25/05/2016

Seul comme Manuel Valls…

Seul comme Manuel Valls…

La situation est étrange. On se demande où sont les membres les plus importants du gouvernement. Madame Royal est à l’étranger et ne veut pas se prononcer sur les blocages et les grèves. E. Macron donne des interviews aux journaux avec des déclarations étranges. François Hollande est reçu par France-Culture. Seul, Manuel Valls, depuis Israël, s’évertue à rassurer : non, non, pas de pénurie, pas de risque, etc…

Or c’est le seul homme en France à dire qu’il n y a pas de pénurie ; la France est de plus en plus paralysée et le Premier Ministre s’échine à dire que la situation n’est pas grave. Or, tout se met en grève…

Des questions se posent : quelle est la stratégie à l’œuvre ? Que pense faire le président de la République ? Va t il laisser Valls s’empêtrer et ensuite le renvoyer ? Mais qui nommer à sa place ? Macron, c’est exclu, peut-être Cazeneuve. Mais en a t il la carrure ?

Voit on un nouveau gouvernement à moins d’un an de l’élection présidentielle ? Il est évident que l’exécutif, au sommet de l’Etat, a une stratégie. Selon certains commentateurs, il y a trois hommes liés par leurs fonctions mais séparés par leur ambition. Fr Hollande envisage de se représenter, même si certains le lui déconseillent froidement. En effet, si l’on en croit les sondages, aucun ne le place au second tour. Restent le ministre de l’économie et le Premier Ministre. Si Fr. Hollande renonce, qui va se présenter ? Ce sera un rude duel.

Macron, nous dit on, s’y prépare, mais que fera Valls ? Si ce scénario devait se confirmer, la gauche aura déjà perdu l’élection.

Je ne vois pas comment la France sortira de cette crise sans graves conséquences. Il ne faut dire que le pays a déjà connu des crises de ce genre ; c’est faux, celle-ci est unique et radicalement nouvelle. La CGT joue sa survie, elle jette toutes ses forces dans la bataille. Fr. Hollande observe : laissera t il Valls s’empêtrer ou au contraire le soutiendra t il, autrement que du boute des lèvres.
Mais qui disait déjà qu’il n’existe pas d’amitié en politique ?

08:37 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

24/05/2016

Faire grève, est ce bloquer, paralyser tout un pays?

Faire grève, est ce bloquer, paralyser tout un pays?

C’est la question que tous les observateurs, même les plus détachés et les plus objectifs, se posent avec une certaine perplexité : que veut, que cherche la CGT dont la position, jadis dominante, dans la vie syndicale, s’effrite de manière préoccupante ? La réponse ne fait plus de doute, même dans les rangs socialistes pro-gouvernementaux : la CGT plonge le pays tout entier dans un état pré insurrectionnel où ses membres et les forces de l’ordre s’affrontent sans discontinuer sous le regard désabusé des automobilistes englués dans d’interminables files d’attente devant les stations-services ; et le plus souvent pour repartir bredouilles, craignant la panne sèche.

Faire grève, comme le prévoyait la loi au milieu du XIXe siècle, c’est protester contre les patrons, ce n’est pas s’en prendre à l’Etat en tant que tel pour le faire plier. Bloquer les raffineries, suspendre les livrassions de carburant, entraver la libre circulation des personnes et des biens, tout ceci n’a rien à voir avec l’exercice du droit de grève.
Selon la CGT il faudrait retirer purement et simplement la loi travail, faut de quoi le mouvement s’amplifiera et se radicalisera toujours plus.

Est-ce une revendication légitime ? Qui gouverne en France ? Le parlement, le gouvernement ou la rue ? Si c’est la rue, à quoi voter des lois ? Or, là la loi travail qui a été vidée de son contenu, ne devrait pas être retirée puisqu’elle modernise les rapports entre les partenaires sociaux. Et permet, surtout, d’inverser la courbe du chômage dans les configurations les plus optimistes.…

Derrière cela, dit la CGT, se profile la volonté de François Hollande de se présenter aux élections présidentielles. Il fait donc tout faire pour être en situation. Mais en pesant de la sorte sur la société française, la centrale syndicale est en train de rendre cette candidature quasi-impossible : l’accumulation de l’état d’urgence, de la menace d’attentats, les grèves, les blocages, les occupations des raffineries, le mouvement de nuit debout sur la place de la République, etc… tous ces éléments ne contribuent pas à donner une image séduisante du pays.

La question qui vient à l’esprit est la suivante : la France est elle inamendable, irréformable, rétive, dans son ADN, à toute idée de réforme ? C’est ce que se demande la presse allemande qui fait un jeu de mots entre Frankreich et Streikland (pys où la grève est reine) .

Quel gouvernement, digne de ce nom, irait jusqu’à retirer une loi, même si elle a été votée par le 49-3. Le pays traverse une passe difficile. Il serait très dangereux de miser sur le pourrissement de la situation. Il ne faut pas penser que l’Euro ou les vacances vont y changer quelque chose. Il faut trouver une solution. Peut-être suspendre l’application de la loi. Je vois mal le gouvernement se coucher ni la CGT se calmer.

C’est triste. Quelle image le pays donne t il de lui-même ?

09:04 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

23/05/2016

Ce qui se passe en Autriche

Ce qui se passe en Autriche

On a l’impression que si le candidat Norbert Hoffer était élu, ce serait la fin du monde. Les institutions européennes, la presse mondiale, tous les médias, bref, une quasi-unanimité nous menace des pires effets si jamais le peuple autrichien élisait démocratiquement son président, un président qui, soit rappelé en passant, a un rôle purement honorifique, même si, dans ce domaine, les symboles comptent.

Paradoxalement tout le monde s’agite, tout le monde condamne, même par avance, mais personne ne veut explorer objectivement le passé de ce pays qu’est l’Autriche, passé en moins d’un siècle, de grande puissance européenne, regroupant des dizaines de millions d’hommes au sein de la fameuse double monarchie austro-hongroise, à moins de dix millions d’âmes.

Je connais bien Vienne où j’ai souvent séjourné, donné des conférences et aussi étudié les manuscrits hébreux de la Staatsbibliothek. Et de cette expérience vécue sur place, j’ai retiré quelques enseignements.

Mais avant d’y venir, jetons un rapide coup d’œil sur les faits historiques dont deux, en l’état actuel, me semblent avoir une importance majeure : a) il y a quelques siècles, l’empire ottoman, donc un islam militant et conquérant, était aux portes de Vienne et c’est d’ailleurs à cette présence invasive que certains attribuent la naissance du croissant que l’on dévore à belles dents chaque matin que Dieu fait. b) Vienne et l’Autriche en général furent la citadelle de la contre réforme, stoppant net l’expansion de la foi évangélique.

Ces deux faits expliquent un certain conservatisme, mais aussi, hélas, des relents d’antisémitisme qui remontent à très loin, notamment à l’époque de Karl Lueger, le maire antisémite de Vienne, un maire dont la main droite ignorait ce que faisait sa main gauche : en effet, pour ses campagnes électorales, il n’était pas très regardant car, comme chacun sait, l’argent n’a pas d’odeur. Et les grandes fortunes juives y contribuaient largement…

On peut donc dire que le repli sur soi et la crispation identitaire sont des éléments qui ne sont pas nouveaux dans le beau ciel viennois. A cela vient s’ajouter une ambiance presque palpable de déclin, de grandeur passée, si savamment entretenue par des monuments et des quartiers entiers de Vienne, le Burgtheater, la Ringstrasse le Prater, la majestueuse cathédrale, etc… Lorsque vous vous promenez dans le cœur même de la capitale, dans ce prestigieux premier arrondissement, que remarquez vous sur les panneaux indicateurs ? On ne signale pas la direction de Graz ni de Linz mais de Budapest et de Prague ! Le pays a rétréci, ce qui constituait jadis son hinterland est devenu une entité étrangère. L’Autriche ne regroupe plus que 8 millions d’habitants

Je vous fais grâce d’un humour viennois mortifère, grinçant (Galgenhumor) du genre : la situation est désespérée mais ce n’est pas grave…

L’Autriche n’a rejoint l’Union Européenne que très tardivement, il lui reste encore quelques vieux réflexes protectionnistes et régionalistes, pour ne pas dire provincialistes. En une phrase, ce pays a voulu s’accrocher à des mythes du genre le beau Danube bleu alors que le fleuve avait besoin d’un sérieux assainissement pour redevenir présentable. Et le tout à l’avenant, songez au bal et au concert du 1er janvier retransmis à la télévision, aux valses viennoises entraînantes : toutes ces choses ne peuvent pas déserter l’âme autrichienne d’un seul coup. Je me souviens même d’un dîner chez le plénipotentiaire autrichien à Paris au cours duquel un éminent violoniste m’a posé cette étonnante : Selon vous, Monsieur le professeur, qu’est ce qu’un Autrichien… Comme dirait Levinas, quand on commence à s’interroger sur son identité, c’est qu’on l’a déjà perdue !

Arriva enfin ce déferlement migratoire qui a tout changé. J’ai entendu hier soir une dame vivant dans une zone rurale, décrie le sentiment de panique qui s’était emparé de tous ses concitoyens : au début ce furent quelques centaines de migrants arabes qui traversaient le pays, chaque jour, et soudain ce furent des milliers qui leur emboîtèrent le pas. Les gens se sont sentis envahis, minoritaires dans leur propre pays, entourés d’une population qui ne parlait pas leur langue ni ne partageaient les mêmes croyances… Pas même la même culture !

En fait, ce que l’Allemagne voisine pouvait se permettre, vu sa taille et ses moyens, la petite Autriche le vivait comme un cauchemar… Les partis traditionnels qui se partagent le pouvoir depuis la in de la guerre ne sont plus adaptés à la nouvelle situation.

Comment voulez vous que les électeurs ne se tournent pas vers une nouvelle force politique pour laquelle, en mon âme et conscience, je n’ai pas de grande sympathie, tout en respectant le droit des peuples à se doter des gouvernements qu’ils souhaitent.

Toutes ces raisons me poussent à dire que l’élection de Norbert Hoffer à la présidence ne serait pas la fin du monde. Ne dit on pas qu’en France Marine Le Pen est assurée d’être au second tour de l’élection présidentielle alors que l’actuel président en exercice n’est pas vraiment certain d’y figurer ?

Les Autrichiens exagèrent sûrement le danger que représente l’islam ; mais si vous observez bien la sensibilité dans notre continent, vous verrez qu’ils ne sont pas seuls : les Suisses ont rejeté les minarets, les Tchèques, les Hongrois, les Bulgares, les Polonais, les Slovaques se sentent eux aussi concernés.

La crise provoquée par les migrants aurait pu être évitée si l’égoïsme de notre continent n’avait pas prévalu au détriment de la solidarité : au lieu d’intervenir puissamment sur place, on a laissé l’Etat Islamique se renforcer et s’étendre. Et on commet la même erreur fatale en Libye ou le terrorisme risque de s’étendre à la petite Tunisie voisine, laquelle n’est qu’à quelques encablures de l’Italie…

Alors pourquoi faire la leçon à l’Autriche ?

Maurice-Ruben HAYOUN in Tribune de Genève du 23 mai 2016

09:25 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

21/05/2016

La France, ingouvernable, à l’abandon…

La France, ingouvernable, à l’abandon…

Depuis la présentation de la loi travail et le recours à l’article 49 alinéa 3 de la constitution, la France ne vit pas normalement. La CGT qui est en recul, a envenimé la situation afin de reprendre des forces et de stopper la désaffection dont souffre ce syndicat. Le problème est que ce bras de fer perturbe la vie des gens.

On ne compte plus les manifestations, les grèves, les rassemblements, les troubles à l’ordre public, les attaques de plus en plus violentes contre les policiers, et à présent c’est la volonté de paralyser le pays puisque la CGT bloque les lieux de ravitaillement, les centrales d’alimentation et aussi, depuis peu, les sources d’énergie.

La pénurie des carburants se profile à l’horizon car les syndicalistes bloquent les dépôts de carburant et même les usines de raffinage. Ce qui est un véritable acte de sédition civile, une tentative de mettre le gouvernement et le pays à genoux. Les préfets ont dû émettre des arrêtés de rationnement, de restrictions d’offre des carburants. Ces raffineries qui sont à l’arrêt requerront plusieurs jour pour re-fonctionner normalement.

Est ce que ces moyens de pression sont constitutionnels ? Quel droit permet aux syndicalistes de peser de cette manière sur la vie des citoyens ? Et tout cela parce qu’ils veulent continuer à imposer à l’Etat toute une série de privilèges indus. Les Français continuent de vivre largement au-dessus de leurs moyens et refusent d’affronter la réalité : à savoir ne dépenser que ce que l’on gagne, veiller à l’adéquation parfaite entre les recettes et les dépenses. Une bonne gestion comptable.

Que cherche la loi dit el Khomri ? Elle cherche à faire confiance aux employeurs afin qu’ils embauchent du personnel et stimulent ainsi la croissance tout en faisant baisser le chômage. Ainsi on a voulu inverser la hiérarchie des normes : c’est-à-dire que chaque entreprise négocie ses relations avec son personnel et on n’a plus à se soumettre à des accords de branche. La persistance de ce dernier système explique que l’on soit dans cette situation déplorable qui caractérise la France depuis de nombreuses années. On achète la paix sociale au prix d’un endettement et de déficits colossaux. Peu importe, à partir du moment où les gens ne manifestent pas dans les rues, ne bloquent pas les trains et les avions…

Le problème est que la loi travail, ayant été adoptée par le 39-3, va revenir du sénat à l’assemblée nationale où il faudra de nouveau le 49,3. Mais cette fois-ci, les frondeurs auront trouvé les signatures manquantes… Que passera t il ? Un psychodrame de plus.

11:39 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

20/05/2016

D’un drame à l’autre

 

 

D’un drame à l’autre

Précédemment je voulais parler de l’attaque inouïe dont furent victimes en plein centre de Paris deux policiers, âgées de moins de trente ans. Et voici que le terrorisme international fait de nouveau parler de lui puisque la disparition de l’Airbus d’Egyptair est sûrement due à un acte de malveillance. Nous prions simplement, après  une pensée intime et émue pour les victimes et leurs pauvres familles, pour que la bombe n’ait pas été introduite dans l’avion lors de son escale à Roissy !

Il faut donc parler de ces deux événements en même temps. Et je commencerai dans l’ordre chronologique : comment deux policiers circulant dans un véhicule marqué de la police nationale ont il pu être victimes d’une agression risquant de mettre leur vie en péril ? Comment des manifestants français de souche ont il pu s’en prendre si sauvagement à deux policiers qui ne les menaçaient ni ne le gênaient le moins du monde ? Les policiers qui ont manifesté pour se plaindre de ce racisme, de cette haine anti-policiers, voient à juste titre dans cette agression une parfaite illustration de leurs craintes.

Ce qui personnellement me trouble au plus profond de moi-même, ce sont les moyens employés pour terroriser ces deux policiers qui, à aucun moment, n’ont songé à faire usage de leurs armes : après tout, leur vie étant mise en danger, c’eût été de la légitime défense. Des vidéos sont apparues plus tard car aujourd’hui tout est filmé, même les choses les plus abjectes ! On voit des gens équipés de barres de fer, casqués et bottés, oserai-je dire, s’acharnant dans le véhicule des deux fonctionnaires qu’ils rouent de coups après avoir mis le feu à leur voiture: c’est la première fois que je vois un tel spectacle à Paris, sur la voie publique, alors que je vis dans la capitale depuis plus d’un demi siècle ! A l’heure qu’il est, les suspects ont été appréhendés et on découvre que ce sont de jeunes Français sans problèmes particuliers, des jeunes fanatisés contre les représentants de l’ordre public.

Le gouvernement craint une bavure, il a tort, il devrait sévir plus fortement, d’ailleurs les forces de sécurité se plaignent de la retenue dont font preuve les gouvernants.

Venons en à la tragédie de l’avion d’Egyptair. Les implications sont innombrables. Là aussi, les nations civilisées, le monde occidental n’ont pas compris, ou font semblant de ne pas comprendre que c’est la guerre qui prend des formes nouvelles, mais une guerre totale, tout de même. Les nations ont peur d’affronter l’Etat Islamique sur le terrain et préfèrent l’affronter à distance. En réponse, les terroristes développent leurs ramifications dans ces mêmes états européens et y commettent des attentats sanglants comme à Madrid, Londres, Paris et Bruxelles.. A côté de l’EI Ben Laden fait figure d’enfant de Chœur…

Il faut changer de stratégie, il faut changer beaucoup de choses. Il faut même réfléchir sur le maintien ou non de l’Euro cette année. Il y va de la sécurité nationale. On a laissé les choses filer, on a accordé la nationalité française à des gens qu’on a oublié, volontairement ou involontairement, d’intégrer valablement. L’Etat et ses agents n’ont pas été à la hauteur, ils ne sont pas allés jusqu’au bout de leur tâche. Tant la France que la Belgique ont laissé se constituer des ghetti où l’EI est venu faire son marché sans trop de problèmes.

Est il trop tard ? Ne peut on plus inverser la tendance ? Faut il que Marine arrive au pouvoir pour faire le ménage ? C’est ce que pensent de plus en plus de Français qui ne se sentent plus chez eux. Il faut renforcer la coopération sécuritaire avec les pays concernés et reconnus pour leur efficacité dans ce domaine.

Il n’est pas trop tard si l’on réagit vite et fort. Seules l’Amérique et l’Asutralie semblent sanctuarisées, le reste du monde est menacé.

Alors ?

08:30 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

18/05/2016

Les chrétiens d’Orient ont ils encore un avenir?

Les chrétiens d’Orient ont ils encore un avenir?

On peut même se demander s’ils vont simplement survivre physiquement. C’est l’impression que nous a laissée l’émission thema d’hier sur Arte. Il est difficile d’avoir un point de vue tranché sur la question, je veux dire sur l’attitude des armées et des gouvernements occidentaux face à l’arabisme et à l’islamisme. On oublie souvent que les chrétiens orientaux sont aussi des Arabes mais ne sont pas des musulmans. D’où l’existence de chrétiens arabes, une espèce en voie de disparition. Ils sont une poignée de millions au milieu de 320 millions de musulmans, de plus en plus gagnés par l’intégrisme et des sentiments anti-chrétiens. Même l’Egypte qui compte quelques millions de coptes penche dangereusement vers l’intolérance et le fanatisme.. On fait tout pour bloquer ou simplement entraver le développement naturel de ces communautés qui se réduisent comme une peau de chagrin.

J’ai noté le détail suivant : pour tout ce qui touche aux lieux de culte chrétien il faut un véritable décret présidentiel en Egypte, qu’il s’agisse de réparer des latrines, renforcer un mur ou des fondations. Et chacun connaît l’ingéniosité, l’inventivité satanique de l’administration égyptienne.

J’ai été ému par ces jeunes mamans coptes conduisant leurs enfants au catéchisme plusieurs heures par semaine car elle redoutent, disent elles, des influences venues de l’extérieur et ayant pour objectif de convertir de gré ou de force les enfants ! Cela m’a rappelé la situation des juifs dans les pays arabes au début des années cinquante ou même bien avant. On a aussi évoqué la mise en scène macabre de Daesh en Libye où une vingtaine de coptes, travailleurs émigrés, ont été égorgés devant les caméras.

Mais on trouve la même volonté d’entraver la vie chrétienne en Turquie. On a entendu des témoignages émouvants d’hommes et de femmes, issus de communautés antiques, syro-chaldéennes, revenant dans des églises fort anciennes où ils furent baptisés ou y célébrèrent leur mariage, mais qui sont, aujourd’hui, fermées, dégradées, vandalisées .

Alors que les Arabo-musulmans, présents en Europe, continent chrétien, réclament à cor et à cri des mosquées qu’ils finissent par obtenir, quelle que soit la vive opposition des riverains, craignant pour leur sécurité et pour celle de leurs enfants . Vivrons nous le jour où le fanatisme acceptera de se modérer, tolérera ceux qui pensent, croient et prient autrement qu’eux ?

Il y aurait tant à dire, et notamment sur l’indifférence des puissances occidentales, plus attirées par le pétrole et les ventes d’armes que par la défense de pauvres gens, issus d’un christianisme si ancien : tous ces territoires où les chrétiens ne sont plus les bienvenus furent pourtant ceux où les adeptes du Christ firent leurs premiers pas. On a tendance à l’oublier mais le christianisme comme les deux autres religions monothéistes sont nées en Orient. Et Jésus n’était pas un jeune homme aux yeux bleus et aux belles boucles blondes mais plutôt un beau brun ténébreux… On va vivre la création d’un nouveau terme allemand : ce n’est plus judenrein (sans juifs) mais christenrein ‘sans chrétien)

Les racines de ce mal antichrétien sont profondément enfouies dans la mentalité d’une religion intégriste : qu’est ce qui sépare un Arabe musulman d’un Arabe chrétien ? Tous deux croient en Dieu mais chacun le fait à sa manière. Un verset des Psaumes fait allusion à cette situation en ces termes : Une chose a dit l’Eternel mais nous en avons entendu deux… En clair, pour reprendre une exégèse de Paul Claudel, l’infinie plénitude de sens, la polysémie incomparable du verbe divin ne peut pas être cernée par l’homme, son intellect n’est pas à la hauteur.

Je me demande comment nous devons nous y prendre pour convaincre un certain islam que l’essence divine est profondément amour et n’a strictement rien à voir avec la contrainte en matière religieuse. Certes, Averroès l’a dit au Moyen Age, il a quitté cette terre en 1198 et n’a guère eu d’héritiers dans sa propre communauté religieuse. Lo ikraha fi al din : pas de contrainte en matière de foi… C’est pourtant très clair.

J’avoue que cette émission, si riche, si documentée, si tragique, m’a bouleversé. Il est loin le temps où la France, protectrice des chrétiens d’Orient, envoyait un corps expéditionnaire sur place, comme du temps d’Ernest Renan qui se trouvait au Liban vers 1860, pour défendre une minorité menacée et rétablir l’ordre. Par un surprenant raccourci aux conséquences tragiques, certains musulmans identifient leurs concitoyens chrétiens avec je ne sais quels descendants de croisés, donc avec une sorte de cinquième colonne qu’il convient de neutraliser.

On comprend mieux, à présent, l’attitude d’Israël et son aspiration à la paix dans l’une des régions les plus dangereuses du monde.

Même les USA ne considèrent pas que le sauvetage de ces pauvres chrétiens d’Orient a une importance stratégique. Le président Obama fait le calcul suivant : l’Irak est devenu un protectorat iranien, la Syrie voisine n’est maintenue sur pied que grâce (aux Russes) et aux Iraniens… Obama pourrait réduire l’Etat Islamique en deux semaines s’il envoyait une seule division blindée de son armée… Mais s’il le faisait, il ouvrirait un boulevard aux Mollahs de Téhéran qui essuient des pertes de plus en plus lourdes. Alors que fait-on ? On épuise les Iraniens mais parallèlement on permet la mort ou l’exode d’innombrables être humains.

Avec un tel raisonnement, ces pauvres chrétiens d’Orient ne peuvent plus compter que sur la Grâce et recommander, comme le Psalmiste, leur âme à Dieu.

Maurice-Ruben HAYOUN in Tribune de Genève du 18 mai 2016

07:11 | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook

16/05/2016

Le concert de Black M: les leçons d’une annulation

Le concert de Black M: les leçons d’une annulation

Je ne sais pas s’il fallait ou non annuler ce concert à l’occasion de la commémoration des massacres qui eurent lieu à Verdun lors de la Grande guerre, lorsque près de 380.000 soldats français furent sacrifiés. Je ne sais pas si ce chanteur était vraiment la personne la plus qualifiée pour marquer l’événement d’une pierre blanche. Après tout, cela est le centenaire de cette horrible bataille et certains sont enclins à penser qu’un peu de décence eût été de mise. Mais cela parait contestable : ce que je sais, c’est que ce choix de Black M a suscité de violentes réactions dans tout le pays et ce sont justement ces réactions que je voudrais analyser un petit peu, n’étant pas un spécialiste de la sociologie politique.

Il y a tout d’abord l’inadéquation entre l’artiste et l’événement. Cette discrépance a été superbement ignorée, ce qui illustre bien l’impéritie des édiles et des décideurs en général. Quand on choisit un artiste pour un tel événement, si crucial dans l’histoire nationale et qui a coûté des centaines de milliers de victimes, on s’entoure de sages conseils, on procède à des consultations. Rien de ce travail exploratoire n’a été fait.

La seconde raison est plus délicate et pose la question de la liberté artistique. Peut-on se moquer de tout ? Peut-on s’emparer de tout sur un ton badin, voire moqueur, voire même méprisant ? C’est douteux. On a reproché à ce chanteur d’origine africaine des tirades anti-juives, anti-homosexuelles et anti-France (sans que je sache ce que cela signifie au juste…) On lui a reproche aussi –et c’est le plus grave en cette période post attentats islamistes- d’avoir traité la France de pays de Kouffar, de mécréants. Et on sait le sort que les islamistes réservent généralement à ceux qui ne partagent pas leurs propres convictions religieuses.

Mais tout ceci n’est pas aussi important, ni surtout aussi inquiétant que le troisième point qui me semble émerger avec une insistance de plus en plus forte dans le pays : la crispation identitaire, le refus de plus en plus marqué de vivre ensemble avec des gens issus d’autres cultures, adeptes d’un autre credo que celui du corps traditionnel français qui demeure la couleur blanche et l’adhésion au christianisme dont l’histoire se confond avec celle du pays tout entier. Une forte majorité de Français –et les sondages d’opinion le prouvent- commence à s’interroger sur le devenir de leur pays. D’autres, notamment dans le sud et aussi en région parisienne,, s’inquiètent d’une pression démographique de plus en plus forte qui contribue à changer la physionomie de leurs quartiers. Certains penseurs très marqués à droite ont même théorisé ce sentiment en parlant de la doctrine du grand remplacement…

En termes plus clairs : en cette période où la France a subi deux attaques meurtrières de la part des islamistes, dont la plupart sont nés sur le sol nationale et étaient donc français, les citoyens de ce pays en viennent à appeler de leurs vœux et de leurs feux la résurrection de la France de toujours…

Cette expression, passablement suggestive et très évocatrice, n’est pas de moi, je l’ai entendue dans le discours d’un grand leader de droite qui a voulu la tester auprès de l’opinion. Elle signifie que la population vit de plus en plus mal non plus l’éloignement de, mais l’arrachement à ses racines, celles de la France éternelle.

Le bon sens commande de redresser la barre comme l’a fait le président en acceptant de ne recevoir que 30.000 réfugiés alors que l’Allemagne (pour des raisons tout autres) en accueille près d’un million.

Il faut restaurer l’identité française ; il faut redonner confiance au pays ; il faut faire preuve d’autorité sinon tout va se déliter. Voyez la semaine qui s’annonce : on court vers la grève générale. Est ce le retour des mauvais génies de mai ?

09:27 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

15/05/2016

Etat préinsurrectionnel en France: va t on vers la désobéissance civile?

Etat préinsurrectionnel en France: va t on vers la désobéissance civile?

Mais que se passe-t-il donc en France ? Non seulement l’exécutif est empêtré dans une situation intérieure inextricable, non seulement certains élus, même des ministres, se voient reprocher des comportements inappropriés vis-à-vis des dames, eh bien, en plus, la jeunesse se transforme en bandes de casseurs qui n’hésitent pas à s’en prendre à des policiers chargés de faire respecter la loi et de rétablir l’ordre.

Depuis des semaines il y a à Paris, place de la République, ces rassemblements de nuit debout. Des casseurs s’infiltrent régulièrement dans ces groupes et vandalisent les magasins et les banques alentour ; les habitants du quartier ne jouissent plus de la quiétude due à tous les citoyens d’un état de droit. Le gouvernement parait impuissant, son autorité est bafouée, et on est en plus en état d’urgence, c’est-à-dire qu’aucune manifestation ne devrait se tenir et pourtant…

Et la cerise sur le gâteau, c’est l’état d’épuisement des forces de l »ordre qui sont su remployés ; même l’armée est parvenue au bout de ses possibilités, ce qui veut dire qu’on ne peut plus se projeter vers l’extérieur, ni accroitre l’opération dite sentinelle. Les forces de police et de gendarmerie sont débordées car la crainte de nouveaux attentats reste grande.

Je ne reconnais plus ce type de manifestants si violents ; on n’avait encore jamais vu cela. Un exemple, le dernier en date : un jeune lycéen de 18 ans, qui a passé sa première nuit en prison, a tenté, avec quelques autres, d’enlever le casque d’un CRS afin de lui porter à la tête un coup à l’aide d’un pavé ! Inouï, du jamais vu. On n’est plus en France mais dans je ne sais quel pays aux mœurs barbares.. Et maintenant, ce jeune homme est accusé de tentative d’assassinat et risque fort de comparaître devant les assises !

Est-ce cela le résultat de notre éducation nationale, de notre culture et de notre éthique ? Comment des êtres aussi jeunes, non encore confrontés aux aléas de l’existence, peuvent ils s’en prendre ainsi à un policier qui a, à peine, quelques années de plus qu’eux ?

On entend parler des violences policières et le ministre a bien réagi à ce sujet, mais pour le moment (si on met de côté un cas gravissime où un jeune étudiant de 21 ans a perdu un œil suite à un tir de flash ball), les policiers font preuve de retenue.

Mais d’où vient ce phénomène des casseurs ? Comment des gens peuvent ils s’équiper, faire des achats pour s’en prendre intentionnellement aux personnes et aux biens, et dénoncer en même temps des violences policières ? Et ce qui m’inquiète encore plus , c’est que ces attaques perdurent, qu’elles sont récurrentes et vont en s’aggravant.

Cela provient de l’état du pays. Une sorte d’instabilité politique mine les fondements mêmes de l’Etat. Les sondages concernant le président de la république ne sont pas encourageants ; une partie de la majorité socialiste a même tenté de censurer le gouvernement socialiste à l’Assemblée Nationale ; un ministre du gouvernement entretient le flou sur ses intentions pour l’élection présidentielle et va, malgré ses dénégation de pure forme, se présenter, ce qui interroge sur la solidarité et la cohérence de ce gouvernement…

Il n’est pas impossible que tout ceci contribue à empoisonner le climat. Mais je ne comprends toujours pas pour quelles raisons des villes comme Nantes et Rennes agissent de la sorte. Certains conseillent de pointer le chômage qui sévit depuis tant d’années, et qui s’est accru depuis quatre ans.

La France est à la veille de choix difficiles. On risque de vivre des moments assez pénibles. Qui va rester au gouvernement ? Que va faire le président de la république en décembre ? Si les sondages ne changent pas, ira t il jusqu’au bout de sa démarche ? Malgré tous ses déplacements en province ou dans la capitale, les sondages restent atones ?

Mais que se passe t il ? Au terme de l’été, la droite va organiser ses primaires, de très beaux déchirements en perspective. La gauche va devoir en organiser aussi, mais certains en profiteront pour en écarter l’actuel président de la république. Belle empoignade en perspective !

Alors que faire, oui, vraiment, que faire ?

09:38 | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook

11/05/2016

Les racines chrétiennes ou plutôt judéo-chrétienne de l’Europe

Les racines chrétiennes ou plutôt judéo-chrétienne de l’Europe

Depuis longtemps j’ai été conduit, par mes fréquentations et mes rencontres, à m’interroger sur la culture historique de nos ministres et dirigeants politiques de France et d’ailleurs . Dans contexte, je n’ai jamais oublié la remarque désabusée mais pleine de sens d’un ami préfet de région, aujourd’hui retiré des affaires, qui mit fin à mes illusions sur la lucidité et la culture de nos hommes politiques. Il me tint alors en substance le discours suivant : cher Maurice-Ruben, comme tous les êtres intelligents et cultivés, vous imaginez que ceux qui nous gouvernent, de droite comme de gauche, sont comme vous ; Eh bien, détrompez vous !

Et je n’ai pu m’empêcher de penser à cette sagace remarque en écoutant les déclarations aventureuses de l’ancien ministre français des finances Pierre Moscovici, aujourd’hui commissaire européen. Et je rejoins sur ce point l’appréciation sensée et très fondée de Renaud Girard dans Le Figaro du 10 Mai : si les racines culturelles de notre contient ne sont pas judéo-chrétiennes, alors d’où viennent-elles ? On se le demande ! En fait, l’ancien ministre, bien qu’énarque, n’a pas révisé ses livres d’histoire. S’il avait lu quelques lignes du philosophe Emmanuel Levinas (ou s’il s’était simplement adressé à l’autre Emmanuel du gouvernement, un certain Macron qui a étudié la philosophie à l’Université, tout en devenant banquier) il aurait trouvé l’éclairante définition suivante de notre continent : l’Europe, c’est la Bible et les Grecs ! Quelle profonde lucidité ! Et j’ajoute pour ma part, moi qui suis à la fois un philosophe médiéviste et moderniste que l’authentique constitution spirituelle de l’Europe n’est autre que le Décalogue, le fameux tu ne tueras point, tu respecteras tes parents, etc… Car au fondement de toute constitution politique gît, comme chacun sait (à l’exception peut-être de Pierre Moscovici qui aurait dû l’apprendre au Talmud Tora), un principe spirituel, L’homme n’est pas seulement un homo economicus mais un être spirituel. Ou pour le dire en termes bibliques, l’homme ne vit pas que de pain (lo al ha-léhém levoda yhyé ha-adam).

Pourquoi cette amnésie ? Laissons de côté l’ignorance, l’inculture des uns et des autres ; on découvre en creusant un peu une sorte de haine de soi, ce non acceptation de soi, de son histoire et de son patrimoine spirituel. Certes, ce n’est pas à l’auteur de ces lignes dans cette Tribune de Genève, qu’on rappellera les fautes, les crimes graves, impardonnables, inoubliables de cette Europe qui avait nié lors de la Shoah, ses racines vétérotestamentaires et néotestamentaires, perpétrant le plus gigantesque des massacrées de tous les temps. Mais est-il permis, est-il simplement juste de réduire l’Europe à cela ?

L’Europe chrétienne, nourrie par un humus, un sol nourricier juif, a régénéré les peuples païen, elle leur a appris à vivre, elle leur a enseigné un sens de l’existence humaine sur cette terre, elle leur a appris à mourir, leur inculquant que la mort n’était pas la fin de tout, qu’il y avait un au-delà, une vie après la mort, une immortalité de l’âme. Bref elle implanté dans leur cœur l’idée du monothéisme éthique.

Un juriste allemand au passé loin d’être sans tache, Carl Scmitt, compagnon de route des Nazis, avait réuni, au début des années vingt, quatre conférences (traduite en français chez Gallimard), auxquelles il donna le titre suivant : Politische Theologie : Théologie politique). Il y expliquait que tous les thèmes politiques de l’Europe moderne étaient le fruit d’une laïcisation, d’une sécularisation d’idées bibliques : solidarité entre les générations, instauration d’un jour de repos hebdomadaire, respect de la vie humaine, respect de la dignité humaine (l’homme créé à l’image de Dieu), sécurité sociale, etc… Même l’idée des Lumières au sujet de l’infinie perfectibilité de l’homme peut se rattacher à l’idée messianique d’un monde meilleur, développée par les prophètes d’Israël. Il est donc permis de parler d’une genèse religieuse de la politique..

Ceux qui nient les racines chrétiennes ou judéo-chrétiennes l’Europe n’ont pas lu les grands maîtres qui ont façonné l’idéologie du continent : Albert le Grand, Thomas d’Aquin, Maimonide, Maître Eckhard, Spinoza ; j’ajouterai, pour ma part, des représentants musulmans de la philosophie grecque : Al-Farabi, Ibn Badja et Averroès.

Pour ce qui est de l’époque moderne, je me contenterai de citer quelques philosophes allemands, juifs, catholiques ou protestants : Moses Mendelssohn, on l’oublie toujours, fut le pionnier de la laïcité dès 1783 dans son ouvrage Jérusalem ou pouvoir religieux et judaïsme. Kant, Fichte et Hegel ont mis en avant l’universalité de la loi morale. Certes, la conscience morale dépassait la Révélation mais elle en demeurant la fille et l’héritière… Et Hegel, ne l’oublions pas, a écrit un essai biographique (Vrin, 2009) de Jésus… Tous ces penseurs ont démontré la compatibilité de l’identité judéo-chrétienne et de la culture européenne.

On se souvient que Lionel Jospin et Jacques Chirac s’étaient jadis opposés à la proposition allemande de parler des racines spirituelles et religieuses (geistig-religiös) de notre continent. Grave erreur car quand on a des convictions on se mobilise pour les défendre.

Je finirai sur une note un peu désabusée : je rends hommage au pape François qui nous incite au partage et à l’ouverture à notre prochain. Mais il ne faut pas exclure le prochain quand il est des vôtres. En ramenant dans son avion quelques syriens musulmans le pape aurait dû offrir le même hospitalité à des chrétiens. L’un n’empêche pas l’autre.

Ne dit-on pas que charité bien ordonnée commence par soi-même ? Et si l’exemple vient de si haut, alors…

Maurice-Ruben HAYOUN in Tribune de Genève du 11 mai 2016

10:15 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

09/05/2016

Le sort des enfants orphelins ou abaonnés pendant la seconde guerre mondiale

Le sort des enfants orphelins ou abaonnés pendant la seconde guerre mondiale

Comme tant d’autres gens, j’ai suivi l’émission d’hier soir sur France 2 intitulée Après Hitler. C’est-à-dire les conséquences immédiates et à très court terme de la folie hitlérienne.. C’était une émission richement documentée qui nous a appris bien des choses. Une seule réserve : Vincent Lindon n’avait rien à y faire et je ne comprends pas qu’on lui ait confié la lecture de commentaires dont il n’est sûrement pas l’auteur. Mais passons, c’est un détail.

Ce qui m’a le plus ému, ému je l’ai été par tout ce que j’ai vu et entendu, oui, ce qui m’a tant ému c’est le sort des enfants, notamment allemands qui, d’une voix enfantine, lançaient des appels à la radio pour retrouver des parents qu’ils espéraient encore vivants. C’était déchirant. Les enfants donnaient leurs nom et prénom, leur de naissance et de domicile avant d’avoir été séparés de leurs parents par l’horreur de la guerre.

Il y eut ire, bien pire puisqu’irrémédiable : le million ou plus d’enfants juifs qui furent gazés, tus de différentes manières, parfois même jetés vivants dans des brasiers lorsque les chambres à gaz étaient indisponibles ou à court de … gaz. L’horreur absolue.

En plus du souvenir de ces enfants juifs assassinés, j’ai gardé, gravé dans ma mémoire, la voix balbutiante de ces enfants blonds, garçons et filles d’un âge si tendre, qui imploraient qu’on leur rende leurs chers parents.

On se rend alors mieux compte du drame humain que le régime hitlérien a représenté non seulement pour l’Europe dans son intégralité mais aussi pour la population et les familles allemandes.. La cellule familiale avait été détruite par les idéologues nazis qui serinaient aux gens que le parti était au-dessus de tout. On incitait donc les enfants à aller jusqu’à dénoncer leurs propres parents s’ils estimaient que ceux-ci étaient critiques à l’égard du parti nazi… La nation allemande était devenue une nation soldatique. D’ailleurs, on le voit au nom même que prirent toutes les associations ou clubs nazis : tous intégraient à leurs intitulés le terme de lutte et de combat : Kampf. Kampfbund, etc… C’est cette lutte pour la survie, c’est le mythe du plus fort qui finit par s’imposer. Dans mes précédents articles sur le philosophe Martin Heidegger j’en ai parlé. On paralit souvent de l’éclipse de Dieu, il faudrait dire plutôt l’éclipse ou la disparition de toute notion d’éthique…

La valeur de toute société se mesure à l’aune de la protection consentie aux faibles, à savoir, aux enfants, aux femmes, aux vieillards, ainsi qu’aux malades en général..

Ces messages d’enfants orphelins ou abandonnés se sont poursuivis jusqu’au milieu des années 50. Après, on estimait que les enfants étaient devenus des adolescents ou des adultes. Et l’Etat a pris le relais.

N’oublions pas les enfants des autres pays conquis par les Nazis, notamment l’ancienne URSS qui consentit d’énormes sacrifices tant en vies humaines qu’en destructions matérielles.

09:24 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook