22/05/2017

Lettres d"Israël III: le vieux souk de Natanya

Lettres d’Israël III : Le vieux souk de Natanya

 

--Mais pourquoi donc criez vous si fort en parlant ?

-- C’est pour être sûr d’être entendu…

A lui seul, cet échange que j’ai eu avec un vendeur de primeurs dans le vieux marché de la ville résume tout Israël, sa situation dans la région et les relations que ses citoyens entretiennent entre eux par temps normal, si tant est que la normalité ait élu domicile dans ce pays si spécial.

 

Un marché révèle ce que l’on ne voit pas sur les terrasses des cafés ni dans une salle de restaurant. Vous avez sous les yeux des échanges directs, non formalisés. Vous êtes témoin direct de la réalité qui se déroule sous vos yeux. Et c’est bien le cas du souk. La plupart des classes sociales s’y côtoient. Et parfois, hélas, on sent ka gêne, la misère car ka vie est chère en Israël. Et ceux qui prétendent que la vie y est plus facile qu’ailleurs se trompent. Il suffit de voir comment le citpyen se jette sur l’argent, comment les nouveaux arrivés sont littéralement rackettés par les et les autres.

 

Les vendeurs du marché vantent en hurlant la qualité de leurs produits et surtout la modicité du prix. Ils crient à tue-tête. Rien n’est à l’arrêt ici, tout bouge, une énergie incroyable se déverse sur le chaland, surtout européen. C’est le seul endroit au monde où les vendeurs n’hésitent pas à apostropher le client qui ne réagit pas aussi vite qu’eux. C’est le seul pays que je connaisse où un vendeur vous fait attendre car il sirote son café ou se désaltère en buvant à même le goulot.

 

Un exemple : je m’approche d’un étal de mandarines ou de clémentines. Un jeune Soudanais m’annonce les prix du kilogramme. C’est dix-sept shékél. Comme sa prononciation est assez inhabituelle je fais signe que je ne comprends pas. Il me hurle à l’oreille le prix en arabe : sba’ ta’ch. Je Je regarde, cela ne le démonte pas. Mais quelque chose me frappe : il répète chaque mot prononcé par Danielle, pour apprendre la langue.

 

Ce détail change entièrement ma réflexion ; je me trouve devant un adolescent réfugié sur place après avoir bravé bien des dangers. Par tous les moyens dont il dispose, et ils sont hélas très réduits, il tente d’apprendre, de comprendre, de communiquer. Il a tout répété comme on révise une leçon d’histoire ou on apprend un poème à l’école primaire, une école que l’histoire et la vie ne lui ont pas permis de fréquenter.. Pensif, je m’éloigne, le pas lent ; sait il ce que je pense ? le reverrai-je un jour ? Sera t il encore en Israël ou sera t il renvoyé chez lui au Soudan ? Dieu seul le sait.

 

Il nous manque des pittot. On va chez Malka le roi de la pitta, c’est ainsi qu’il se nomme. Natanya est une ville francophone et le magasin de Malka est son haut-lieu, sa capitale de la francophonie : je n’ai encore jamais entendu personne parler hébreu dans ce magasin. Ni les clients, ni les vendeurs, ni le patron, ni sa femme.

 

Ce vieux souk est luxuriant, il déborde de victuailles et le vendredi matin il est impraticable. Les imprudentes qui n’ont pas fait leurs emplettes pour le chabbat la veille connaissent leur douleur : des temps d’attente multipliés par deux au moins.

 

Je n’aurai garde d’oublier de mentionner le marchand de pistaches. Personnage très important car nous en achetons beaucoup que nous ramenons dans nos valises. A Paris, les meilleures marques de cacahuètes ou de pistaches n’égaleront jamais celles-ci, faites selon un mode artisanal. Je connais le vendeur depuis de longues années, il ne sourit jamais. Cette fois-ci, pour le dérider, je lui dis qu’on est venu de Paris et qu’on ne se fournit que chez lui. Enfin, il esquisse un sourire qui atteint ses deux oreilles. Mais, Ô miracle, il fait enfin une déclaration que je résume : Paris, cela suffit ! Tu dois faire ta aliya. Il est grand temps. On t’attend ici.

 

Unique !! Connaissez vous un autre pays au monde, un seul, où un marchand de pistaches exhorte ses clients à changer de pays et à émigrer ? Si oui, faites le moi savoir.

 

J’ai souvent réfléchi sur la promesse de Dieu à Abraham : l’installation de ses enfants, nous les Juifs, dans un pays où coulent le lait et le miel. Ce que les simples d’esprit interprétaient dans ce sens : on reste assis les bras croisés et tout nous tombe du ciel, sans se fatiguer. Et je ne parle même pas des Arabes et des problèmes qu’ils posent des décennies.

 

Certains caricaturistes ont hasardé l’interprétation suivante : cette promesse divine à Abraham serait la plus grosse arnaque historique. Une fraude à l’échelle planétaire… Ce serait la plus grande tromperie sur la marchandise de l’Histoire. Commise par Dieu en personne à l’encontre d’un peuple qui n’en demandait pas tant. Quand vous prenez place à la terrasse d’un café, bien à l’ombre et que vous scrutez ces personnes âgées, transpirant sous le soleil et généralement souffrant de surcharge pondérale (rappelez vous le rapport des Juifs à la nourriture qui les rassure…), vous vous demandez si Dieu a vraiment voulu récompenser Israël, son peuple élu, en l’installant là où il l’a installé.

 

Et pourtant le sourire malicieux du vieux vendeur de spiritueux vous fait aussitôt changer d’avis. A ma demande mais où sont les bières, il répond dans un français approximatif : mais sous vos yeux !! Toujours cette infinie délicatesse israélienne qui fait le charme mondial des habitants de ce pays. Et aussi de leur réputation qui les précède. Mais il me plaît ce vieux monsieur qui a la peau basanée probablement à cause du soleil. Il me rappelle cette vieille femme qui disait à son vis à vis il y a quelques années : toda la ’ El ‘al médinat Israël : Grâce soit rendue à Dieu pour la terre d’Israël…

 

Oui, Grâces soient rendues à Dieu pour cette terre d’Israël que les avatars de l’Histoire ont tenue loin de nous pendant deux mille ans.

 

(Prochaine lettre d’Israël IV : Au bord de l’eau)

 

 

 

 

 

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Lettres d'Israël I & II

Lettres d'Israël I et II

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14/05/2017

Reflexions sur une cérémonie d’investiture

 

Reflexions sur  une cérémonie d’investiture

 

J’insiste bien sur le terme cérémonie, même au pluriel et ne vise nullement l’investiture en soi, per se pour parler comme les philosophes. Ce matin, dimanche  14 mai, je me suis astreint à suivre cette cérémonie diffusée à la télévision depuis au moins 8 heures . Je ne pouvais pas y échapper car toutes les grandes chaînes s’étaient donné le mot et toutes avaient accueilli un quarteron de journalistes, plus ou moins inspirés (et plutôt moins que plus) qui faisaient du remplissage pour occuper l’antenne. Les inévitables responsables de l’information étaient là et y allaient de leur couplet. Là où l’attente devint insupportable, ce fut durant l’entretien des deux présidents, l’ancien ne se résolvant pas du tout à la fin de son mandat, par peur du vide sidéral qui l’attendait. Après tout, il y a une justice immanente. Souvenons nous de cet adage de la Mishan : ba midda shé ha adam modéd modedim lo…

 

Qu’on ne se trompe pas sur la sévérité du propos, mais permettons à un philosophe de rendre ses lecteurs attentifs à des contradictions de plus en plus criantes entre ce qu’on dit, ce qu’on offre et ce que l’on fait.

 

Emmanuel Macron auquel on souhaite un bon quinquennat pour lui-même et pour la France a clamé haut et fort son désir de changement, sa volonté de faire table rase du passé. Il s’est même donné pour objectif de laminer ensemble, droite et gauche, afin de libérer la vie politique et économique de ce pays. Et que voyons nous au cours de cette même journée ? Des cérémonies d’un autre âge, une foule de politiciens, de hauts fonctionnaires et d’apparatchiks âgés, devenus incontournables. On voit aussi une foule de soldats en grande tenue, la garde républicaine sabre au clair, une cérémonie pompeuse, solennelle, surannée et de surcroît coûtant assez cher. Dans quel but ? Pour faire vivre l’ancien système que l’on prétend combattre…

 

Ce sont des contradictions dont le nouveau président devra se défaire. Je l’ai entendu dire qu’il ne variera pas concernant les mesures qu’il a promis de prendre. Nous allons voir. Mais restons encore sur cette cérémonie d’investiture où les journalistes et les figurants de toutes sortes s’en sont donné à cœur joie pour rien. Absolument pour rien.

 

Au fond, une cérémonie intimiste entre les deux présidents, le nouvel arrivant et le partant, enfermés dans simple bureau en présence du président du conseil constitutionnel. Le discours du nouveau président serait alors transmis en direct sur les ondes et à la télévision.

 

On en est loin, très loin. Avez vous remarqué la cour de l’Elysée, pleine de monde, regorgeant de soldats, de journalistes, de télévisions, de radios, bref les medias du monde entier pour un non événement. Et ce n’est pas fini, il faut remonter la plus belle avenue du monde, la redescendre (dans un véhicule militaire !), s’arrêter pour serrer quelques mains, revenir au palais présidentiel car il faut tout de même se restaurer, repartir vers 17 heures à la mairie de Paris. Et c’est reparti pour des serrages de main, des saluts, etc…

 

Franchement, en cette période d’économies, d’état d’urgence et d’agitations sociales de toutes sortes, ne serait il pas temps de cesser de confondre grandeur et boursouflure ? Ne serait il pas temps de cesser toutes ces manifestations qui ne servent à rien ? Combien coûte cette représentation ? Des centaines de milliers d’Euros, voire plus. Et dès demain lorsque les salariés vont peupler les rues de France, on leur refusera les quelques dizaines d’Euros d’augmentations qu’ils réclament à cor et à cri.

 

Ces attitudes passéistes tranchent avec la volonté affirmée du nouveau président de changer tout cela. Le monde entier se moque de nous, en raison de cette inimitable façon que nous avons de nous prendre au sérieux, de croire que la France est le nombril du monde et que nous sommes les meilleurs.

 

Cela fait belle lurette que nous sommes une grande puissance de taille moyenne (Heny Kissinger), rien de plus. Or, ces cérémonies  font penser à une royauté, un peu comme Louis XIV à Versailles. Or, nous n ‘en sommes plus là. IL est donc temps de le comprendre et d’amorcer un changement salutaire en direction de plus de sobriété : plus de passages de troupes en revue, plus de défilés, plus de remontée ni de descente en véhicule civil ou militaire…

 

On a un nouveau président. Très bien. Tout le monde le sait. Nul besoin d’en rajouter.

 

MRH

 

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07/05/2017

Les Français et le saut dans l’inconnu…

 

Les Français et le saut dans l’inconnu…

 

Que va t il se passer d’ici quelques heures ? Les Français auront un nouveau chef d’Etat qui va présider la France pendant cinq ans au moins, mais va t il la gouverner ? Pourra t il la gouverner alors qu’il n’a aucune majorité parlementaire et que les différents partis traditionnels, rejetés par les électeurs, rêvent de lui imposer leur loi et de se saisir du gouvernail.

 

J’ai passé une partie de ce week end pluvieux à lire et à réfléchir. La plupart des gens vus et entendus à la télévision ou à la radio disent ne savoir que faire : certains, les plus nombreux, vont s’abstenir, d’autres veulent glisser un bulletin blanc dans l’urne, d’autres enfin disent voter pour le candidat d’En Marche à la seule fin de bloquer Marine Le Pen.

 

Une contribution m’a singulièrement ébranlé ce samedi matin, c’est la tribune du Dr RUFIN, membre de l’Académie Française, qui répète presque dix fois dans une tribune d’une demi page du journal Le Monde : Monsieur Macron, vous êtes haï… Qu’est ce à dire ? L’auteur de cette tribune libre n’exprime une position personnelle, il veut signifier à Monsieur Macron que les gens qui vont voter pour lui le feront à leur corps défendant, ce ne sera pas un vote d’adhésion mais de barrage contre MLP. Il faut reconnaître que le pays tout entier vit une aventure inédite : il a mis au second tour deux individus pour lesquels il veut voter en se bouchant le nez ou en fermant les yeux…

 

Alors, les électeurs sont ils devenus fous ou sont simplement exaspérés ? Comme s’est-on soi-même mis dans une situation qui paraît inextricable ? Est ce que les électeurs ne croient plus en rien ? Désespèrent-ils désormais de la politique dans son entier ou simplement des partis traditionnels, ce qui, en soi, est déjà un tremblement de terre.

 

Le problème restera entier, même si les jeux sont faits, les dés jetés. Ceux qui ont éliminé François Fillon de la compétition portent une lourde responsabilité. Ils ont contraint les Français à couper tout lien avec le processus électoral normal. Comment réagissent des millions de gens lorsqu’ils réalisent qu’on les a frustrés de leur premier choix et qu’ils n’ont plus qu’à se résigner à voter pour un candidat qu’ils n’aiment pas ? Probablement violemment, mais pas tout de suite. Je pense qu’il faut interpréter ainsi l’article du Dr Rufin dans Le Monde.

 

Reposons nous la question : pourquoi avoir donné congé aux partis traditionnels pour promouvoir des extrêmes et dire ensuite : on ne sait plus pour qui voter… La réponse n’est peut-être pas si difficile que cela : le discrédit total de la politique telle qu’elle se pratique depuis plus de trente ans.

 

Les Français ont cassé les règles d’un jeu qu’ils n’acceptent plus. Cette surdité, cet autisme du monde politique qui ne se soumet qu’avant les consultations pour séduire les électeurs et agir ensuite comme bon lui semble, est désormais mort et enterré. Et E. Macron ferait mieux de s’en souvenir. Le Dr Rufin lui conseille même de se méfier des courtisans de son entourage qui pourraient, comme tous les courtisans, lui masquer la réalité du pays. Sa situation intérieure, ce qui n’a rien à voir avec les sondages.

 

Il me semble que, le résultat de la présidentielle étant pratiquement réglé, tout le monde va se tourner vers les législatives. Si les Français persistent dans cette schizophrénie politique, ils émietteront la majorité en plusieurs factions opposées, rendant le pays ingouvernable. S’ils s’assagissent ou s’ils sont touchés par un éclair de la Grâce, ils donneront au nouvel élu une majorité relative.

 

Certains observateurs notent que Macron présidera mais ne gouvernera pas. Je crois deviner ce qu’ils veulent dire. Mais pourra t il tenir cinq ans ? N’allons nous pas entrer dans une zone de turbulence, d’instabilité politique, comme avant 1958 ? Mais où est le nouvel Charles de Gaulle qui nous reconduira dans le droit chemin ? Ou quel sera le nouveau Moïse qui, comme le dit Martin Heidegger, sera le berger de l’être ?

 

Le résultat des élections législatives risque d’être plus important que celui de la présidentielle puisque, nous nous répétons, les jeux sont faits. Il est évident que le parlement qui sera élu ne ressemblera en rien au précédent. Je note tout d’abord que les grandes phalènes l’auront déserté de leur plein gré en ne se représentant plus. Cette attitude n’est pas dictée aux intéressés par la sagesse, elle est le signe d’une crise profonde mais c’est aussi une chance, puisqu’il y aura un renouvellement.

 

Combien de députés pour les Insoumis et combien pour MLP ? Si ce sont les extrêmes qui l’emportent, le pays sera ingouvernable et M. Macron devra changer d’attitude et se plier aux anciennes règles. S’il a une majorité d’idées ( du style d’Edgar Faure), ce sera jouable mais aussi aléatoire…

 

Mais le plus grave, c’est qu’on n’a plus envie d’aller voter. On ne peut pas voter par pure opposition : on ne vote pas pour tel candidat parce qu’on rejette l’autre !

 

Une dernière remarque : les mobilisations des personnalités du monde de la culture ou du sport, voire même du monde économique, ne servent plus à rien. La réunion à la Maison de la chimie n’eut pas le succès escompté. Il faut du nouveau.

 

La France d’en haut s’est laissée surprendre. Elle reçoit la vague en pleine figure car, une fois de plus, elle n s’y était pas préparée, elle ne s’y attendait pas…

 

Maurice-Ruben HAYOUN

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05/05/2017

L'élection présidentielle de dimanche

 

 

L’élection présidentielle de dimanche

 

 

 

On n’avait encore jamais vu cela : plus de 50% des électeurs qui se déclarent prêts à voter pour E. Macron avouent ne le faire qu’en vue de barrer la route à Marine Le Pen. En clair, cela signifie que le futur élu sera très mal élu. Nul ne pourra contester sa légitimité mais il n’aura pas le soutien populaire. Curieusement, les gens qui furent en 2002 confrontés au même choix n’osaient pas exprimer si ouvertement envers Chirac comme ils le feront 15 ans plus tard pour Marcon.

 

 

 

Parfois, je me demande s’il n’eut pas été préférable de reporter l’élection car cette élection a été viciée à la base : l’entreprise de démolition du candidat Fr Fillon a incontestablement ouvert la voie à Macron. Je n’insinue pas qu’il est pour quelque chose dans l’élimination de ce candidat mais il est incontestable que celui lui a profité.

 

 

 

Ces mains anonymes qui se sont permis de monter tout ce dossier contre un candidat ont frustré le peuple française de leur candidat et de leur victoire. Je n’ai jamais vu autant de gens reconnaître qu’ils vont voter presque sous la contrainte, faute de mieux et parce que leur candidat préféré n’est pas au second tour. Le résultat de cette élection s’en trouve faussé.

 

 

 

Une dernière remarque concernant la personnalité et le programme de Marine Le Pen.

 

 

 

Il est assez ahurissant de voir que le monde entier se ligue contre elle, lui prête de noires arrière-pensées qu’elle n’a peut être pas ; tous les grands organes de presse s’en prennent à elle, oubliant qu’elle a obtenu près de 7 millions et demi de voix.

 

 

 

La vraie question qui n’est hélas jamais vraiment posée est la suivante : que devons nous faire de tous ces millions de compatriotes qui ont jeté leur dévolu sur une candidate que nombre de gens vouent aux gémonies ? Oui, devons nous dire que ceux qui ont voté pour elle sont de mauvaise Français ? Cela risque de faire du monde…

 

 

 

En fait, la France est inquiète depuis de nombreuses années. Elle ne fait plus confiance aux partis traditionnelles qui ne l’écoutent qu’à l’heure de leur renouvellement de mandat. Désormais, ce petit jeu est révolu. Mais est ce MLP qui en est responsable ? Non point.

 

 

 

Cette levée de boucliers contre une candidate et un parti politique n’est pas bonne. Qu’un président soit élu démocratiquement, c’est bien, mais dans lec as qui nous occupe, ce ne sera pas le cas. Et c’est bien dommage, car en d’autres temps, il aurait eu toutes ses chances d’être un candidat bien élu.

 

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03/05/2017

Alexandre SAFRAN et les juifs de Roumanie durant li'nstauration du communisme, par Carol IANCU

 

Depuis de nombreuses années, notre éminent collègue, le professeur Carol Iancu  de l’université de Montpellier, consacre une énergie qui, Dieu merci, ne faiblit guère, à nous présenter de nombreuses facettes de la vie et de l’activité communautaire, politique et éducative de celui qui, à moins de trente ans, fut le guide spirituel des juifs de Roumanie. On l’oublie parfois, mais ce judaïsme roumain était, à la veille de la seconde Guerre mondiale, l’un des plus nombreux puisqu’il comptait pas moins de huit cent mille âmes.

 

Monsieur Iancu a déjà consacré plusieurs ouvrages à celui qui fut son compatriote, et dont il partage à la fois la langue maternelle et l’histoire. Sans ce travail d’historien qui se veut rigoureux et respectueux des mémoires qu’il nous offre, nous ne connaîtrions pas vraiment les mérites qui reviennent légitimement à un si grand pasteur d’Israël qui, à une époque très troublée et éminemment dangereuse, n’a pas ménagé sa peine, au point de parvenir à sauver des âmes juives promises à l’extermination.

 

Dans le présent volume intitulé Alexandre Safran et les juifs de Roumanie durant l’instauration du communisme : documents inédits des archives diplomatiques américaines et britanniques (1944-1948), titre un peu long mais reflétant fidèlement le contenu de l’ouvrage, Carol Iancu aborde un aspect de l’œuvre du grand rabbin, qui englobe l’international, la fin de la guerre, le début du retour des déportés dans certaines régions mais aussi, ou plutôt surtout, les relations entretenues avec les grands ce monde. Songez que le jour de la signature de l’armistice, le 8 mai 1945, le tout jeune grand rabbin du pays, en poste depuis à peine cinq ans, félicite le président Truman en personne pour l’action victorieuse des forces armées US. Ce sont les archives diplomatiques des alliés (principalement la Grande Bretagne et les USA) que Monsieur Carol Iancu a exploitées et qu’il a reproduites à la fin de cet imposant volume.. L’iconographie n’est pas oubliée puisque l’on découvre de très belles photographies du jeune Grand Rabbin, accompagné de son épouse et de sa chère fille, Madame le professeur Esther Starobinski-Safran… J’ai eu plaisir à voir les deux grands rabbins, côte à côte, celui de Roumanie évidemment mais aussi celui de Paris qui allait devenir le grand rabbin de France, Jakob Kaplan.

 

Pour ceux qui veulent en savoir plus sur ce judaïsme roumain qui a traversé bien des épreuves, les introductions de Carol Iancu sont très éclairantes et très agréables à lire. Dans un style élégant et sobre, l’éditeur de ces archives rappelle les faits les plus marquants dont un m’a particulièrement intéressé en raison de son aboutissement : le ralliement de certains cadres dirigeants de la communauté juive roumaine aux communistes qui tissaient leur toile dans l’ombre et voulaient contraindre le grand rabbin à leur céder sur tous les points, ce qu’il se refusa à faire. A cette époque là, il n’était pas bon de s’opposer frontalement au régime communiste car l’armée rouge campait tout près, n’hésitant pas à prêter main forte à ses affidés… Dans sa belle autobiographie, le Grand Rabbin avait décrit une entrevue particulièrement éprouvante avec un officier communiste, juif de surcroît, qui posa sur la table son revolver chargé dans le but d’intimider son interlocuteur.

 

En fin de compte, après toutes ces attaques et cette guerre d’usure, le Grand Rabbin s’est trouvé dans l’incapcité de remplir sa mission et fut contraint à l’exil.

 

La reproduction de toutes ces archives confère à ce livre une très grande valeur pour la poursuite même de ce travail par de jeunes chercheurs. Et le professeur Carol Iancu s’est acquis  de très grands mérites en consacrant le meilleur de ses jours et de ses veilles à une grande figure du judaïsme contemporain, un homme qui dut quitter, sous la contrainte, son pays natal et qui continua de se dévouer à ce en quoi il a toujours eu foi : la vocation universaliste de la religion d’Israël, la défense de ses coreligionnaires et la propagation du messianisme des prophètes. Cet homme, grand croyant et grand érudit, avait acquis une grande science traditionnelle auprès de son propre père, lui-même grand rabbin, et parallèlement avait soutenu une thèse en allemand sur le sionisme en tant que problème universel. Il n’a jamais manqué de soutenir le projet de faire renaître un état juif sur la terre ancestrale, la terre d’Israël.

 

Remercions aussi le professeur Carol Iancu pour ce bel ouvrage dont il nous fait l’aubaine et qui représente pour lui tant d’années de travail et d’effort.

 

Maurice Ruben HAYOUN

 

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02/05/2017

Saül Friedländer et ses réflexions sur lanzisme (Le Seuil)

Saül Friedländer et ses réflexions sur le nazisme. Entretiens avec Stéphane Bou (Seuil, 2016)

Saül Friedländer est probablement l’historien le plus connu e t le plus sérieux de la Shoah, dans la mesure, toutefois, où l’intelligence humaine, soumise aux exigences de la science historique, est à même de rendre compte d’une tragédie qui dépasse les frontières de l’imaginable. Dès que l’on décide de rendre compte d’un ouvrage sur ce drame sans égal, unique, de l’histoire de l’humanité, les superlatifs s’imposent tout naturellement à notre discours, même quand on cherche, comme le fait l’auteur, à coller aux faits, à sacraliser les pièces d’archives et à jeter un regard sur soi-même, afin de savoir déjouer la ruse de l’inconscient qui, souvent, à notre insu, tient la plume.

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01/05/2017

La France indécise, retient son souffle

La France indécise, retient son souffle...

Voici une anecdote vécue hier soir : un proche parent m’appelle pour me dire la phrase suivante : je suis vraiment très préoccupé car je ne sais pas encore ce que je vais faire dimanche prochain… Et je lui répondis : mais que se passe t il donc dimanche ? Mais les élections, me répond il !!!

Cette anecdote reflète bien les deux sentiments entre lesquels les Français oscillent : que voter ? et que cela passe vite, car on n’en peut plus. Les deux candidats n’inspirent pas confiance, ils ne totalisent même pas, à eux deux, les 50% des suffrages, preuve que le corps électoral est très profondément divisé. Pourtant, les deux camps rivalisent d’ingéniosité pour l’emporter dimanche prochain. Faisons un bref retour en arrière.

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28/04/2017

Les Français et les élections, la rupture

 

Les Français et les élections: la rupture

Loin de dissiper les malentendus, de clarifier les choses, de ranger convenablement les enjeux, le résultat du premier tour de ces élections présidentielles nous fait pénétrer dans une vaste zone de turbulence, tant nous avons du mal à comprendre ce qui s’est passé. Ou plutôt nous comprenons l’étendue du bouleversement sans pouvoir nous y faire : à preuve, les réactions contradictoires au sein de ces grands partis d’hier, habitués à se succéder au pouvoir, à gérer seuls leurs petites affaires en se disant que de toutes façons il n y a pas d’alternative et que ce sont eux les politiques qui auront toujours le dernier mot. Mais voilà, cette ère est révolue.

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27/04/2017

Un dictionnaire Franz Rosenzweig ? (éditions du Cerf)

 

Un dictionnaire Franz Rosenzweig ? (éditions du Cerf)

 

Ce fut une bonne idée de consacrer un tel volume à l’œuvre de Franz Rosenzweig, un grand philosophe juif allemand, mort en 1929 des suites d’une terrible maladie, et redécouvert de ce côté ci du Rhin, grâce principalement  à Emmanuel Levinas et tout aussi essentiellement au regretté Stéphane Moses qui lui consacra sa thèse doctorat d’Etat. Il y eut aussi la remarquable traduction de l’œuvre maîtresse de Rosenzweig, L’étoile de la rédemption…

 

Par la suite, toute une lignée de penseurs jetèrent leur dévolu sur un penseur, promis au plus brillant des avenirs, , n’était la paralysie musculaire qui le priva même de la parole.

 

Mais en posant ce Dictionnaire après l’avoir lu de la première à la dernière page, on ressent un certain malaise, généré par le principe architectonique même qui a présidé à la réalisation conceptuelle de l’ouvrage : les thèmes, les entrées sont traitées suivant un ordre alphabétique qui provoque, involontairement, des voisinages cocasses. Ce qui ne permet nullement de parvenir à une vue unifiée du système de l’auteur. On passe vraiment du coq à l’âne : pour le spécialiste de l’auteur, cela ne prête pas à conséquence car il lit cet ouvrage par acquis de conscience, mais pour le débutant qui découvre, on manque du moindre fil conducteur.

 

La philosophie (sérieuse, appliquée, non médiatique) ne fait pas bon ménage avec le journalisme, même si, avec une touchante bonne volonté, on tente de se hisser sur les hauteurs d’une spéculation réputée difficile, et qui plus est, rédigée à l’origine dans une langue dont on ignore tout….

 

Comme toute main éditoriale est ici absente, les répétions et les redites sont légion car personne n’a relu la contribution de son voisin. De plus, les renvois d’une entrée à l’autre sont rarissimes : moins de cinq fois pour tout ce fameux dictionnaire.

 

Pour que ce dictionnaire puisse avoir la moindre utilité, il eût fallu mettre en tête du volume un bref exposé synthétique qui aurait esquissé les grandes articulations de la pensée philosophico-religieuse de Rosenzweig. On aurait pu aussi remplacer avantageusement l’avant-propos par l’interview de B-H. Lévy qui donne, elle, un petit aperçu de la noétique de l’auteur et de sa place dans l’histoire de la philosophie contemporaine.

 

Cette réflexion critique porte aussi sur les renvois bibliographiques clôturant chaque entrée : les redites sont innombrables, ce qui ne se serait pas produit si l’on avait identifié les livres dans une bibliographie générale.

 

Enfin, les contributions n’avancent pas toutes d’un même pas. Certes, quelques articles bien construits, fournis par d’authentiques spécialistes ou bon connaisseurs, cohabitent avec des essais moins robustes. Ces entrées réussies parviennent à laisser une impression acceptable de l’ensemble. Mais elles proviennent toutes d’authentiques philosophes germanistes qui savent de quoi ils parlent et sur quoi ils écrivent.

 

Maurice-Ruben HAYOUN

 

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