27/12/2007

La justice, le ressentiment et la vengeance

 

  J'avoue avoir hésité avant de choisir le classement de cette note: politique ou philosophie? Ce sont les derniers développements de l'affaire de l'Arche de Zoè qui expliquent cette hésitation. Résumons nous: au terme d'un procès marathon, la justice criminelle tchadienne vient de condamner les six Français, membre de cette association, à huit ans de travaux forcés.

 Ce verdict soulève une indignation générale: on entend parler de mascarade, de parodie de justice etc… Pouvons nous, sans passion, dire quelques paroles sur cette question?

 Il y a tout d'abord l'impréparation ou l'inconscience de gens qui sont allés chercher des enfants dans un pays où on leur a menti: menti sur la nationalité de ces enfants, menti sur leur situation familiale. Une fois ce fait établi, il fallait aussi tenir compte (pour une justice digne de ce nom) de la bonne foi et du souci humanitaire des Français… Or, que voyons nous?  Un procès baclé, une défense qui s'est démenée en pure perte, et un verdict qui ne fait pas dans le détail, comme si tous les membres de l'association avaient le même degré de responsabilité.

 Cela, en ce qui concerne les choses dites clairement. Le plus grave, c'est le non-dit: on a entendu le resentiment, voire le désir de vengeance, s'exprmier par la bouche des avocats des parties civiles. On sentait en pointillé la volonté de se venger de l'ancienne puissance coloniale. Je préfère ne pas reprendre des expressions que leurs auteurs auraient dû penser un peu plus avant de les prononcer.

Et comme un divorce entre des parents, les vrais oubliés sont les enfants pour lesquels toute affaire a commencé.  

 Les plus gros dégâts ne sont pas ceux que l'on croit: les plus gros dégâts ont été infligés à l'image que s'est la France, que se fait l'Europe des Africains et de leurs mœurs.

 Et cela est bien dommage car, comme partout ailleurs, et notamment sur le continent africain, il y a des gens sincères, humanistes, attachés aux idéux de justice et d'équité. Les vraies victimes sont celles là. Et nul autre.
 

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25/12/2007

Joachim de Flore et l'interprétation mystique de la Tora

En cette journée de Noël, nous avons voulu rendre hommage à la mémoire d'un moine calabrais, Joachim de Flore, mort en 1202, et dont les doctrines furent condamnées par l'Eglise en 1255…

Son nom fut en quelque sorte relevé par Saint François d'Assise qui tenta d'apparaitre comme le prophète de moine méconnu.  

 

             Joachim de Flore et l’approche kabbalistique de la Tora


Cette diversification de la Tora dont la valeur et donc la validité varieraient en fonction des âges du monde, c’est-à-dire, au fond, de son état moral, ne laisse pas de rappeler la tentative avortée du célèbre moine calabrais Joachim de Flore de réformer l’église et de prôner l’avènement d’un «Evangile éternel» qui se substituerait à l’autre, en vigueur depuis 1200 ans ! C’est-à-dire jusqu’aux jours de Joachim lui-même…


 Dans un recueil intitulé Etudes d’histoire religieuse, Ernest Renan a repris son étude sur Joachim de Flore et l’Evangile éternel. Joachim mourut  le 30 mars 1202. Il situe bien la problématique dans le contexte idéologique de l’époque.
 Dans une lettre en guise de testament datée de l’an 1200, Joachim exposait de manière détaillée l’état où se trouvaient alors ses écrits mentionnés comme terminés ; il s’agit de trois ouvrages : la concorde de l’Ancien et du Nouveau Testament, le commentaire sur l’Apocalypse et le Psaltérion décacorde… Nulle trace, donc, de l’expression «Evangile éternel». L’abbé de Flore  qui n’avait en Calabre que des disciples inconnus, trouvait ainsi dans un autre ordre, celui de Saint François d’Assise, une famille dévouée et d’ardents continuateurs :  au fond de la tentative franciscaine, il y avait l’espérance d’une réforme générale du monde, d’une restauration de l’Evangile. On admettait que pendant douze cents ans, l’Evangile n’avait pas été bien pratiqué, que le précept essentiel de Jésus, le renoncement aux biens terrestres, n’avait pas été compris. Qu’après des siècles de veuvage, la pauvreté avait enfin retrouvé son époux. N’était-ce pas avouer que la naissance de Saint François d’Assise avait été l’ouverture d’une ère nouvelle  pour le christianisme et pour l’humanité ? 


