27/08/2016

Burkini, l'arrêté du Conseil d'Etat en France

Le burkini, la position du Conseil d'Etat

Il ne faut pas commettre de malentendu au sujet de la décision rendue par la haute juridiction administrative française au sujet de cette tenue musulmane ou islmaique radicale. Le conseil est là pour dire le droit pas pour arbitrer un duel que se livrent les partis olitiques opposés à l'islamisation du pays et les tenants d'une ligne politico-religieuse radicale.

Qu'on soit pour ou contre, on relève que les opposants à l'imigration massive et les partisans d'un arrachement sans faille à la tradition chrétienne du pays sont tombés dans un piège qui leur a été tendu.

Derrière l'affichage de sesconvictions philosophiques ou religieuses, il y a la volonté d'imposer sa propre tradition à un pays considéré comme la fille aînée de l'église. Certains se servent d'une laïcité qu'il rejette pour la défense de leurs droits. Mais en réalité, il tant de non dits dans cette affaire.

Le vrai débat est le suivant: avons nous affaire à une communauté nationale de la part des musulmans de ce pays ou à une simple communauté religieuse parmi tant d'autres, sans visée hégémonique ni volonté de domination et donc d'islmaisation du pays? C'est là tout le débat et c'est un point de friction qui risque de creuse un long et profond sillon dans la société française.

Seul le FN a nettement affiché ses préférences et annoncé la couleur. Et il commence à être massivement suivi. Certes, les attentats ont changé la donne et le regard que les Français de souche jettent sur cette nouvelle religion dans le pays n'est plus amical non même indiférent. Ils y voient une menace. Et là on doit ouvrir les yeux pour maintenirles règles de l'Etat de droit. Le problème est qu'on attend toujours une condamnation ferme des actes de violence contre la société française, contre les attentats. Et cela tarde à venir.

Plus qu'une loi, il faut un référendum sur la place de cette religion dans le pays. Il faut ouvrir un vrai débat et non pas se concentrer sur des émotions, certes légitimes, mais ne reposant pas sur des bases claires, rationnelles.

La France paie des décennies de laisser aller et de désintérêt. Il faut réagir sainement. Quand on a des convictions judéo_chrétiennes on se mobilise pour les défendre

08:20 | Lien permanent | Commentaires (6) | |  Facebook

24/08/2016

Dans les environs de Sdéeot sous les bombardements du Hamas

Près de Sdérot sous le feu du Hamas

Rien ne peut remplacer l’expérience directe, vécue et ressentie sans intermédiaire. Dimanche soir nous revenions du Néguev, ayant passé le chabbat chez ma sœur à Talmé Eliyahou, à environ 9 km à vol d’oiseau de la bande de Gaza.

Dimanche matin, nous décidons de faire une excursion à Béer Shéva pour visiter ce qui se donne comme le Béer Abraham, c’est-à-dire comme le célèbre puits creusé par les serviteurs du vénéré patriarche mais que, suivant le récit de la Genèse, les serviteurs du roi Avimélékh avaient usurpé, à l’insu du monarque. Etant l’auteur d’un livre Abraham, un patriarche dans l’Histoire (Ellipses, 2009) j’étais impatient d’en savoir plus. Un jeune américano-israélien, vêtu d’une belle redingote d’une blancheur immaculée nous fit un intéressant compte-rendu. Mais ce que j’ai vraiment appris, c’est que le défunt président égyptien Anouar el Sadate avait émis le vœu de visiter ce site et son puits lors de sa mémorable visible en terre d’Israël.

Lors du voyage de retour, de Béer Shéva au mochav, j’entend à la radio que le Hamas ou ses acolytes ont tiré un missile contre Israël, sans dire s’il s’agissait de Sdérot ou d’autre part.

Avant de prendre la route, on décide de dîner au Mochav, ce qui explique que nous nous soyons mis en route à la nuit tombée. Après quelques dizaines de km, nous arrivons en vue de la ville de Sderot d’où retentissaient de lourdes détonations. A un moment, la voiture se mit à bouger d’une curieuse façon sur la route Et soudain, l’impression que le véhicule bondissait et que le coffre s’était ouvert… Je sors du véhicule pour m’en assurer et je vois que rien n’est ouvert. Mais les détonations se poursuivaient et je ne comprenais pas ce qui se passait autour de moi. Ma femme se mit à hurler : rentre dans la voiture, ce que je fis immédiatement. C’est seulement après coup qu’un détail retint mon attention : tous les véhicules qui nous entouraient s’étaient arrêtés sur la bande d’arrête d’urgence et avaient allumé leurs feux de détresse. Ma femme, quant à elle, appuyait sur le champignon pour quitter la zone au plus vite.

Pour nous remettre de nos émotions, nous fîmes halte dans une station-service et c’est alors que le bruit assourdissant de deux chasseurs F16 nous rappelait que les mouvements soudains du véhicule étaient dus à une émission de missiles sur cette pauvre cité de Sdérot.

J’occupai le reste du voyage à penser au calvaire des habitants de cette ville frontalière qui vivait si souvent sous le feu du Hamas. Quand on est assis devant sa télévision et qu’on entend ce qui se passe, on ne réalise pas vraiment. Etre ainsi sur une retour, près d’une zone de tir, et espérer que rien ne vous arrive doit être le lot quotidien de tous ces pauvres gens qui n’ont pas d’autre lieu où dormir, si ce n’est chez eux.

En espérant que la mort et la destruction, semées par de sanguinaires voisins ne viendront pas troubler leur sommeil

09:36 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

16/08/2016

Les incidents entre Maghrébins et Corses sur l’île de beauté

 

Les incidents entre Maghrébins et Corses sur l’île de beauté

 

Ces graves incidents qui ont opposé en Corse des adultes, des adolescents natifs de l’île à des Arabo-musulmans (qualifiés comme tels par les média, ce qui ne laisse pas d’inquiéter) pourraient dégénérer et se propager sur le continent. En effet, les Corses sont connus pour avoir une sensibilité particulière, notamment ils ne se laissent pas faire. Ils considèrent même que les autorités de la République ont fait preuve d’un laxisme condamnable que eux, les Corses, ne sont guère prêts à accepter chez eux. La meilleure preuve en est le menaçant communiqué des autonomistes avertissant que la moindre attaque contre l’êle et ses habitants serait suivie de terribles répliques.

 

Les Corses ne comprennent pas que le gouvernement central laisse faire à Paris et sur la Côte d’Azur. Ils ne comprennent pas qu’on laisse se développer des zones de non droit, notamment dans certains quartiers de la cité phocéenne, si proche de leur île. En Corse, disent ils, avec raison, les Corses sont chez eux. Il n’est donc pas question que certains sites de l’île leur soient interdits au motif qu’ils seraient majoritairement habités par une minorité ethnico-religieuse.

 

Quand je résume la situation, je me dis que quelqu’un chose d’inquiétant est en train de se passer, qu’un vent mauvais se lève, qui pourrait d’ailleurs fort bien toucher le continent. Mais revenons sur le facteur déclenchant, même si nul ne méconnaît l’état de tension qui règne sur l’île depuis quelques temps.

 

Il faut prendre garde et ne pas mettre tous les Arabo-musulmans dans le même ac ; tous ne rêvent pas d’en découdre, tous ne souhaitent vivre sous la dure férule de la loi islamique et tous ne rêvent pas d’islamiser la France dont ils reconnaissent, c’est une évidence, le caractère chrétien ou judéo-chrétien. Le problème est constitué par quelques prêcheurs autoproclamés qui s’en prennent à la France et aux Français dans des homélies enflammées ; or, le pouvoir, de droite comme de gauche, tarde à les ramener à la raison… Dans ce cas précis en Corse, les Corses n’acceptent pas qu’on importe sur leur île des mœurs qui contredisent frontalement leurs coutumes et leurs mœurs.

 

Afin d’éviter des troubles à l’ordre public et de ramener le calme, il est souhaitable que les gens qui vivent en Corse se comportent comme l’écrasante majorité des insulaires. La France n’est pas un pays musulman, c’est une répoblique laïque mais qui reconnaît ses racines judéo-chrétiennes. Je veux dire par là que le pays a avec la religion chrétienne des relations uniques, qui ne sont, en rien, comparables, à qu’il entretient avec les autres communautés religieuses.

 

A bon entendeur, salut ! Si l’on veut éviter des troubles bien plus graves, il convient de s’en souvenir.

12:32 | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook

14/08/2016

Peut-on encore parler de l’universalité des valeurs morales ?

Peut-on encore parler de l’universalité des valeurs morales ?

 

La question est loin d’avoir, aujourd’hui, une simple portée théorique ni d’être limitée au cadre d’un débat éthérique entre différentes écoles philosophiques. Il est ici question des valeurs et non pas, plus vaguement, de l’universalité de la loi morale, notion éminemment judéo-chrétienne et dont la formulation la plus prégnante se trouve dans le Décalogue biblique, véritable charte morale de l’humanité civilisée. Mais voilà, depuis les ravages de mai 68, nul ne peut plus s’en prévaloir publiquement sans risquer d’être voué aux gémonies ou d’être taxé de réactionnaire… Pourtant, c’est bien la faille qui caractérise aujourd’hui à la fois notre civilisation européenne et la culture humaniste à laquelle elle a donné naissance.

Lire la suite

12:49 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

12/08/2016

Une discrimination de l’Etat d’Israël par un grand hôtel de Berlin?

Une discrimination de l’Etat d’Israël par un grand hôtel de Berlin?

Une haute personnalité du monde diplomatique allemand, personnalité amie et digne de toute ma confiance, m’informe d’un article de Claude LANZMANN, publié dans la Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ) du 11 août, déplorant qu’un grand hôtel de Berlin ne fasse plus figurer l’indicatif téléphonique d’Israël dans sa liste (d’où le titre de l’article Die Liste), afin, semble-t-il, de complaire à des demandes, dans ce sens, de clients arabo-musulmans…

Si tel devait être le cas, cette discrimination d’Israël, et singulièrement dans un pays comme l’Allemagne, serait des plus inacceptables. Elle serait même absolument inouïe et trahirait une méconnaissance impardonnable de l’histoire allemande récente (der neueren deutschen Geschichte)

La clientèle arabo-musulmane, qu’elle soit d’Afrique du Nord ou du Proche Orient, n’a pas à dicter sa loi aux établissements dans lesquels elle choisit de descendre.

Il est donc impératif que la direction de cet hôtel, dont les ramifications internationales sont connues et pourraient en pâtir, répare cette anomalie dans les plus brefs délais.

On aurait imaginé n’importe quelle autre capitale dans le monde, cédant à de telles facilités pour fidéliser une clientèle, mais pas Berlin, l’ancienne capitale du IIIe Reich, devenue l’un des lieux les plus visités et les plus fréquentés par le jeunesse du monde entier, y compris israélienne.

 

Tribune de Genève du 12 août 2016

12:13 | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook

09/08/2016

La rencontre entre Erdogan et Poutine, deux réprouvés de l’Europe...

La rencontre entre Erdogan et Poutine, deux réprouvés de l’Europe...

Curieuse, cette idée de se rencontrer tout juste deux semaines après le Putsch manqué en Turquie. Cela ne nous étonne pas vraiment, de la part d’Erdogan qui ne rend de comptes qu’à lui-même. Voilà un membre important de l’OTAN qui se rend en Russie car il a enfin compris qu’il n’a plus aucune chance en Europe. De plus, son régime autoritaire et autocratique n’est guère éloigné de celui de Vladimir Poutine. C’est aussi une manière de faire peur aux Occidentaux qui, dit le sultan d’Ankara, n’ont pas volé au secours de son régime… D’où le ton vengeur de son interview accordée au journal français Le Monde. Il estime que certains ont spéculé sur le coup d’Etat, espérant qu’il réussisse afin d’être enfin débarrassé de cet allié indispensable quoiqu’encombrant.

Il y a aussi un calcul à peine caché d’Erdogan : constatant que l’ordre devra un jour ou l’autre régner en Syrie, pays responsable de grands bouleversements, il prend les devants et compte sur Poutine pour transmettre un message à Bachar. Ce dernier peut compter sur plus de mansuétude de la part de son voisin.

Certes, l’aspect économique ne doit pas passer inaperçu dans cette rencontre, les deux pays ayant des intérêts assez complémentaires et ne pouvaient pas se permettre de rester brouillés pendant longtemps.

Fidèle à son habitude, Erdogan est capable de se tourner vers d’autres horizons dans quelques semaines ou quelques mois. Il a fait la même volte face avec Israël dont son propre état major militaire est resté très proche, en dépit des aléas de la politique d’Erdogan.

Donc, Erdogan se cherche des alliés, il se sent seul et veut rompre l’isolement de son pays, un isolement dont il était le premier responsable. Il s’est brouillé avec l’Iran, la Syrie, Israël, la Russie, l’Arabie saoudite, les Emirats Arabes Unis, les Kurdes, les Arméniens, l’Egypte, etc…

Il était grand temps de mettre un peu d’ordre dans tout cela. Espérons que cela ne sera pas de courte durée mais cette alliance avec le reste du monde est strétégique et non pas seulement tactique.

13:58 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

08/08/2016

A quoi ressemblerait le judaïsme d’aujourd’hui sans la chute du Temple en l’an 70

A quoi ressemblerait le judaïsme d’aujourd’hui sans la chute du Temple en l’an 70…

La trêve estivale a du bon ; elle permet de sortir des sentiers battus et stimule la spéculation philosophique. Elle permet aussi de lancer des hypothèses assez hasardeuses et d’imaginer ce qu’eût été l’avenir, notre avenir, si elles s’étaient réalisées. Dans ce cas d’espèce, je développe un schéma qui m’obsède depuis un certain nombre d’années : philosophe-historien, je me suis toujours appuyé sur les documents et les événements historiques avérés, sans jamais dévier ni à droite ni à gauche, mais je n’ai pu m’empêcher de penser que l’avenir n’est écrit nulle part. Ceci nous éloigne assurément d’une historiographie croyante, voire religieuse, surtout lorsqu’il s’agit du peuple dit élu et que son histoire personnelle se nomme histoire sainte.

Lire la suite

15:01 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

06/08/2016

Face au chantage des Turcs, peut on encore croire à un avenir pour l’Europe?

Face au chantage des Turcs, peut on encore croire à un avenir pour l’Europe?

Nous sommes vraiment en droit de nous poser la question, sans chauvinisme ni esprit xénophobe à l’égard d’une nation qui est composée à 97% de musulmans et qui ne permet pas facilement l’érection d’églises ou d’établissements scolaires chrétiens… Récemment le président de la commission européenne a prétendu qu’il ne fallait pas rompre les discussions d’adhésion de la Turquie à l’UE, mais à quoi cela sert-il, puisque chacun sait que la Turquie ne sera pas admise en notre sein et que ces pseudo-négociations sont un miroir aux alouettes ?

Aujourd’hui, la Turquie agite contre l’Europe un double chantage : aux réfugiés et aux visas. Erdogan voudrait la suppression des visas pour les Turcs désireux de voyager en Europe ; or une telle facilité serait suicidaire. Mais même s’il prétend qu’il s’agit d’hommes d’affaires turcs, désireux de faciliter leurs fréquents déplacements sur notre continent, on ne pourra jamais les contraindre à rentrer chez eux après les l’écoulement des trois mois prévus par le visa. Il suffit de voir ce qui se passe avec les immigrants venus d’Afrique. Les sans papiers finissent par demander et par obtenir la régularisation de leur situation. Et pour les Turcs cela équivaudrait à une adhésion à l’UE dans les faits, une adhésion qui ne dira pas son nom mais qui n’en sera pas moins réelle…

A la lumière des terribles événements récents ayant eu lieu dans plusieurs pays d’Europe, il semble que les gouvernements et même les populations ont désormais une meilleure appréciation de la situation. On se rend compte que le processus d’assimilation culturelle ou politique n’est pas une mince affaire, surtout quand on voit que même les enfants de la quatrième génération reprochent aux pays d’accueil des griefs imaginaires et prétendent se sentir rejetés. Ils ne voient pas comment des pays comme la France, la Belgique et tant d’autres ont accueilli leurs parents, les ont socialisés, leur ont donné une nationalité, bref ont été une chance pour eux, une chance que les jeunes ne veulent plus saisir.

Nous avons eu le Brexit qui s’explique principalement par la crainte très justifiée d’une immigration massive par les Britanniques. Ils ont voulu, à juste titre, sortir de ce carcan qui leur imposait de recevoir le monde entier chez eux. Et Bruxelles qui souffre d’autisme aggravé ne les a pas écoutés. Eh bien, ils ont claqué la porte et Bruxelles se retrouve face à un défi à nul autre pareil. L’Allemagne, elle-même, commence à ressentir les graves conséquences d’une politique d’immigration sans discernement (unbesonnene Einwanderungspolitik) par la chancelière Merkel qui accuse une grave crise d’impopularité : mais comment une femme d’Etat de son acabit a t elle pu se tromper à ce point ?

Alors que faire avec la Turquie ? Il faut, certes, alléger le fardeau que constitue l’accueil et le traitement humain des réfugiés. Il faut aider les Turcs en leur donnant au moins un milliard d ‘Euros pour cela. Mais il faut maintenir les visas, faute de quoi la situation deviendrait incontrôlable. On sait comment on commence et on ne sait jamais comment cela finit. En fait, il faut, comme le disait jadis Walter Rathenau au Kronprinz, finasser (finassieren).

Même les membres fondateurs de l’UE se posent des questions sur l’avenir de notre continent qui a déjà tant de mal à unifier culturellement des nations si proches et adhérant à des valeurs communes parce qu’elles ont des sources communes. Il ne suffit pas de dire qu’il faut un dialogue des cultures, il faut vérifier soigneusement qu’il est viable, pratique et à notre portée. En d’autres termes, si les conditions d’un tel dialogue sont réunies ou pas.

Pour le cas de la Turquie, les récents événements dramatiques servent de révélateur. A la suite d’un coup d’Etat manqué qui prouve avant tout que le régime est mal assuré et instable, on voit bien que l’Etat de droit n’existe pas, un seul homme décide de tout, suspend les libertés individuelles, veut rétablir la peine de mort et se prend pour Soliman le magnifique, à la tête de la sublime porte ( al-bab al-‘ali)…

Est il concevable d’admettre un tel pays ? Lequel a, par ailleurs, tant de problèmes avec les Kurdes dont certains ont pris les armes pour y combattre le régime ? Est-il possible de recevoir un pays qui a une longue frontière commune avec la Syrie et l’Irak ?

A force de louvoyer et de biaiser, l’UE, devenue l’affaire des technocrates,, n’intéresse plus personne. Les peuples n’y croient plus et il est à craindre que si cela ne change pas, la situation ira en empirant. Il faut le dire aux Turcs. Clairement et simplement.

Maurice-Ruben HAYOUN in TDG

19:09 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

31/07/2016

Erdogan au lendemain du putsch manqué…

Erdogan au lendemain du putsch manqué…

On ne dira pas, ce serait présomptueux, que ce blog avait attiré l’attention, bien des semaines avant le putsch, sur de possibles réactions de l’armée turque, tant la méthode d’Erdogan était arrogante et hégémonique. L’homme qui, aujourd’hui, se fait appeler le généralissime, après s’être comporté comme un sultan ottoman, n’a décidément rien compris à ce qui se passe : certes, il a échappé au putsch, certes, il a sauvé sa vie, mais les purges qu’il a entreprises dans sa joyeuse prise de possession de tous les pouvoirs, pourraient lui réserver des surprises dans l’avenir. Réfléchissons : il a de nouveau décapité l’armée, laquelle se sent méprisée, affaiblie et surtout surveillée, il a licencié des milliers de fonctionnaires d’Etat dans l’éducation, la justice, la magistrature, etc… il a fait fermer des chaînes de télévision, des journaux, des radios, des écoles, des universités, et le tout au motif que ces institutions étaient, de près ou de loin, l’émanation de son ennemi juré Fathulac Güllen !

Il faut comprendre la topographie et mesurer l’impact de cet imam-homme d’affaires sur la vie de la Turquie et de ses habitants. Nous pouvons le voir en analysant la confession d’un haut gradé de l’armée qui avait pactisé avec les putschistes : je suis, dit-il après avoir été sérieusement malmené par les enquêteurs, le fils d’un paysan pauvre d’Anatolie ; sans l’aide de l’imam Güllen je n’aurais jamais fait d’études et ma condition sociale serait restée la même que celle de mon père… Et il expliquait que sans l’aide financière de l’imam réfugié dans le New Jersey, une grande majorité de Turcs se débattraient dans la misère sans jamais en sortir…

C’est à la misère de son pays et de ses habitants qu’Erdogan devrait s’en prendre et non point à ses opposants ou à la Russie ou à Israël !

D’ailleurs, en emprisonnant, en excluant, en ostracisant et en rejetant des milliers de ses compatriotes au motif qu’ils s’opposent à lui, Erdogan prépare lui-même les coups d’Etat de demain. Car, que font faire tous ces réprouvés, ces mis au ban de la société ? Ils vont s’unir, devenir une force et mieux préparer leur coup. Malheureusement, Erdogan ne croit qu’à la force et au lieu de profiter de ce grand bouleversement pour engager un authentique dialogue, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de la Turquie, il bannit et exclut tous azimuts, se préparant ainsi de douloureux lendemains.

C’est le caractère même de l’homme qui est en cause : devons nous nous répéter ? Il s’est mis tout le monde à dos : les Arabes, les Kurdes, la Syrie, L’Egypte, l’Iran, Israël, la Russie, l’Union Européenne, les USA (qu’il accuse d’avoir soutenu le coup d’Etat, ce qui n’est pas faux car la CIA le savait et n’a pas prévenu Erdogan)… C’est seulement récemment qu’il eut un éclair de lucidité, voyant que cet isolement croissant le conduirait à sa perte. C’est alors que survint le coup d’Etat avec les conséquences et surtout l’amateurisme que l’on sait.

Que va t il se passer désormais ? Erdogan n’ira pas jusqu’à rétablir la peine de mort, et s’il le fait et que des hauts gradés sont condamnés à la peine capitale, il les graciera. Mais, pour le reste du monde qui le surveille comme le lait sur le feu, ce sera un test. Et pas uniquement pour l’Union Européenne qui sait pertinemment bien que la Turquie n’est pas une nation européenne, les pseudo négociations d’adhésion sont menées en trompe-l’œil. Comment admettre un tel pays avec un tel président et qui plus est, frontalier de la Syrie ; et qui nous fait un chantage aux visas en brandissant l’afflux de réfugiés ?

Les mois suivants seront un test. Est ce que l’armée ou ce qu’il en reste, va se tenir tranquille ? Est-ce que la lutte contre le PKK va prendre de l’ampleur ? Est-ce que l’Etat Islamique avec ses cellules dormantes va commettre encore des attentats ? Voilà bien des inconnues qui pèsent sur le proche avenir.

Mais si Erdogan se décidait enfin à entamer un vaste dialogue national, il conjurerait tous les dangers. Le fera t il ? J’en doute, tant cet homme est assoiffé de pouvoir.

Quand on dirige un pays aussi compliqué que la Turquie, on gouverne selon un consensus. Et pas seul contre tous.

11:37 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

30/07/2016

De l’exclusivisme au dialogue

De l’exclusivisme au dialogue

Oui, de l’exclusivisme religieux au dialogue interreligieux ! La mort ignominieuse de ce pauvre prêtre catholique, Jacques HAMEL, aura peut-être eu, parallèlement au drame incommensurable qu’elle représente, au moins un effet positif, et on peut dire qu’il est de taille, s’il comporte, ce que nous espérons, la dose requise de sincérité : que des musulmans croyants se rendent enfin dans des églises et que des chrétiens soient, à leur tour, reçus dans des mosquées durant l’office religieux.

Il faut se méfier de la sensiblerie, de l’optimisme béat et des bons sentiments en général. Ce ne sera pas la panacée mais, sauf erreur de ma part, depuis de nombreuses décennies, c’est bien la première fois que l’organe officiel des arabo-musulmans de France lance un tel appel, notamment à se rendre dans des églises ! Ce n’est pas rien, surtout qu’l ne s’agit plus de la présence convenue de quelques officiels, blanchis sous le harnais, qui effectuent mécaniquement un rite. Non point. Cette fois-ci, c’est un appel, sans ambiguïté aucune (ce qui est un progrès) au musulman lambda, l’encourageant à se rendre compte, de ses propres yeux, de ce qui se passe dans les églises…

Si l’appel est suivi d’effet, et à moins que tout ne trompe, il devrait l’être, cela sera une véritable révolution copernicienne au sein de la représentation arabo-musulmane du christianisme. Pourquoi ? Faisons une brève rétrospective historique, sans toutefois tomber dans la cuistrerie. Allons au fond des choses et découvrons la vérité historique sur la naissance de l’islam.

L’islam est né principalement pour contrer la sainte Trinité ; il est né parce que l’époque ne pouvait pas s’accommoder de la divinité trine que les bédouins et les chameliers du désert d’Arabie assimilaient à un trithéisme. Or, comme nous le rappelle le grand Ernest Renan dans ses écrits, le cri de ralliement de l’islam : Dieu est Un et il est unique. Le terme arabe ALLAH n’est que la vocalisation arabe d’un terme sémitique ancien désignant la divinité et qui se trouve présent dans trois grandes langues sœurs du sémitique nord : l’arabe, l’hébreu et l’araméen…

Allons plus loin. Les musulmans ont fait de l’unité divine absolue la pierre de touche de leurs croyances religieuses, ce qui, presque automatiquement, les mettait en conflit avec le christianisme qui parlait du Fils et de la Mère (la sainte Vierge) de Dieu…… Or, dans le Coran même, il est spécifié que cette conception n’est pas véridique, qu’elle ne correspond pas à la représentation que se faisait de Dieu le premier et le père de tous les croyants (mu’minim), le patriarche Abraham. Il est même écrit que Dieu n’engendre pas ni n’est engendré (la youlid wa-la youlad). Partant, ceux qui professent la sainte Trinité et adorent la sainte Vierge Marie passaient nécessairement pour des kouffar, des infidèles et des mécréants. La racine de ce terme redoutable se retrouve en hébreu et connote la même idée : ruiner les fondements de la foi (kaffar ba-‘ikkar).

Tous mes lecteurs comprendront dès lors qu’avec cette invitation à aller voir au moins une fois ce qui se passe dans les églises on a franchi une barrière infranchissable. J’ai vu, quand j’était professeur à l’Université de Heidelberg un imam, refusant de toucher un missel gentiment offert par le prêtre du diocèse. Quel chemin parcouru, alors que le religieux catholique avait de bonne grâce, accepté le Coran qui lui était offert.

A quand remonte cet ostracisme infondé à l’égard de la religion chrétienne ? Dès les premiers siècles de l’ère chrétienne, alors que l’église commençait à peine à consolider ses bases théologiques (naissance virginale, forme divino-humaine de Jésus, parousie, etc…), l’islam jugeait qu’il devait combattre une foi qui, à ses yeux, ne respectait pas le dogme intangible de l’unité divine.

Posons nous la question suivante qui demeure au centre même de la controverse : est ce l’on sait de quoi l’on parle quand on se penche sur la sainte Trinité ? Sans même parler du cardinal qui réunit en conclave les meilleurs théologiens de son temps afin qu’ils lui donnent la réponse tant attendue et qui répondirent après bien des sessions : non possumus (Nous ne pouvons pas), on doit s’en référer à un théologien juif du Moyen Age, ennemi de la philosophie néo-aristotélicienne qu’il avait pourtant bien assimilée sans jamais y adhérer.

Juda ha-Lévi (1079-1141), l’auteur du Cusari, portait sur le christianisme un regard étonnamment favorable et positif. Au sujet de la Trinité il écrit que les Chrétiens pensent Un tout en disant trois. Cela paraît anodin mais c’est gigantesque car, avec une telle remarque il lavait la religion chrétienne de tout soupçon d’impiété. Il l’extrayait du polythéisme pour l’insérer dans le giron du monothéisme.

Mais voilà, ce théologien juif écrivait dans la langue philosophique de son temps, à savoir l’arabe et il n’est pas exclu que des théologiens musulmans aient eu vent de cela. Ha-Lévi ajoutait aussi un détail fondamental : les deux autres monothéismes, écrivait-il, le christianisme et l’islam déploient eux aussi de louables efforts pour hâter la venue de la Rédemption sur cette terre…

On comprend mieux, je l’espère, ce qui sa cache derrière cette heureuse initiative des Arabes de se rendre dans les églises et de considérer ceux qui y prient comme des croyants à part entière, comme leurs frères en humanité, partie prenante de la filiation spirituelle abrahamique. La liturgie musulmane accorde une large part à ces prières abrahamiques (salawat ibrahimiya) où elle prie pour le Prophète, ses amis et tous ceux qui se reconnaissent en ce patriarche fondateur du monothéisme éthique. N’oublions pas que selon les premiers chapitre du livre de la Genèse (ch. 12 au ch. 25) Abraham a tout fait pour sauver de la destruction les deux villes pécheresses Sodome et Gomorrhe… Il s’est prévalu de l’ordre éthique universel : le juge suprême (Dieu) de toute la terre ne pratiquerait-il pas le justice ? Incroyable : Abraham qui fait la leçon à Dieu !!

Une dernière remarque : en écoutant la réaction de la haute hiérarchie catholique, tant en France qu’à Rome, j’ai réalisé que dans cette terrible épreuve elle a appelé au jeûne et à la prière… Cette attitude est intrinsèquement juive ! Le couronnement de cette pratique est incarné par la journée de kippour où l’on implore Dieu d’accorder la rémission des péchés en priant et en jeûnant. Les Arabes aussi jeûnent durant le mois de Ramadan. Tant il est vrai que les hommes ont à leur disposition tous les moyens de vivre en paix, s’ils le voulaient.

Quand on a le même héritage biblique on a aussi les mêmes valeurs universelles.

Maurice-Ruben HAYOUN in Tribune de Genève du 30 juillet 2016

09:56 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook