30/09/2008

LA CRISE FINANCIÈRE : L’AFFOLEMENT.

 

LA CRISE FINANCIÈRE : L’AFFOLEMENT.
    Ce matin, je m’apprêtais à vous parler de tout autre chose que la crise financière, par exemple de la sérénité et du recueillement du Nouvel An juif, Rosh ha-Shana, ou de l’hécatombe qui s’est produite dans un temple hindou du Rajasthan, ou encore de la vente libre de médicaments dans certaines pharmacies, etc… Mais le flux de nouvelles sur les conséquences éventuelles du rejet du plan Paulson par le Congrès américain emporte tout sur son passage, tel une déferlante.
    On a même entendu le Premier Ministre australien implorer le Congrès américain de revoter, et cette fois, dans le bon sens. Le Premier Ministre belge a lui, passé la nuit à négocier le sauvetage de banques où maints pays européens ont des intérêts. Même la Caisse des dépôts et consignations en France a dû débourser 11 milliards pour maintenir ces établissements financiers à flots. Et une réunion est prévue à l’Elysée ce matin avec les banquiers et les assureurs…
    Cette crise dont on espère voir la fin prochainement laissera des traces : il faut contrôler les agissements des banques et mieux surveiller ces produits financiers que l’on vous vante comme étant des placements incomparables. Quand on pense à ce que des traders vendent et à ce que certaines banques montent comme produits… Même une économie libérale ne devrait pas le permettre.
    Le deuxième enseignement tient à l’interdépendance des économies américaines et européennes, voire asiatiques. On pourrait presque parler de sujétion ou d’assujettissement des secondes par rapport aux premières… Il faudrait que cela change. Ou bien que la même loi, que le même contrôle s’applique à tous.
 

08:40 | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook

29/09/2008

LA FRANCE ET LE SPECTRE DE LA RÉCESSION

LA FRANCE ET LE SPECTRE DE LA RÉCESSION
    Il y a fort à parier que les semaines et les mois qui viennent ne nous apporteront guère d’embellie au plan économique. Les chiffres du chômage sont franchement mauvais, pires, au mois d’août, que tout ce que nous avons connu depuis quinze ans. Les créations d’emploi ne sont pas plus prometteuses : l’an dernier on avait eu plus de 300.000 postes nouveaux et cette année on ne dépassera pas les 40 000 en raison de la chute de la croissance. Ce phénomène frappe aussi bien le secteur privé que le secteur public qui est, lui aussi, pris dans des plans d’économie drastiques. Plus de 30.000 fonctionnaires ne seront pas remplacés cette année. Il faut dire que les précédents gouvernements socialistes avaient embauché une pléthore de gens…
    A ce climat morose s’ajoutent les retombées de la crise financière qui n’en finit pas. Ceux qui nous assuraient, il y a quelques mois, que l’économie européenne, et française, notamment, étaient saines et seraient pas contaminées par la crise américaines des subprimes se sont lourdement trompés. Des faillites retentissantes sont à l’ordre du jour et si on limite les dégâts, c’est tout simplement parce que les Etats européens se résignent à nationaliser…
    L’une des leçons à retenir de cette crise terrible, c’est le nouveau rôle que l’Etat se voit contraint de jouer en pleine bourrasque financière : nationaliser. Il y avait une dizaine d’années un grand débat en RFA sur l’ordre de préséance à accorder à l’économie et à la politique. Qui dictait sa loi à qui ? Eh bien, même si c’est l’Etat qui a le dernier mot en nationalisant, c’est bien l’économie qui l’y contraint. Ce sont donc les tenants du pouvoir économique qui ont le dernier mot, en réalité.

09:26 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

28/09/2008

PAUVRE PARTI SOCIALISTE

 

PAUVRE PARTI SOCIALISTE
    Oui, franchement, pauvre parti socialiste ! Ce dimanche, France 2 a invité un porte-parole du PS, M. Julien Dray. L’interview était précédée d’une assez longue rétrospective dont certains aspects étaient plutôt hallucinants, pour reprendre une épithète en vogue chez les jeunes d’aujourd’hui. Evidemment, Dray défendait alors les thèses contraires à celles qu’il incarne aujourd’hui mais qui seront sûrement différentes de celles qui seront à l’honneur (à ses yeux) demain…
    Pauvre PS, mais que font ses dirigeants pour ne pas se rendre compte des dérèglements et des dysfonctionnements ? Comment font-ils pour cultiver ce nombrilisme obsessionnel dans lequel ils sont plongés à la veille de chaque congrès ?
    Un mot a retenu mon attention car il revient dans toutes les chapelles et dans les motions de ce parti ; c’est le terme COLLECTIF ! Les socialistes sont tous frappés d’une sorte d’incontinence individualiste et pour donner le change, car il faut rassembler pour émerger, ils disent jouer collectif… Tous, absolument tous : de Me Martine Aubry à Me Ségolène Royal en passant par M.M. Delanoë, Moscovici etc … Ils disent tous cela alors qu’ils se vouent les uns les autres une très cordiale détestation.
    La question qui se pose malgré tout et qu’on ne leur pose jamais, est celle-ci ; mais que font-ils tous ensemble dans ce parti ? D’ailleurs, il n’y a pas un parti socialiste, mais six ou sept.
    C’est une vraie tour de Babel avec, en prime, une confusion absolue des langues, pardon, je veux dire des motions.
   
 

14:52 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

27/09/2008

L’ATTENTAT DE DAMAS

 

 

L’ATTENTAT DE DAMAS
    Pour la seconde fois, le terrorisme frappe à Damas. Comme c’est étrange ! La première en date, je parle de l’attentat, ce fut contre un homme déjà extrêmement menacé et recherché par les services spéciaux de tant de pays européens, Imad Moughniyé. Ses assassins, un service probablement bien armé et solidement implanté en Syrie (en plein Damas !) a pu opérer sans être inquiété : monter un explosif puissant dans le moteur du véhicule du terroriste du Hezbollah, sans que celui-ci, pourtant spécialiste de la sécurité de son mouvement et de ses chefs, ; ne se rende compte de rien.
    Cet attentat dont on n’a jamais retrouvé les auteurs a été suivi, peu après par la mise à mort d’un général syrien, proche du président Assad. Sans que les deux attentats n’aient entre eux de lien apparent…
    Maintenant, c’est un camion portant plusieurs centaines de kilos de charge explosive qui percute l’immeuble de services de sécurité de Damas… C’est quand même étrange car le modus operandi rappelle immanquablement al-Quaida. Que cette organisation prenne pour cible le régime syrien est absolument nouveau. Plusieurs hypothèses ne sont pas à écarter : soit les terroristes se sont rendus compte que les Syriens sont en train de changer de camp et négocient sérieusement avec Israël et l’Occident, isolant gravement Téhéran et ses alliés terroristes dans la région, soit les amis de Moughniye se sont rendus compte que quelque chose clochait dans la mort violente de leur ami et que les services spéciaux de Damas y étaient pour quelque chose.
    Si cette hypothèse –car c’en est une et rien de plus- est la bonne, alors ils se sont vengés en frappant ceux qui avaient frappé ou laissé frapper leur ami…
    En tout état de cause, une chose est sûre : Depuis que Damas négocie avec Israël et que Nicolas Sarkozy a inauguré sa politique euro-méditerranéenne, les bouleversements dans la région se succèdent dans la région à un rythme effréné. Et les changements d’alliance aussi.
    Un dernier point : la similitude de l’attentat d’’aujourd’hui avec celui commis il y a près de 30 ans contre les troupes occidentales à Beyrouth : bilan, près de 300 morts. Le modus operandi est le même  Mais à ce moment là les assaillants étaient les amis de … Damas.
   
   
 

19:19 | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook

LES CRIMES D’HONNEUR

 

 

LES CRIMES D’HONNEUR
    En réfléchissant sur le thème de l’article à traiter ce jour pour La Tribune, j’avoue ne pas avoir hésité un long moment : il y avait l’échec du Premier Ministre Jean-Pierre Raffarin à conquérir la présidence du Sénat, l’arrivée du général Petraeus en Afghanistan, le discours de Nicolas Sarkozy à Toulon pour répondre à la crise financière mondiale, l’attentat à Jérusalem contre le professeur Zeev Strenhell etc… Et pourtant, c’est des crimes d’honneur que j’ai décidé parler aujourd’hui, tant je trouve que la situation faite aux femmes dans certains pays arabo-musulmans est indigne et scandaleuse
    C’est la page 3 du journal Le Monde qui a attiré mon attention : comment a-t-on pu, au Pakistan, au cours du mois de juillet, enterrer vivantes quelques jeunes filles dont le seul crime est d’avoir refusé un mariage forcé et d’avoir décidé d’épouser l’élu de leur cœur ? Eh bien, ce «crime» était impardonnable et elles ont payé très cher leur indépendance et leur autonomie amoureuses…
    Je souligne au passage que ces jeunes filles n’ont pas mené une vie dissolue aux yeux de leurs bourreaux, elles n’ont pas  défrayé la chronique en vivant une vie hors normes dans ces pays arriérés, elles ont simplement voulu partager leur vie avec un homme qu’elles aiment. Mais ce qui est encore plus grave, c’est que les membres de leurs tribus considèrent que ces femmes ont enfreint le code de l’honneur et que leur réaction, criminelle, par essence, est destinée à restaurer leur honneur entaché ; d’où l’expression crime d’honneur !
    Mais où donc vivent ces gens, dans quelle époque et sur quelle planète ? Que sont ces attardés mentaux qui placent je ne sais quel honneur dans l’espace exigu de l’entre cuisses des femmes ?
    On a vu dans certains pays, toujours les mêmes, hélas, des frères, de pères, parfois des maris jaloux, mettre fin aux jours de femmes de leurs familles ou de leurs clans, à la suite de simples soupçons. Mais comment peut-on traiter ainsi des être humains, au seul motif qu’ils sont des femmes ?
    Autant l’homme que la femme ne sauraient être limités au sexe qu’ils ont. Mais que fait-on de la dignité humaine ? La biologie nous apprend depuis plus d’un siècle qu’un être humain comprend 50% de sa mère et 50% de son père. Il y a donc en chacun de nous du féminin et tous, nous passons à peu de choses près 9 mois dans le giron maternel. Comment s’explique cet arriérisme ? J’avoue ne pas pouvoir répondre à la question. Cela me fait penser à cette pauvre femme assassinée par les talibans à Kaboul dans un stade archi comble, à ces jeunes filles dont on a coupé la main parce qu’elles s’étaient mis du vernis à ongle, à ce Palestinien qui a exécuté sa propre sœur dans une pièce voisine de celle où pleuraient les futurs orphelins qui avaient, les pauvres, déjà perdu leur père … Et on appelle cela de l’honneur. De l’horreur, je veux bien.
 Parlons plutôt de barbarie et prions D- que ces horreurs cessent.
   
 

09:59 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

26/09/2008

LA STAR ACADEMY…

 

LA STAR ACADEMY…
            Jamais j’aurais pensé voir ce spectacle, n’était l’affectueuse insistance d’une jeune fille de 14 ans qui tenait tant à nous faire partager sa passion… Et quelle passion ! Voir ces jeunes gens et ces jeunes filles, si jeunes, si ardents et si désireux de faire partager ce qu’ils aiment : chanter !
    A leur âge, on pensait soit au bac soit aux examens à l’université. Certes, on aimait danser, écouter de la musique, partir en Week end avec la jeune fille de nos rêves, mais chanter et le faire à la télévision ! Du jamais vu…
    Voir sa propre fille rire aux éclats, se trémousser de plaisir en écoutant d’autres qui chantent, prendre fait et cause pour tel candidat injustement noté ou au contraire trop généreusement récompensé pour une piètre performance, quelle découverte !
    Mais on se dit que c’est la fin de le semaine que les enfants ont repris l’école il y a peu et que les vacances ne sont pas encore un lointain souvenir. Alors, on fait preuve de compréhension et surtout on mesure la distance qui sépare les générations et qui, partant, nous sépare de nos propres enfants.
    Alors, soyons philosophes !
   
 

21:59 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

LE DISCOURS DE TOULON DE NICOLAS SARKOZY

 

 

LE DISCOURS DE TOULON DE NICOLAS SARKOZY
    Retour de New York, il a pris la parole devant l’assemble générale des Nations Unies, le président français a développé, hier lors d’un mémorable discours à Toulon, ce qu’il avait déjà dit dans la capitale américaine : les Française ne seront pas livrés à eux-mêmes au cours de cette débâcle financière qui affecte le monde entier.
    A Toulon le chef de l’Etat a bien marqué le retour de la politique dans les relations économiques. Ce n’est plus la dérégulation et le libéralisme à tout crin qui semblait régner au début du quinquennat : l’Etat est de retour.
    Monsieur Sarkozy a assuré que pas un déposant français, pas un client de banques françaises ne perdrait le moindre Euro puisque l’Etat garantira les avoirs des banques. On espère que ce sera la cas. Il a aussi rappelé avec force la nécessité de lutter contre ce que l’on nomme les parachutes dorés. Comment récompenser des chefs d’entreprise et de grands capitaines d’industrie qui ont échoué ? Et pourtant, c’est le cas ! Dans ce contexte, la présidente du Medef a annoncé qu’un comité d’éthique de son organisme allait faire des propositions dans ce sens.
    Mais tant de questions restent posées. D’abord, il est impensable que la France puisse aligne autant de milliards que les USA. On nous dit et répète que les caisses sont vides, que le déficit atteint près de 50 milliards d’Euros et que le service de la dette culmine avec 66% du PIB. C’est monstrueux. La marge de manœuvre est plus que réduite. Alors, comment faire en cas de coup dur ou de situation imprévue ? Nous n’avons rien entendu sur ces deux points.
    En revanche, nous voyons que la détermination des autorités politiques est entière et que si l’ordre ne revient pas par le concours interne des institutions en question, la loi s’en chargera. Ce n’est pas l’idéal, mais ce sera toujours ça.
 

08:59 | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

25/09/2008

LA BIBLE ET SES HÉROS ENTRE LA MÉMOIRE ET L’HISTOIRE

 

 

,

LA BIBLE ET SES HÉROS
ENTRE LA MÉMOIRE ET L’HISTOIRE

Comment la Bible conçoit-elle l’histoire ? Est-ce sa préoccupation majeure ou est-elle simplement en quête d’un passé fictif qu’elle a elle-même inventé ? Que signifie au juste la notion théologique d’histoire du salut ?
Les questions les plus lancinantes portent assurément  sur l’historicité des personnages bibliques, d’Abraham à Jésus. Ou bien la constitution de la foi obéit-elle à une logique autre que celle de l’histoire ?
Des personnages aussi emblématiques qu’Abraham, figure tutélaire de l’humanité monothéiste, ou Joseph et David, dont le Messie est censé descendre, s’adressent à nous dans la littérature biblique et servent de modèle tant à la vertu philosophique qu’à l’éthique religieuse. Qu’en est-il au juste ?
Maurice-Ruben HAYOUN
                         Mrhayoun@aol.com

N.B. Les conférences sont retranscrites intégralement dans le blog suivant : mrhayoun.blog.tdg.ch/
                       






INVITATION


AU CYCLE DE CONFERENCES
2008- 2009

du
Professeur Maurice-Ruben HAYOUN
Philosophe, écrivain



LA BIBLE ET SES HÉROS
ENTRE LA MÉMOIRE ET L’HISTOIRE







*
A la Mairie du XVIème arrondissement de Paris
Salle des Mariages
71 avenue Henri Martin
75116 PARIS
 
LA BIBLE ET SES HÉROS. ENTRE LA MÉMOIRE ET L’HISTOIRE

Par

Le Professeur Maurice-Ruben HAYOUN
Philosophe, écrivain


 

CONFERENCES DE L’ANNEE 2008


Jeudi 25 septembre
La Bible, une vision théologique de l’histoire.

Jeudi 30 octobre
    La figure d’Abraham, symbole de l’humanité monothéiste

Jeudi  27 novembre
    Joseph et ses frères : du livre de la Genèse au roman de Thomas Mann.

Jeudi 11 décembre
Le commentaire philosophique de la Bible au Moyen Age : l’exemple de Maimonide.


DEBUT DES CONFERENCES A 20 H 15
CONFERENCES DE L’ANNEE 2009



Jeudi 19 février
Sarah et Hagar : la mère porteuse dans la Bible.

Jeudi 9 avril
    L’image du roi David dans la Bible : monarque absolu ou auteur des Psaumes ?

Jeudi 18 juin
    L’exégèse kabbalistique de la Bible.
            
 


 

18:55 Publié dans Bible | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook

LA BIBLE UNE VISION THEOLOGIQUE DE L’HISTOIRE.

 

CONFÉRENCE A LA MAIRIE DU XVIE
                 ARRONDISSEMENT DE PARIS

LA BIBLE UNE VISION THEOLOGIQUE DE L’HISTOIRE.

La recherche historique peut appréhender les résultats de la foi, mais elle n’est pas en mesure d’expliquer son essence.

Introduction générale :
Le canon de l’Ancien Testament par Albert de Pury : l’auteur fait une large analyse des différents subdivisions du canon juif. Laissant de côté la Tora elle-même, c’est-à-dire le Pentateuque attribué à Moïse, ainsi que les prophètes, il s’attache surtout à voir ce que recouvre la notion assez vague des ketubim, écrits ou hagiographes. Que contenaient-ils au juste ? De quelle date sont-ils ? Il semblerait que quatre textes au moins constituent un groupe à part, même si des disparités nombreuses les dissocient les uns des autres ; il s’agit de Ruth, de Esther, de Qohélét et des Proverbes et de Job.
On parle aussi de l’historiographie deutéronomiste qui va du Deutéronome au second livre des Rois. Et certains de ces textes auraient été ajoutés bien plus tard, lorsque des années après la disparition de deux royaumes, les deutéronomistes mais aussi  la caste sacerdotale souhaitaient prouver que la catastrophe avait frappé  les enfants d’Israël, en raison de leurs propres fautes et inconduites répétées et non point suite à un manquement de D- à sa promesse et à son alliance.
Se posent aussi la question de la canonisation qui ne doit pas être confondue avec l’établissement définitif du texte. Est-ce que la Tora proclamée par Esdras (Néh. 8) est la même que celle que nous avons aujourd’hui ? Mais même les datations de l’action d’Esdras ne sont pas absolument sûres. En fait, il ne faut s’imaginer une processus de canonisation rectiligne, une sorte de décisive instantanée, englobant tout en bloc. Il y eut même aussi, peut-être, un va et vient entre Jérusalem et Alexandrie dans l’établissement de canons un peu rivaux.
Mais d’où proviennent tous ces textes ? Y avait-il un dépôt où l’on entreposait les manuscrits des textes considérés comme sacrés ? En tout état de cause, la matière ne devait pas manquer si l’on considère bien des remarques concernant Qohélét. On lui prête une volumineuse activité éditoriale et compilatrice.
En fait, pour ce qui est du texte de la Tora, la seule borne chronologique irrécusable est la traduction de la Tora par les Septante : sous le règne de Ptolémée II Philadelphe (282-246) la traduction suppose donc un texte fin prêt et achevé. Vers la fin du IV siècle, peut-être même avant au milieu du VIe siècle. Rien n’est sûr absolument. Car pour d’autres textes, comme par exemple Daniel, il semble que nous soyons au milieu du IIe siècle à Jérusalem.

Histoire du texte de l’Ancien Testament
Cinq phases : a) composition des textes et leur première diffusion dès avant le VIe siècle ; b)  entre IVe le IIIe siècles, apparition d’une collection de textes sacrés dans els communautés juive et samaritaine. C) introduction par des autorités de modifications  littéraires ;                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         le texte n’est donc pas entièrement stabilisé et la version peut s’appeler proto-massorétique, en prévision du texte définitif tel qu’il sera codifié par la massora et canonisé par la suite.  D)  accentuation, vocalisation, division du texte massorétique.
On distingue entre plusieurs lieux qui servirent de creuset à la production des textes bibliques : l’école, le palais, le tempe et les bibliothèques privées. On voit apparaître en Judée le même phénomène de naissance littéraire qu’en Grèce vers le VIII-VIIe siècles. Dans ces écrits qui veulent donner l’illusion d’être aussi anciens que les événements qu’ils relatent, se reflètent des préoccupations du temps présent. Avec aussi des arrières pensées politique du moment.
Théorie documentaire av-ec deux désignations du nom divin ; théorie des fragments et enfin théorie du noyau.
L’hypothèse documentaire est restée attachée au nom de Julius Wellhausen ; le professeur Edouard Reuss s’est rendu compte que les lois sacerdotales et cultuelles étaient plus tardives que les autres.  Son élève K.H. Graf le démontrera. Car ni le Dt, ni les livres historiques, ni  ni les livres prophétiques ne connaissent ces lois… elles ont donc venues après, peut-être à la période exilique ou même post exilique.
Pour Wellhausen, le Pentateuque résulte de la conjonction de quatre documents : le yahwiste, l’élohiste, le deutéronomiste et le sacerdotal. JE  serait du VIIIe et donc de la période royale, , Dt de la fin de la période monarchique (600) et P, vers 500, période exilique. C’est Wellhausen qui parla de l’Hexateuque en ajoutant le livre de Josué au Pentateuque.
Pour  Wellhausen, chaque strate littéraire renseigne aussi sur l’évolution e la foi d’Israël :  J (vers 930) E (850-750) c’est la monarchie, Dt c’est la réfoeme de Josias (620), , P (550), la période postexilique et la restauration. Cinq points forts sont retenus par Wellhausen pour son analyse : le lieu du culte, , les sacrifices, les fêtes, le clergé et la dîme.  Le schéma sous tendu est toujours le même : diversité, centralisation, ritualisation. Cette exaltation de la période monarchique est une surévaluation.
Mais on critiqua Wellhausen qui admirait le Reich bismarckien et celui-ci dut démissionner de la faculté de théologie de Tübingen. Hermann Gunkel introduisit la critique historique de la religion, aidée en cela par les découvertes archéologiques en mésopotamie : on se rendit compte que les récits de la Genèse devaient être compris à la lumière d mythes de même nature. Gunkel s’attache aussi à l’étude des formes et il tenta d’en savoir plus sur l’Israël prémonarchique. L’expression Dieu des pères permettait de supposer une religion préyahwiste : l’amphictyonie, ligue sacrale des tribus qui s’attachaient à l’entretien d’un sanctuaire. Mais en admettant l’existant de légendes patriarcales et autres, il fallait apporter la réponse à une question : par quel processus, tous ces récits, toutes traditions orales ou écrites furent réunies pour donner le Pentateuque ?
C’est Martin Noth qui tenta d’apporter la réponse à cette question. Selon lui, la période pré- monarchique connaissait des traditions qui s’articulaient autour de grands thèmes comme la sortie d’Egypte, la traversée du désert, la conquête du pays de Canaan, les légendes patriarcales et finalement la révélation du Sinaï. Mais Noth contesta la notion même de Pentateuque pour créer celle du Tétrateuque ( Genèse, Exode, Lévitique et Nombres). Ce groupe serait à l’origine de la Tora. Le Pentateuque ne serait qu’une création plus tardive. Mais Noth ne parvint pas à résoudre la question de la fin des sources. Pouvait-on supposer l’existence d’une autre tradition que l’on aurait fait disparaître car elle faisait un doublon avec d’autres sources ?
C’est Gerhard von Rad qui résolut le problème en revenant à la théorie du Hexateuque et en mettant en valeur la notion d’histoire du salut (Heilgeschichte). Ce savant est considéré comme celui qui paracheva la théorie documentaire.  Mais celle-ci allait être contestée à son tour. Notamment par John van Seters dans on livre  Abraham dans l’histoire et la tradition. L’auteur établit que les chapitres consacrés au patriarche furent écrits  à l’époque de l’exil. (Abraham in history and tradition, 1975,1986).
Dans ce livre, van Seters  souligne que la plupart des indications lues entre Gen 12 et Gen 25 reflètent une situation qui prévalait au VIe siècle, pendant la période exilique. Mais R. Rentdorff proposa à son tour d’abandonner la théorie des documents pour ne retenir que celle des fragments ; pour lui, de grands thèmes se sont développés indépendamment les uns par rapport aux autres= l’histoire des origines, les patriarches,  la sortie d’Egypte,, le Sinaï, le séjour dans le désert,  la conquête du pays. Selon l’auteur, le ciment unificateur de ces grandes blocs seraient les promesses faites aux patriarches (pays, descendance, protection et  bénédictions). Mais sous quelle influence cette procédure fut-elle effectuée ? C’est probablement les prêtres du second temple de Jérusalem qui explique le retour à un yahwisme rigoureux. Cette source sacerdotale doit sa vigueur retrouvée aux milieux sacerdotaux de Jérusalem, soucieux de donner au peuple des croyances religieuse de nature à répondre à la crise identitaire qu’il traversait. Ainsi, Israël devient la nation sacerdotale par excellence, il n’a plus d’histoire nationale, mais une histoire religieuse. Ce constat s’accompagne d’une redéfinition de l’identité : au sein de l’empire perse des Achéménides où les ethnies sont menacées par un inéluctable mélange et une fusion avec les autres peuples, le rôle d’Israël et de son temple prend une autre tournure. On peut remplir cette mission sans contrôle militaire ou politique du territoire d’Israël puisque c’est Israël qui, depuis l’irruption de la violence  et de sa sanction par le déluge, a rétabli la communication entre Dieu et l’humanité. Israël devient donc un peuple de prêtres.  On voit bien l’entrée de la source sacerdotale puisque le Lévitique 1 à 16 donne deux types de lois ; sacrificielles et portant sur l’impureté.
Le livre de l’Exode s’arrêtait sur la construction d’une tente du rendez vous ou de la rencontre dans laquelle Moïse ne pouvait pas encore rentrer ; c’est seulement après, dans le début du Lévitique que Moïse, accompagné d’Aaron, le grand pontife, peut, avec son frère, entrer dans la tente, une sacrifice consumé par D-. Comme on le disait supra, la communication entre l’homme et la divine est enfin pleinement rétablie. On se rend compte aussi, et c’est nettement plus important, que l’idée directrice qui animait le texte biblique, depuis les premiers versets de la Genèse jusqu’au chapitre 16/17 du Lévitique, est de séparer Israël du reste des nations. Israël a une tâche impartie par D lui-même… Et ces lois du Lévitique sont celles qu’il doit appliquer pour exercer pleinement sa nouvelle fonction.
Lévitique 17 à 27 est consacré au code dit de sainteté. 

Les thèmes abordés pendant la conférence sont :
a)    les origines : la création de l’univers et les deux désignations de l’essence divine.
b)    les légendes patriarcales et la question des origines d’Israël : les patriarches ou l’Exode, l’Egypte considérée comme le creuset du peuple d’Israël ?
c)    la sortie d’Egypte
d)    la traversée du désert
e)    la Révélation du Sinaï
f)    la conquête de la terre sainte

Tous ces points visent à nourrir un projet et à porter une vision, celle d’une histoire du salut (Heilgeschichte). Tout a été mis en perspective par D-, acteur majeur, pour ne pas dire exclusif de l’Histoire, qui instrumentalise les grands et les puissants, récompense et punit, en vue d’arriver à un telos, une fin qu’il est le seul à comprendre et à organiser.







 

18:53 Publié dans Bible | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

LA TEMPÊTE FINANCIÈRE

 

LA TEMPÊTE FINANCIÈRE
Le discours du Président Bush cette nuit, retransmis sur toutes les chaînes de télévision américaines ne laisse pas d’inquiéter. Cette fois ci, le président a sonné le tocsin. Au plan économique, cela revenait à dire que le pays est en danger et que son chef appelle à la mobilisation générale.
Certes, cet appel aux armes n’est pas entièrement dénué d’arrières pensées politiques : comme la majorité démocrate au Congrès tente de faire des difficultés aux mesures prises (n’oublions que c’est la campagne présidentielle et que c’est le nom du futur président qui est l’enjeu) le président Bush s’edt fit qu’en lançant un vibrant appel au peuple et en le prenant à témoin il limiterait la marge de manœuvre politicienne de ses adversaires.
Mais il faut bien reconnaître que le discours n’est pas seulement tactique, la situation est vraiment grave. Le président a parlé de l’éventualité pour des millions d’Américains de perdre leur emploi, pour les consommateurs de ne plus avoir accès au crédit et pour de multiples organisme financiers de disparaître.
Ce soi, on annonce une importante allocution de Nicolas Sarkozy sur ce même sujet. Que dira-t-il ? Est-ce le système bancaire européen est à l’abri ? Ce n’est pas si sûr.
Il faut absolument que les banques soient tenues de dire désormais la vérité sur leurs actifs.
 

08:30 | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook