30/06/2008

NICOLAS SARKOZY PREND LA PRÉSIDENCE DE L’EUROPE

  NICOLAS SARKOZY PREND LA PRÉSIDENCE DE L’EUROPE
    La semaine qui s’annonce va être cruciale, la France prend la présidence de l’Europe, après le non irlandais. La semaine suivante sera encore plus déterminante puisque la France convoque à Paris les pays riverains de la Méditerranée le 13 juillet pour la fameuse UPM (Union pour la Méditerranée).
    Ces deux choses vont de pair et d’ailleurs le président français a placé en tête de ses priorités la lutte contre l’immigration clandestine : il est fondamental d’aider les Africains de rester chez eux, à y vivre confortablement dans le respect de leur mode de vie et de leurs traditions ancestrales. Toujours au cours du mois de juillet, Nicolas Sarkozy se rendra en Irlande : pourra-t-il faire avancer le dossier ? On le lui souhaite, mais les chances paraissent réduites tant les Irlandais ont été matraqués par une propagande anti-européenne…
    Mais comme il aime les défis, le président français va avoir à faire à forte partie avec le dialogue autour de la Méditerranée. Toute la question porte sur la place d’Israël. Les Algériens ont tenté de faire monter les enchères en entretenant le flou sur leur participation tandis que le colonel Khadafi, lui, a carrément marqué son désaccord. Mais  le président français qui le connaît ne désespère pas et a dépêché auprès du bouillonnant colonel son collaborateur le plus proche, M. Claude GUEANT,  pour tenter de le convaincre de venir à Paris.
    C’est un grand pari que le Président  doit réussir. Ce ne sera pas facile, mais qui ne tente rien n’a rien.

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29/06/2008

L’HISTOIRE DE JOSEPH DANS LA BIBLE ET LE CORAN…

 

 

             L’HISTOIRE DE JOSEPH DANS LA BIBLE ET LE CORAN…

  JOSEPH EN EGYPTE… tel est le titre du livre allemand de mon éminent collègue de la faculté catholique de l’université de Tubingen, Karl-Josef Kuschel  (Josef in Ägypten, Munich, Beck, 2008).
L’histoire du Joseph biblique est passionnante et attachante, pourtant elle n’a pas retenu l’attention du grand public, comme elle aurait dû. Au fond, cette belle histoire, probablement inventée de toutes pièces ou simplement réécrite  à partir d’un fait réel, suivant l’imaginaire du rédacteur du livre de la Genèse, cherche, du chapitre 37 au chapitre 50, à captiver l’attention de ses lecteurs et à façonner ainsi l’histoire du peuple d’Israël qu’elle préfigure d’une certaine manière. …
Notre collègue le professeur Kuschel commence par citer un magnifique passage de Dichtung und Wahrheit de Goethe ainsi qu’un extrait de lettre à sa sœur Cornélia : dans le premier Goethe affirme avoir voulu apprendre la lague de la Bible auprès d’un vieux moine et s’intéresser fortement à l’histoire merveilleuse de Joseph, l’un des grands nom du peuple d’Israël, fils de Jacob et de sa femme chérie Rachel (qui donna aussi au patriarche Benjamin, le fils de sa vieillesse)… Goethe dit à sa sœur que ce qui retient son attention dans cette histoire, ce sont les aspects typiquement humains et non point les intérêts religieux ou métaphysique. Mais il trouve que cette histoire demeure, par certains aspects, quelque peu inachevée… Ayant écrit des textes sur ce héros biblique et d’autres du même genre, le jeune Goethe, alors étudiant à Leipzig en 1767, se résout à tout livrer aux flammes…
          Cette remarque sur le caractère inachevé ne tombera pas dans l’oreille d’un sourd puisqu’un heureux hasard, quelques décennies plus tard, poussera Thomas Mann à consacrer à cette belle histoire plusieurs volumes intitulés Joseph et ses frères (1933-1943)… En fait, un peintre, ami d’enfance de Madame Mann, demanda à Thomas Mann d’écrire quelques textes pour accompagner ses dessins relatant l’histoire de Joseph en Egypte… Voilà comment la littérature mondiale s’est, par un  heureux hasard, enrichie d’un chef d’œuvre. On doit aussi noter que même le Coran consacre la Sourate 12 à l’histoire de Joseph, sans que celle-ci ne soit ne soit précédée ni suivie d’un ensemble faisant avec elle un contexte. Le Coran ajoute  des détails savoureux que le récit biblique ne donne pas… Par exemple, sur l’admiration de la beauté physique de Joseph par les femmes, amies de l’épouse de son maître Poipar, etc… Mais c’est l’original qui nous intéresse par sa structure, son caractère composite et aussi par l’influence exercée sur la littérature universelle.
    Le récit de Joseph est trop soigneusement construit, certains revirements ou rebondissements sont trop symboliques pour avoir été simplement réels et historiques, comme on voudrait nous le faire croire. … Mais ce que nous soulignerons d’emblée, c’est la position  centrale occupée par l’Egypte, dans ce récit de l’Antiquité hébraïque. La présentation est essentiellement positive : songez, l’un des patriarches se rend en Egypte avec toute sa tribu, issue de son sein ; le fils, réputé mort, devient vice-roi de ce même pays et organise une économie de subsistance pour sauver le pays de la famine. Et enfin, reconnu par ses frères et rejoint par eux, il s’assimile parfaitement à l’Egypte, son pays d’adoption, tandis que son père, le patriarche Jacob, a un entretien aimable le Pharaon en personne, qu’il bénit !!!
    Mais dès le début du livre de l’Exode, le livre suivant, le rédacteur clôt cette belle idylle en notant sèchement qu’un nouveau roi qui ignorait tout de Joseph monte sur le trône d’Egypte… Après cette précision, tout bascule, l’Egypte devient le pays de l’esclavage, la quintessence de l’impureté (toum’at mitsraim), le lieu où le nouveau roi d’Israël, une fois intronisé, doit s’engager à ne jamais ramener le peuple… Et il en sera de même dans la littérature prophétique (à une ou deux exceptions près) et dans toute la littérature rabbinique ultérieure. Le ton est donné pour toujours… Que s’est-il passé ? Nous ne le saurons jamais : ceux qui redéployèrent l’histoire juive et lui donnèrent une nouvelle dimension, de nouveaux symboles, de nouvelles aspirations, ont décidé que l’Egypte et ce qu’elle représentait, devait quitter à tout jamais l’histoire juive et hébraïque. Juste une trace de reconnaissance dans le livre de l’Exode où l’on recommande de ne pas nuire à l’Egyptien ( l’habitant du pays mais non le pays lui-même)  car tu fus étranger dans son territoire…
    Mais revenons à l’histoire de notre héros Joseph, telle qu’elle nous est relatée dans les chapitres de la Genèse :
A)    on commence par souligner la prédilection de Jacob pour son fils tant aimé Joseph qu’il distingue de ses autres frères, ce qui suscite l’ire de ces derniers et leur inspire des idées de vengeance.
B)    A la première occasion, qui n’est pas très claire, lorsque Joseph se présente seul, à la recherche de ses frères, ceux-ci, en un clin d’œil, s’entendent pour lui nuire. Il n’échappe à la mort que sur l’intervention de Ruben qui suggère de le jeter au fond du puits.  C’est symboliquement une descente aux enfers.
C)    La remontée n’est pas loin et le récit manie l’art dramatique avec maestria : une caravane de Madianites l’achète et va le vendre sur le marche des esclaves en Egypte. Une main providentielle tire Joseph des profondeurs.
D)    Joseph n’en a pas encore fini avec ce chassé-croisé entre la descente et la remontée spectaculaire : racheté par Potiipar (ou potiperah) voici Joseph devenu intendant de la maison du chef des gardes du corps du Pharaon ; mais sa beauté et sa grâce physiques stimulent les envies de la femme de son maître qui veut avoir des relations intimes avec lui. Comme il epoussait ses avances, elle ourdit un complot contre lui, l’accusant d’avoir cherché à abuser d’elle. Joseph est de renouveau condamné à redescendre après avoir connu une certaine ascension…  mais de courte duréee.
E)    En détention, Joseph qui, là aussi, a acquis une position avantageuse puisqu’il se charge de tous les détenus, s’inquiète de la mauvaise apparence de deux condamnés, le grand échanson et le panetier du Pharaon. Les deux hommes ont fait des songes qui les préoccupent car ils ne savent pas les interpréter. Joseph, on ne sait comment, domine parfaitement la science de l’interprétation des rêves et livre la solution des deux énigmes.  Au grand échanson qui sera rétabli dans ses fonctions, Joseph recommande de ne pas l’oublier lorsqu’il quittera la prison. Mais le rédacteur biblique saisit cette opportunité pour souligner que l’homme a vite fait d’oublier son ancien co-détenu et bienfaiteur Joseph. La Bible veut peut-être nous dire (ce que soulignera ultérieurement et très explicitement le midrash) qu’il ne faut placer son espoir qu’en Dieu…) Joseph paiera cette erreur ou cette inattention par deux années de prison supplémentaires. Mais voici qu’au terme de cette peine surajoutée, le Pharaon a lui aussi un songe qui le plonge dans l’embarras et la perplexité. Ici aussi, la divine Providence semble avoir confié à d’humaines mains le soin d’intervenir en faveur de Joseph… Le souci théologique de l’écrivain hébraïque est patent : Comment admettre que dans toute l’Egypte, si puissante, si riche, si avancée, il ne se soit pas trouvé un seul herméneute (pas même à la cour du Pharaon !) pour comprendre le songe. Dans le livre de l’Exode, il est bien fait mention des mages et sorciers (hartoumé mitsraim), présents à la cour du souverain ! Lui seul décide de la date de la délivrance. Et là, le grand échanson, comme par miracle, se souvient de Joseph ! Mais l’intention du texte biblique est transparente : c’est Dieu qui a décidé du moment, du lieu et de la façon de faire…  De nouveau, l’esclave hébreu remonte de son trou et cette fois-ci l’ascension sera irrésistible : ayant donné la solution des énigmes, Joseph se voit chargé de régenter toute l’Egypte, le Pharaon, émerveillé par cet homme aux dons divins, va jusqu’à dire que nul n’aura le droit de bouger un doigt ou un pied sans l’autorisation de celui qui est devenu vice-roi du royaume
F)    Mais ce n’est pas fini. D’ailleurs, si comme nous le verrons infra le Coran ne consacre que 111 versets de la Sourate 12 à cette histoire, la Bible hébraïque s’y attarde trois fois plus (383 versets)… Je pense à la réconciliation de Joseph et de ses frères, du stratagème pour faire venir son frère Benjamin, de l’arrestation des frères sous la fausse inculpation de vol du calice en argent et enfin de la reconnaissance de Joseph par ses frères…

Au cours de toutes ces péripéties, le rédacteur hébraïque a fait preuve de sa parfaite maîtrise de l’art dramatique dans une histoire qui projette devant nous toutes les passions humaines, les grandeurs et les vicissitudes des hommes : l’arrogance et l’assurance de soi caractérisant le jeune prodige, la jalousie des frères, la propension au vice et au crime, le mensonge au père et la dissimulation, l’adresse et l’ingéniosité de la victime pour se tirer de situations dangereuses, l’art de comprendre la psychologie qui se reflète dans l’interprétation des rêves (voire, même, avant la lettre, une certaine exploration de l’inconscient), la frustration sexuelle d’une femme et corollairement la vertu qui triomphe des tentations, la rectitude et la bonne moralité d’un homme reconnaissant envers un maître dont il ne trahit pas la confiance, la sagesse politique (savoir convaincre le Pharaon de bousculer sa cour et de nommer un esclave hébreu à de si hautes fonctions !!), une qualité d’organisateur et d’administrateur hors pair (songez que non seulment il sauve l’Egypte de la famine mais s’arrange par racheter aux paysans ruinés toutes leurs terres afin de les intégrer aux domaines royaux !), enfin le désir de vengeance maîtrisé et la réconciliation…
    Penchons nous, à présent, plus avant, sur un autre fait des plus étonnants : l’image excessivement positive que cette histoire nous offre de l’Egypte, de son roi, de son gouvernement, de ses mœurs, de ses rites funéraires, de ses moyens de transport, de ses bijoux royaux, des privilèges de son clergé etc… En effet, le texte hébraïque stipule que les terres de la classe sacerdotale sont inaliénables et ne peuvent donc pas tomber, elles aussi, dans l’escarcelle du Pharaon.
Quand on réalise que dès le livre de l’Exode, l’Egypte sera honnie, bannie, rejetée à tout jamais, on ne peut dissimuler son étonnement.  Pour un esclave hébreu, à l’origine d’une grande histoire religieuse et nationale à venir, il est frappant de voir combien Joseph s’est assimilé à son pays d’accueil. Le professeur Kuschel a raison de parler d’une théologie de l’autre, d’une herméneutique du dialogue, d’une ouverture inouïe à une autre civilisation :
a)    Joseph s’habille désormais comme un Egyptien, ses vêtements de soie sont d’une blancheur éclatante et le pendentif qui orne désormais son cou est le symbole de la noblesse royale égyptienne.. Les Egyptiens sont tenus de lui témoigner respect et vénération en criant sur son passage : avrekh
b)    Pharaon lui donne même un nom égyptien, Tsofna pa’né’a qui voudrait dire dans la langue de l’Egypte antique : Dieu a dit : qu’il vive ! Mais là, le rédacteur a été prudent, le Dieu en question demeure anonyme…
c)    Joseph épouse même une princesse égyptienne, fille du grand prêtre du dieu Ra Asénét, dont le nom fait référence à une déesse. Bref, la panoplie du Juif parfaitement assimilée
d)    Et le couronnement de cette «Egyptophilie» incroyable, c’est le patriarche Jacob qui vient s’installer sur place auprès de son fils Joseph, avec tout son clan. Mieux encore, il a droit à un entretien privé avec le Pharaon qu’il bénit (voir supra)  !! Comment le fondateur de la tribu d’Israël, le chantre du monothéisme biblique a-t-il pu bénir celui qui se prenait pour  un Dieu-Roi ?
e)    Enfin les obsèques de Jacob : un convoi funéraire, comme on n’en avait encore jamais vu, remonte d’Egypte vers le pays de Canaan pour se diriger vers Hébron où le patriarche Abraham avait acquis un caveau. Tout ce que l’Egypte ancienne comptait de personnalités est du voyage ; le texte hébraïque nous dit que les habitants de Canaan observent, médusés, la cérémonie des obsèques. Quel spectacle ! Kuschel note avec pertinence : Egyptiens, Hébreux et Cananéens unis, communient dans le souvenir du patriarche disparu. La scène ne se reproduira hélas ! plus jamais !

Une telle Egypte a-t-elle jamais existé autrement que dans l’imaginaire d’un auteur, fasciné par ses mœurs, sa richesse, voire même par l’embaumement de ses morts ? On sent, cependant, qu’une autre main éditoriale est passée par là : on ne dit, au début, que même lorsqu’il fut promu vice roi, Joseph ne mangeait pas à la même table que les Egyptiens ; et sentant sa mort prochaine, il fera jurer aux Hébreux de l’exhumer pour l’enterrer en terre d’Israël… lorsque Dieu les extraira de la terre d’Egypte. C’est la volonté de se détacher, de s’isoler, de se différencier qui reprend ses droits après avoir offert u lecteur une somptueuse histoire  de dons et d’échanges, de dialogues des cultures et des civilisations.
    Les futurs constructeurs de l’histoire juive en ont décidé autrement ; désormais, ils se poseront en s’opposant et décideront que le peuple d’Israël dont Joseph fut le symbole étincelant, quittera les rives du Nil pour ne plus revenir dans le pays des esclaves…
    Au fond, l’histoire de Joseph est un condensé de l’histoire biblique : arrivé en Egypte dans un convoi de négriers qui le vendent comme esclave, il régentera ce pays et accèdera aux plus hautes destinées. Dans le livre de l’Exode, le rédacteur hébraïque notera aussi, par un saisissant parallèle, qu les Hébreux, réduits en esclavage, quitteront ce pays la tête haute, chargés de cadeaux et de richesses.

    Dans le Coran, nous découvrons à peu de détails près la même histoire mais avec une orientation très différente. La préoccupation théologique est omniprésente et la conscience que cette histoire est largement symbolique et allégorique, est maintes fois réitérée, au début comme à la fin. Cette histoire,   nous dit-on, contient des signes pour ceux qui posent des questions. En clair : cette histoire est riche d’enseignements et dépasse la matérialité des faits qu’elle évoque. Et à la fin, nous lisons que ce récit contient une exhortation, qu’il est plein d’enseignement pour les habitants de la terre. Mais le Coran ne nomme pas Potipar, laisse de côté l’aspect crucial de la Terre sainte.
    En outre, dans le Coran c’est Dieu qui est le principal narrateur alors que dans le récit biblique, on y fait à peine mention, par exemple pour dire que c’est l’Eternel qui détient la science et la sagesse des rêves…
    En revanche, l’épisode de la tentation sexuelle de l’Egyptienne (non nommée, c’est plus tard que des variations littéraires arabes la prénommeront Zuleicha) est riche de détails inédits : par exemple, la femme veut donner une leçon à ses amies qui la soupçonnent d’entretenir une liaison avec son domestique Joseph. Elles les invitent donc au goûter et  remet à chacune un couteau pour éplucher et manger des fruits. Lorsque Joseph fait son apparition et apporte les fruits, les dames sont captivées par sa beauté et se coupent les doigts…  Mais lorsque le drame est noué et que Joseph se sauve en laissant sa tunique entre les mains de l’épouse volage, le Coran s’attarde sur un détail digne de la criminologie. La tunique porte une déchirure à l’arrière et non à l’avant, ce qui laisserait supposer que la tunique fut arrachée lors d’une fuite et non par devant, lors d’un assaut ou d’une tentative de viol… Ce fait suffit à innocenter Joseph et permet au Coran de dire que les intrigues des femmes sont diaboliques et que la coupable dut se repentir et implorer le pardon divin. 
    Enfin, le Coran est plus réaliste et connaît bien la nature humaine. Joseph y reconnaît avoir ressenti du désir pour la femme volage car, dit-il, le cœur de l’homme le pousse au mal… Mais Dieu est venu à son secours et l’a aidé à être fort et à résister à la tentation. Même le Pharaon, en monarque consciencieux, se penche sur le «dossier» de Joseph et voit sous quel chef d’accusation il avait été détenu. Un détail passé sous silence par la Bible hébraïque.
    Quelles leçons pouvons nous tirer de cette belle histoire qui est, en partie, fictive ? Qu’il faut avoir une approche prudente et éclairée des textes religieux. Aussi un message d’espoir : Hébreux, Egyptiens, Cananéens, unis pour pleurer le patriarche Jacob, le nouvel Israël et vénérer sa mémoire. Une sorte de fraternité retrouvée des fils d’Abraham.

Josef in Ägypten par Karl-Josef Kuschel. Beck Verlag, 2008 
   
 

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ET VOILA QUE CELA REPART AU PARTI SOCIALISTE…

 

  ET VOILA QUE CELA REPART AU PARTI  SOCIALISTE…
    Dans tous les pays démocratiques, il y a la possibilité, au moins théorique, d’une alternance politique. Qu’on la souhaite ou non, c’est normal. Pour y arriver, il faut que les partis minoritaires, c’est-à-dire qui n’ont pas gagné les dernières élections, aient appris quelque chose, se soient modernisés, en une phrase, qu’ils aient tiré les leçons de leurs échecs successifs. En un mot, appris quelques chose.
    Est-ce que le PS est enfin dans cette situation ? Il est permis d’en douter quand on observe les premières manœuvres, dont celle de Madame Ségolène Royal. Ce qui frappe chez les socialistes, c’est leur indiscipline et leur maladresse politique : ne jamais s’entendre, ne jamais s’unir, ne jamais apprendre ni comprendre que la France n’est plus la même, que sa sociologie a changé, que les Français sont impliqués plus que jamais dans la mondialisation et que les recettes d’hier ou d’avant-hier ne sont plus guère opérantes…
    Ne doit-on pas la vérité aux Français sur le pays, son économie, son endettement, sa véritable place dans le monde et en Europe ? En fabriquant des contributions d’un autre âge, les différents dirigeants du PS ne servent ni leur parti ni le pays. Quand on jette un coup d’œil sur la toile, on se rend compte que plus aucune frontière, plus aucune barrière n’est efficace et que l’univers est devenu un village. Enfin, le système qui consiste à dire que l’Etat peut diriger, contrôler, dicter sa loi au marché est battu en brèche chaque jour que D- fait. Le meilleurs exemple qui touche d’ailleurs chacun d’entre nous est livré par la hausse inconsidéré du prix du pétrole : qui peut intervenir ? Quel pays peut juguler cette hausse qui nous frappe tous ? Aucun, pas mêmes les USA. Alors, un peu de sagesse, de réalisme et d’acceptation de vivre avec son temps.

 

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28/06/2008

L’ELECTION DU NOUVEAU GRAND RABBIN DE FRANCE ET SES CONSEQUENCES

L’ELECTION DU NOUVEAU GRAND RABBIN DE FRANCE ET SES CONSEQUENCES

 En portant Gilles Bernheim à la tête du grand rabbinat de France, le dimanche 22 juin, les électeurs du grand collège, près de trois cents hommes et femmes, ont opéré un changement presque révolutionnaire, dans le calme et la sérénité. Un vrai miracle, diront certains, puisque c’est une majorité écrasante de dirigeants séfarades, venus de la France entière, qui a désigné un rabbin ashkénaze, d’origine alsacienne, et donc un pur produit de la tradition française… D’aucuns commençaient à désespérer des chances de ce véritable Michel Rocard du rabbinat français d’accéder enfin aux plus hautes fonctions auxquelles le destinaient naturellement sa formation, son brio et sa rigueur intellectuelle et morale. Les mutations induites par cette élection seront lourdes de conséquence. Enfin, la nature même du judaïsme religieux de notre pays qui renferme la plus forte population juive d’Europe va évoluer.
Le prédécesseur de Gilles Bernheim n’était, certes, pas dépourvu de qualités intrinsèques, mais la communauté juive, toutes tendances confondues, a fini par réaliser que derrière une façade souriante et enjouée, se cachait une orthodoxie qui n’ambitionnait rien d’autre que son propre maintien, comme si le temps s’était figé en éternité …  Cependant, ce grand rabbin a œuvré durant trois mandats (21 ans !) comme guide spirituel du judaïsme français et fait désormais partie du l’histoire religieuse de notre pays.
Pour mesurer la profonde mutation sociologique d’un judaïsme français devenu l’ombre de lui-même après la seconde guerre mondiale, il faut se souvenir d’un mot du regretté Alain de Rothschild qui le comparait à un désert… La célèbre métaphore du prophète Ezéchiel (ch. 37)  contenue dans sa vision des ossements desséchés qui ressuscitent illustre bien l’apport vivifiant du judaïsme séfarade, notamment d’Algérie, qui redonna des couleurs au judaïsme hewagonal après 1962.  Commença alors une longue période au cours de laquelle un homme comme Gilles Bernheim faisait figure d’îlot alsacien isolé dans un environnement séfarade puisant son inspiration dans un continent non européen. Et voici qu’en moins de quarante ans,, on assiste à une fusion harmonieuse des deux branches du judaïsme français. Par ses origines et sa sensibilité, le nouvel élu va redéployer  un judaïsme originellement français, plus apte à s’intégrer dans son environnement d’origine, c’est-à-dire la tradition judéo-européenne qui retrouve ainsi tous ses droits.
Les orientations du nouvel élu sont connues, ils les a maintes fois annoncées et sa rigueur morale garantit qu’il s’y tiendra. Doté d’une solide formation philosophique et de très bonnes connaissances rabbiniques, Gilles Bernheim fut aumônier de la jeunesse avant d’être en poste à la grande synagogue de la Victoire ; le Consistoire de Paris, dirigé par Moïse Cohen, avait créé à son intention un département intitulé Tora et société. Cette création visait à pallier une carence qui se faisait cruellement sentir : l’ouverture au monde moderne sans que cela n’entraîne le moindre auto-reniement. Cette mission visait aussi à faire ressortir ce qui unit en profondeur l’identité juive et la culture européenne. Homme de convictions, Bernheim fait partie de la mouvance orthodoxe, à ce détail près qu’il ne rejette personne et accepte les autres orientations. Cette attitude constitue une nouveauté qu’il convient de saluer.
Enfin, cet homme veut faire entendre une voie juive qui aille bien au-delà des limites de sa seule communauté. Le dialogue judéo-chrétien va connaître une accélération, non point en vue d’une unification religieuse mais afin de mieux se connaître et de mieux se comprendre. Depuis un certain temps, les membres de la communauté juive ressentaient  douloureusement un décalage entre eux-mêmes et ceux qui étaient censés les encadrer aux plans spirituel et religieux. Un certain courant charismatique, puisant largement dans un fonds superstitieux, va devoir céder devant une approche plus rationnelle, voire maïmonidienne. La culture philosophique et rabbinique du nouvel élu devrait aider à combler le fossé qui sépare une orthodoxie repliée sur elle-même et le monde contemporain. La formation des rabbins de demain sera donc revue, améliorée et complétée. On disait jadis que les rabbins français de l’entre-deux-guerres avaient plus de familiarité avec les écrits de Sophocle et d’Eschyle qu’avec le Talmud et le Midrash… La comparaison est à peine exagérée, elle restitue bien le divorce qui séparait jadis l’identité juive de la culture européenne. Le rééquilibrage se fera cette fois de façon harmonieuse.
Transparence et éthique : deux thèmes auxquels le nouvel élu attache une importance particulière.  Il rejoint ainsi les exigences trois personnalités éminentes qui firent la grandeur du judaïsme de l’Hexagone: Jacob Kaplan, André Neher et Emmanuel Levinas. Ce dernier tenait que l’altérité juive était plus éthique que rituelle.
Mais les difficultés à venir sont à la mesure des défis à relever : le corps rabbinique et le paysage communautaire existant vont-ils suivre. Est-ce que les structures existantes supporteront sans rechigner la modernisation qui s’impose ? Plus généralement, cette institution centralisatrice, issue d’un esprit excessivement jacobin qu’est le grand rabbinat de France a-t-elle encore un avenir dans une Europe en voie de construction où les Etats se dépouillent progressivement de leurs structures nationales pour se fondre dans un vaste ensemble continental en devenir ? L’avenir nous le dira.

                       


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POUR LILIAN THURAM…

POUR LILIAN THURAM…
    En cette veille de grands départs en vacances, cette véritable transhumance des sociétés modernes qui attendent les mois d’été avec tant d’impatience, des nuages s’accumulent sur la tête d’un grand footballeur français, Thuram. En effet, nous découvrons qu’il ne pourra pas (pour le moment) signer avec le club du Paris Saint Germain en raison d’une malformation cardiaque, découverte soudainement…
    Il y a d’abord à se réjouir de cette découverte avant qu’il n’arrive malheur au grand joueur. Il devra être mis en observation et évitera un accident qui, sur le terrain, en pleine action, aurait pu lui être fatal. Rappelons nous ces quelques joueurs, jeunes et vigoureux, morts subitement sur le terrain en raison d’atteintes au cœur, non décelées par la médecine. Thuram affirme même que l’un de ses frères est mort d’une telle affection et que sa mère est elle aussi atteinte. La prudence s’impose donc.
    Si je fais ce blog sur ce sujet, c’est pour soutenir ce grand joueur et lui souhaiter bonne santé. C’est aussi pour avoir une pensée affectueuse à son intention et souhaiter que cette affections ne l’empêche pas de revenir sur le terrain.
    Enfin, c’est pour dire que nos sociétés contemporaines ne respectent pas toujours l’équilibre qui doit exister entre le pouvoir, la puissance, d’une part, et la sagesse, d’autre part. On pousse toujours un peu plus loin les surdoués, les êtres d’exception, sans savoir que des limites sont bien là…
    Le poète Paul Vélary disait que la substance de l’être, c’est l’acte, l’immortalité c’est ce qui reste après nous, nos actes, nos œuvres, fruit du dépassement de nous-mêmes. Mais il faut savoir aussi que nous ne pouvons pas tout, et surtout pas toujours plus vite , encore et encore.
Un autre poète Prévert ne disait –il pas :  la voiture a beau aller vite, elle n’ira jamais plus vite que la route…  A méditer. Avec nos vœux sincères et fervents de bonne santé pour Lilian Thuram.

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27/06/2008

BILL GATES OU LE SOUCI DES AUTRES…

BILL GATES OU LE SOUCI DES AUTRES…
    C’est un homme remarquable, au plus haut point, qui quitte aujourd’hui ses fonctions chez microsoft pour s’occuper exclusivement de sa fondation : Bill Gates, génie de l’informatique et de la finance, arrête ses activités commerciales pour se consacrer aux autres. A tous les autres.
    L’histoire de cet homme est presque mythique : quittant la prestigieuse université de Harvard à tout juste 19 ans, il se réfugie, nous dit-on, dans le petit garage de son père et met au point les premiers logiciels d’ordinateurs. Voyant l’avenir plus vite que tous les autres, il s’adresse au géant de l’informatique de l’époque, IBM qui commercialise ses logiciels et lui verse en contrepartie d’importantes royalties.
    Depuis, Bille et son épouse ont créé une grande fondation dont le but majeur est d’aider les êtres humaines dans la détresse. Ils cherchent à alléger la souffrance et la peine de autres. Ce sont de véritables philanthropes. Certes, d’aucuns critiqueront leur médiatisation, leur peoplisation ou autre… Une chose demeure, malgré tout : ce couple aurait pu continuer à gagner de l’argent, à ne s’occuper que de soi-même et à faire parler d’eux et de leurs lubies de milliardaires.
    Certes, Bill a commis quelques erreurs de jugement ou de gestion ; on l’a accusé de chercher une position dominante, de vouloir bloquer le marché, de tenter de racheter yahoo etc… C’est possible. Mais on ne peut contester sa profonde générosité et son amour d’autrui.
    Souhaitons lui longue vie et plein succès dans ses nouvelles activités philanthropiques.
   

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26/06/2008

LA REFONTE DE L’AUDIOVISUEL FRANÇAIS…

LA REFONTE DE L’AUDIOVISUEL FRANÇAIS…
    Les dés sont jets, la publicité à la télévision publique entre 20 heures et six du matin sera interdite dès janvier 2009.. C’est une bonne nouvelle pour tous, surtout pour les jeunes et leurs familles. Au lieu de nous servir des émissions de mauvaise qualité, financées par une publicité dépourvue de discernement et mue exclusivement par le profit, la télévision publique sra astreinte à la prestation de qualité, ce qui, croyez moi, constituera un novum dans paysage.
    Ceux qui étaient devenus les marchands du temple de la publicité crieront au scandale et au contrôle de l’audiovisuel, ils ne parviendront pas à masquer l’étendue de leur échec. Tant d’argent public et privé dépensé impunément pour promouvoir des choses ineptes.
    Ce n’est pas une reprise en main, c’est une mesure d’assainissement.
    Je salue aussi la prise de responsabilité par l’exécutif : le Président de l’audiovisuel public sera désormais nommé par l’exécutif, sur proposition du CSA. Qui s’en plaindrait ?
    L’impact actuel de la télévision est tel qu’il serait suicidaire de s’en désintéresser. Mais là encore, est ce que la France suivra ? Il faut l’espérer et le souhaiter.

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A GIFLE: COMMENT FAIRE RESPECTER SON AUTORITE?

LA GIFLE: COMMENT FAIRE RESPECTER SON AUTORITE?
    Depuis quelques jours, un procès atypique défraie la chronique judiciaire : celui d’un professeur de technologie qui a giflé un jeune élève de 11 ans qui l’avait traité de «connard» devant toute la classe… les avocats de l’enfant et de sa famille ont plaidé que l’enfant n’avait pas été victime d’une violence mais de violences avérées. Le professeur a, pour sa part, reçu le soutien du Premier Ministre. Une affaire dont l’éducation nationale se serait bien passée en ce début d’été.
    Le problème qui est posé, par delà cette péripétie, est bien celui de l’autorité et du respect des hiérarchies et des autorités. Comment un enfant de tout juste onze ans peut-il traiter ainsi son maître d’école ? Il y a là une démission des parents, de la société et de tous les organes intermédiaires qui nous aident à nous socialiser. Apparemment, tous ces relais n’ont pas fonctionné.
    Etant moi-même professeur à l’Université de Genève après l’avoir été dans d’autres établissements à l’étranger, je ne fus jamais confronté à de telles situations, pour la bonne raison que nos étudiants sont déjà adultes. D’autres incivilités se produisent, mais jamais de ce type. Enfin, je ne suis nullement partisan de châtiments corporels. Sans accabler l’enseignement accusé, j’aurais opté pour un passage devant le conseil de discipline avec une exclusion de l’élève d’au moins trois jours.
    L’Avocat Général ne l’entend pas de cette oreille puisqu’il a demandé 800€ d’amende à l’encontre du professeur… Je pense, pour ma part, qu’au lieu de faire le procès de insubordination et de l’insolence, on fait celui d’un homme qui n’a fait que réagir à une insulte publique minant gravement son autorité. Une relaxe avec un avertissement devrait suffire.

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25/06/2008

LA FIN DE LA PUBLICITÉ A LA TÉLÉVISION PUBLIQUE

LA FIN DE LA PUBLICITÉ A LA TÉLÉVISION PUBLIQUE
    Conformément au vœu du président de la République, la publicité devrait disparaître des écrans de la télévision publique d’ici à 2012.  Outre la révolution que cette mesure est censée entraîner pour les programmes (plusieurs heures par semaine à combler par d’autres émissions qu’il faut produire et donc financer)  se pose la question de savoir comment combler le trou occasionné par les manques de recette : près d’un milliard d’euros par an… C’est principalement sur ce point que la commission présidée par Jean-François Copé a dû travailler. Elle rend ses conclusions et propose, entre autres, de taxer les fournisseurs d’accès à l’internet et de s’intéresser aussi à la téléphonie mobile… En revanche, il semble que l’augmentation de la redevance soit abandonnée.
    La suppression de la publicité à la télévision publique est une bonne chose, à ce détail près qu’elle peut contribuer à la paupérisation d’un secteur déjà mal en point. Les aspects positifs, en revanche, ne sont pas négligeables : d’abord, cet assèchement du circuit financier va éradiquer quantité d’émissions bêtes et abêtissantes et chasser de leurs postes tant d’animateurs qui trompent notre jeunesse et la découragent de s’engager dans la voie du travail et de l’effort. Ensuite, de nombreux regroupements de moyens s’opéreront, ce qui va réduire des effectifs souvent pléthoriques. Enfin, la qualité devrait être de retour sur nos écrans. Comme chaque euro sera désormais compté, les chaînes publiques, si elles survivent, devront en compatibles.
    C’est une véritable révolution qui se prépare. Elle portera un coup fatal au vedettariat, à l’argent facile et l’insoutenable légèreté de l’être.

08:29 Publié dans France | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

24/06/2008

ESCLAVES ET ESCLAVAGISTES…

ESCLAVES ET ESCLAVAGISTES…
    La chaîne de télévision ARTE vient de diffuser une série de reportages extrêmement instructifs sur l’esclavage en Afrique d’où il ressort que les Européens ne furent pas les seuls à pratiquer ce commerce honteux d’êtres humains. Toutefois, ils y ont largement contribué. Le reportage donnait l’impression que l’écritoire de cette sombre histoire avait laissé de côté la participation de marchands arabes et aussi de négriers noirs, c’est-à-dire africains qui vendaient leurs propres frères.
    La chose était connue mais les images et les commentaires ainsi que les débats lui donnent un relief particulier.
    Lorsque je fus invité par le gouvernement à faire quelques conférences à Dakar, à la chambre de commerce, je fus conduit par bateau à l’île de Goré où nous eûmes droit à une visite guidée de la maison des esclaves. Quelle horreur ! Comment des êtres humains purent-ils traiter de manière aussi inhumaine d’autres êtres humains au motif qu’ils n’avaient pas la même couleur de peau ! Mais ce qui frappe encore plus, c’est la survivance de telles pratiques…
    L’esclavage est une tare qui a affecté toutes les civilisations : pensons à la cité grecque et même à Aristote,, le grand philosophe qui répondait à la question de la différence entre un esclave et un outil… Un esclave, disait-il, est un outil qui parle.
    LUNESCO a raison de commémorer chaque année une telle horreur ! Prions pour que de telles choses disparaissent de la surface de la terre.
   

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