Joachim considère trois étapes dans l’histoire du monde. «L’Evangile éternel» était constitué de trois parties et formé de trois ouvrages, déjà cités. Renan  ne croyait  pas qu’il y ait jamais eu dans une bibliothèque un manuscrit ainsi intitulé : Evangile éternel. Tout porte à croire que l’idée que nous sommes amenés à nous former de l’Introduction à l’Evangile éternel est celle d’un livre destiné à résumer la doctrine de Joachim et à la faire revivre au profit  des idées franciscaines. Renan énonce un certain nombre de points qui ont objectivement concouru à donner corps au renouveau fransiscain qui s’est voulu le continuateur des idées de Joachim : l’antipathie envers la papauté temporelle, la haine contre le clergé riche, la croyance que l’abomination finale viendra d’un pape mondain et simoniaque, la fixation de cette date fatale à l’an 1260, la croyance que l’apparition de l’Antéchrist est proche et que ce monstre s’élèvera de Rome, Saint François désigné comme le rénovateur du siècle et  Joachim présenté comme son précurseur, ce sont là autant de traits qui appartiennent à l’école, qui, vers le milieu du XIIIe siècle, releva le nom de Joachim pour appuyer ses projets de réforme sociale et religieuse.


Selon les cardinaux de la commission d’Anagni, l’auteur prétend que, de même qu’au commencement du premier état sont apparus trois grands hommes Abraham, Isaac et Jacob dont le troisième a eu douze hommes à sa suite, de même qu’au commencement du second état, il y eut trois grands hommes : Zacahrias, Jean-Baptiste et le Christ, homme-Dieu qui  a de la même manière eu douze personnes à sa suite (les Apôtres) ; de même, au commencement du troisième état, il y aura trois grands hommes semblables aux premiers, savoir l’homme vêtu de lin, l’ange tenant la faux aiguë et un autre ange ayant dans sa main le signe du Dieu vivant. Celui-ci aura pareillement à sa suite douze anges comme Jacob en a douze dans le premier état et le Christ douze dans le second.  Et les cardinaux de poursuivre : que par l’homme vêtu de lin l’auteur de cet écrit entende Joachim, c’est ce qui est prouvé par le chapitre XXI, vers le milieu. Quant à l’ange qui tient le signe du Dieu vivant, c’est l’incarnation de François d’Assise.
     Il est frappant de constater que de telles spéculations ont occupé l’esprit d’un moine calabrais et qu’au même moment, des mystiques juifs tentaient, à la façon, la réjuvénation de leur judaïsme.


La prédiction de l’Evangile éternel fut le fait des joachimites du XIIIe siècle, lesquels trouvant dans les idées de l’abbé de Flore sur le parallèle des deux Testaments une base commode pour leur théologie, adoptèrent ces idées et y joignirent l’annonce d’une troisième révélation dont Joachim aurait été le précurseur, Saint-François le Messie et dont eux-mêmes auraient été les messagers. C’est ainsi, selon Renan, que Joachim devint tantôt le précurseur de François d’Assise, tantôt le fondateur d’une foi nouvelle, supérieure à celle de l’église catholique, destinée à la remplacer et à durer éternellement.Tel fut, en quelque sorte, le pari des kabbalistes qui déplorent que les règles herméneutiques rabbiniques soient si laborieuses et qu’elles empêchent de découvrir la Tora véritable, la Tora de la grâce…


 Et Renan d’énoncer une doctrine fondamentale qui ne laisse pas de rappeler le même état d’esprit dans le monde juif de la même époque : l’intelligence du sens spirituel des Ecritures n’a pas été confiée au pape ; ce qui lui a été confié, c’est seulement l’intelligence du sens littéral. Scholem avait déjà fait ce rapprochement entre les kabbalistes du XIIIe siècle et la doctrine de Joachim qui émanait en réalité des adeptes de Saint François d’Assise.  Le sens obvie, pratiqué jusque là correspondrait à une intelligence déterminée de la Tora, reflet d’un certain éon ou âge du monde matériel. L’Evangile éternel, œuvre du temps où opérera le Saint Esprit, peut être comparé à la clarté du soleil. On retrouve ici à l’œuvre les mêmes métaphores lumineuses qui donnèrent leurs titres aux écrits fondamentaux de la mystique judéo-médiévale,  le séfer ha- Bahir (le Livre de l’éclat)  et le séfer ha-Zohar ( le Livre de la splendeur). Mais pour les adeptes de Saint François, l’Ancien Testament représente le vestibule, le Nouveau Testament le Saint  et l’Evangile éternel le Saint des Saints. Le premier était l’écorce, le second la coque, le troisième le noyau. Il semble qu’une telle volonté d’aller au-delà des traditions religieuses reçues, de la tradition prise dans son sens littéral, ait transcendé les frontières des deux communautés religieuses, chrétienne et juive, mues par une irrépressible volonté commune d’accéder à un niveau supérieur à celui prôné par leurs écrits dogmatiques respectifs…


