23/07/2016

Les contradictions flagrantes de l’Occident: le cas de l’Arabie saoudite

Les contradictions flagrantes de l’Occident: le cas de l’Arabie saoudite

Les récents attentats qui se multiplient un peu partout en Europe et dans le monde judéo-chrétien en général attirent l’attention sur les contradictions de la diplomatie de ces mêmes pays européens. Ne pas oublier, non plus, et cela a peut-être un lien avec les attentats, l’étau se resserre autour de l’Etat Islamique, qui va perdre ses deux places fortes, Mossoul en Irak et Rakka en Syrie. Certains avancent l’idée que la nébuleuse terroriste se sentirait gravement menacée dans ses deux bastions et préparerait déjà une nouvelle forme d’action, absolument imparable parce que asymétrique : le terrorisme mondial perpétré par des musulmans radicalisés où qu’ils se trouvent et qui sont indétectables tant qu’ils ne sont pas passés à l’acte. On parle de terroristes qui donnent tellement le change au point de vivre en contradiction avec les règles musulmanes : consommation de viande de porc, d’alcool, vie dissolue aux côtés de femmes aux mœurs légères, etc… C’est ce qu’on a appris après le terrible attentat de Nice, véritable merveille de la côte d’Azur que cet acte innommable vient d’ensanglanter.

Donc, les états européens ont décidé, sous la férule des USA, d’intensifier la lutte, d’envoyer même des forces spéciales au sol et d’en finir au plus vite avec Daesh. Cependant, cette attitude, tardive mais salutaire, n’explique pas les contradictions flagrantes de cette lutte contre Daesh. Pourquoi ? Parce que l’Arabie saoudite, prétendument alliée aux Occidentaux, tient pour le même système d’inspiration wahabite de l’ennemi public numéro 1, Daesh. On se demande pourquoi l’Arabie, qui a plus d’avions de combat que la France, se concentre sur le Yémen au lieu de déclencher un déluge de feu sur les positions toutes proches de Daesh. Pourquoi attendons nous encore ces contingents arabes, chargés de donner l’assaut avec des forces terrestres ?

Le plus triste, c’est que les chancelleries occidentales le savent bien mais s’abstiennent de lui faire des remontrances car l’Arabie «nous achète tant d’armes qu’elle paye rubis sur l’ongle et est notre alliée (sic)». On cite souvent dans les milieux informés cette phrase d’un ancien chef du Bureau central des cultes, place Beauvau : j’ai dit aux autorités de fermer des mosquées de djihadistes et d’en expulser les prédicateurs radicalisés aux prêches enflammés… On m’a répondu ; vous n’y pensez pas ! Ce sont nos alliés et on leur vend des armes, c’est crucial pour l’emploi en France…

En effet, l’Arabie ne pilonne pas les positions de Daesh qu’elle a financée et bien aidé auparavant. Ces deux là adhèrent au même type d’islam. IL suffit de voir ce que Ryad finance en Afrique noire…C’est seulement depuis peu que les choses commencent à changer. On peut diagnostiquer les mêmes ambiguïtés chez les Turcs. C’est seulement depuis que Poutine et Obama ont sermonné, preuves à l’appui, les gouvernants turcs que ces derniers ont rompu avec Daesh. Pourtant, la Turquie a fermé les yeux sur un juteux trafic d’hydrocarbures à sa frontière, épargnant les ressources financières de Daesh. On dit que des proches d’Erdogan seraient compromis, Poutine a même livré des photos de satellites sur ce sujet.

En conclusion, l’Occident va devoir choisir ses vrais amis. Les mois à venir vont connaître la disparation de l’assise territoriale de Daesh qui va entrer en clandestinité pour développer le terrorisme : on ne compte plus les radicalisés par l’internet. Comment lutter contre le net ?

Encore un détail : la France veut envoyer en Irak de l’artillerie lourde. C’est bien et il nous faut rendre coup pour coup : 84 morts le soir du 16 juillet, c’est horrible.

Rendez vous compte : l’Arabie voisine regorge de systèmes d’armes high-tech. Pourquoi ne pas se servir dans l’armurerie la plus proche ? Ce serait en plus l’occasion de prouver de quel côté elle se situe. Une ambiguïté de plus.

Souvenons nous de cette phrase de Lénine : Vous verrez, les capitalistes finiront par nous vendre même la corde pour les pendre…

09:25 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

21/07/2016

L’Attentat du 14 juillet à Nice: interrogations sur le dispositif sécuritaire…

L’Attentat du 14 juillet à Nice: interrogations sur le dispositif sécuritaire…

Ce qui devait arriver a fini par arriver : certains journaux, précédés par des hommes politique locaux, ont gravement mis en cause les manquements à la sécurité en cette soirée fatidique du 14 juillet à Nice. Selon un grand quotidien national, connu pour sa sévérité à l’égard du gouvernement actuel, de graves manquements expliqueraient la facilité relative avec laquelle le tueur de Nice a pu se rendre avec son camion sur la promenade des Anglais.

Mais il y eut plus : depuis quelques semaines, certains parlementaires, notamment du FN, ont explicitement mis en cause le maintien à son poste de l’actuel ministre de l’intérieur dont les services n’ont rien vu venir. Il y eut d’abord les événements de janvier, ensuite les massacres de novembre, ensuite l’assassinat des deux policiers chez eux, et, dernier en date, l’attentat de Nice. Au total, cela fait des centaines de morts et de blessés. Dans n’importe quel autre pays, dit cette parlementaire, le ministre en question aurait de lui-même présenté sa démission… Dans l’Hexagone ce ne fut pas le cas. Le même homme est toujours en poste, mais la nouveauté, c’est que le quotidien le met publiquement en cause et inflige, dit-il, un puissant démenti à sa version des faits.

Mais ce n’est pas tout. La fissure au sein de la société française s’aggrave. De plus en plus de gens se demandent s’il ne faut pas revoir de fond en comble la politique d’intégration des immigrés, renonçant à l’idée d’une intégration, sans même parler d’une assimilation. Le refus de s’assimiler à la socio-culture française a atteint un point de quasi non-retour. Ce matin encore, j’entendais un observateur parler sur LCI de l’incroyable renversement où des Français (issus de l’immigration) tirent sur d’autres Français, au motif que ces derniers sont des kouffar, des mécréants, des non musulmans.

Cette atmosphère se reflète dans l’attitude du gouvernement actuel qui semble dépassé par les événements. On l’a vu dans l’esprit étonnamment conciliant du gouvernement face aux propositions de l’opposition, permettant ainsi l’adoption de l’état d’urgence. On le voit dans la mollesse des réactions, ce qui explique que les Républicains n’aient pas songé à présenter une motion de censure, laissant le gouvernement tomber comme un fruit mûr… Tout ce spectacle n’est guère réjouissant. Et aura sûrement des répercussions sur les élections présidentielles. On s’attendait à une nouvelle union nationale, on a eu des vociférations, des critiques et des réponses acerbes, de véritables joutes oratoires entre le Premier Ministre et des parlementaires de l’opposition. Ce n’est pas sain.

En fait, le pouvoir a laissé passer de rares occasions de mobiliser le pays en prenant des mesures extraordinaires. La majorité actuelle n’est plus représentative, et cela n’est pas dit dans un esprit partisan. La droite se sent confortée dans ses prises de position et la campagne électorale de 2017 risque d’être très chaude. Le pouvoir aurait tort de spéculer sur une éventuelle division de la droite. Aucun sondage ne place l’actuel président en tête, aucun ne le place au second tour. Sans chercher à noircir le tableau, le brexit contraint les instituts à revoir la croissance à la baisse. Le taux de chômage repart à la hausse, c’est la seule chose qui augmente, hélas… Certes, les Français sont partis en vacances mais déjà la CGT et FO mobilisent pour la seconde semaine de septembre afin de manifester contre la loi travail, définitivement adoptée par l’Assemblée nationale… Dans de telles conditions, il devient très difficile de gouverner. Faut-il aussi parler des cafouillages au sein même du gouvernement, dus à l’attitude hautement ambivalente d’Emmanuel Macron ?

