : le risque est que celles-ci se délitent. Et il n’ y a plus un Ariel Shraon dont le charisme et l’intelligence politique auraient changer la donne.
A qui la faute ? Au système de coalition en Israël. Avec une dynamique majoritaire mettant aux prises deux grands partis, la situation eût été autre.
    Madame Livni aura-t-elle la sagesse de laisser à un autre le soin de diriger le parti et de mener la campagne électorale ? J’en doute fortement.
 

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26/10/2008

NGELA MERKEL ET NICOLAS SARKOZY

 

ANGELA MERKEL ET NICOLAS SARKOZY
    Mais qu’est ce qui ne va pas entre la chancelière allemande et le président français ? Pourquoi le courant ne passe-t-il pas ? Déjà la France avait dû changer l’axe de sa politique méditerranéenne pour complaire à la demande allemande de faire de la relation avec les pays de la Méditerranéenne une affaire européenne et non point spécifiquement française. Et les Français s’étaient inclinés.
    Nicolas Sarkozy a montré qu’il avait incontestablement une stature d’homme d’Etat ; il l’a prouvé lors de la crise russo-georgienne et nous venons d’apprendre par les indiscrétions d’un ancien conseiller de W. Poutine que celui-ci avait échafaudé un plan plusieurs années à l’avance pour attaquer le président pro-occidental de ce pays, organiser des incidents de frontière, foncer sur Tbilissi et mettre en place un Géorgien affidé de Moscou. Nicolas Sarkozy a pris tout le monde de vitesse, en plein été. Il a contraint les Russes à se retirer et le régime géorgien a été sauvé. Madame Merkel lui a emboîté le pas à Tbilissi bien plus tard…
    Dans un précédent article, j’ai eu l’occasion de rappeler qu’en l’espace d’un week-end, en apprenant qu’une importante banque allemande spécialisée dans l’immobilier, Madame Merkel a changé de position, du tout au tout… Et c’est tant mieux car elle n’avait tout simplement pas la mesure de la menace.
    A présent, Nicolas Sarkozy sait que la crise ne sera pas derrière nous fin décembre 2008. Il propose donc de continuer à présider l’Eurogroupe, avec tout le respect et la considération qu’on peut avoir pour nos amis tchèques, qui prendront la présidence en ce temps là. Et voilà que Madame Merkel demande des explications au président français…
    Ayant recueilli l’avis des meilleurs experts, Nicolas Sarkozy décide d’instituer un fonds souverain chargé de sauver les entreprises françaises susceptibles de devenir la proie de prédateurs étrangers. Madame Merkel marque son opposition… Mais que se passe-t-il ?
    Enfin, il semble que cette dissonance, pour ne point dire cette opposition, remonte à l’élargissement de l’Europe aux anciens pays de l’Europe de l’est qui constituent –et c’est normal- le hinterland de l’Allemagne. Cet élargissement, disons le nettement, n’arrangeait pas les affaires de la France qui dut s’en accommoder…
    Tous ces petits différends remontent à la surface au point que l’on ne parle plus que rituellement du couple ou du moteur franco-allemand. Il faut se ressaisir.
Mais franchement comment les Tchèques auraient-ils pu parler aux Russes pour la Géorgie ? Et comment feront-ils pour réorganiser le système financier mondial !!??
   
   
 

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TSIPI LIVNI A ÉCHOUÉ…

 

TSIPI LIVNI A ÉCHOUÉ…
Lorsque nous étions plusieurs à prédire que la ministre israélienne des affaires étrangères ne parviendrait pas à former une coalition dont elle prendrait la tête, on ne nous croyait, pire, on nous reprochait je ne sais quelle misogynie de très mauvais aloi. Certains qui ne craignaient pas l’hyperbole  allaient jusqu’à la comparer à la regrettée Golda Méir, confondant par là grandeur et boursouflure… Reste à savoir ce que va faire ce vieux limier de la politique israélienne, le président Shim’on Pérés. Il va probablement convoquer des élections générales anticipées.
Cette défaite annoncée de Madame Livni fait au moins un heureux, le premier ministre démissionnaire Ehoud Olmert qui n’a pas pardonné à son ancienne collègue de l’avoir vertement pris à parti dans l’espoir de prendre sa place. Jeux cruels de la politique sous toutes les latitudes. Pas d’amitié en politique. C’est une corporation à nulle autre pareille…
Au fond, c’est l’invisible main d’une mystérieuse Providence qui a accompli son effet : les trois acteurs majeurs de la guerre ratée contre le Hezbollah (même si celui-ci a subi d’horribles pertes) devaient quitter la scène. Ce fut fait pour l’éphémère ministre de la défense, c’est fait pour le premier ministre, restait le dernier membre du trio, la ministre des affaires étrangères.
La victoire, ou plutôt la revanche, c’est bien celle de M. Olmert : il va rester aux commandes juqu’au premier trimestre de 2009, ainsi qu’il l’avait prévu. Madame Livni errait en pensant que les partis religieux accepteraient une femme laïque à la tête du gouvernement…
Pour parler des stratagèmes de la divine providence qui confie à d’humaines mains le soin de faire régner une certain ordre ici-bas, je citerai ce proverbe allemand : Gottes Mühlen mahlen langsam, langsam aber fein : les moulins de Dieu savent moudre lentement, lentement mais finement.
 

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