Tout de même ! Quelle façon inattendue de relativiser la valeur de la Tora en laissant entendre qu’elle n’est pas immuable et qu’à une époque dominée par la matière répond une Tora tout aussi concrète et matérielle ! Est-ce que l’auteur ne mesurait pas les conséquences de ses spéculations hardies ? C’est peu probable, surtout lorsqu’il nous invite à trouver refuge dans l’«arche de Noé» de la kabbale afin de ne pas être submergé par la déferlante littéraliste…

 

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Rendez nous Ingrid B.

 

  Un curieux ballet se déroule en ce moment même à la frontière entre la Colombie et le Vénézuela: le président Uribe, sachant que ses ennemis jurés les FARC se préparent à faire un geste unilatéral en libérant trois prisonniers, dont la collaboratrice d'Ingrid B. Madame Rochas, fait bombarder cette zone, rendant très difficile l'exfiltration des libérés vers le Vénézula.

 L'attitude du président Uribe est compréhensible et légitime; il ne peut admettre que des terroristes occupent une partie de son pays; il ne saurait, face à son armée, démilitariser cette zone, ce qui équivaudrait à reconnaître de facto, un retrait de sa souveraineté.

 D'un autre côté, ce président doit comprendre que derrière la raison d'Etat il y a des drames humains qui durent depuis trop longtemps. Il faut aussi reconnaître à Hugo Chavez, quelles que soient les réserves qu'il soulève par son mode de gouvernement, un certain succès: c'est grâce à lui que les FARC ont envoyé des isgnes de vie d'Ingrid…  Enfin, cette libération annoncée va peut-être ouvrir la voie à des négociations plus générales, permettant une fois pour toutes de rétablir la paix et le calme en Colombie.

 Il faut laisser les FARC nous rendre Ignrid B.
 

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Nicolas Sarkozy et son discours du latran

 

    Franchement, Nicolas Sarkozy ne fait rien comme ses prédécesseurs. Sa visite officielle au Vatican est là pour le prouver! N'oublions pas qu'il fut un chaud partisan de la réforme de la loi de séparation de 1905, censée constituer l'épine dorsale de notre République, apaisant les tensions entre ceux qui croient au ciel et ceux qui n'y croient pas. Y toucher revenait à menacer un équilibre réputé fragile.

   Même si le discours n'a pas vraiment retenu l'attention de la presse hexagonale autant qu'il aurait dû, tant les passions en France sont loin d'être apaisées sur ce délicat sujet, l'attitude du nouveau président tranche avantageusement par rapport à celles de ses prédécesseurs.

   En rendant carrément un hommage appuyé aux croyants, tout en restant fidèle aux idéaux intangibles de la laïcité, le président a finement dégagé un espace qui sera celui d'une séparation intelligente, dialectique et non point un divorce. On peut être laïc sans être laïcard.

  Au fond, même si les religions ont longtemps nourri le fanatisme et la haine confessionnelle, des croyances éclairées par la philosophie (les Lumières de Cordoue à Berlin, par exemple) peuvent donner naissance à un humanisme et à des valeurs dont la République peut très bien s'inspirer sans se trahir.
 

   
 

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Noël aux immigrés et aux réfugiés

   

    Vu ce matin ou hier soir, veille de Noël, sur différentes chaînes de télévision française des banquets du réveillon de Noël, offerts à des populations déhéritées, réfugiées chez nous, le plus souvent sans papiers et en situation irrégulière. La plupart des convives sont évidemment de religions non chrétiennes, mais après tout Jésus n'était-il pas l'apôtre de l'unité, du monogénisme et donc du genre humain? Ne plaidait-il pas pour l'amour entre les hommes et une sorte de trêve de Dieu pour tout ce qui touche au fanatisme, aux interdits et aux ségrégations?

  C'est peut-être aussi cela, le dialogue et le rapprochement des cultures, montrer à des êtres non européens, non chrétiens, qui parfois, rêvent de nous exterminer ou de nous convertir, que le christianisme, le judéo-christianisme d'Europe, des USA et de l'Asutralie, ne sont pas leurs ennemis et que nous aussi, avons une idée très claire du partage et de la générosité.?

  J'ai été particulièrement ému d'entendre un Kurde d'Irak ou d'ailleurs adresser (dans un anglais rocailleux) ses félicitations émues à la France et aux associations d'entre-aide. Très émouvant aussi le spectacle de ces réfugiés en transit à Calais, enfin admis à prendre un repas de fête et à suivre des jeux et des amusements prévus pour eux.
 

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22/12/2007

Quelle année 2007!!

    

     Quand on aligne quelques uns des événements majeurs, censés avoir été les plus marquants au cours de l'année 2007 qui s'achève, on réalise, sans trop de difficulté, le chemin qui reste à parcourir pour réaliser ce monde de bonté, d'amour et d'amour dont parlent les prophètes hébraïques pour annoncer cette hypothétique époque messianique que les plus vertueux des hommes appellent de leurs vœux.

     Pour parler de 2007, que faudrait-il dire? En bien, peut-être la libération à venir de quelques ôtages colombiens des FARC, l'unification du continent européen avec ses 400 millions d'habitants, et une distance de 4000 km à parcourir, en principe, sans le moindre contrôle policier ni douanier.

    Mais pour ce qui est du mal, c'est-à-dire de ce que les Grecs appelaient l'hybris, la violence, le déséquilibre, le dissentiment, la disharmonie, l'injustice etc… la liste serait infinie: le terrorisme, le conflit israélo-arabe, le Darfour, le radicalisme islamique, la captivité d'Ingrid B. les soldats israéliens retenus par le Hamas et le Hezbollah libanais, la bombe iranienne, la révolution safran réprimée durement par les généraux birmans (en toute impunité!), les troubles graves dans nos banlieues, les grèves en France, à n'en plus finir (et notamment l'infâme grève à Orly qui contraient des femmes et des enfants à coucher sur des bances à l'aéroport)…. Et cette liste pourrait s'égréner à l'infini.

   Quand j'étais enfant, je chantais à la synagogue une composition liturgique médiévale qui commence par la phrase suivante (ahot qetana: petite sœur)… C'est le cantique qui célébrait l'entrée de la nouveelle année liturgique. Et un refrain avait toujours intrigué mon esprit d'enfzant, car je comprenais la terminologie sans en saisir le symbole. Il s'agit de ces paroles: que s'achèvent l'année et ses malédictions, que commencent enfin l'année nouvelle et ses bénédictions.

  C'est la seule chose que l'on puisse souhaiter pour le monde entier en 2008. Mais pouvons nous seulement y croire?
 

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21/12/2007

Le désenclavement intérieur de l'Europe

  Enfin, c'est fait! Plus de soixante ans après le terrible Yalta de la fin de la seconde guerre qui a coupé hermétiquement huit Etats d'Europe de l'est de la grande Europe de l'ouest, nos voisins et compatriotes de l'ancien glacis soviétique sont réintégrés dans leur culture et leur civilisation d'origine. Dira-t-on jamais ce qu'une idéologie inhumaine et barbare leur a coûté, nous a coûté?

  De Tallinn à Lisbonne, de l'est au fin fond de l'Europe méridionale, 400 millions de citoyens européens peuvent circuler en toute liberté et en paix, sans être ennuyés par des formalités de douane d'un autre âge. Symbolique parmi tous les autres chnagements, cette libre circulation entre l'Allemagne et la Pologne, deux pays séparés par un antagonisme qui remonte à l'époque des chevaliers teutoniques.

 La médaille a aussi son revers, la crainte de voir de mauvais garçons profiter de cette liberté de circulation pour commettre des délits et se livrer à toutes sortes de trafics illicites. Mais il semble que des patrouilles conjointes d'Etats riverains se soient déjà mises en place pour y mettre bon ordre.

  Vive l'Europe unie. Que naisse désormais une culture européenne, reflétant les authentiques valeurs judéo-chrétiennes. La visite de Nicolas Sarkozy au pape augure bien de ce changement. Les racines du continent doivent être rappelées et renforcées. La mamoire de l'Europe, c'est le judéo-christianisme
 

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19/12/2007

Les Français et leur pouvoir d'achat

 

  La vraie religion des Français se nomme le pouvoir d'achat. Cela ne signifie pas qu'on les critique ou qu'on leur reproche un tel choix, mais il faut bien reconnaître que la mondialisation n'a pas encore produit sur leurs esprits l'effet escompté.

 De quoi parlons nous? De ceci: il n'est pas question de priver les gens de ce qui leur revient de droit, de les accabler d'impôts et de redevances directes ou indirectes, mais il importe de leur faire comprendre que la soi-disant exception française a vécu, qu'on leur a caché la vérité durant de nombreuses années et que, maintenant, la hausse et la baisse du pouvoir d'achat dépendent en réalité des grands mouvements économiques et monétaires internationaux.

 Quand on s'est mis à parler des retombées mondiales de quelques processus écologiques dans l'endroit même le plus éloigné de notre planète, les commentateurs usaient de la belle comparaison suivante: le battement d'ailes d'un petit papillon au fin fond de l'univers peut provoquer un orage dans une autre contrée lointaine

 Cela vaut aussi en économie: que notre commerce extérieur fléchisse, que notre balance des paiements ne se redresse pas, que le pétrole augmente ou que la crise des subprimes persiste, et voila que cela, tout cela, a des répercussions chez nous. Sur le panier de la ménagère

 L'aspiration à vivre mieux est légitime. Et l'euro nous a beaucoup coûté, c'est indéniable. Mais il faut être réaliste. Et la grève des fonctionnaires déjà prévue pour le 24 janvier 2008 (on commence bien l'année nouvelle!) n'augure rien de bon.
 

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Vers la libération d'Ingrid B.

 

  Aurions nous un meilleur cadeau de Noël? Ah, si Ingrid B. devait êtree libérée au terme d'un calvaire qui dure depuis bientôt 6 ans! Il faut bien reconnaître que l'implication du Président Sarkozy a été payante. Depuis qu'il s'est saisi du dossier, le président colombien Uribe s'est vu contraint de nommer un médiateur en la personne du bouillant président vénézuélien Chavez qui fut peu de temps après déchargé de ses faonctions en raison d'une intrusion dans la chaîne du commandement militaire colombien.

 Aujourd'hui, les FARC semblent avoir compris qu'elles ne pourraient pas résister éternellement aux pressions internationales. En Amérique du sud, on est très sensible à l'amour propre et aux marques d'estime et de respect. Nicolas Sarkozy et son conseiller Jean-David Lévitte l'ont très bien compris.

  Il ne faut pas non plus accabler le président Uribe qui doit gérer les demandes absolues de son armée. Et après tout, une armée est là pour faire la guerre et chasser les terroristes. La marge de manœuvre est étroite, mais l'espoir est là. Tirons notre Ingrid de cet enfer mais n'oublions pas les dizaines d'autres prisonniers que les FARC traînent dans leur sillage au sein d'une jungle in hospitalière.
 

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18/12/2007

Assia DJEBAR, de l'Académie française

        Nulle part dans la maison de mon père (Fayard, 2007).

En dessous du titre de ce livre, largement autobiographique, l'auteur a ajouté la mention roman, ce qui n'est que partiellement vrai, à moins de considérer que sa vie fut un roman ou que le récit livré est un peu romancé. C'est bien cela. De quoi s'agit-il? D'une évocation largement attendrie et émue de l'enfance et de l'adolescence de l'auteur, fille d'un instituteur musulman en Algérie et d'une femme au foyer, dévouée à son mari et à ses enfants. 

 L'auteur y relate la cadre de sa vie familiale, scolaire, affective et les déchirements du cadre colonial qui sépare gravement les Européens des indigènes auxquels on imposait pourtant une culture et une civilisation qui n'étaient pas les leurs. La jeune fille narre les déchirements de son père, admis sans vraiment l'être, en raison de ses origines, dans la société coloniale de l'époque.

 Elle montre aussi le malaise inhérent à la société islamique (même avant la lettre) surtout pour ce qui touche au statut de la femme: faire du vélo et montrer ses jamabes alors qu'elle a six ans! Rencontrer un garçon, pourtant bon musulman comme elle, manger un baba au rhum, ce qui la conduit à enfreindre un interdit alimentaire, rencontrer en cachette  celui qui partegera plus tard sa vie, l'acte inconsidéré qu'elle commet et qui aurait pu (ce qu'à D- ne plaise) nous priver d'une si grande romancière… toutes choses qui proviennent peut-être de la rigueur paternelle, de son refus de se lâcher, de donner la main à sa petite fille dans la rue, de la laisser lui sauter au cou. Un père sans amour, d'où le titre nulle part dans la maison de mon père

 Ce livre dont je recommande la lecture durant les vacances nous montre le retard de certaines civilisations par apport à d'autres qui, par bonheur, ont, elles,  accepté, comme disait Mao, l'autre partue di ciel. Sans la femme, que serait l'homme? 

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