Les communistes, les écologistes, le front de gauche, Arnaud Montebourg, Jean-Luc Mélenchon vont tout faire pour compliquer la tâche du président de la République. Si tous ces groupuscules se présentent au premier tour, on devine la suite. A lui seul Jean-Luc Mélenchon peut arriver à 10% des voix, épaulé par les communistes qui ne veulent plus de François Hollande. Montebourg a une revanche à prendre, à laquelle il ne renoncerait pour rien au monde. Comment faire pour unifier son camp ? Et je ne parle pas des frondeurs du PS qui n’ont pas digéré le triple recours au 49,3…

Le pire, hélas, sera le moral des Français. On ne se sent plus en sécurité chez soi en France. La société française qui se voulait ouverte, accueillante, se replie sur elle-même et se réfugie dans la défiance..

Une chose est à peu près unanimement acceptée : on a dit qu’on était en guerre sans jamais mobiliser les moyens que nécessite la guerre. Or, le dernier attentat a mis à nu cette béance.

Faut-il avancer la date de l’élection présidentielle ? Faut-il dissoudre l’Assemblée nationale ? Je l’ignore, mais il faut faire quelque chose.

09:22 | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

20/07/2016

Dire (enfin) la vérité à la Turquie…

Dire (enfin) la vérité à la Turquie…

Depuis un certain nombre d’années les pays d’Europe et même l’Amérique se refusent à dire clairement la vérité à la Turquie. Et ce travers s’est nettement aggravé depuis l’arrivée de R.T. Erdogan au pouvoir. Voilà un homme qui mène son pays d’une main de fer au point que même une partie de son armée s’est soulevée contre son régime. Et rien n’y fait. Les Occidentaux se sont enfin réveillés et lui lancent un avertissement : il n’est pas question de rétablir la peine de mort car cela serait rédhibitoire pour les négociations d’adhésion.

Mais qui osera enfin dire aux Turcs que les peuples d’Europe, avec tout le respect pour eux, que leur place n’est nullement à leur côté en Europe ? Hier soir, je regardais la 5, l’émission C’ dans l’air… Les spécialistes occidentaux de la Turquie ont pouffé de rire quand il fut question des négociations pour l’adhésion à l’Union Européenne… Et pourtant, Bruxelles ne consent toujours pas à dire la vérité aux Turcs : leur place, importante et de valeur, est ailleurs. On est même très réticent sur la suppression des visas et même si Bruxelles ou Berlin fléchissait, les autres pays de l’UE trouveraient le moyen de se dérober. On nous dit que les hommes d’affaires sont concernés et les visas ne portent que sur des séjours de 90 jours. Mais une fois sur place, comment faire pour renvoyer les contrevenants à la réglementation chez eux ? Laisser entrer sans visas, c’est admettre la Turquie en Europe sans le reconnaître ouvertement.

Par ailleurs, les observateurs étrangers se sont étonnés face à ce qui apparaît comme des purges, dont les listes auraient été préparées bien avant le putsch. Des milliers de magistrats, de policiers, de procureurs, de soldats et d’officiers ont été arrêtés, interrogés ou suspendus, moins de trois jours après le coup d’état !! Comment est ce possible ? Les enquêtes durent plus que cela !!

De là à dire que Erdogan aurait quelque chose à voir dans tout cela, c’est un pas que je me refuse à franchir car ce serait ENAURME.

Ce matin sur I-Télé j’ai vu deux jeunes étudiants turcs, calmes et bien mis, s’en prendre à l’autoritarisme de leur président qui ne voit que ce qu’il pense et ne tient pas compte des autres. C’est ce que je disais hier dans mon papier : il faut dialoguer car le rupture que constitue ce coup d’état est une véritable déchirure et on ne se rabiboche pas en réintroduisant la peine de mort.

Il y a en Turquie un divorce patent entre le pouvoir et les élites administratives, culturelles, juridiques, économiques, etc… qui, elles, sont largement occidentalisées. Et ces dernières mériteraient d’être rapprochées à l’Union Européenne.

En somme, il faut dire aux Turcs de cesser de tirer des plans sur la comète. Et l’argument massue qu’ils devraient comprendre est que nous ne voulons pas d’une frontière commune avec la Syrie ou l’Irak. Nous avons déjà assez de problèmes comme ça.

Et si Madame Merkel veut admettre la Turquie en Europe, elle sera la seule à le vouloir. Même Jacques Chirac avait fait dépendre cette adhésion des résultats d’un référendum des Français. Pas de danger…

10:28 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

19/07/2016

La faiblesse du régime du président Erdogan

La faiblesse du régime du président Erdogan

Ce qui devait arriver a fini par arriver en Turquie. Il était impossible qu’une partie de l’armée turque ne passât pas à l’action, suite aux outrances du régime. Et on doit déplorer cette terrible effusion de sang puisque près de deux cents victimes sont à signaler. Penchons nous un instant sur le communiqué diffusé à la télévision par les putschistes : ils voulaient restaurer les valeurs démocratiques et rétablir les libertés fondamentales ! Qu’une armée, et surtout celle de Turquie ait eu recours à un tel argumentaire pour justifier son passage à l’acte montre indéniablement que le régime est allé trop loin.

On a vu, il y a tout juste deux semaines que M. Erdogan s’est conduit comme un autocrate. Certains commentateurs vont même jusqu’à dire que le régime se préparait à faire une nouvelle épuration au sein des forces armées. Et le nombre si élevé de personnes arrêtées est inouï. C’est du jamais vu. On parle même d’officiers supérieurs impliqués dans le coup d’état en fuite dans la Grèce voisine. Tous les milieux sont concernés : policiers, officiers, avocats, procureurs, journalistes, bref des milliers d’hommes sont soit aux arrêts, soit en cours d’interrogatoires. Le régime se défend, c’est sûr mais quand la répression prend de telles dimensions, cela montre le trouble profond qui traverse la population.

Pourquoi une telle situation ? M. Erdogan s’est rendu compte, ces dernières semaines, de l’isolement dans lequel il avait plongé son pays. Or, quand le mécontentement atteint de telles proportions, c’est le peuple qui parle et la répression ne suffit plus. Même s’il épure l’armée en profondeur, M. Erdogan va multiplier le nombre de mécontents. C’est autre chose qu’il faut essayer. Evidemment, le chef de l’Etat turc accuse son allié d’hier Gûllen mais ce septuagénaire réfugié aux USA et qui plus est n’est pas en bonne santé, ne peut pas avoir actionné de larges secteurs des forces armées. Si j’en crois les dépêches d’agence, même le parlement turc a été attaqué ainsi que les édifices abritant les services de renseignement. Ce fut vraiment un mouvement de révolte de très vaste ampleur. Qu’est ce qui a bien pu fédérer un si grand nombre de soldats ? Une politique de division en lieu et place d’une politique de concorde et de réconciliation nationales.

C’est encore et toujours le mécontentement qui traverse de larges secteurs de la population. Il suffit d’analyser les réactions des chancelleries occidentales dont l’embarras est patent. N’oublions pas que la Turquie est membre de l’Otan, que des traités d’alliance et d’assistance la lient aux Occidentaux qui surveillent ce qui passe sur place comme on surveille le lait sur le feu.

Que va t il se passer à présent ? Le régime a senti passer le vent du boulet. Il faut s’attendre à une répression sans pitié. Mais est-ce la solution ? A court terme, oui, mais sur le long terme il faut refonder le régime, dialoguer avec de larges pans du pays qui sont entrés en dissidence. Le président actuel devrait proposer quelque chose d’autre au pays, une sorte de nouveau pacte national avec la gauche, cesser de s’en prendre à la laïcité à laquelle l’establishment kémaliste st si attaché et qui a assisté, dépité, à la relégation de l’héritage du grand Turc à l’arrière-plan.

  1. Erdogan devrait faire à l‘intérieur ce qu’il a entrepris précipitamment à l’extérieur, en rétablissant des relations convenables avec des puissances qu’il avait vilipendées durant des mois, voire des années. Mais le peut-il ? Les observateurs les plus attentifs ont diagnostiqué une sorte de fuite en avant, tenant lieu de politique étrangère. Comment avoir pensé se mettre à dos un voisin aussi sourcilleux que Vladimir Poutine ? Au point même d’ordonner d’abattre un de ses avions de chasse, pour ensuite s’excuser, proposer une indemnisation, etc… Et l’on ne parle même pas de l’attitude plus qu’ambiguë à l’égard de Daesh, l’ennemi public numéro un ! Lequel n’entend pas se laisser enfermer dans son réduit en Syrie et en Irak. L’armée qui s’est soulevée n’a guère apprécié la série d ‘attentats sanglants qui ont endeuillé le pays…

Si le président est en mesure de lutter contre sa nature colérique, il devrait, après avoir rétabli la loi et l’ordre, entamer un dialogue avec ses adversaires, voire même tendre la main aux adversaires d’hier. S’il ne le fait pas, les mêmes causes produisant les mêmes effets, il fera de nouveau face à des troubles encore plus graves.

Nikita Khroutchev avait jadis eu un mot devenu célèbre : on peut tout faire avec des baïonnettes, sauf s’asseoir dessus… Il faut savoir retenir son ours, dialoguer avec les autres, si l’on veut une paix sociale. Le monde a changé, M. Erdogan ne devrait pas l’oublier.

La paix et la stabilité de son régime sont à ce prix.

14:51 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

14/07/2016

Leçons tirées d’un Brexit raté…

Leçons tirées d’un Brexit raté…

Contrairement à ce que prétend la nouvelle Première Ministre de Grande Bretagne, Brexit does not mean brexit. Toute l’approche adoptée par la nouvelle gouvernante s’apparente à un louvoiement, une sorte de politique en zigzague qui prévoit de ne prendre aucune décision importante susceptible de projeter son pays hors de l’Union Européenne. La nouvelle dame de fer a déjà prévenu que rien ne la contraint d’actionner immédiatement l’article 50 du traité de l’Union. Elle va prendre son temps et le traité lui en donne le droit. Quel est son objectif : bénéficier du grand marché sans avoir à en subir les inconvénients. François Hollande et Angela Merkel avaient déjà flairé la manœuvre et tous deux avaient recommandé des décisions rapides. Or, même si cela devait intervenir, il faudra des années peut-être plus pour détruire les liens tissés au cours de toutes ces années. Un proverbe oriental dit qu’entrer au four et en sortir sont deux opérations essentiellement différentes. Quand on enfourne la pâte faite de farine, d’œufs , d’eau et de levure, accompagnée de sel, ce n’est pas encore du pain. Cela le devient au sortir du four et à ce moment là les ingrédients constitutifs du pain sont encore isolés les uns des autres. Après la cuisson,, tous ces éléments ont changé de nature. Ils ne sont plus distincts les uns des autres. C’est la situation de la Grande Bretagne. Comment reprendre le régime de l’insularité après avoir été au sein de l’Europe ?

Un seul point aurait pu éviter ce drame : c’est le côté directif de Bruxelles au niveau de l’immigration. Il saute aux yeux même d’un enfant pour comprendre que les petites îles britanniques n’acceptaient pas ces flux migratoires appelés à désarticuler tout le système du travail, de la santé, bref tous les équilibres. Mais les fonctionnaires de Bruxelles n’ont rien voulu savoir et on connaît les résultats,

Par conséquent, celle qu’on présent comme la nouvelle dame de fer, alors qu’elle n’en a guère l’étoffe, va tenter par tous les moyens de conserver l’accès au grand marché sans en accepter les inconvénients. D’ailleurs le pays n’a jamais accepté l’Euro. Et aujourd’hui la livre va s’effondrer. Sans même parler de la City…

Sans prophétiser, voila ce qui va se passer : après des débuts courageux et volontaristes, Madame M. May va devoir organiser un nouveau référendum qui va aller dans le sens du remain.

La politique ce ne sont pas la Loi et les prophètes. C’est l’art du possible et le possible s’accommode toujours de la réalité. Sinon, ce n’est plus de la politique. Et Madame May n’est pas Winston Churchill.

09:56 | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook

11/07/2016

France-Portugal; lendemains de défaite. Quelle exagération !

France-Portugal; lendemains de défaite.

Quittant les Yvelines où la famille organisait une belle soirée télé pour la finale de l’Euro, j’ai eu du mal à rentrer à la maison après minuit. Et enfin arrivés au cœur du XVIe arrondissement, les Portugais ont décidé de faire la fête jusqu’à trois heures du matin.. Je les comprends,, mais cela montre que nos sociétés ont totalement changé, il y a un déplacement, une mutation des valeurs que seuls les aveugles ne verraient point. Aujourd’hui, le vrai pouvoir médiatique, la vraie, la seule irradiation médiatique touche les tennismen et-women, les footballeurs et les rugbymen. Sans oublier les nageurs, bref toutes les branches de l’activité sportive, même si l’argent décide désormais du succès et non plus les seules performances.

On le voit chaque fois qu’une manifestation sportive se profile à l’horizon, les hommes politiques, du plus grand au plus petit, veulent se faire photographier avec les nouvelles vedettes de notre monde, leur trouvent toutes les qualités de la terre, les parent de toutes les vertus et se découvrent d’insoupçonnées affinités avec les joueras. Peu importe que ces gens soient primaires, incultes ou comme le disait après l’Afrique du sud, la ministre des sports, des caïds immatures, rien ne les arrête : ils trouvent aux joueurs médiatisés des qualités et se font photographier avec eux ou les reçoivent dans les palais nationaux, même quand ils ont échoué lors des compétitions. Ce ne sont plus les industriels, les savants, les professeurs, les avocats, les penseurs, etc… qui ont la cote.

Les politiques sont cyniques mais ils ne sont pas bêtes. On ne sait pas ce qu’ils pensent au fond d’eux-mêmes mais leur analyse colle au réel : puisque les élites ne peuvent plus enchanter les foules et que ces mêmes foules déplacent leur affection des politiques vers les joueurs, eh bien ils suivent le mouvement, ils ne sont pas fous, ils ne vont pas nager à contre courant ! Il faut dire aussi que les télévisions consacrent dix fois de temps à un événement sportif de portée nationale qu’à un discours du président ou de son premier ministre

Voyez la soirée d’hier : près de tente millions de téléspectateurs, je crois, ont suivi le match et ce qui me frappe, c’est leur déception, comme si c’était un membre de leur famille ou eux-mêmes qui avaient perdu quelque chose. C’est absolument incroyable !

Il faut mener une vie vraiment vide pour verser des larmes amères quand une équipe de je ne sais quoi perd une compétition. J’ai été sidéré de voir que ce ne sont pas seulement les jeunes déshérités des banlieues qui se pressaient dans els fan-zones ou qui achetaient les maillots de telle ou telle équipe. Ce sont des gens de toutes classes sociales qui ont acheté des billets pour le stade de France, parfois à plusieurs centaines d’euros.

Ne prenez pas en mauvaise part ce que j’écris, je respecte tous les gens, et surtout ceux qui ne pensent pas comme moi, mais tout de même ! Il y a des limites… On peut lire un bon livre, rencontrer des amis, faire du sport, regarder un bon film, aller au restaurant (si on en a les moyens), dormir, faire l’amour. Et cela n’implique pas cet état de profonde tristesse que j’ai pu constater hier soir en revenant des Yvelines.

Comme il y avait des centaines de voitures arborant des drapeaux portugais, j’ai été ému par un tout jeune parisien, pliant tristement son petit drapeau tricolore en rasant les murs rue d e Presbourg…… Je pense encore à ce jeune homme, seul, triste et résigné : son équipe a perdu ! Rendez vous compte !!

Nous vivons une longue période de désenchantement au sein de notre vie. Les politiques et les économistes ne nous font plus rêver. Les attentats sanglants nous ont meurtris, nous pensions nous retrouver autour d’une belle victoire. Ce ne fut pas le cas, mais nous avons d’autres qualités et nous ne manquons pas de ressources.

Et je ne parle pas des grèves et des manifestations qui ont duré plus de deux semaines…

Aujourd’hui, le triple ballon d’or a plus d’influence qu’un élu d’une grande puissance. Henry Kissinger avait dit il y plus de trente cinq ans, que depuis la fin de la seconde guerre mondiale, les gouvernements du monde libre étaient occupés par des hommes aux qualités moyennes, ce qui signifie médiocres. Avait il raison ?

En guise de réponse, je poserai la question suivante : combien de millions d’hommes, de femmes et d’enfants, ont regardé avec compassion la civière évacuant Ronaldo du terrain, Ronaldo auquel je souhaite du fond du cœur un prompt et définitif rétablissement. Auraient ils été aussi touchés si cela était arrivé à une élite, politique ou intellectuelle ?

Je pense que vous devinez ma réponse…

MRH in Tribune de Genève du 11 juillet 2016

11:21 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

10/07/2016

La percée d’Israël en Afrique subsaharienne

La percée d’Israël en Afrique subsaharienne

On peut s’étonner de l’absence de toute pression arabo-musulmane sur les pays d’Afrique qui renouent avec Israël. En effet, il n y a plus les dictateurs d’antan qui jouaient à déstabiliser les états d’Afrique, suscitant des révoltes et des coups d’Etat pour contraindre les pouvoirs en place à chasser l’Etat hébreu du continent. Aujourd’hui, cela est impossible, vu l’état de déliquescence du monde islamique.

Saddam a été pendu, Kadhafi a été exécuté, le Yémen est en feu, la Libye complément désarticulée, l’Egypte paralysée par les troubles, la Tunisie est en cessation de paiement et victime du terrorisme, sans même parler de l’Irak et de la Syrie. Même les plus visionnaires de la politique internationale n’auraient jamais pu prévoir ce qui allait se passer, tant il est vrai que nul ne saura jamais de quoi demain sera fait. En effet, sous les coupes des pétrodollars, les Etats africains avaient rompu avec Israël les uns après les autres. Aujourd’hui même la Tanzanie, état musulman s’il en est, est sur les rangs pour reconstruire des relations durables avec Israël.

C’est cette mutation qu’il convient de saluer, en respectant la dignité de chacun. Nul n’a intérêt à entretenir des tensions destructrices mais tous gagneraient à développer les relations commerciales et de coopération profitables à tous.

Petit pays ayant de graves dissensions avec ses voisins, mais nation start-up parmi les meilleures au monde, Israël peut apporter tant de choses aux autres dans de nombreux domaines.

Espérons que la raison finira par l’emporter. ON parle déjà d’une entente objective entre Israël, la Turquie, l’Arabie, l’Egypte et le Yémen contre l’Iran dont les arrière-pensées ne laissent pas d’inquiéter.

C’est bien dommage car l’Iran est une grand nation qu’il convient de libérer de la tyrannie d’un clan religieux. Cela prendra du temps mais cela se fera grâce à ce que Hegel nomme la ruse de l’Histoire qui consiste à faire advenir par d’autres moyens ce que les hommes veulent voir se produire.

08:40 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

09/07/2016

Michel Rocard, l’incarnation de l’éthique protestante

Michel Rocard, l’incarnation de l’éthique protestante

Une chose m’a toujours étonné et je n’y ai toujours pas trouvé de réponse satisfaisante : on ne vous pare de toutes les vertus qu’après votre mort, une fois que vous êtes sous terre. Mais de votre vivant, vous subissez toutes les avanies possibles et imaginables. On vous empoisonne la vie, on vous bloque, on vous inflige toutes les humiliations, même les plus dégradantes, mais soyez sûrs d’une chose : à votre mort, on dira de vous le plus grand bien.

Vous avez compris que je parle de la vie de Michel Rocard, un homme politique qui a réussi à marier pouvoir et éthique, gouvernement et rigueur morale, combat politique et respect de l’autre . C’est pourquoi toute la classe politique du pays lui rend un hommage unanime.

Comment s’explique cette rectitude, ce sentier des Justes, arpenté par cet homme qui n’est plus et qui nous a quittés sans avoir pu accéder à la magistrature suprême. Un autre défunt en porte l’énorme responsabilité. Et vous savez lequel, je m’abstiens de le citer car il n’est plus là pour se défendre ; or, comme le recommande la Talmud, on ne dispute pas avec un lion mort : ce n’est pas fair play, ce n’est pas moral.

Comment expliquer, au plan philosophique, le fait que l’on déverse autant d’huile sainte sur les têtes qui cessent de fonctionner, paralysées par la mort ? Est ce dû à un phénomène de projection ? On se place dans la même posture que le défunt qui n’a plus rien, pas même une réputation à défendre ? C’est possible ? Peut-être aussi le retour de la mauvaise conscience, le remords ? On se dit que notre tour viendra et qui sait ce que certains diront ou penseront en leur for intérieur…

Je me demande ce que devait penser Michel Rocard dans son cercueil en écoutant toute cette avalanche de compliments, lui qui disait ce qu’il pensait du PS et de ses dirigeants. Je pense aussi à un ancien ministre de François Mitterrand qui s’était violemment heurté à Rocard et qui, aujourd’hui, lui tresse des couronnes. Mortuaires, il est vrai…

Je préfère, pour ma part, une explication plus éthique, voire religieuse. Dans la Bible hébraïque, au sein du Pentateuque, les livres de Moïses sont divisés en péricopes hebdomadaires. Le hasard des découpages ou l’agencement des événements a fait que deux péricopes se suivent immédiatement : l’une commence par Aharé Mot (Après la mort) et l’autre par Kedoshim (ils sont saints). Ce qui donne : après notre mort, nous sommes saints, c’est-à-dire intouchables, au-dessus de toute critique.

Car on n’est plus là pour se défendre. Mais les gens qui ont fait du mal à Michel Rocard peuvent faire teshouva, se repentir, peut-être pas publiquement mais au fond d’eux-mêmes.

En tout état de cause, vive l’éthique protestante dont cet homme de grande valeur fut l’incarnation.

Maurice-Ruben HAYOUN in Tribune de Genève du 9 juin 2016

10:18 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

06/07/2016

Le victroieuse percéediplomatique d’Israël en Afrique

Le victroieuse percéediplomatique d’Israël en Afrique

C’est une véritable défaite même posthume, pour le défunt colonel Kadhafi qui a connu la fin peu glorieuse que l’on sait. Alors qu’Israël s’était installé dans la quasi totalité des états africains, le boulant colonel libyen avait tout fait pour exclure l’Etat juif d’Afrique, une Afrique qu’il arrosait de ses millions de dollars. Progressivement, l’Etat juif fut exclu des chancelleries africaines, au point de devenir presque inexistant, alors qu’auparavant, les spécialistes israéliens de l’agriculture et de la sécurité étaient incontournables sur place.

S’ensuivit une cascade de ruptures de relations diplomatiques, au grand dam de Jéruslem qui ne conserva ses positions qu’au Kenya. Aujourd’hui, Benjamin Netanyahou a pris une brillante revanche : l’Ouganda, le Kenya, Le Rwanda et l’Ethiopie. C’est royal. Le Premier Ministre a même émis le souhait de se voir conférer le statut d’observateur de l’Union Africaine. Le président ougandais est pour mais il faut compter avec l’opposition de l’Afrique du sud, sans même parler des Etats arabo-musulmans d’Afrique du nord.

Il n’en demeure pas moins vrai que l’état juif a remporté un gran succès avec cette tournée africaine. Israël forme les gardes présidentielles des chefs d’Etats africains, il livre des armes et équipements aux armées locales, il forme les spécialistes de la sécurité et du renseignement, surtout depuis les attentats dont le Kenya a été victime.

Il serait bon que ces relations nouvelles favorisent la paix sur place. Attendons set voyons. Isra¨ël a su faire preuve de persévérance et de ténacité. Les Africains verront bien la réalisation de l’aveu de Benjamin Netanyahou : Israël est le meilleur ami de l’Afrique et des Africains.

19:57 | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

03/07/2016

Elie Wiesel, tel qu’il fut et tel que je l’ai connu…

 

Elie Wiesel, tel qu’il fut et tel que je l’ai connu…

A l’annonce hier soir de la disparition d’Elise Wiesel chez lui à New York, je me suis aussitôt souvenu d’un vieil apologue talmudique, si souvent cité par Emmanuel Levinas lui-même : ne crois en toi que le jour même de ta mort (al ta’amin al atsmékha ad yom motekha. Qu’est-ce à dire ? Dans le cas qui nous occupe, la disparition d’un grand homme, d’un grand maître, bien au-delà des quatre coudées de la dimension juive, nous rend conscient de notre dette à son égard.

Et si j’ose aujourd’hui prendre la plume pour témoigner en toute modestie de la grandeur de cet homme, c’est parce qu’au fil des ans, j’ai pu mesurer l’influence qu’il a exercée sur moi, comme sur des millions d’individus, juifs et non-juifs, puisqu’il fut même Prix Nobel de la paix…

Je l’ai rencontré au moins deux fois physiquement dans ma vie, mais spirituellement la lecture passionnée de ses livres m’a mis à son contact des centaines de fois.

Lire la suite

14:52 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook